‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 319 sur 658 · LES DACTYLOPTÈRES · texte numérisé non relu

LES DACTYLOPTÈRES

Une petite nageoire composée de rayons soutenus par une membrane auprès de la hase de chaque nageoire pectorale.

rspbcb.

CARACTKRBS.

SSIx rayons réunis par une membrane auprès de1 chaque nageoire peclorale.

LE DACtYLOPTÈRE PIRAPÈDE ».

Parmi les traits remarquables qui distinguent ce grand poisson volant et les autres ossêtit oui doivent appartenir au même genre, if faut compter particulièrement les dimensions de ses nageoires pectorales.

Elles sont assez étendues pour qu'on ait dû les désigner par le nom d'ailes: et ces instrumens de natation , et principalement de toi , étant composés d'une large membrane soutenue par de longs rayons articulés que Ton a comparés à des doigts comme les rayons des pectorales de tous les poissons, les ailes de la pirapéde ont beaucoup de rapports dans leur conformation avec celles des chauves- souris, dont on leur a Q>nné le nom dans plusieurs contrées, et nous avons cru devoir leur appliquer Ja dénomination générique de dactyiopière, qui a été souvent employée pour ces chauvessouris, aussi bien que celle de chéiroptères et qui signifie aUe attachée aux doigts , ou formée par les doigts 2.

1. Velodor, en Espagne; rendue, aux environs je Rome ; rondota <?u rondela, sur les Lords de l'Adriatique; fateone, à ÎWalte et en Sicile; fly- * gande fuk, en Suède ; swàltow fishy hile fish, en Angleterre; arondetle, rondolt, ehauot-sourU, r«* têpmadt , dàrts plusieurs déparlemens méridionaux Ae France.

ESPECE

CARACTÈRES

ÎOme" rayons réunis par Une metebrane auprès de chaque nageoire pte- % tôraje.

La. pectorale des pirapéde» est d'ailleurs double, et présente par conséquent ud caractère que nous n'avons encore vu que dans le lëpadogastère gouan. A la base de cette aile , on voit en effet un assemblage de six rayons articulés réunis par une membrane * et composant par conséquent une véritable nageoire qu'il est impossible de ne pas considérer comme pectorale.

De plus , l'aile des poissons que nous examinons offre une grande surface ; elle montre, lorsqu'elle est déployée, une figure assez semblable à celle d'un disque, et elle atteint te pins souvent au-delà de la nageoire de l'anus et très-près de celle de la queue. Les rayons qu'elle renferme étant assea écartés l'un de l'auire lorsqu'elle est étendue , et n'étant liés ensemble que par Une membrane souple qui permet facilement leur rapprochement , il n'est pas surprenant que l'animal puisse donner aisément et rapidement à la surface de ces ailes cette alternative d'épanouissement et de contraction, ces inégalités successives, qui, produisant des efforts alternativement inégaux contre l'air de l'atmosphère , et le frappant dans un sens plus violemment que dans un autre, font changer déplace à l'animal lancé et suspendu , pour ainsi dire, dans ce fluide, et le douent véritablement de la faculté de voler 4 ,

2. À**ti*to* Veut dire doigt , et ifltpov aile. 1. Discours sur la nature des poistom.

LE DACTTLOPTÈRE PlfUFÈM.

VnHè pourquoi la pirapéde peut s'élever au-dessus de la mer, à une asseï grande banteuf pour que la , .combe qu'elle récrit dans l'air ne k ramène, dans, les Rois que lorsqu'elle a franchi un ih 1er valle égal* suivant quelques observateur» * au. moins à uoe trentaine de mettes; ei vuMà uuurquui encore , depuis Arjsiote jusqu'à nous, elle a porté Je nom de faucon ds la mer, et surtout d'hirondelle maripe.^

Elle , tratereejroU au milieu de l'atmosphère des espace» .bien nius.grande encore, si la membrane de ses ailes pou voit conserver sa souplesse au milieu de l'air chaud et quelquefois même brûlant des contrées où on la trouve : mais le (lui de qu'elle frappe avec ses ffrandes bàgeolreà les a hleaftt desséchées, au point de rendre très-difficiles le rapprochement et l'ééartemerit alternatifs dé leurs rayons ; et alors le poisson due nous décrivons , perdent rapidement sa Faculté dislinetfve , retombe vers les ondes au dessus desquelles il s'étôit soutenu , et né peut plus s'èlanCêr de nouveau dans l'atmosphère qd« lorsqu'il a plômjésésàilès datit uhé eau réparatrice , et qjië ; retrouvant se* attributs par son immersion dans son fluide natal, il dffl-e Utîé sorte dé petite image .de cet Antée que la. mythologie grêcqu£ notais, représente comme, perdant ses forces dans l'air , et p£ les retrouvant qu'en touchant de nouveau la terre qui ravoit nourri. .

Les felrapèdes usent d'autant plus souvent duèouvoir dé voler qui leur a été départi, qu' elles sont poursuivies dans le sein des eaux par un érand nombre d'ennemis. Plusieurs gros poissons, et particulièrement les dorades ei les scombres , cherchent à les dévorer ; et telle est la malheureuse destinée de. ces animaux qui, poissons et oiseaux ,- sembleroient avoir un double asile , qu'ils ne trouvent de sûreté nulle pajri ». qu'ils n'échappent aux périls de la mer que pour être exposés à ceux de l'atmosphère , et qu'ils n'évitent la denjl (Jes habitans des eaux que pour être saisis par le redoutable bec des frégates , des phaétons, des mauves, et de plusieurs autres oiseaux marins.

Lorsque des circonstances favorables éloignent de la partie de l'atmosphère quelles traversent des ennemi» dangereux , on -le* . voit offrir au-dessus de la mer un spectacle assez agréable» AvaDt quelquefois un demi-mètre de longueur ♦ agitant vivement dans l'air de larges et longues nageoires , elle) attirent d'ailleurs l'attention par leur

ambre, qui souvent eaid#jtafe pWf.

Mues parla même crainte, cidajtiau jaêfl{6 besoin de se soustraire à une mort iitévjtable dans l'Océan , elles s'envoient en grandes troupes ; et lorsqu'elles se sont confiées ainsi a leurs aile» au milieu d'une nuit obscure* on le» * vue* briller d'une lumière pbosphorlquu » semblable à celle dont resplendissent plusieurs antre» poissons , et à l'éclat que jettent , pendant de belle» nuits des pays méridionaux , les insectes auxquels le vulgaire a donne le nom de vers luisant, Si la met est alors calme et silencieuse , on entend le petit bruii que font naître le mouvement rapide de leurs ailes et le choc de ce» instrumens contre les couche» de l'air , ei on distingue aussi quelquefois un bruissement d'une autre nature , produit iu travers de» ouverture» branchiales par la sertie accélérée du gaz que l'animal eiprime » pour ainsi dire , de diverses m vite» intérieures dé son corps, en rapprochant vivement leurs parois* Ce bruissement a lieu d'autant plus faciseeaestf, que ces ouvertures branchiale** étant trèsétroites, donnent lieu à un frôlement plus considérable, et c'est parce que ces orifices Sont très petits , que le» pirapedés , moins exposées à un dessèchement subit de leurs organes respiratoires , peuvent vivre assec long-temps hors de l'eau â.

On rencontre ces poissons dan» m Méditerranée et dans presque toutes le» mers des climats tempérés i mais c'est principalement auprès des tropiques qu'ils habitent C'est surtout auprès de ces tropiques qu'on a pu contempler leurs manesuvres et observer leurs évolutions. Aussi leur nom et leur histoire rie sont-ils jamais entendu» avec indifférence par-ces voyageurs Couru- ^eux qui , loiri de l'Europe ; ont tffronté lestempêtèsde l'Océan, et sésOarotà», souvent phis funestes encore. Us retracent à leur souvenir.,: leurs peines fleura plaisirs , leurs dangers , leurs succès. Us nous ramènent » nous qui tâchons de dessiner leurs traits , vers ces compagnons de nos travaux , qui , dévoués à la gloire de leur pays , animés par un ardent amour de la science, dirigés par un chef habile, conduits •par le jjrave navigateur Baudin . et réunis par les tiens (l'une amnYé tôucmhW ainsi cfye (Tune estime mutée*)*; ejuftnnit, dans le moment même où mon cœur s'épanche vers eux , lçs rivages de leur p#tÂe , se séparent de \w% ce qu'ils ont de pfos

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