LE CENTROPOMB OBILLB
Dix rayons aiguillonnés à la première najpoire du dos; un rayon aiguillonné et vinçl-quatre rayons articules h la seconde ; un rayon aiguillonné et neuf rayons articulés à 1 anale ; une tache ronde , noire, et bordée de blanc» auprès de la caudale.
LE
CENTROPOME SANDAT ',
IK CENTROPOME HOBEK , LE CEN- TROPOME SAFGA, LE CENTRO- POME ALBORNE, LE CENTROPOME LOPHA* , LE CENTROPOME ARA- BIQUE ET LE CENTROPOME RAi*É.
Li tandat habite dans les eaux douces de l'Allemagne, de la Hongrie, de la Po
LB CBNTROPOME SANDAT.
bitudes avec celles de la perche, et surtout avec celles du brochet.
Sa mâchoire supérieure , plus avancée ' que l'inférieure, lui donne plus de facilité pour saisir la proie sur laquelle il se jette. Elle est garnie , ainsi que cette dernière , de quarante dents ou environ : ces dents sont inégales et très-propres à percer, retenir et déchirer une victime. On voit aussi de petites dents dans quelques endroits du palais et auprès du gosier.
L'iris de ce centropome est d'un rouge brun , et son œil paroît très- nébuleux. La partie inférieure du poisson est blanchâtre; une nuance verdâtre est répandue sur quelques portions de la tête et des oper-
Allemagne, de la Hongrie, de la Po- cules; les pectorales sont jaunes; les tho- », de la Russie , de la Suède et du racines, l'anale et la caudale grises; les
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Dannemark. Le grand nombre de noms vulgaires qu'il porte prouve combien il est recherché ; et Ton ne sera pas surpris qu'il Soit l'objet d'une poursuite particulière , et qu'on le pèche avec autant de soin que de constance , lorsqu'on saura que sa chair est blanche,tendre,très-agréable au goût, facile à digérer, et qu'il parvient à un très-grand volume. Il présente quelquefois une longueur d'un mètre et même d'un mètre et de- 5li. On prend dans le Danube des individus de cette espèce qui pèsent dix kilogrammes, et le professeur liloch en a vu un du poids de onze kilogrammes, qui venait du lac Schwuliftw en Saxe. Ce centropome 2 ressemble lu brochet parles dimensions de son corps, Ht forme et les dimensions de sa tête, la prolongation de son museau, la disposition, fa grosseur et la force de ses dents. 11 a d'ailleurs beaucoup de- rapports avec la perséque perche, par la dentelure de ses nageoires dorsales, la dureté et h rudesse 4m ses écailles : aussi presque tous les auteurs latins qui en ont parlé lui ont-ils donné le nom de lucioperca (brochet perche ) , que Linné lui a conservé. La grande ouverture de sa gueule annonce d'ailleurs sa voracité , et la ressemblance de ses ha-
1. Zander, dan* plusieurs contrées de Prusse; tunder, xant, sand baarsch , en Poméranie; sondât et sandart , dans le Holstein , le Mecklembourg, la Poméranie , etc. ;. sondât et sonder, en Livonie ; stahrks , kahha , en' Estonie ; sudacki, en ftnsjfc; sedax, en Pologne ; tant et zahnt, en Silésie ; schiel , en Autriche tj nagmaul, schindel, en Bavière ; santor, dans le Dannemark ; gios on jrioe», en Suède.
2. Le nom générique centropome désigne la dentelure des opercules. KsvTyaov, en grec, signifie aiguillon, ou piquant ; et ftw/cox , opercule.
deux dorsales grises et tachetées d'un brun très-foncé.
' Nous suivons pour le sandat la régie que nous nous sommes imposée pour tant d'autres espèces , afin de ne pas allonger sans nécessité l'ouvrage que nous offrons au public. Nous avons cru ne devoir pas répéter dans l'histoire de ces animaux ce que nous dirons de leurs caractères extérieurs dans les tables génériques sur lesquelles nous les avons inscrits.
L'œsppbage du sandat est grand , ainsi que son estomac, son foie, et sa vésicule du fiel , qui est de plus jaune et transpa* rente. Les organes relatifs à la digestion sont donc ceux d'un animal qui peut beaucoup détruire à proportion du volume de son corps ; et si son canal intestinal proprement dit n'est pas aussi long que l'ensemble du poisson , ce tube est garni , auprès du pylore , de six cœcums ou appendices.
Le péritoine est d'une couleur argentée et brillante.
Le sandat ne vient pas fréquemment auprès de la surface de l'eau : peut-être l'apparence nébuleuse de ses yeux indiquet- elle dans ces organes une sensibilité ou une foiblesse qui rend le voisinage de la lumière plus incommodé ou moins nécessaire pour ce centropome. Quoi qu'il en soit , il vit ordinairement , dans les profondeurs des lacs qu'il habite ; et comme il a besoin d'un fluide assez pur , on ne le trouve communément que dans les lacs qui renferment beaucoup d'eau» dont le fond est de sable ou de glaise, et qui reçoivent de petites rivières, ou au moins de petits ruisseaux. Il se plaît dans les étangs où vivent les poissons qui aiment, comme lui, à se tenir au fond de l'eau -, et voilà pourquoi il préfère
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qui nourrisse*! des éperlaas. Il croit très-vite» lorsqu'il trouve facilement k quantité de nourriture dont ii a besoin. 11 dévore uo grand nombre de petits poissons, même de ceux qui ont de la force et quelques armes pour se défendre. 11 attaque avec avantage quelques peiches et quelques brochets ; mais il n'est pour ces animaux un ennemi dangereux que lorsqu'il jouit de presque toutes ses facultés. Fendant qu'il est encore jeune, il succombe au contraire très souvent sous la dent du brochet et de la perche, comme sous celle des silures, et sous le bec de plusieurs espèces d'oiseaux d'eau qui plongent avec vitesse, et le poursuivent jusque dans ses asiles les plus reculés. 11 abandonne ces retraites écartées dans le temps de son frai, qui a lieu ordinairement vers le milieu Ju printemps. Sa femelle dépose alors ses œufs sur les broussailles, les pierres, ou les autres corps durs qu'elle rencontre auprès des bords de son lac ou de son étang, et qui peuvent soumettre ces œufs à l'influence salutaire des rayons du soleil, delà température de l'air, ou des fluides de l'atmosphère. Ces œufs sont d'un jaune blanchâtre. L'ovaire qui les renferme est composé de deux portions distinctes par le haut et réunies par le bas. Le conduit par lequel ils en sortent aboutit à un orifice particulier situé au-delà de l'anus ; et celte conformation, que l'on peut observer dans un grand nombre d'espèces de poissons, doit être remarquée. Ces mêmes œufs sont très-petits , et par conséquent très-nombreux ; néanmoins les sandats ne paroissent pas se multiplier beaucoup, apparemment parce qu'ils s'attaquent mutuellement, et parce qu'ils tombent souvent dans les filets des pécheurs, particulièrement dans la saison du frai, où les sensations qu'ils éprouvent les rendent plus hardis et plus vagabonds. Ils ont cependant un grand moyen d'échapper à la poursuite des pécheurs ou des animaux qui leur font la guerre : ils nagent avec facilité, et s'élèvent ou s'abaissent au milieu des eaux avec promptitude. Ils sont aidés, dans leur fuite du fond des eaux vers la surface des lacs, par une vessie natatoire placée prés du dos, qui égale presque toute la longueur du corps proprement dit, dont l'enveloppe consiste dans une peau très-dure, et qui se sépare, du côté de la tête, en deux portions ou appendices, lesquels lui donnent la forme d'un cœur tel que celui que les peintres représentent. Le canal pneumatique de cette vessie est
situé vers le haut de la partie antérieure de cet organe, que l'on ne peut détacher que difficilement des parties de l'animal auxquelles il tient, parce que sa dernière membrane appartient aussi au péritoine.'
Le sandat meurt promptemenl, lorsqu'on le tire du lac ou de PéUng qui l'a nourri, et qu'on le met dans un vase rempli d'eau. 11 expire surtout très-vite, si on le retient hors de l'eau, principalement lorsqu'une température chaude |»âte le dessèchements! funeste aux poissons, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois dans cet ouvrage. On ne peut donc le transporter en vie qu'à de petites distances, avec beaucoup de précautions, et lorsque la saison est froide ;' et cependant, comme ta sandat est un des poissons les plus précieux pour l'économie publique et privée , et de ceux qu'il faut le pi us chercher à introduire de proche en proche dans tous les (ses et dans tous les étangs, nous ne devons pas négliger de recommander, avec B loch, de se servir des oeufs fécondés de ce cenpropome pour répandre cette espèce.
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On pêche des filets, et ou petites j hameçons ei pas les gard voirs ou da ne voulant ou prisons r de leur gra chair.
Lorsqu'ils sont morts, on les envoie au loin, salés ou fumés, ou empaquetés clans des herbes ou delà neige.
Nous croyons devoir rapportera une variété du sandat le poisson décrit par le célèbre Pailas dans le premier volume de ses Voyages, et inscrit parmi les perséques
1. Voyez la description de la^ne à>n# l'article de 1* rai* fondé*.
Ll CENTROPOBE SANDAT.
oo perches dans l'édition de Linné, que nous deronsau professeur Gmelin *.
Ce ihoracin a tant de rapports avec le* sandat et Ja perche ordinaire, ou la perche d'eau douer, qu'on Ta regardé comme un métis provenant du mélange de ces deux espèces Sa couleur générale est d'un vert doré, relevé par des bandes transversales ou plaques noires, au nombre de cinq ou six. On remarque aussi cinq bandes sur les dorsales, qui sont soutenues par des rayons très-forts. Les écailles sont grandes et rudes. Les deux dents de devaul de la mâchoire inférieure surpassent les autres dents en grandeur. Ce poisson vit dans le Wolga et dans d'autres fleuves du bassin de la Caspienne.
Le hober, que l'on trouve dans la mer d'Arabie, a été bien moins observé que le sandat. On en doit la connoissance à F'orskael. Ce poisson a les deux dorsales arrondies; le premier de ces deux instrumens de natation, brunâtre, le second jaune, et toutes les autres nageoires jaunâtres.
Le safga habite les mêmes eaux que le hober.
On pèche, dans la mer qui arrose la Caroline, l'alburne. que Catesby et Garden ont observé. Ce poisson est remarquable par la conformation de sa première dorsale, qui ne présente qu'un rayon aiguillonné, ainsi qu'on peut le voir dans le tableau générique des centroponies. 11 montre à sa mâchoire inférieure cinq ou six. excroissances. L'échancrure de sa caudale est peu profonde. Sa couleur générale est d'un brun clair, et sa longueur, de trois ou quatre décimètres.
Le lophar a été péché dans la Propontide, auprès de Constanlinople. Il a beaucoup de rapports avec le hareng, et par sa conformation générale, et par ses dimensions Dessillons longitudinaux sont tracés dans l'entre-deux de ses yeux. La base de la seconde dorsale et celle de l'anale sont charnues, ou plutôt adipeuses. Le dos est d'un vert brun, et l'extrémité de la caudale noirâtre 2.
11 est superflu de dire que l'arabique