‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 70 sur 658 · X.A la membrane des branchies · texte numérisé non relu

X.A la membrane des branchies

il y a. ...... . 6 rayons.

à chaque nageoire pectorale . . j 3

à ch.que nageoire venlrale. . 4

à celle de l'anus ..... 20

à. celle de la queue 12

A la membrane des branchies. . 3

à chaque nageoire pectorale. , ' 17

à chaque nageoire inférieure. . 5

à celle de la queue , qui est arrondie 9

Sft

LE CENTR1SQUE BECASSE.

nez s'étend cependant en une trompe bien différente , dans son organisation , du museau d'un centrisque. La figure de ce même museau a fait aussi donner le nom de soufflet n la bécasse, dont on s'est beaucoup.occupée parce que ce poisson a une chair délicate.

Le premier rayon des nageoires pectorales de ce centrisque est très -long; lés nageoires inférieures sont très-petites, et l'animal peut les cacher aisément dans un sillon osseux.

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POISSONS OSSEUX

Lorsque nous avons, par la pensée, réuni autour de nous les diverses espèces de poissons qui peuplent les mers ou les eaux douces du globe, lorsque nous les avons contraintes, pour ainsi dire, à se distiibueren différens groupes, suivant Tordre des rapports qui les distinguent, nous les avons vues se séparer en deux immenses tribus. D'un côté ont paru les poissons cartilagineux, de l'autre les osseux. Nous nous sommes occupé des premiers ; exa-* minons avec soin les seconds. Nous avons assez indiqué les différences qui les séparent ; exposons donc, au moins rapidement, les ressemblances qui les rapprochent. Elles sont grandes, eii effet, ces ressemblances qui les lient. Les formes extérieures, les organes intérieurs, les armes pour attaquer, les boucliers pour se défendre, la puissance pour nager, l'appareil pour le vol, et jusqu'à cette faculté invisible et terrible de faire éprouver à de grandes distances des commotions violentes et soudaines, tous ces attributs que nous avons remarqués dans les cartilagineux, nous allons les retrouver dans les osseux. Nous pouvons, par exemple , opposer aux pétromyzons et aux gastrobranches, les cécilies, les murènes; les ophis ; aux raies , les pleuroncctes ; aux squales, les ésoces; aux acipensères, les loricaires ; aux syngnathes, les fjstulaires; aux pégases , les triglçs et les exocets ; aux torpilles et au létrodon électrique, le gymnote et le silure , également électriques ou engourdi ssans. A la vérité, les diverses conformations des cartilagineux ne se rencontrent dans les osseux qu'altérées, accrues, diminuées, ou du moins différemment combinées; mais elles reparoissent avec un assez grand nombre de leurs pie*

miers traiîs, pour qu'on les reconnoisse sans peine. Elles annoncent toujours l'identité de leur origine ; elles attestent l'unité du modèle d'après lequel la Nature a façonné toutes les espèces de poissons qu'elle a répandues au milieu des eaux. El que ce type de la vitalité et de l'animalité de ces innombrables animaux est digne de l'attention des. philosophes! Il n'appartient pas , en effet , exclusivement à la grande classe dont nous cherchons à dévoiler les propriétés : son influence irrésistible embrasse tous les êtres qui ont reçu la sensibilité. Bien plus, son image est empreinte sur tous les produits de la matière organisée. La Nature n'a, pour ainsi dire, créé sur notre globe qu'un seul être vivant, dont elle a ensuite multiplié des copies plus ou moins modifiées. Sur la planète que nous habitons, avec la matière brute que nous foulons aux pieds , au milieu de l'atmosphère qui nous environne , à la distance où nous sommes placés des différens corps célestes qui circulent dans l'espace, et sous l'empire de cette loi qui commande à tous les coips et les fait sans cesse graviter les uns vers les autres, il n'y avoit peut-être qu'un moyen unique de départir aux agrégations de la .matière la force organique, c'est-à-dire ; le mouvement de la vie et la chaleur du sentiment. Mais comme cette canse première présente une quantité infinie de degrés de force et de développement, et que par conséquent elle a donné naissance à un nombre incalculable de résultats produits par les différentes combinaisons de cette série immense de degrés, la Nature a pu être aussi admirable par la va- , riété des détails qu'elle a créés, que par la . sublime simplicité du plan unique auquel

POISSONS OSSEUX

. elle s'est asseoie. C'est ainsi qu'en parcourant le vaste ensemble des êtres qui s'élèvent au-desssus de la matière brute, nous voyons une diversité, pour ainsi dire, sans bornes, de grandeurs, de formes et d'organes, devenir, par une suite de toutes les combinaisons qui ont pu être réalisées, le principe et le résultat d'une intussusception de substances trés-divisées, de l'élaboration de ces substances dans des vaisseaux particuliers» de leur réiinion,dans des canaux plus ou moins étendus , de leur mélange pour former un liquide nutritif. C'est ainsi qu'elle est la cause et l'effet de l'action de ce liquide, qui, présenté dans un état de division plus ou moins grand aux divers fluides que renferment l'air de l'atmosphère, ou l'eau des rivières et des mers, se combine avec celui de ces fluides vers lequel son essence lui donne la tendance la plus forte, en* reçoit des qualités nouvelles, parcourt toutes les pailies susceptibles d'accroissement ou de conservation, maintient dans les fibres l'irritabilité à laquelle il doit son mouvement, devient souvent, en terminant sa eourse plus ou moins longue et plus ou moins sinueuse , une nouvelle substance plus active encore , donne par cette métamorphose à l'être organisé le pouvoir de sentir, ajoute à la faculté d'être mu celle de se mouvoir, convertit une sujétion passive en une volonté efficace , et complète ainsi la vie et l'animalité.

Nous venons de voir que les mêmes formes extérieures et intérieures se présentent dans les poissons cartilagineux et dans les poissons osseux : les résultats de la conformation prise dans toute son étendue doivent donc être à peu prés les mêmes dans ces deux sous-classes remarquables. Et voilà pourquoi les osseux nous offriront des habitudes analogues à celles que nous avons déjà Considérées en traitant des cartilagineux, non-seulement dans la manière de venir à la lumière, mais dans celle de combattre , de fuir, de se cacher, de se mettre en embuscade, de se nourrir, de rechercher les eaux les plus salutaires, la température la plus convenable , les abris les plus sûrs. Voilà pourquoi encore nous verrons dans les osseux , comme dans les cartilagineux , l'instinct se dégrader à mesure que des formes très-déliées et un corps très-allongé

seront remplacés par des proportions moins propres à une grande variété de mouvemens, et surtout par un aplatissement trésmarqué. Nous verrons même ce décaissement de l'intelligence conservatrice, dont nous avons déjà parlé *, se montrer avec bien plus de régularité dans les* poissons osseux que dans les cartilagineux, parce qu'il n'y est pas contre-balancé , comme dans plusieurs de ces derniers, par des organes particuliers propres à rendre à l'instinct plus de vivacité que ne peuvent lui en ôter les autres portions de l'organisation.

En continuant de considérer dans tout leur ensemble les osseux et les cartilagineux , nous remarquerons que les premiers comprennent un bien plus grand nombre d'espèces rapprochées de nos demeures par leurs habitations, de nos besoins par leur utilité, de nos plaisirs par leurs habitudes. C'est principalement leur histoire qui, entraînant facilement la pensée bois des limites et des lieux et des temps , rappelle à notre esprit, ou, pour mieux dire, à notre cœur attendri , et les ruisseaux , et les lacs, et les fleuves, et les jeux innocens de l'enfance , et les joyeux amusemens d'une jeunesse aimante sur les bords verdoyans de ces eaux romantiques. On ébranle vivement l'imagination en peignant l'immense océan qui soulève majestueusement ses ondes, et les flots tumultueux mugissant sous la violence des tempêtes, et les énormes habitans des mers resplendissans au milieu de l'éclatante lumière de la zone torride , ou luttant avec force contre les énormes montagnes de glace des contrées polaires : mais on émeut profondément l'âme en lui retraçant la surface tranquille d'un lac qui réfléchit la clarté mélancolique de la lune , ou le murmure léger d'une rivière paisible qui serpente au milieu de bocages sombres , ou les mouvement agiles, les courses rapides, et, pour ainsi dire , les évolutions variées de poissons argentés, qui, en se jouant au milieu d'un ruisseau limpide, t.oublent seuls le silence et la paix d'une rive ombragée et solitaire* Les premiers tableaux sont pour le génie; les seconds appartiennent à la touchante sensibilité.

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