LE TR1URB BOU
laiicripis.
t One valvule en fonne V croissant, et ferment, la volonté de l'animal ; la partie de l'ouvertut»
è*t branchies laissée libre par la membrans branchiale qui est attachée « Mte OH «i corps, (feus presque teut son contour.
TUCBE BOUGAINVILLIEN.
flous menons d'écrire l'histoire des poissons apodes renfermés dans la première 4*vision des psseux, et qui sqpt dépués (je nageoire caudale : examinons maintenant ceux du même ordre qui en sont pourvus ; et commençons par ceux qui , n'en ayapt qu'une assez courte , lient, par une mjauce intermédiaire , les premiers avec les seconds. Plaçopsici, en conséquence, ce qne nous avons à dire d'un poissqp 4U premier ordre des psseux, dont le* manuscrits du savant Coip^crson nous ont présenté |a description, qui n'a été epeore observé par aucun autre naturaliste, et quepqus avons dû inscrire dans un genrp particulier.
Nous atons déjà donné le nom de Commerson à une lophie ; donnons au pqisson que nous allons décrire le nom dp notre fameux navigateur et mon respectable cpnfi ère Bougainvjlle , avec lequel Gommerion voyageoit dans la mer du Sud, lorsqu'il eut occasion d'examiner le Ujure' dont nous allons parler.
Ce fut entre le 2(5 et 27e degré de lat|* tude australe, et prés 4u i03 ou du 104e degré de longitude , qu'un hasard mit Con> merspn à même de YP$r cette espèce, trésdigne d'attention par ses formes extérieur
% 9» *wfc te prsa&e plusieurs vm-
JK>n| 4* genre desseeeabres. Cemmerson les ayant promptement disséqués, trouva dans J'estomac d'un seul de ces animaux cinq triures très-entiers , et que la force digestive du scombre n'avoit encore ajtérés en aucune, manière. Leur ferme extraordlnaire fisppa, dit Gommerson , les gens 4e l'équipage, qui s'écrièrent tons qu'ils n'avpient jamais vu de semblables poissons; Quant à lui, M «ut bientét après avoir retiré ces cinq triures de l'estomac du scorafce, en voir plusieurs de la même pspèpp se jouer sur la surface de la mer. Il étoit alors dans le mois de février de i768. Qnoi qu'il en soit, voici quels sont les traits de cette espèce d'osseux apode, dont les individus examinés par le trèsexact et très-éclairé Gommerson, avoient à peu près la grandeur et l'aspect d'un hareng ordinaire.
La couleur du triure bougainvillien est d'im brtin rougeatre qui se change en argpntp sous la tète, et en incarnat, ou plutôt pn vineux blanchâtre, sur les côtés, ainsi que sur la partie inférieure du corps et de là qneue , et qui est relevé par une tache d'un blanc très-éclatant derrière la base des nageoires pectorales.
{/ensemble du corps et de la queue
r comprimé , et allongé de manière que longueur totale de l'animal, sa plqs grande hauteur et sa plus grande largeur,
imûml*mèm ie«»*t*»?i, ft et
LA TRIURE BOUGAINVILLIEN,
10. Ce même ensemble est d'ailleurs entièrement dénué de piquans, et revêtu d'écaillés si petites et si enfoncées , pour ainsi dire , dans la peau à laquelle elles sont attachées, qu'à la première inspection on pouiToit croire l'animal entièrement sans écailles.
La tête, qui est comprimée comme le corps, et qui de plus est un peu aplatie pardessus, se termine par un museau trèsprolongé, fait en forme de tube assez étroit, et dont l'extrémité présente pour toute ouverture de la bouche un orifice rond , et que l'animal ne peut pas feimer.
Dans le fond de cette sorte de tuyau sont les deux mâchoires osseuses, composées chacune d'une seule dent incisive et triangulaire. On n'aperçoit pas d'autres dents ni sur le palais , ni sur la langue, qui est très-courte, cartilagineuse, et cependant un peu charnue dans son bout antérieur, lequel est arrondi.
Les ouvertures des narines sont très-petites et placées plus prés des orbites que de l'extrémité du museau. Les yeux sont assez grands, un peu convexes, dépourvus de ce voile membraneux que nous avons fait remarquer sur ceux des gymnotes, des ophisures, et d'autres poissons; et l'iris brille des couleurs de l'or et de l'argent.
C'est au-dessous de la peau qu'est placé chaque opercule branchial , qui d'ailleurs est composé d'une lame osseuse, longue, et en forme de faux. La membrane branchiale renferme cinq rayons un peu aplatis et courbés, qu'on ne peut cependant apercevoir qu'à l'aide de la dissection. Cette membrane est attachée à la tête ou au corps dans presque tout son contour, de manière qu'elle ne laisse pour toute ouverture des branchies qu'un très-petit orifice situé dans le point le plus éloigné du museau. Nous avons vu une conformation analogue en traitant des syngnathes; nous la retrouverons sur les callionymes et sur quelques autres poissons : mais ce qui la rend surtout très-remarquable dans le triure que nous faisons connoitre, c'est qu'elle offre un trait de plus dont nous ne connoissons pas d'exemple dans la classe entière des poissons ; et voilà pourquoi nous en avons tiré le caractère distinctif du bougainvillien. Celte particularité consiste dans une valvule en forme de croissant, charnue, mollasse, et qui, attachée au bord antérieur de l'orifice branchial, le ferme à la volonté de l'animal , en se rabattant sur le côté postérieur. Le triure bougainvillien est donc
de tous les poissons connus celui qui a reçu l'appareil le plus compliqué pour empêcher l'eau d'entrer dans la Cavité branchiale, ou de sortir de cette cavité en passant par l'ouverture des branchies ; il a un opercule, une membrane et une valvule; et la réunion, dans cet animal, de ces trois moyens d'arrêter l'entrée ou la sortie de l'eau, est d'autant plus digne d'attention, que, d'après les expressions de Commerson , il paroît que ce triure ne peut pas fermer à sa volonté l'orifice placé à l'extrémité du long tube formé par son museau , et que ce tube peut servir de passage à l'eau pour entrer par la bouche clans la vé ri table cavité branchiale ou pour en sortir.
Mais nous avons assez parlé des organes du triure relatifs à la respiration.
On ne voit pas de ligne latérale bien sensible. Le bas du ventre se termine en carène aiguë' dans presque toute sa longueur ; et l'anus, qui est situé à l'extrémité de l'abdomen, consiste dans une ouverture un peu allongée.
Les nageoires pectorales .sont petites, dé licates, transparentes, paroisse nt presque triangulaires lorsqu'elles sont déployées, et renferment douze ou treize rayons.
La nageoire de l'anus, composée de quinze rayons mous , ou environ ., se dirige en arriére , et sa pointe aiguë s'étend .presque aussi loin que le bord postérieur de la nageoire de la queue, dont elle représente un supplément , et paroît même former une partie.
La nageoire dorsale ne se montre pas moins comme une auxiliaire de la nageoire de la queue. Formée d'un égal nombre de rayons que celle de l'anus , partant d'un point plus éloigné de la tête , et ayant un tiers de longueur de plus, elle s'étend en arriére non-seulement presque autant que la nageoire caudale, mais encore plus loin que celte dernière. Et comme les deux nageoires dorsale et de l'anus touchent d'ailleurs la nageoire de la queue, celte nageoire caudale semble, au premier coup d'œil, être composée de trois parties bien distinctes ; on croit voir trois queues à l'animal ; et de là viennent les dénominations de triurus , de tripturus , de triçaud, c'est-àdire , l'animal à trois queues, de bâcha de lamer, etc., employées par Commerson, et dont nous avons conservé le nom générique de triurus, triure.
Au reste, la nageoire caudale proprement dite est si courte , que, quoique composée d'une vingtaine de rayons, elle res-
LA TRIURE BOUGAINVILUENf
semble beaucoup plus à l'ébauche d'un organe qu'à une partie entièrement formée.
EUeparoît frangée, parce que les rayons qu'elle renferme sont mous, articulés, et très-divisés vers leur extrémité.
La triure bougaivillien u'auroit donc pas -vraisemblablement une grande force pour nager au milieu des eaux de la mer, si la • nature et le peu de surface de sa véritable nageoire caudale n'étoient compensés par la forme , la position et la direction de la nageoire du dos et de celle de l'anus ; mais nous pensons, avec Commerson, que, par le secours de ces deux nageoires accessoires, le triure doit se mouvoir avec facilité , et s'élancer avec vitesse dans le sein des mers qu'il habite.
Telle est l'image que nous pouvons former du triure bougainvillien, en réunissant les traits précieux transmis par Commerson.
Quant à l'organisation intérieure de ce
poisson , voici ce qu'en a écrit notre voya geur.
Le foie est d'un rouge trés-pâle, par.
semé de points sanguins et composé de deux lobes convexes, inégaux, et dont le droit est le plus grand.
Le canal intestinal est étroit, diminue insensiblement de grosseur depuis le pylore, se recourbe et se replie sur sa direction quatre ou cinq fois.
Commerson n'a trouvé qu'une matière liquide et blanchâtre dans l'estomac , qui est petit, et placé transversalement.
Le cœur est presque triangulaire , d'un rouge pâle , avec une oreillette très-rouge.
Commerson n'a pas vu de vésicule natatoire ; mais il ne sait pas si son scalpel ne l'a pas détruite.
Le poids du plus grand des triures bougainvilliens examinés par ce naturaliste étoit, à trés-peu prés , de 132 grammes.
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