‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 99 sur 658 · LA. MURÈNE · texte numérisé non relu

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quelque sorte diminuer, et doivent donner à l'animal un toucher assez vif et assez délicat.

.11 est à remarquer que les anguilles, qui, par une suite de la longueur et de la flexibilité de leur corps, peuvent, dans tous les sens, agir sur l'eau presque avec la même facilité et par conséquent reculer presque aussi vite qu'elles avancent, pénétrent souvent la queue la première dans les trous qu'elles forment dans la vase, et qu'elles creusent quelquefois cette cavité avec cette même queue, aussi bien qu'avec leur tête.

Lorsqu'il fait très chaud, ou dans quelques autres circonstances, l'anguille quitte cependant quelquefois, même vers le milieu du jour, cet asile qu'elle sait se donner. On la voit très-souvent alors s'approcher de la surface de l'eau, se placer audessous d'un amas de mousse flottante ou de plantes aquatiques, y demeurer immobile, et paroitre se plaire dans cette sorte d'inactiou et sous cet abri passager. On seroit même tenté de croire qu'elle se livre quelquefois à une espèce de demi-sommeil sous ce toit de feuilles et de mousse. M. Septfontaines nous a écrit, en effet, dans le temps, qu'il avoit vu plusieurs fois une anguille dans la situation dont nous venons de parler; qu'il étoit parvenue s'en approcher, à élever progressivement fe voix, à faire tinter plusieurs clefs l'une contre l'autre, à faire sonner très-près de la tête du poisson plus de quarante coups d'une montre à répétition, sans produire dans Tanimal aucun mouvement de crainte, et que la murène ne s'étoit plongée au fond de l'eau que lorsqu'il s'étoit avancé brusquement vers elle, ou qu'il avoit ébranlé la plante touffue sous laquelle, elle goûtoit le repos.

De tous les poissons osseux, l'anguille n'est cependant pas celui dont l'ouïe est la moins sensible. On sait depuis long-temps qu'elle peut devenir familière au point d'accourir vers la voix ou l'instrument qui l'appelle et qui lui annonce la nourriture qu'elle préfère.

Les murènes anguilles sont en très-grand nombre partout où elles trouvent l'eau, la température, l'aliment qui leur conviennent, et où elles ne sont pas privées de toute sûreté. Voilà pourquoi, dans plusieurs des endroits où l'on s'est occupé de la pêche de ces poissons, on en a pris une immense quantité. Pline a écrit que dans le lac Benaco des environs de Vérone, les

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tempêtes qui, vers la fin de l'automne, en bouleversoient- les flots, agitaient, entrâtnoient et rouloient, pour ainsi dire, un nombre si considérable d'anguilles, qu'on les prenoit par milliers à l'endroit où le fleuve venoit de sortir du lac. Martini rapporte, dans son Dictionnaire , qu'autrefois onen-péchoit jusqu'à soixante mille dans un seul jour et avec un seul filet. On lit dans l'ouvrage de Redi sur lesauimau* vivant dans les animaux vivans, que lors du second passage des anguilles dans PArno, c'est-à-dire lorsqu'elles remontent de la mer vers la source de ce fleuve de Toscane, plus de deux cent mille peuvent tomber dans les filets, quoique dans un très-court espace de temps. 11 y en a une si grande abondance dans les marais de Commachio, qu'en 1782 on en pécha 990, 000 kilogrammes. Dans le Jutland, il est des rivages vers lesquelles, dans certaines saisons, on prend Quelquefois d'un seul coup de filet plus de neuf mille anguilles, dont quelques-unes pèsent de quatre a cinq kilo- . grammes. Et nous savons», par M. Noël, qu'à Cléon près d'Elbeuf, et même auprès de presque toutes les rives de la 'basse Seine, il passe des troupes ou plutôt des légions si considérables de petites anguilles, qu'on en remplit des seaux et des baquets. Cette abondance n'a pas empêché le goût le plus difficile en bonne ebére, et le Juxe même le plus somptueux, de recheicher l'anguille, et de la servir dans leurs banquets. Cependant sa viscosité, le suc huileux dont elle est imprégnée, la difficulté avec laquelle les estomacs délicats en digèrent la chair, sa ressemblance avec un serpent, l'on fait regarder dans certains pays comme un aliment un peu malsain par les médecins, et comme un être impur par les esprits superstitieux. Elle est comprise parmi les poissons en apparence dénués d'écaillés, que les lois religieuses des Juifs interdisoient à ce peuple-; et les réglemens de JNuma ne permettoient pas de les servir dans les sacrifices, sur les tables des dieux. Mais les défenses de quelques législateurs, et les recommandations de ceux qui ont écrit sur l'hygiène, ont été peu suivies et peu imitées ; la saveur agréable de la chair de l'anguille, et le peu de rareté de cette espèce, l'ont emporté sur ces ordres ou ces conseils : on s'est rassuré par l'exemple d'un grand nombre d'hommes, à la vérité laborieux, qui, vivant au milieu des marais, et ne se nourrissant que d'anguilles, comme les pêcheurs des laça

LA MURÈNE de Commachio auprès de Venise, ont cependant joui d'une santé assez forte , présenté un tempérament robuste, atteint une vieillesse avancée ; et Ton a, dans tous les temps et dans presque tous les pays, consacré d'autant plus d'instans à la pèche assez facile de cette murène , que sa peau peut servir à beaucoup d'usages , que dans plusieurs contrées on en fait dts liens assez forte , et que dans d'autres, comme , par exemple, dans quelques parties de la Tartane, et particulièrement dans celles qui avoisinent la Chine, cette même peau remplace , sans trop de désavantage, les vitres des fenêtres.

Dans plusieurs pays de l'Europe, et no- ' tamment aux environs de l'embouchure de la Seine , on prend les anguilles avec des kaims ou hameçons. Les plus petites sont attirées par des lombrics ou vers de terre, plus que par toute autre amorce; on emploie contre les plus grandes des haims garnis de ukoules, d'autresanimauxà coquille, ou de jeunes éperlans. Lorsqu'on pêche les anguilles pendant la nuit, on se sert d'un filet nommé seine drue , et pour la description duquel nous renvoyons le lecteur a Varticle de larme bouclée. On substitue quelquefois à celte seine un autre filet appelé, dans la rivière de Seine, dranguc/t ou dranguet dru> dont les mailles sont encore plus serrées que celles de la ' seine drue ; ei M. Noël nous fait observer, dans une note qu'il nous a adressée , que c'est par une suite de cette substitution, et parce qu'en général on exécute mal les lois relatives à la police des pêches, que les pêcheurs de la Seine détruisent une grande quantité d'anguilles du premier âge et qui n'ont encore atteint qu'une longueur d'un ou deux décimètres, pendant qu'ils prennent peut-être plus inutilement encore, dans ce même dranguet, beaucoup de frai de barbeau, de vaudoise, de brème, et d'autres poissons recherchés. Mais l'usage de ce filet à mailles trés-serrées n'est pas la seule cause contraire à l'avantageuse reproduction, ou, pour mieux dire, à l'accroissement convenable des anguilles dans la Seine : M. Noël nous en fait remarquer deux autres dans la note que nous venons de citer. Premièrement, les pêcheurs de cette rivière ont recours quelquefois , pour la pêche de ces murènes, à la verniille, sorte de corde garnie de vers, à laquelle les très- jeunes individus de cette espèce viennent s'attacher très-fortement, et par le moyen de , laquelle on enlève des milliers de ces pe-

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tlts animaux. Secondement, les fossés qui communiquent avec la basse Seine ont assez peu de pente pour que les petites anguilles, poussées par le flux dans ces fossés, y restent à sec lorsque la marée se i étire, et y périssent en nombre eitrémement considérable , par l'effet de la grande chaleur du soleil de l'été.

Au reste , c'est le plus souvent depuis le commencement du printemps jusque vers la fin de l'automne , qu'on pèche les murènes anguilles avec facilité. On a communément assez de peine à les prendre au milieu de 1 '.hiver , au moins a des latitudes un peu élevées ; elles se cachent , pendant cette saison , ou dans les terriers qu'elle se sont creusés, ou dans quelques autres asiles à peu près semblables. Elles se réunissent même en assez grand nombre , se serrent de très-prés, et s'amoncellent dans ces retraites, où il paroSl qu'elles s'engourdissent lorsque le froid est rigoureux. On en a quelquefois trouvé cent quatre-vingts dans un trou de quarante décimètres cubes ; et M. Noël nous mande qu'à Aisiey, près de Quillebeuf, on en prend souvent, pendant l'hiver, de très-grandes quantités, en fouillant dans le sable , entre les pierres du yvage. Si l'eau dans laquelle elles se trouvent est peu profonde , si, par ce peu d'épaisseur des couches du fluide, elles sont moins à couvert des impressions funestes du froid , elles périssent dans leur terrier, malgré toutes leurs précautions ; et le savant Spallanzani rapporte qu'un hiver fit périr, dans les marais de Commachio une si grande quantité d'anguilles, qu'elles pèsoient 1,800,000 kilogrammes.

Dans toute autre circonstance, une grande quantité d'eau n'est pas aussi nécessaire aux murènes dont nous nous occupons que plusieurs auteurs l'ont prétendu. M. Sept fontaine a pris dans une fosse qui contenoit à peine quatre cent décimètres cubes de ce fluide , une anguille d'une grosseur trèsconsidérable ; et la distance de la fosse à toutes les eaux de l'arrondissement, ainsi que le défaut de toute communication en-, tre ces mêmes eaux et la petite mare, ne' lui ont pas permis de douter que cet animal n'eût vécu très-long-temps dans cet étroit espace, des effets duquel l'état de sa chair prouvait qu'il n'avoit pas souffert.

Nous devons ajouter néanmoins que si la chaleur est assez vive pour produire une très-grande évaporation et altérer les plantes qui croissent dans l'eau , ce fluide peut être ç^rjMMnpiLgu point de devenir mortel

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pour l'anguille, qui s'efforce en vain , en s'abritant alors dans la lange , de se soustraire à l'influence funeste de cette chaleur desséchante.

On a écrit aussi que l'anguille ne supportait pas des changemens rapides et trèsmarqués dans la qualité des eaux an milieu desqhellesellehabitoit.CependantM.Septfontaines à prouvé plusieurs fois qu'en pouvoit la transporter, sans lui faire courir aucun danger, d'une rivière bourbeuse dans le vivier le plus limpide, du sein d'une eau froide dans celui d'une eau tempérée, il s'est assuré que des changemens inverses ne nuisoient pas davantage à ce poisson , et sur trois cents individus qui ont éprouvé sous ses yeux ces diverses transmigrations, et qui les ont essuyées dans différentes saisons, il n'en a péri que quinze, qui lui ont paru ne succomber qu'à la fatigue du transport, et aux suites de leur réunion et de leur séjour trés-prolongé dans un vaisseau trop peu spacieux.

Néanmoins, lorsque leur passage d'un réservoir dans un autre, quelle que soit la nature de l'eau de ces viviers, a lieu pendant des chaleurs excessives,il arrive souvent que les anguilles gagnent une maladie épidémrqne pour Ces animaux, et dont les symptômes consistent dans les tachés blanches qui lewr surviennent. Nous verrons, dans notre Discours sur la manière démultiplier et de conserver les individus des diverses espèces de poissons, quels remèdes on peut opposer aux effets de cette maladie , dont des taches blanches et accidentelles dénotent la présence. '

' Les murènes dont nous parlons sont sujettes , ainsi que plusieurs autres poissons , er particulièrement ceux que l'homme élève avec plus ou moins de soins, à d'autres maladies dont nous traiterons dans la suite de cet ouvrage, et dont quelques-unes peuvent être causées par une grande abondance de vers dans quelque partie intérieure de leur1 corps, comme, par exemple, dans leurs intestins.

'Fendant la plupart de ces dérangement, lorsque les suites peuvent en être très-graves, l'anguille se tient renfermée dans*on terrier, ou, si effe manque d'asile, elle remonte souvent vers là superficie deTeau; elle s'y agite, va, revient sans but déterminé , tournoie sur elle-même , ressemble par ses moTrvemens a un serpent prêt à se? noyer et luttant encore un ped contre les flots; Son corps enflé d'un bodt à Fautrtf, et palr'-là devenu plus léger relatif

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vement au fluide dans lequel elle nage, la soulève et la retient ainsi vers \à surface de Peau. Au bbirt de quelque temps, sa peau se flétrit et devient blanche ; et lorsqu'elle éprduve Cette altération , signe d'une mort prochaine, on dîroit Qu'elle ne prend plus dé soin de conserver une vie qu'elle sent ne pouvoir plus retenir. Ses nageoires se remuent encore tin peu; ses yeux paraissent encore se tourner vers les objets qui l'entourent-.maissans force, sans précaution, sans intérêt inutile pour* sa sûreté, elle s'abandonne podr ainsi dire , cl souffre qu'on rapproche, qu'on la touche, qu'on l'enlève même sans qu'elle cherche à s'édhàpper.

Au reste, lorsque des maladies né dérangent pas l'organisation intérieure de l'anguille ', lorsque sa vie n'est attaquée que par des blessures , elle la perd assez difficilement ; le principe vital paraît disséminé d'une manière assez indépendante, si je puis employer ce mot , dans les diverses parties de cette murène , pour qu'il ne puisse être éteint que lorsqu'on cherche à l'anéantir dans plusieurs points à la fois, et de même que dans plusieurs serpens , et particulièrement dans la vipère, une heore après la séparation du tronc et de la tête , l'une et l'autre de ces portions peuvent donner encore des signes d'une grande irritabilité.

Cette vitalité tenace est une des causes de la longue vie que nous croyons devoir attribuer aux anguilles , ainsi qu'à la plupart des autres poissons. Toutes les analogies indiquent cette durée considérable , malgré ce qu'ont écrit plusieurs auteurs, qui ont voulu limiter la vie de ces murènes à quinze ans, et même à huit années : et d'aflléurs nous savons , de manière à ne pouvoir pas en douter, qu'au bout de six ans une anguille ne pèse quelquefois que cinq hectogrammes ; que des anguilles conservées pendant neuf ans n'ont acquis qu'une longueur de vingt-six centimètres ; que ces anguilles, avant d'être devenues l'objet d'une observation précise , avoient déjà vingt-neuf centimètres, et par conséquent dévoient être âgées de cinq ou six ans ; qu'à la fin dé l'expérience elles avoient au mbifts quatorze ans; qu'à cet âgé de quatorze ans elles ne présehtoient encore que le quart ou tout au plus le tiers de la longueur des grandes anguilles pèchées dans les lacs de la Prusse, et qu'elles n'auroient pu paYvenlra cette dernière dimension qu'après un intervalle de quatre-vingts ans. Les angdilles de trois ou quatre métrés de Ion-

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goeur, vues dans les lac» de le Prusse per des observateurs dignes de foi, «voient donc au moins quatre-vingt-quatorze ans : nous devons dire que des preuves de fait et des témoignages irrécusables se réunissent aux probabilités fondées sur les analogies les plus grandes, pour nous faire attribuer une longue vie à la murène anguille.

Mais comment se perpétue cette espèce utile et curieuse P L'anguille vient d'un véritable œuf, comme tous les poissons.

L'œuf éclôt le plus souvent dans le ventre de ia mère, comme celui des raies, des squales, de plusieurs blennies, de plusieurs silures ; la pression sur la partie inférieure du corps de la môre facilite la sortie des petits déjà éclos. Ces faits, bien vus, bien constatés par les naturalistes récens, sont simples et conformes aux vérités physiologiques les mieux prouvées, aux résultats les plus tûrs des recherches anafemiqoes sur les poissons , et particulièrement sur l'anguille : et cependant combien, depuis deax mille ans, ils ont été altérés et dénaturés par une trop grande confiance dans des observations précipitées et mal faites, qui ont séduit les plus beaux génies, parmi lesquels nous comptons non-seulement Pline, mats même Aristote ! Lorsque les anguilles mettent bas leurs petits, communément elles reposent sur la vase du fond des eaux*; ■ c'est au milieu de cette terre ou de ce sablé humecté qu'on voit frétiller les murènes qui viennent de paraître » la lumière : Aristote a pensé que leur généralisa étolt due à cette fange. Les mères von* quelquefois frotter leur ventre contre des rochers ou d'autres corps eues f pow se dé* banasser plus facilement des petits déjèf eclos dans leur intérieur; Ph'n* a* écrit (gîte par ce frottement elles faise*e*t jaNfHfr des f< agmens do leur corps, qui s'animaient, et que telïe étoit la seule oriente des je** Des murènes dont nous exposons kr véritable manière de nailre. D'autres anciens' auteurs ont placé cette meuve origine «tetw les chairs corrompues dé» cadavres des chevaux ou d?au4res animatrx jetés- dans l'eau , cadavres autour desquels doivent souvent fourmiller de trè^ je «mes anguilles, forcées de s'en nourrir par te défaut de' tout autre aliment placé à leur portées A des époques bien plus rapprochées def nous,- H e! mont à cru que les anguilles venoient de la rosée du mois de mai ; et Leuwennweek a pris fe peine de montrer la cause (te cette erreur, en faisant voir que dan» cette belle partie du printemps, lorsque

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l'atmosphère est tranquille et que le calme règne sur l'eau , la portion de ce fluide la plus chaude est la plus voisine de la surface, et rjue c'est cette couche plus échauffée, plus vivifiante, et plus analogue à leur état de foiblesse, que les jeunes anguilles peuvent alors préférer. Schwenckfeld , de Breilaw en Silésie, a fait naître les murènes anguilles des branchies du cvprn bordeliére ; Schonevéld, de Kiel dans ,r. Holstein, a voulu qu'elles vinssent à la lu miére sur la peau des gades morues, ou des salmones éperlatis. Ils ont pris l'un et l'autre pour de très-petites murènes anguilles, des gourdins, des sangsues, ou d'autres vers qui s'attachent à la peau ou aux branchies de plusieurs poissons. Eli r, Charleton , Fahlberg, Gesner, Birckholtz, ont connu, au contraire, la véritable manière dont se reproduit l'espèce que nous décrivons. Plusieurs observateurs des temps récens sont tombés, à la vérité, dans une erreur combattue même par Aristote, en prenant les vers qu'ils voyaient dans les intestins des anguilles qu'ils dîsséquoient pour des fœtus de ces animaux. Leuwenhoeck a eu tort de chercher les œufs de ces poissons dans leur vessie urinaire, et Vallisnieri dans leur vessie natatoire : mais Mulfer, et peut-être Mondîni, ont vu les ovaires ainsi que les œufs de la femelle, •t la laite du mâle a été également reconnue.

D'après toutes ces considérations, on doit éprouver un assez grand étonnement , et ce vif intérêt qu'inspirent lès recherches et les doutes d'un des plus habiles et des pi us célèbres physiciens, lorsqu'on lit dans le Voyage de Spallanzani, que des millions chatouilles ont été péchées dans les marais, te* lacs ou les fleuves de l'Italie et de la Sicile, sans qu'on ait vu dans l'intérieur niœufs ni fœtus. Ce savant observateur explique ce phénomène, en disant que les anguilles ne multipliée pourquoi, ce pas, suivant i iéve, jusque leur permet ] en* pêche dà communique hic de Brenm fctfnaturatistc ches sur les i au milieu de proprement < ces animaux, l'automne ou

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