‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 12 sur 180 · HÊ · texte numérisé non relu

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#/| HISTOJRK NATURELLE

dércrons comme telles, à cause île leur conforma* NÇtion extérieure, de leurs crochets mobiles, et de leur venin, d’avec les autres que nous regarderons comme ovipares, jusqu’à ce que les voyageurs aient .éclairci l'histoire de ées espèces peu connues et presque. toutes étrangères.

Le genre des couleuvres étant très-nombreux , et par conséquent les espèces qui le composent ne pouvant pas être reconnues trèsraisément, non senlemeut.nouë aurions voulu pouvoir séparer les vipères de oélles qui pondent, friais nous aurions désiré pouvoir diviser ensuite les couleuvres ovipares en deux sections différentes. Nous avons pensé à faire ce partage d’après la proportion de la longueur du corps ot île celle île la queue, ainsi que -diaprés la grosseur ou la forme déliée dé cette dernière partie; mais indépendamment quecetle proportion et cette forme ont été . jusqu’à présent très-peu indiqiiées par les naturalistes et les. voyageurs, et que nous tf aurions pu d’àprès cela classer- les espèces que nous n’ayons pas vues, et dont nous oe parlerons, que d’apres le* auteurs , nous avons cru. nous apercevoir que cette proportion Variait suivant loge ou le sexe, etc. Nous, devons donév uniqueraènt inviter los voyageurs, et ceux qui ont xlans . leur cpllection un jfrand .nombre d’individus do la mème espèce, à détermine*, par des "observations trêS-multipliées; les limités de ces variations; lorsque eés

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seront fixées, on .pourra établir une division exacte entre les deux sections que l’on for^ mera dans la grande famille des couleuvrés ovipares, et dont lès Caractères distinctifs seront tirés de la grosseur de la queue et de sa longueur comparée aveq -celle du corps. Nous ne pouvons maintenant que chercher à indiquer, des signes caractéristiques de chaque espèce, très-marqués et très-faciles à saisir, afin de diminuer, le plus possible, l'inconvénient d’un trop grand nombre d’espèces renfermées dans le même genre. Nous . avons donc laissé d’autaut moins échapper les traits de leur conformation extérieure qui ont pu nous donner Ces caractères- sensibles , qüe, sans cçtte attention'-de rechercher tous les moyens de distinguer les espèces, les naturalistes et lès voyageurs auraient été très-Souvent/embarrassés pour les reconnaître. Lorsqu’en effet .les serpents sont encore jeunes, ils ne ressemblent pas toujours aux serpents atlultes de leur espèce; U s en diffèrent souvent par la teinte de leurs couleurs; et s’ils n.’en sont pas distingués par la .disposition générale de leurs écaillés.. ils le. sont quelquefois par le nombre de ces pièces. On peut reconnaître-facilement leur genres mais il serait souvent difficile de déterminer leur espèce, én u adoptant pour caractère spécifique , que celui qui a été admis jhsqu’à présent par le plus -grand nombre des naturalistes, et qui a été principalement employé

niSTOlHK KATUAEMF.

par IVL Linuée. Ce caractère consiste dans' le . nombre des grandes et des petites plaques situées au-dessous du corps et de là queue. Nous pensons, d’après des observations et des comparaisons trèsnndtipliées , que nous avons faites sur plusieurs individus «l’un grand nombre d’espèces, conservées au Cabinet du roi , ou que nous ayons vués dans différentes collections, que le nombre de ces -plaques peut varier suivant' l’âge, augmenter à mesure que les serpents grandissent , et dépendre d’ailleurs de beaucoup de circonstances particulières et accidentelles. Nous n’avons pas cm cependant devoir rejeter un caractère aussi simple, aussi sensible, et qui ne s’efface pas lôrs même que l’animal a été conservé pétulant iougTtémps dans les Cabinets;. nous l’avons employé d’autant plus qu’il établit une grande rtnité dans la méthode, et qu’il/est quelquefois le seul indiqué par • les auteurs pour les espèces que nous n’avons pas vues. D’ailleurs nous marquèrons toujours séparément, ainsi que les naturalistes qui nous ont précédés, le nombre des plaques qui revetent le. dessous du corps, bt celui (les plaqués situées audessous de la queoo; et comme il peut être trèsrate que ces deux nombres aient varié, dans le même individu, l’un pourra servir là corriger l’autre. Mais nous avons. cru qtie ce caractère, •' tiré du nombre, des écaiHes placées au-dessous du corps ou de la quelle, devait être réuni avec d’au-

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I)F.S SFHPfclVTS.

très caractères. Nous avons, floue, multiplié nos observations sur le grand nombre de serpents qne nous avons été à portée d’examiner; nous avons comparé le plus d individus de chaque espèce que nous avons pu , aiin de parvenir à distinguer les formes constantes d'avec celles qui sont variables. Nous n’avons presque pas voulu nous servir des nuances des Couleurs, si peu permanentes dans les individus vivants, et si souvent altérées dans les animaux conservés dans les collections. Malgré cette contrainte que nous nous sommes imposée, nous croyons être parvenus à trouver ce que nous désirions. Nous avons pensé que neuf caractères différents pouvaient,. par leurs diverses combinaisons avec Je nombre des, grandes Oh des petites plaques -placées sous le corps et sous b queue, suffire à distinguer les espèces des genres les plus nombreux; d’autant plus qu’on peut y ajouter, dans certaines circonstances, un dixième caractère souvent aussi permanent et plus apparent que leà neuf autres.

. Nous tirons priècipalemèpt ,ces caractères de la forme -des écailles. En effet, si les plaques du dessous du corps ont àrpeu-près la même forme dans foiis les sèrpénts; si elles sont presque toin jours très-allongées; si elleS oirt le plus souvent six côtés très-ùriégaux, et si elles 11e varient guère que par leur longueur et leur largeur, la forme des écailles -qui révèlent le dessus du corps n’est

pas la même dans les' diverses’ espèces; dans les unes, ces écailles sont hexagones; dans les autres, ovales ou taillées en losange; plates et unies dans oelles-ci; relevées, dans ïellesdà, par une arête très-saillante; se touchant quelquefois à peine^ ou se recouvrant , au contraire, comme les ardoises des toits. "Voilà donc sept formes différentes et bien distinctes, que les éçaiües du dos peuvent présenter. -■ :

De plus, si quelques espèces de serpents ont le dessus de la tète recouvert d’écailles semblables à celles du. dos, lesantres ont, ainsi que nous venons de le «lire, cette partie du corps «léfcndue par des laines plus grandes , au nombre de neuf, et placées sur trois rangs, ce qui compose un huitième caractère spécifique. Nous tirons le neuvième de la forme, et, quelquefois du npnibre des écailles placées, sur les mâchoires; et tous ces caractères nous ont paru constants dans chaque espece , et indépendants du sexe ainsi que de lage.

D’ailleurs, autant les nuances .des couleurs sont variables- dans les serpents, autant leurs distributions générales en taclu^,en baudet, en raies, etc. sont le plus souvent permanentes; de telle' sorte que, dans une même espèce de serpents distingués par un grand nombre de tacites, quelques individus peuvent, par ex<hnple{ être blanchâtres avec des taches -vertes, et. d’autres jaunes avec

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des taches bleues; mais, dans la même ^espèce , ce sont presque toujours des taches disposées de la même manière. ( '

Cette distribution de couleurs est d’ailleurs peu altérée dans les serpents qui font partie des. collections., et ce n’est que la nuance des diverses teintes qui change après la mort de l'animal , ou rtaturellement ou par l’effet des moyens employés pour le conserver. ‘ ‘ '

. Cependant comme l’âge et le sexe peuvent introduire d’assez grands changements dans la distribution des couleurs, nous n’employons qu’avec réserve ce dixième caractère.

C’est d’après les principes que nous venons d’exposer, que nous avons fait la table suivante. Les espèces n’y sont pas. présentées dans le même ordre que celui dans lequel nous avons exposé quelques traits ileleqr histoire. Nous avons dû, en effet, pour bien présenter ces traits, séparer, par exemple,' les vipères d’avec les couleuvres ovipares v qui en diffèrent beaucoup par leurs ha- ■ bitudcs; traiter d’abord de la vipère commune, comme dü serpent le mieux conuu, et dont on est,.en Europe , très à portée d’étudier les mœurs; comirtencer Thistoire' des couleuvres ovipares par celle de là couleuvre verte et jaune, ainsi que de la Couleuvre à collier, que l’on rencontre en trèsgrand nombre. èji France, tt dônt les habitudes naturelles peuvent être t res-aisé ment observées, etc.

qo HIStOinH NATURELLE

- Dans la table méthodique, au contraire, où nous n’avons dû chercher qu’à donner aux naturalistes, et principalement aux voyageurs, le moyen de reconnaître les diverses espèces, de voir si elles n’ont pas été décrites, ou de leur rapporter les observations des différents auteurs; nous avons cru diminuer beaucoup le nombre des comparaisons qails auraient été obligés «le faire, et leur épargner beaucoup de recherches, en plaçant les especes d’après l’un des caractères que nous avons , eiqployt^s, en les rangeant, par exemple, d’après le nombre des pjaqnes qui revêtent le dessous du corps , et en commençant par les espèces qui eu ont le plus(i). . - •* ■*' .

Cefte table est divisée en dix colonnes.

La première présenta les noms d<* espèces; la seconde, le nombre des- grandes plaques,' des rangées de petites écailles , ou des anneaux écailleux qui revêtent le dessous du corps des serpents, ou le nombre des plis que l’on voit. le long des ■ côtés du corps, sèlpn le genre auquel ils appartiennent ; les espèces sont placées , ainsi que uous venons de Je- dire, stdvant le uombfe de ces grandes plaques, rangées de ‘petites écailles, auneaux écailleux ou plis .latéraux, ‘afin qudn puisse

(t) Non» u avons jamais, compti s dau* Lr nombre tles plaques du

‘désunis du corps , les fraudes écaillés , Ordinairement ntl’ nombre de dé trois ,* qui |cs séparent de la uns. * . '

‘dessous du deux ou

trouvér très-aisément mie espèce de serpent que nous y aurons comprise , ou celles avec desquelles il faudra comparer le reptile dont on voudra connaître l’espèce. » * , < • .

La troisième colonne renferme le' nombre des paires de petites plaques, ou de grandes plaques,* ou de rangées de petites écailles, ou d’anneaux écailleux que l’on voit sous la queue des serpents, ou le nombre des plis latéraux placés le long de cette partie. ' - . >é ••

La quatrième offre la longueur totale des reptiles * «t la cinquième, la longueur de leur queue- Ces longueurs ne sont souvent, ni les plus grandes tghles plus petites que présentent les espèces; elles ne sout que les longueurs mesurées sur les individus que nous avens décrits, et. nous n’en avons fait mention, dans notre Table méthodique, que potir indiquer le, rapport de la longueur totale dgs reptiles à Celle de leur queue (i).* •.

La sixième colonne appreud si les serpents ont des crochets venrirfieux ou non , et laquelle de leurs dettx mâchoires est ai'mée de . ces -crochet». ■.

La septième désigne le défaut de grandes écailles

* (ï") Wtms venons dq voir que Ce rappbrt variait dans plusieurs espèce* dé sqrpents , suivant l'âge ou le Sexe ; cependant comme il pa rait constant dans Iç pins grarid ndfnbre d’espeoes de reptiles on (in moins que ses variations y sou! renfenàéea dans des limites trés-rapproebées, nous avniis cru «{d'il pourrait servit* asaer souvent à reconnaître l’espece des individus que l'on examinerait. V # * *'

qa HISTOIRE naturelle

sur la partie supérieure de la tète, ou le nombre et l’arrangement de ces grandes pièces, lorsque le dessus de la tète des serpents en est garni. Cette expression abrégée, neuf sur quatre rangs , signifie quelles sont grandes, conformées et placées à-peu-près comme celles qui couvrent une • partie de la tète de la couleuvre à collier, de la couleuvre verte et jaune, et du plus grand nombre,de couleuvressans venin. Il est bon d’observer que, dans certaines espèces, comme, par exemple, dans celle du Molure,Ia grande pièce du milieu du troisième rang, à compter du museau, est quelquefois divisée par une suture; ce qui pourrait faire croire que la tète de ces espèces de reptiles est couverte de dix grandes pièces’.

• Sur la huitième colonne est marquée la forme des écailles du dos; leur figure, en losange, ou ovale, ou hexagone, peut être variable; mais nous n’ayons jamais vu des individus de la même espèce avoir, les uns, des écailles unies*. et les autres , des écailles relevées par une arête. . *

La neuvième colonne montre quelques traits remarquables de la conformation des serpents» et enfin la dixième indiqué Jeurs couleurs. Nous nous sommes attachés beaucoup plus à désigner la disposition de ces couleurs que leurs nuances;, et c’est aussi le plus souvent ^ .cette disposition qu’il faut presque uniquetricnt avoir égard ;quelques nuances sont cependant peu sujettes à vn-

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lier sur l’animal vivant , et même à être altérées

par les divers moyens employés pour la conservation des reptiles ; nous les avons marquées dé préférence, dans la Table.- méthodique (r).. Au reste , il ne faut pas- perdre de vue que c’est uniquement d'après* la réunion de plusieurs caractères que l’on dort presque toujours se décider sur 1, espèce du se rpent que l’on examinera.

(t) On s’apercevra aisément, en lisant les divers articles de «et Ouvrage, qu’il était impossible de donner, dans des planches noires, nne idée de tontes les couleurs brillantes , et surtout des reflets variés d’un grand nombre de serpents. Nous aurions désiré substituer des planches enluminées à ces planches noires ; mais on ne peut pas faire , dans ira seul pays, des dessins enluminés et exacts d’animaux qui, habitant pftsqne tontes les centrée» <Jes deux momies, ne peuvent dtre transportés vivants qu’en très-petit * nombre , et dont les couleurs s’altèrent ’ d’abord apres leqr mort. Ce ne sera qu’.ipcès beaucoup dé temps qu’on * pourra réunir des dessins pn couleur de tons les reptiles contins, dessinés en vie et dans leur pays natal » par différents voyageurs.

. Au reste, d'on s devons prévenir que nos descriptions indiquent quelquefois une distribution de couleurs du peu différente, de celle que la gravure présente , parce t^ie quelques dessins ont été faits d’après des individus dont les couleurs çtaient altérées , quoique leurs formes fussent bien conservées J nous avons été bien aüma .que le dessinateur ne représentât que ce qu’il -avait sous les yeux; mais-noufe avons fait notre des- , cription d’après touh ce que. nous avons, pu recueillir de plu» certain relativement aux coirteu’rs'de l’arjirupl en vie.- Quelquefois aussi la gravpre n’a pti indiquer U véritable forme dës écailles dont on trouve lu description dans le'textc*. *

* Nous n'irpns pas «U prétention de donner, dans les planches lithographiée* qui accompli gnttü celte éMliqn , ft-s çnuWiira -exacte» dé* objets qui y sont représente». Tuât ce qur-mm» pouvons inuiêr, c’est qu’dira mis autant de soin qee possible à les rendre d’après les individus Vivants ou- mort» qui ont servi de modèle». ( Note des Jvdi leurs.)

r)4 HJSTOIRE NATURELLE 1>ES SERPENTS.

I .es places vides de la Table méthodique pourront être remplies avec le temps; elles présenteront alors des caractères dout nous n’avons pas pu parler, à cause du mauvais état des serpents que nous avons vus, ou de la trop grande brièveté des descriptions dos- naturalistes. . •

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