VINGT-DEUXIÈME GENRE
LES MONOPTEHES.
Point a° autre nageoire que celle de la queue ; les ouvertures des narines placées entré
les yeux.
ESPECE
CARACTÈRES
/ Le corps plus long que la Le monoptèp.e \ queue , et dénué d'é- JAVANAis. ) cailles facilement visi- \ blés.
LE MONOPTÈRE JAVANAIS,
LE MONOPTÈRE JAVANAIS
Ce poisson n'est pas entièrement privé de nageoires, comme la cécilie brandérienne ; mais il n'en a qu'à la queue , et même l'extrémité de cette partie est une sorte de pointe assez déliée , autour de laquelle on n'aperçoit qu'a peine la nageoire caudale. C'est de ce caractère que nous avons tiré le nom de monoptère , ou de •poisson à une seule nageoire , que nous avons donné au genre non encore connu des naturaliste, dans lequel noua avons inscrit le javanais; et cette dénomination de javanais indique le pays qu'habite l'espèce dont nous allons décrire rapidement les formes. Cette espèce se trouve en effet dans le détroit de la Sonde , auprès des côtes de l'île de Java : elle y a été vue par Comme rson, auquel nous devons d' être instruits de son existence , et qui a laissé dans ses manuscrits des observations trés-détaillées au suj et des formes et des dimensions de cet animal, qu'il avoit rapporté au genre des anguilles ou des congres, parce qu'il n'a voit pas fait attention au caractère tiré du nombre des nageoires. Elle y est très-bonne à manger , et si nombreuse en individus, que chaque jour les naturels du pays apportoient une très-grande quantité de ces monoptères javanais au vaisseau sur lequel et oit Comroerson. Son goût doit ressembler beaucoup à celui des murènes , dont elle a en trèsgrande partie la conformation , et particulièrement le corps serpentiforme, visqueux, et dénué d'écaillés facilement visibles. La tête est épaisse , comprimée , bombée cependant vers l'occiput, et terminée en devant par un museau arrondi. L'ouverture de la bouche est assez grande : la mâchoire
supérieure n'avance guère au-delà deTinférieure ; elles sont toutes les deux garnies de dents courtes et serrées comme celles d'une lime ; et une rangée de dents sembla blés est placée dans l'intérieur de la gueule, tout autour du palais. La base de la langue, qui est cartilagineuse et creusée par-dessous en gouttière, présente deux tubercules blanchâtres. Les ouvertures des narines ne sont pas placées au haut d'un petit tube ; on ne les vojt pas au - devant des yeux , comme sur le plus grand nombre de poissons, mais au - dessus de ces mêmes organes. L'opercule des branchies , mollasse et flasque , paroi t comme une duplicature de la peau ; la membrane branchiale n'est soutenue que par trois rayons, que l'on ne distingue qu'en disséquant cette même membrane; les branchies ne sont qu'au nombre de trois de chaque côté ; les os qui les soutiennent sont très-peu courbés, et ne montrent, dans leur côté concave , aucune sorte de denticule ni d'aspérité. Sa nageoire caudale renferme des rayons : ils sont imperceptibles, tant que cette nageoire n'est pas altérée; et comme la queue est très-comprimée , cette dernière partie ressemble assez à une lame d'épée à deux tranebans. La ligne latérale, plus rapprochée du dos que du ventre , s'étend depuis les branchies jusqu'à l'extrémité de cette même queue; elle est presque de la couleur de l'or. Le dos est d'un brun livide et noirâtre; les côtés présentent la même nuance, avec de petites bandes transversales couleur de fer : cette dernière teinte s'étend sur tout le ventre, qui est sans tache. La longueur des mono>ptéres javanais est ordinairement de près de sept décimètres; leur circonférence, dans l'endroit le plus gros de leur corps, d'un décimètre ; et leur poids, de plus d'un hectogramme.
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