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HISTOIKK NATtiB^LLE
et «le l’ignorance, aura altéré l ouvrage de la reconnaissance, et celui du besoin (i).
Le culte des animaux qui ont inspiré une vive terreur, n’a été que trop souvent sanguinaire; on n’a sacrifié que trop souvent des hommes dans leurs temples; le serpent-dieu «les nègres, n’ayant
(t) On pourrait croire aussi qôe quelque événement extraordinaire aura séduit- l'imagination des nègres et enchaîne leur raison, et voici ce que rapporte à ce sujet le Voyageur De» Marchais. « L'année de Juida « étant prête à livrer bataille à celle d'Ardra , il sortit de celle-ci un gros « serpent qui se retira dans l'autre ; non seulement sa lorme n’avait rien
• d’effrayant, mais il parut si doux et si privé, que tout le monde fut « porté â le caresser. Le grand sacrificateur le prit dans ses bras et le •• leva pour le faire voir â tonte l’armée. La vue de ce prodige fit tomber
■ tous les nègres à genoux ; ils adorèrent leur nouvelle divinité , et <• fondant sur leurs ennemis avec nn redoublement de coürage, ils rero- « portèrent nne victoire complète. Tonte la nation ne manqua point
• d’attribuer un succès si mémorable à la vertu du serpent : il fut rap-
• porte avec toutes sortes d'honneurs ; on lui bâtit un temple , on assigna « un fonds pour sa subsistance, et bientôt ce nouveau fétiche prit « l’ascendant sur toutes les anciennes divinités ; son culte ne lit ensuite «qu’augmenter à proportion des faveurs dont on se crut redevable â sa « protection. Les trois anciens fétiches avaient leur département sépare ;
■ on s’adressait â la mer pour obtenir une hen reuse pèche , aux arbres « pour la santé, et à L’agoye pour les conseils; mais le serpent préside «au commerce, à la guerre, â l'agriculture, aux maladies, â la ité- « rjlitc , etc. Le premier édifice qu’on avait bâti pour le recevoir parut « bientôt trop petit; on prit le parti de lui élever un nouvean temple, « avec de grandes cours et des .appartements spacieux; on établit un
• grand pontife et des prêtres pour le servir. Tons les ans, on choisit « quelques belles filles qui lui sorti consacrées. Ce qu’il y a de plus rc- « inarquable, c’est que les nègres de Juida sont persuadés que le serpeiit « qu’ils adorent aujourd’hui , esr le même qui fut apporte par leurs an- « cétres , et qui leur fil gagner une glorieuse victoire.’» Histoire générale des Voyages, livre io, édit, in-ia , tout. XIV, pag. 369 et suiv.
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jamais fait éprouver une grande crainte , n’a obtenu que (les sacrifices plus doux ,- mais que ses prêtres ne cessent de commander avec une autorité despotique. L’on n’immole point des hommes devant le serpent-daboie, mais on livre à ses ministres les plus belles des jeunes filles du royaume de Juida. Le prétendu dieu, que l’on nomme le Serpent Fétiche, ce qui signifie f Être conservateur, a un temple aussi magnifique que le peut être un bâtiment élevé par l’art grossier des nègres (i).
Il y reçoit de riches offrandes ; on lui présente des étoffes de soie, des bijoux, les mets les plus 4 délicats du pays, et même des troupeaux;. aussi les prêtres qui le servent , jouissentrils d’un revenu considérable, possèdent- ils des terres immenses, et commandent-ils à uu grand nombre d’esclaves.
Afin que rien ne manque à leurs plaisirs , ils forcent les prêtresses à parcourir, chaque année, et vers le temps où le maïs commence à verdir, la ville de Juida , et les bourgades voisines. Armées d’une grosse massue, et secondées par les prêtres, elles assommeraient sans pitié peux qui oseraient leur résister ; elles forcent les négresses les plus jolies à les suivre dans le temple; et le poids de la crédulité superstitieuse pèse si fort sur la tête des nègres, qu’ils croient qu’elles vont être honorées des approches du serpent protecteur, et que
(i) Histoire générale des Voyages, livre io, édit, in-ia, lom. XIV , p. 370 et sniv. ' »
sa.
c’est à son amour qu’elles vont être livrées. Ils reçoivent avec respect cette faveur signalée et divine. On commence par instruire les jeunes tilles à chanter des hymnes, et à danser en l'honneur du serpent; et lorsqu’elles sont près du temps où elles doivent être admises auprès de la prétendue divinité, on les soumet à une cérémonie douloureuse et barbare, car la cruauté naît presque toujours de la superstition. On leur imprime sur la peau, dans toutes les parties du corps, et avec des poinçons de fer, des figures de fleurs, d’animaux , et surtout de serpents ; les prêtresses les consacrent ainsi au service de leur dieu ; et c’est en vain que leurs malheureuses victimes jettent les cris les plus plaintifs que leur arrache le tourment qu’elles éprouvent; rien. -n’arf été leur zèle inhumain. Lorsque la peau de ces infortunées est guérie, elle ressemble, dit-on, à un satin noir à fleurs , et elle les rend à jamais l’objet de la vénération des nègres. ,
Le moment où le serpent doit recevoir la négresse favorite arrive enfin ; on la fait descendre dans un souterrain obscur, pendant que les nré- > tresses et les autres jeunes filles célèbrent sa destinée par des danses et des chants qu’elles accompagnent du bruit de plusieurs instruments retentissants. Lorsque la jeune négresse sort de l’antre sacré’, elle reçoit le titre de Femme du Serpent ; elle ne devient pas moins la femme du nègre qui pnrvient à lui plaire, mais auquel elle
inspire à jamaisja soumission la plus aveugle, ainsi que le plus grand respect
Si quelqu’une des femmfes du serpent trahit le secret des plaisirs des prêtres, en révélant tes mystères -du souterrain, elle est aussitôt enlevée et mise à mort,. et l’on croit que le grand, serpent est venu lui-même exercer s a- vengeance , en l’emportant pour la faire brûler. .Mais , arrêtons-nous ; l’histoire dp la. superstition .n’est point Celle de la nature. Elle est trop liée cependant avec les phénomènes que produit cette nature puissante et merveilleuse, pour être tout-à-fâit étrangère à d'histoire des animaux qui en ont été l’objet.