‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 551 sur 658 · LE SPARE DORADE · texte numérisé non relu

LE SPARE DORADE

Plcsibbrs poissons présentent un *êtesHent plus magnifique que la dorade; aucun n'a reçu de parure plus élégante. Elle ne réfléchit pat l'éclat éblouissant de l'or et de la pourpre» mais elle brille de la douce clarté de l'argent et de l'asur. Le bleu céleste de son dos se fond avec d'aulaut plus de grâce dans les reflets argentins qui se jouent sur presque toute sa surface, que ces deoi belles nuances sont relevées par ft noir de ta nageoire du dos, par celui de la nageoire de la queue, par les teintes foncées ou grises des autres nageoires, et par des raies longitudinales brunes qui retendent comme autant d'ornemens de bon goût sur le corps argenté du poisson* Un croissant d'or forme une sorte de sourcil remarquable au-dessus de chaque œil ; une tache d'un noir luisant contraste, sur

1. Daurade , aourade , aurado , dans plusieurs contrées de France ; sauquetme (lorsque l'animal est encore très-jeune , et qu il n'a pas deux décimètres de long) , méjcme (lorsque l'animal est moins jeune, mais qu'il n'a pas encore quatre décimètres de longueur ) , eubre daurade (lorsque l'animal est très-grand) , dans plusieurs départemens méridionaux de France; saucanetle (lorsque l'animal est encore très-jeune , et qu'il n'a pas deux décimètres de long J , poumerengue , ou yaumergrav (lorsque l'animai est moins jeune » mais qu'il n'a pas encore quatre décimètres de longueur), sur quelques eûtes françaises de la Méditerranée; orata, à Rome el a Gènes ; or*, h Venise; caribia, en Sardaigne; aurada, a Malle; orada, a Alger ; tippurù, par les Grecs modernes; ver guide, goud braassem, on Hollande ; gilt head, gUt pçii, en Angleterre ; gotd eroMcm, en Allemagne,

la queue et sur l'opercule, arec l'argent des écailles; et une troisième tache d'un beau rouge, se montrant de chaque côUé audessus de la pectorale» et mêlant le ton et la vivacité du rubis à l'heureux mélange du bleu et du blanc éclatant, terminé la réunion des conteurs les plus simples, et en même temps les mieux ménagées, les plus riches, et cependant les plus agréables. Les Grecs, oui ont admiré arèc complaisance ce charmant àsst/rtintfent , et qui cherchaient dans la Nature la règle de leur goût , le type de leurs arts.) et même l'origine de leurs modes. Vont choisi sans doute plus d'une fois pour le modèle des nuances destinées à parer la jeune épouse, au moment où s'allumait pour elle le flambeau de l'hyménée. Us avaient du moins consacré, la dorade à Vénus. Elle était pour eux l'emblème de 1% beauté féconde : elle étoit donc celle de la Nature ; elle étoit le symbole de cette puissance admirable et vivifiante, qui crée et qui coordonne, qui anime et qui embelli 1 qui enflamme et qui enchante, et qu'un des phis célèbres poètes ae l'antique Home, pénétré de l'esprit mythologique qu'il cherchait cependant a- détruire, et rai rendant hommage même en le combattant, invoquoit sous le nom de la déesse des grâces et de la reproduction, dans un des plus beaux poèmes que les anciens nous aient transmis. Mais cette idée tenoit, sans doute, à une idée plus élevée encore. Cette sorte d'hiéroglyphe de la beauté céleste n'a voit pas été empruntée sans intention du sein des eaux. Ce n'étoit pas seulement la Ifature créatrice et réparatrice qui étroit in-

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Slqfeer Bette consécration de la dorade. es idée* religieuses de* Grecs n'étdient qu'une traduction poétique des dogmes sacrés des premiers Égyptiens. L'prigine des mystères de Tbébes, liée a? ee la doctrine sacerdotale de l'Asie, remonte, comme cette doctrine; an* derniers grands bouleversemens que le globe a éprouvés; Ils ne sont que le récit allégorique des phénomènes qui ont distingué les différent âges de la terre et des deux, bette histoire des dieux de l'Orient et du Midi est tracée sur Un voile sacré « derrière lequel la vérité a gravé les fastes de la Nature. Et cet emblème, qui n'étoit pour les Grecs que le signe de la beauté productive, doit avoir été pour les anciens habitans de l'Inde, de la Perse et de l'Egypte, le symbole de la terre sortant du milieu des flots, et recevant sur sa surface viviûéé par les rayops du dieu de la lumière tous les germes de la fécondité et tous les traits dé la beauté parfaite. Cette époque où la mer a cessé de couvrir nos îles et nos conliqens pouvoit d'autant plus être rappelée à l'imagination. ^ dans une langue mythologique, par l'habitant de l'Océan dont nous tâchons de dessiner l'image, flue des dépouilles

depuis que les eani de le mer te sent peignées de leurs sommets ; elle est donc

i. II if est ftrèsrfùé tàcafc otfvfa'ge de géologie Ou tfèrjctdlogiè cfrft né rènferrrié quelque preuve dé Cette assertion; On peut consulter pariientièrement , 1 ce sujet , le grand oarrege qae publie, *ur la montagne de Simt>Pietfe , de Maestricnt, mon savant collègue kl. Fanjas Saint- Foncl.

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cessif. Elle résiste à la chaleur des mers des tropiques ; et nous verrons, en parcourant l'histoire des animaux de sa famille, qui peut-être sont des races plus ou moins anciennes, lesquelles lui doivent leur origine, que le spare auquel nous avons donné le nom de notre savant ami Desfontaines, se platt au milieu des eaux thermales de la Barbarie. Cette analogie avec les eaux thermales ne pourroil-elle pas être considérée d'ailleurs comme un reste de cette convenance de l'organisation, des besoins et des habitudes, avec des fluides plus échauffés que l'eau des fleuves ou des mers de nos jours, qui a dû exister dans les espèces contemporaines des siècles où nos continens étoient encore cachés sous les eaux ; au moins si nous devons penser avec les Leibnitz, les Buffon et les Laplace, que la température générale de notre planète, et par conséquent celle des mers de notre globe, étoit beaucoup plus élevée avant le commencement de l'ère de l'existence de nos continens, que dans les siècles qui viennent de s'écouler ?

Quoi qu'il en soit de cette dernière conjecture, faisons remarquer que parmi ces dépouilles de dorade qui attestent en même temps et plusieurs des révolutions qui ont changé la face de la terre et de l'ancienneté de l'espèce dont nous écrivons l'histoire, les fragmens les plus nombreux et les mieux conservés appartiennent à ces portions des animaux dont la conformation, toujours la même, prouve le mieux la durée des principaux caractères de l'espèce, parce que de la constance de leur manière d'être on doit conclure la permanence de la manière de vivre de l'animal, et de ses autres principales habitudes , toujours liées avec les formes extérieures et les organes intérieurs les plus importans. Ces restes d'anciennes dorades qui habitoient l'Océan il y a des milliers d'années, sont des portions de mâchoire, ou des mâchoires entières garnies de leurs dents incisives et de leurs rangées nombreuses de dents molaires. Pour comparer avec soin ces antiques dépouilles avec les dents des dorades actuellement vivantes, il ne faut pas perdre de vue qu'indépendamment de six incisives arrondies et séparées les unes des autres, que l'on trouve sur le devant de chaque ma- * choire de cesspares,la m&choiresupérieure est armée ordinairement de trois rangs de molaires. Le premier de ces rangs contient dix mâcheiiéres de chaque côté. Le second et le troisième n'en comprennent pas

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un aussi grand nombre s mais celles de la troisième rangée, et particulièrement les plus éloignées du bout du museau, sont plus grandes et plus fortes que les autres. On remarque, le plus souvent, dans la mâchoire inférieure, des linéamens d'un quatrième rang de molaires, ou une quatrième rangée intérieure très-bien conformée ; et, en général, la quantité de rangées et de molaires paroft augmenter avec la grandeur et par conséquent avec l'âge du poisson. La configuration de ces mâcheiiéres varie aussi vraisemblablement avec les - dimensions de l'animal ; mais le fond de cette configuration reste, et ces dents destinées à broyer ont le plus fréquemment une forme ovale ou demi-sphérique, plus ou moins régulière, convexe ou aplatie, et même quelquefois un peu concave, peutêtre suivant le nombre et la résistance des corps durs que le spare a été contraint d'écraser , et qui par leur réaction ont usé ces instrumens de nutrition ou de défense journalière.

Ce sont ces molaires fossHes, ou arrachées à une dorade morte depuis peu de temps, mais particulièrement les fossiles les plus grandes et les plus régulières, que l'on a nommées crapaudines ou bufonites, de même que les mâcheiiéres de Vanarhique loup, et celles de quelques autres poissons, parce qu'on les a crues, comme ces dernières, des pierres produites dans la tête d'un crapaud. On le» a recherchées, achetées assez cher, enchâssées dans des métaux précieux, et conservées avec soin, soit comme de petits objets d'un luxe particulier, soit comme douées de qnalités médicinales utiles. On a surtout attaché un assez grand prix, au moins à certaines époques, aux molaires de dorade que l'on trouve dans l'intérieur des couches de la terre, et qui, plus ou moins altérées dans leur couleur par leur séjour dans ces couches, offrent différentes nuances de gris, de brun, de roux, de rouge brunâtre. On a estimé encore davantage ces mâcheiiéres, dont on ignoroil la véritable nature, lorsque leurs teintes, distribuées par zones, ont montré dans leur centre une tache presque ronde et noirâtre. On a comparé cette tache foncée à une prunelle; on a vu dans ces molaires ainsi colorées une grande ressemblance avec un œil : on leur a donné le nom d*œil de serpent; on les a supposées des yeux de serpent pétrifiés ; on leur a dès lors attribué des vertus plus puissantes; on les a vendues plus cher; et, en consé-

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qoence, on les a contrefaites dans quelques endroits voisins des parages fréqoentés par les dorades et particulièrement dans l'Ile de Malte, en faisant avec de l'acide nitreux une marque noire au centre des molaires de spare dorade non fossiles, et prises sur un individu récemment expiré.

Les mâchoires qui sont garnies de ces dents molaires ou incisives dont nous venons de parler n'avancent pas l'une plus que l'autre. Chaque lèvre est charnue ; l'ouverture de la bouche un peu étroite ; la tête comprimée, très-relevée à l'endroit des yeux, et dénuée de petites écailles sur le devant ; la langue épaisse, courte et lisse ; l'espace compris entre les deux orifices de chaque narine, marqué par un sillon; l'opercule revêtu d'écaillés semblables à celles du dos, et arrondi dans son contour ; le corps élevé, le dos caréné ; le ventre convexe ; l'anus plus voisin de la caudale que de la tête ; et l'ensemble du corps et de la queue couvert d'écaillés tendres et lisses, qui s'étendent sur une portion de la dorsale et de la nageoire de t'anus.

Telles sont les formes principales de la dorade. Sa grandeur est ordinairement considérable. Si elle ne pèse communément que cinq ou six kilogrammes dars certains parages, elle en pèse jusqu'à dix dans d'autres, particulièrement auprès des rivages de la Sardaigne ; et le voyageur suédois Hasselquist en a vu dans l'Archipel, et notamment auprès de Smyrne, qui avoient plus de douze décimètres de longueur. Ce spare, suivant son âge et sa grandeur, reçoit, des pêcheurs de quelques côtes maritimes, des noms différens que l'on trouvera dans la synonymie placée au commencement de cet article, et qui seuls prouveraient combien on s'est occupé de ce pois- - son, et combien on a cherché à reconnottre et à distinguer ses diverses manières d'être.

L'estomac de la dorade est long; le pylore garni de trois appendices ou cœcums; le canal intestinal proprement dit, trois fois sinueux ; le péritoine noir ; et la vessie natatoire placée au-dessous du dos.

Indépendamment du secours que ce spare tire de cette vessie pour nager avec facilité, il reçoit de la force de ses muscles, et de la vitesse avec laquelle il agite ses nageoires, une grande légèreté dans ses mouvemens, et une grande rapidité dans ses évolutions : aussi peut-il, dans un grand nombre de circonstances, satisfaire

la voracité qui le distingue; il le peut d'autant plus, que la proie qu'il préfère en lui échappe ni par la fuite, ni parla nature de l'abri dans lequel elle se renferme. La dorade aime à se nourrir de crusiacées et d'animaux à coquille, dont les uns sont constamment attachés à la rive ou au banc de sable sur lequel ils sont nés, et dont les autres ne se meuvent qu'avec une lenteur assez grande. D'ailleurs, ni le têt des crustacées, ni même l'enveloppe dure et calcaire des animaux à coquille, ne peuvent les garantir de la dent de la dorade : ses mâchoires sont si fortes, qu'elles plient les crochets des haims lorsque le fer en est doux, et les cassent s'il ont été fabriqués avec du fer aigre ; elle écrase avec ses molaires les coquilles les plus épaisses ; elle les brise assez bruyamment pour que les pêcheurs reconnoissent sa présence aux petits éclats de ces enveloppes concassées avec violence ;' et afin qu'elle ne manque d'aucun moyen d'apaiser sa faim, on prétend qu'elle est assez industrieuse pour découvrir, en agitant vivement sa queue, les coquillages enfouis dans le sable ou dans la vase.

Ce goût pour les crustacées et les animaux à coquille détermine la dorade à fréquenter souventles rivages comme les lieux où les coquillages et les crabes abondent le plus. Cependant il parott que, sous plusieurs climats, l'habitation de ce spare varie avec les poissons : il craint le très-grand froid ; et lorsque l'hiver est très-rigoureux, il se retire dans les eaux profondes, où il peut assez s'éloigner de la surface, au moins de temps en temps, pour échapper a l'influence des gelées très fortes.

Les dorades ne sont pas les seuls poissons qui passent la saison du froid dans les profondeurs de la mer, qu'ils ne paroissent quitter, pour venir à la surface de l'eau, que lorsque la chaleur du pi intemps a commencé de se faire sentir, et qui, bien loin d'y être engourdis, y poursuivent leur proie, s'y agitent en différens sens, j conservent presque toutes leurs habitudes ordinaires, quoique séparés, par des cou-j ches d'eau très-épaisses, de l'air de l'a* j mosphére, et même de la lumière, qui ne peut du moins parvenir jusqu'à leurs yeux qu'extrêmement alfoib'ie. Si ce grand phénomène étoit entiérempnt constaté. Il donneroît l'explication des observations parti- • culiéres, en apparence, contraires à ce fait très- remarquable, et qui ont été publiées par des physiciens très-estimables, 11 mon-

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treroit peut-être que ii quelques espèces de poissons, soumises à des circonstances extraordinaires, et placées, par exemple, dans de très-petits volumes d'eau, paroissent forcées, pour conserver leur vie, de venir de temps en temps a la surface du fluide dans lequel elles se trouvent plongées, elles y sont quelquefois moins contraintes par le besoin de respirer l'air de* l'atmosphère, que par la nécessité d'échapper à des émanations délétères produites dans le petit espace qui les renferme et les relient captives. On a écrit que la dorade craignoit le phayd, aussi bien que le très grand froid. Cette assertion ne nous paroît fondée en aucune manière, à moins qu'on n'ait voulu parler d'une chaleur tres-éîevée, et, par exemple, supérieure à celle qui paroi l trèsbien convenir au spore Desfontaines, Si en général une température chaude étoit contraire à la dorade, on ne trouveroit pas ce poisson dans les mers très-voisines de la ligne ou des tropiques. En effet, quoique fa dorade habite dans la mer du Mord, et dans toute la partie de la mer Atlantique qui sépare l'Amérique .de l'Europe, erranée, \ France, la Cami Sardalla Syrie, ! au cap mers du Indes, et ces derxeniple , t sur une Méditeriez conît les diivent lui i le plus trop imdu soleil ivec plus e aime à p luit enquelquepréférée >ur la reaencé de e facileou en le ée à uDe

nséquent rochent, î encore

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des embouchures des rivières, dont l'eaù douce parott alors leur être au moins tréeagréable. Elles s'engagent souvent à cette époque, ainsi que vers d'autres mois, dans les étangs ou petits lacs salés qui commuai* quent avec la mer ; elles s'y nourrissent des coquillages qui y abondent ; elles y grandissent au point qu'un seul été suffît pour que leur poids y devienne trois fois plus considérable qu'auparavant ; elles y parviennent à des dimensions telles, qu'elles pèsent neuf ou dix kilogrammes ; et en y engraissant, elles y acquièrent des qualités qui les ont toujours fait rechercher beaucoup plus que celles qui vivent dans la mer proprement dite. On a préféré surtout, dans les départemens méridionaux de la France, celles qui avoient vécu dans les étangs d'Hiéres, de Martigues et de Latte, prés du cap de Cette. Les anciens Romains les plus difficiles dans le choix des objets du luxe des tables estimoient aussi les dorades des étangs beaucoup plus que celles de la Méditerranée : voilà pourquoi, ils en faisoient transporter dans les lacs intérieurs qu'ils possédoient, et particulièrement dans le fameux lac Lucrin. Columelle même, dans ses ouvrages sur l'économie rurale, conseil! oit de peupler les viviers de ces spares ; ce qui prouve qu'il n'ignoroit pas là facilité avec laquelle on peut accoutumer les poissons marins à vivre dans l'eau douce, et les y faire multiplier. Cette convenance des eaux des lacs non salés, des rivières et des fleuves, avec l'organisation dès spares dorades, et la supériorité de goût que leur chair contracte au milieu de ces rivières, de ces lacs et des viviers, n'ont pas échappé à Duhamel: et nous partageons bien vivement le désir que Bloch a exprimé en conséquence, de voir l'industrie de ceux qui aiment les entreprises utiles, se porter vers l'acclimatation ou plutôt le transport et la multiplication des dorades au milieu de ces eaux douces qui perfectionnent leurs qualités.

Au reste, lorsqu'on veut jouir dé ce goût agréable de la chair des dorades, il ne suffît pas de proférer celles de certaines mers, et particulièrement de la Méditerranée, i celles de l'Océan, comme Rondelet et d'autres écrivains l'ont recommandé ; de rechercher plutôt celles des étangs salés que celles qui n'ont pas quitté la Méditerranée ; et d'estimer, avant toutes les autres, les dorades qui vivent dans de l'eau douce : il faut encore avoir 1 attention de rejeter ceux de ces spares qui ont été péchés dans

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des eaux trop bourbeuses et sales, tes dorades trop grandes, et par conséquent trop vieilles et trop dures ; et enfin d'attendre, pour s'en nourrir, l'automne, qui est là saison où les propriétés* de ces poissons ne sont altérées par aucune circonstance. C'est pour n'avoir pas usé de cette précaution que l'on a souvent trouvé des dorades difficiles a digérer, ainsi que Celse Ta écrit; et c'est, au contraire, parce que les anciens" Romains ne la négligeoient pas , qu'ils avoient des dorades d'un goût exquis, et d'une chair légère et très-salubre : aussi en ont-ils donné de très-grands prit, et un tlomain nommé Serge attachoit-il une sorte d'honneur à être surnommé Ôrata, cause de sa passion pouT ces spâres.

Les qualités médicinales qu'on a attribuées à ces poissons, et particulièrement la vertu purgative, et la faculté de guérir de certaines indigestions, ainsi que de préserver des mauvais effets de quelques substances vénéneuses, ont de même, pendant quelques siècles, fait rechercher ces osseux. Du temps d'Élien, on les prenoit en formant, sur la grève que la haute mer devoit couvrir» une sorte d'enceinte composée de rameaux plantés dans la vase ou dans le sable. Les dorades arrivoient avec le flux ; et, arrêtées par les rameaux lorsque la mer baissoit et qu'elles vouloient suivre le reflux, elles êtoieni retenues dans l'enteinte, où même des femmes et des en fans les saisissoient avec facilité. Rondelet dit qu'on employoit, à l'époque où il écrivoit, un moyen à peu près semblable pour se procurer des dorades dans l'étang de Latte, sur les bords duquel on se servoit aussi de filets pour les pécher; et il y a peu d'années qu'on usoit dans différentes mers, pour la pèche des dorades, du bregin ltdu verveux 2, du tremail*, et des baims garnis de chair de scombres et de crustacées, ou d'animaux à coquille.

Lorsqu'on prend une très-grande quantité de dorades, on en fait saler., pour pouvoir eri envoyer au loin , et lorsqu'on a voulu les manger fraîches, on les a préparées d'un très- grand nombre de manières, que Rondelet a eu l'attention de décrire avec beaucoup d'exactitude.

Mais comme l'histoire de la Nature n'est

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