‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 69 sur 658 · LES CENTRISQUES · texte numérisé non relu

LES CENTRISQUES

Le museau très-allonge ; les mâchoires sans dents; te corps très-comprimé; Us nageoires

ventrales réunies.

ESPÈCE

CARACTÈRES

ESPÈCES

CARACTÈRES

Le centrisque

CDinASSÉ.

'Une cuirasse placée sur le clos, el aussi longue que

! Je corps el la queue reunis.

/ Une cuirasse placée sur le î. Le centrisque \ dos, et plus Courte que slmpit. j le corps et la queue

\ réunis.

3. Le centrisque) Le dos garni de petites bécasse. « écailles.

LE CENTRISQUE CUIRASSÉ.

Nous avons vu les ostracions, dont la tète, le corps, et une partie de la queue, sont ehtourés d'une croûte solide et préservatrice , représenter, au milieu de la nombreuse classe des poissons , la tribu remarquable des tortues, qu'une carapace et un plastron très-durs environnent aussi d'une enveloppe presque impénétrable. Mais Lacé>èpe. II.

parmi ces tortues, et particulièrement parmi celles qui, plus rapprochées des poissons , passent la plus grande partie de leur vie au milieu dès eaux salées, il en est qui n'ont reçu que des moyens de défense moins complets : la tortue luth, par exemple , qui habite dans la mer Méditerranée , n'est à l'abri que sous un carapace ; elle est dénuée île plastron ; elle n'a qu'une sorte de cuirasse placée sur son dos. Elle , a aussi son analogue parmi les poissons,

LE CENTH1SQUE CUIRASSÉ.'

et C'est la famille des centrisques, et surtout le centrisque cuirassé, qui, comme la tortue luth, a sur son dos une longue cuirasse , terminée , du côté de la queue , par une pointe aiguë, laquelle a fait donner à tout le genre le nom de centrisque oud'atguilhnné. Si les centrisques sont , à quelques égards, une sorte de portrait de la tortue luth, ils n*en sont cependant qu'une image bien diminuée. Quelle différence de grandeur, en effet, entre une tortue qui parvient à pi us de deux métrés de longueur, et des centrisques qui le plus souvent ne sont longs que de deux décimètres ! tant là Nature, cette cause puissante de toute existence, cette source féconde de toute beauté, ne cesse de varier par tous les degrés de la

Au-dessous de ce piquant , et à un grand éloignement du corps proprement dit, est la première nageoire dorsale, qui le plus souvent ne renferme que trois rayons, et dont la membrane est communément attachée à ce même piquant, lequel alors peut être considéré comme un rayon de plus de cet'e première nageoire dorsale.

Le museau est très-allongé ; il est d'ailleurs fait en forme de tube ; et c'est à ^extrémités de ce long tuyau qu'est placée l'ouverture de la bouche. Cet oritice est trèsétroit : mais quelquefois, et surtout après la mort de l'animal , la membrane qui réunit les deux longues mâchoires dont le tube est composé , se déchire et s'oblitère ; les deux mâchoires se séparent presque

grandeur, aussi bien que par toutes les .jusqu'au-dessous du siège de l'odorat; l'on-

nuances des formes , ces admirables copies par lesquelles elle multiplie avec tant de profusion, et sur la surface sèche du globe, et au milieu des eaux , les modèles remarquables sur lesquels on seroit tenté de croire qu'elle s'est plu à répandre d'une iiian.ére plus particulière le feu de la vie et le piincipe de la reproduction.

D'ailleurs la cuirasse longue et pointue qui revêt le dos, des centrisques , au lieu de s'étendre presque horizontalement sur uu corps aplati comme dans les tortues, se plie dans le sens de sa longueur, au-dessus des animaux que nous allons décrire , pour descendre sur les deux côtés d'un corps très- comprimé. Cette forme est surtout très-marquée dans le centrisque cuirassé. Ce dernier cartilagineux est, en effet, si aplati par les côtés, qu'il ressemble quelquefois à une lame longue et large. La cuirasse qui le couvre est composée de pièces écailleuses très-lisses, attachées ensemble , unies de si près, que l'on ne peut quelquefois les distinguer que très-difficilement l'une de l'autre, et si transparentes, que l'on aperçoit très-aisément la lumière

verture de la bouche devient très-grande , et la mâchoire supérieure se divise longitudinalement en deux ou trois pièces qui sont comme les élémens du tuyau formé par le museau. La planche sur laquelle on pourra voir la figure du centrisque cuirassé représente l'effet de cet accident.

L'ouverture des narines est double ; celle des branchies est grande et curviligne , l'opercule lisse et transparent.

Chaque côté' du corps est garni de dix ou onze pièces, écailleuses, minces et placées transversalement. Elles sont relevées dans leur milieu par une arête horizontale ; et la suite de toutes les arêtes, qui aboutissent l'une à l'autre, forme une ligne latérale assez saillante. Ces lames sont un peu arrondies dans leur partie inférieure , et réunies avec les lames du côté opposé par une portion membraneuse, très-mince, qui fait paroître le dessous du corps tréscaréné.

Les nageoires pectorales sont un peu éloignées des branchies ; les ventrales sont réunies , et de plus si petites et si déliées , que souvent elles échappent à l'œil, ou sont détachées par divers accidens du corps de l'animal \ La seconde dorsale et celle de l'anus sont très-près de celle de la queue, dont la colonne vertébrale est détournée de sa direction, et fléchit, pour ainsi di.e, en en-bas, par la partie postérieure de la cuirasse qui la recouvre.

I, A la première nag oire du dos. 3 rayons.

à la seconde 11

à chaque nageoire pectorale. . 11

à la ventrale S

à celle de l'anus 1S

% celle de la fjùe&c, qui estrec-

tiligne. . . . . . . • 4i

LE CENTRISQUE CUIRASSE.

le* afférentes formés remarquables que nous venons de décrire attirent d'ailleurs l'attention par la beauté et la richesse des couleurs qu'elles présentent : le dos est d'un brun doré brillant, quoique foncé; les côtés sont argentés et jaunes ; le dessous du corps est rouge avec des raies transversales blanches , et presque toutes les nageerhes uonl jaunâtres.

Le poisson qui montre cet éclatant assortiment de plusienrsnuances vit, comme les pégases, de petits verts marins, et des débris de corps organisés qu'il peut trouver dans la vase ; mais, bien loin de jouir, ainsi que les pégases , de la faculté de s'élancer avec force au-dessus de la surface de l'eau , il est réduit, par là petitesse de ses nageoires et la roideur d'une grande partie de son corps, à n'exécuter que des mouvemens peu rapides. Il habile dans les mers de Pinde , ainsi que l'espèce dont nous allons parler.

LE CENTRlSQtlF. SUMPIT.

Ce poisson est très-petit ; il ne parvient ordinairement qu'à la longueur de cinq ou six centimètres : sa parure est élégante ; J'écJat de l'argent brille sur les côtés de son corps, et se change sur sa partie supérieure en une sorte de couleur d'or un peu pâle, que relè\ent quelques raies de différentes couleurs et placées obliquement. On ne voit sur son dos qu'une cuirasse assez courte, en comparaison de celle qui garantit l'espèce de cenlrisque que nous avons déjà décrite; et c'est parce que cette arme défensive ne s'étend que jusqu'à Fextrémité de la queue , q e Pallas, auquel nous devons la connoissance de cet animal, l'a désigné par l'épi théte d'armé à la légère/bette armure moins étendue lui donne d'ailleurs des mouvemens plus libres , qui s'allient fort bien avec l'agrément des couleurs dont il est peint. Au reste , cette couverture se termine en pointe, et se réunit, pour ainsi dire, a une sorte de piquant couché en arrière, un peu mobile , très-aigu, dentelé , creusé par-dessous, et placé au-dessus d'un second aiguillon que le poisson cache à volonté dans une fossette longitudinale. A la suite de ces pointes, que l'on peut considérer comme une première nageoire dorsale, d'autant phts qu'elles sont réunies par une membrane , on voit la seconde nageoire du dos.

dans laquelle ou compte douie rtyons *. Une petite raie saillante s'étend de chaque côté, depuis le brut du museau jusqu'à l'œil ; et un petit aiguillon recourbé *ers l'anus est placé au-de\ant de cette dernière ouverture.

LE CENTRISQUE BÉCASSE.

Cet animal, que l'on voit quelquefois dans le marché de Rome et dans ceux des pays voisins, n'est pas toul-à-fait aussi petit que le sumpit : il piésente ordinairement une longueur de plus d'un décimètre , et se distingue facilement de plusieurs autres poissons avec lesquels on l'apporte , par sa couleur qui est d'un rouge tendre et agréable. Les pièces qui composent la couverture supérieure du cuirassé et dû sumpit sont remplacées sur le centrisqoe bécasse par des écailles dures, pointues, «t placées les unes au-dessus des autres ; mais on voit un piquant à l'extrémité du dos de ce catilagineux. comme sur celui des poissons de son genre qui sont déjà connus. Cet aiguillon très- fort, dentelé des deux côtes, et mobile de manière à pouvoir être couché dans une fosse i te, est le premier rayon de la nageoire dorsale antérieure, dans laquelle on compte quatre rayons en tout ; la seconde nageoire dorsale est composée de dix-sept rayons 2. L'extrémité du long museau du poisson que nous décrivons est un peu relevée, et piésente J'omerturc de la bouche , que l'animal peut fermer à vo lonté par le moyen d'un opercule attaché au bout de la mâchoire inférieure. C 'est la grande prolongation de ce museau, et la forme assez ténue de cette sorte de tuyau , qui ont fait comparer le cartilagineux dont nous nous occupons, tantôt à une bécasse, et tantôt- à l'un des quadrupèdes les plus éloignés de ce poisson par les divers traits de leur conformation , ainsi que par l'énormité de leur taille , à l'éléphant , dont le

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