‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 107 sur 180 · LE D ABOIE · texte numérisé non relu

LE D ABOIE

t'i/icra ( Ecliitlita ) Dabnia , flterr. ; Colubrr bra.uïiensù, I.afop,; ! ipr.rn Ùabniri , Daiul. ; ftp- brusilùina , Latr. (a).

Voici une de ces espèces remarquables de serpent, que la superstition a divinisées. C’est dans le royaume de Juùla, sur les côtes occidentales d’Afrique, où ellé est répandue en très -grand nômbre, qu’on fui a érigé des autels; et il semble que ce n’est pas la terreur qui courbe la tète dli nègre devant ce reptile, puisqu’il n’est redou-' table, ni par sa force, ni par aueunohumeur venimeuse. Selon plusiénrs voyageurs, le daboie est remarquable par fa vivacité,de ses couleurs et, par l’éclat dé sefr .écailles. Le' dessus du corps éSf blanchâtre, et couvert de grandes taches ovalés, plus ou moins rousses, bordées de noir ou de brun,’ et qui s’étendent sur trois rangs, depuis la tète jusqu’au-dessus de la queue. Suivant le voyageur Bosman, le daboie est rayé de blanc, de jaune et de brun; et suivant Des Marchais, le dos de ce serpent présente un mélange agréable de blà^n-

(j ) J* Srrpcm rdole. Description' du' Cabinet de Dresde, par Lileo-

(a.) Selon 1VÎ. Merrttn , ce serpent ne différé pas spécifiquement de la brésilienne , Décrite page aa I . Dksm. 1887. *, • . , * * !’ '

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châtre qui en fait le fond , et de taches. ou de raies jaunes, brunes et bleues, ce qui se rapproche beaucoup des teintes indiquées par Bosman, et ce q*li pourrait bien nôtre qu’une mauvaise expression d’une distribution et de nuances de couleurs très -peu différentes de celles que nous venons d’indiquer. ‘ *

*La tête du daboie est couverte d'écailles ovales, relevées par une arête , et sfemblables à celles du dos-(i); il parvient quelquefois à la longueur de plusieurs pieds ta); l’individu que nous avons dé* crit, et qui est conservé au Cabinet du Roi, a trois pieds cinq pouces de longueur totale, et la queue, cinq pouces neuf lignes (3).

Les habitudes du daboie sont d’autant plus douces, qu’il n’est presque jamais obligé de se défendre. Il a peu d’ennemis à craindre dans un pays où il est servi avec un respect religieux , et d’où J’oji tâche «l’écarter tous ceux qui pourraient

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(i) Nous avons déjà remarqué dans d’autres articles! que le dahoie , quoique dépourvu de crochets mobiles, avait, comme le pins grand nombre de serpents venimenx, le sommet de la tête couvert d'ccaille» semblables & relies dn dos.

(a) Description dn Cabinet royal de Dresde, par Lilenbnrg, xy55. An reste , il a dû être asse* difficile , pendant long-temps , d’avoir des da hoirs en Europe; les rois nègres , par respect pour ces reptiles, ayant défendu , sons peine de mort , à leurs sujets, de transporter ces serpents hors de l’Afrique , on de livrer Irur dépouille aux étrangers.

(3) Nous avons compté cent soixante-neuf grandes plaques sous le ▼entre de cet individu , et quarante-six paires de petites plaques sons sa

queue.

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DES SEKPENTS. 337

lui nuire. Les animaux même qui seraient les plus utiles, sont exclus des contrées où l’on adore le serpent daboie, à cause de la guerre qu’ils lui feraient; le cochon particulièrement, qui fait sa proie? de plusieurs espèces de reptiles, et qui attaque impunément, suivant quelques voyageurs, les serpents les plus venimeux, est poursuivi, dans le royaume de Juida, comme tin ennemi public ; et , malgré tous les avantages que les nègres pourraieut en retirer, ils ne voient, dans cet animal, que celui qui dévore leur Dieu.

Bien loin de chercher à nuire à l’homme, le daboie est si familier, qu’il se laisse aisément prendre et manier, et qu’on peut jouer avec lui , % sans courir aucun «langer. Un «lirait qu’il réserve toute sa force pour le bien de la contrée qui le révère. Il n’attaque que' les serpents venimeux, «lont le royaume «le Juida est infesté; il ne détruit que ces reptiles funestes, et les insectes ou les vers qui dévastent les campagnes. C’est sans doute + ce service qui l’a rendu cher aux premiers habitants du pays où on l’adore; on n’aura rien négligé pour multiplier, ou du moins conserver une espèce aussi précieuse; on aura attaché la plus grande importance aux soins qu’on aura pris de cet animal utile ; on l’aura regardé comme le sauveur de ces contrées, si souvent ravagées par des légions d’insectes, ou des troupes de reptiles venimeux ; et bientôt la superstition , aidée du temps

• Lacrffdb. Tome IV. r .

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