Discours sur la nature des poissons
LE DÀCTYLOPTÈItE PUUPEDC.
ch«r, tt TOftt braver rar dtt mers lointaines la rigueur des climats et la foreur des ondes , pour ajouter à la prospérité publique par l'accroissement des contioissances humaines. Noble dévouement , généreux sacrifices I la reconnoissance des hommes éclairés, les applaudissemeus de l'Europe, les lauriers de la gloire, les embrsssemens de l'amitié , seront leur douce et brillante récompense*
Cependant quelles sont les formes de ces poissons ailés dont l'image rappelle des objets si chers, des entreprises si utiles, des efforts si dignes d'éloges r
La tête de la pirapéde ressemble un peu à celle du céphalacantbe spiuarelle. Elle est arrondie par-devant, et comme renfermée dans une sorte de casque ou d'enveloppe osseuse à quatre faces, terminée par quatre aiguillons larges et allongés, et chargée de petits points arrondis et disposés en rayons. La mâchoire supérieure est plus avancée que l'inférieure. Plusieurs rangs de dents très-petites garnissent l'une et l'autre de ces deux mâchoires, et l'ouverture de la bouche est très-large , ce qui donne à la pirapéde un rapport avec une hirondelle. La langue est courte, épaisse, et lisse comme le palais. Le dessous du corps présente une surface presque plate. Les écailles qui couvrent le dos et les cotés sont relevées par une arête longitudinale.
Le rongeâtre domine sur la partie supérieure de l'animal , le violet sur la tête, Je bleu céleste sur la première nageoire du dos et sur celle de la queue, le vert sur la seconde nageoire dorsale; et, pour ajouter à cet élégant assortiment de bleu trèsclair , de violet , de vert et de rouge , les grandes ailes ou nageoires pectorales de la pirapéde sont couleur d'olive , et parsemées de taches rondes et bleues , qui bril-
lent , pour ainsi dire , comme entant de saphirs, lorsque les rayons du soleil des tropiques sont vivement réfléchis par ces larges ailes étendues avec force et agitées avec vitesse *•
On compte plusieurs appendices ou caecums auprès du pylore ; et les ceufs que renferment les doublesovaires des femelles sont ordinairement très-rouges.
La chair des pirapédes est maigre ; elle est aussi un peu dure , à moins qu'on ne puisse la conserver pendant quelques jours.
LE