‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 287 sur 658 · LE COTTE · texte numérisé non relu

LE COTTE

cher le chabot de s'échapper. H faut saisir ce cotte avec précaution lorsqu'on veut le retenir avec la main : sa peau trés-visqueuse lui donne, en effet, la faculté de glisser rapidement entre les doigts. Cependant, malgré tous les pièges qu'on lui tend , et le grand nombre d'ennemis qui le poursuivent, on le trouve fréquemment dans plusieurs rivières. Celte espèce est très-féconde. La femelle, plus grosse que le mâle, ainsi que celle de tant d'autres espèces de poissons, paroît comme gonflée dans le temps où ses œufs sont prés d'être pondus. Les protubérances formées par les deux ovaires, qui se tuméfient, pour ainsi dire, h celte époque , en se remplissant d'un trèsgrand nombre d'œufs, sont assez élevées et assez arrondies pour qu'on lésait comparées à des mamelles ; et comme une comparaison peu exacte conduit souvent à une idée exagérée, et une idée exagérée à une erreur, de célèbres naturalistes ont écrit que la femelle du chabot avoit non seulement un rapport de forme, mais encore un rappport d'habitude, avec des animaux à mamelles, qu'elle couvoit ses œufs, et qu'elle perdoit plutôt la vie que de les abandonner. Pour peu qu'on veuille rappeler ce que nous avons écrit1 sur la manière dont les poissons se reproduisent , on verra aisément combien on s'est mépris sur le but de quelques actes accidentels d'un petit nombre d'individus soumis à l'influence de circonstances passagères et très-particulières. On a pu observer des chabots femelles et même des chabots mâles se retirer , se presser, se cacher dans le même endroit où des œufs de leur espèce avoient été pondus, les couvrir dans cette attitude, et conserver leur position , malgré un grand nombre d'efforts pour la leur faire quitter. Mai» ces manœuvres n'ont point été des soins attentifs pour les embryons qu'ils avoient pu produire ; elles se réduisent à des signes de

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