WM. HISTOIRE N A T II R E 1. 1. F
sur sa victime, ou contre l’arbre auquel il veut s’attacher. . . *
Use retire aussi quelquefois dans les cavernes des montagnes, et dans d autres antres profonds i où il a moins à craindre les attaques de ses ennemis, et où il cherche un asyle contre les températures froides, les pluies trop abondantes, et lés autres accidents de l’atmosphère qui lui sont contraires. . • »
H est connu sous le nom trivial d e grande Couleuvre, sur les rivages noyés de la Guyane ! il y parvient Communément à la grandeur de trente pieds, et même, dans certains endroits, à celle de quarante. Comme le nom qu’il y porte y est donné à, presque tous les serpeùts qui joignent une grande force à une longueur considérable, et qui, en même, temps, n’ont point de. velu n-, et sont dépourvus des crochets mobiles qu’on remarque dans les Vipères, on est assez embarrassé pour * distinguer, parmi les divers faits rapportés par les Voyageurs, touchant les serpents, ceux qui conviennent au devin. Il paraît bien constaté cependant qu’il y «jouit d’une force assez grande, pour 'qu’un seul coup dé sa tjueufe renverse un animal assez gros, et même l’jiomme le plus vigonreiix. U y attaqué le gibier le plus difficile à vaincre ; on l’y a vu avaler des chèvres et étouffèr des cougtuirs, ces représentants du tigre dans le Nouveau-Monde. Il dévore quelquefois, dans les
Indes orientales, des nnimnux encore plus considérables, ou mieux défendus, teis que des pôrcépics, des cerfs et des tanreaux(i); et ce fait effrayant était déjà cônnu des anciens (a).
Lorsqu’il aperçoit un ennemi dangereux, ce n’est point avec ses dents qu’il commence un combat qui alors serait trop désavantageux pour lui; mais il se précipite avec tant de rapidité- sur sa malheureuse victime, l’enveloppe dans tant de contours, la serre avec tant de force, fait craquer ses os avec tant de violence, que, ne pouvant ni s 'échapper,, ni user «le ses armes, et réduite à pousser de vains mais affreux hurlements, elle est bientôt étouffée sous les efforts multipliés «lu monstrueux reptile
Si le volume.de l’animal expiré est trop considérable pour que le deviir puisse l’avaler, malgré la grande ouverture de savgueüle, la- facilité qu’il
(i.) « Ces Serpents (ceax'fldnt parle ici fauteur sont évidemment, des
- serpents devins) ont plus de vingt*cing pieds tle longueur, ef quoiqu’ils •• ue paraissent pas pouyoir avaler de gros animaux , l'expérience prouve
• 1® contrait g. J’achetai d’un chasseur tin de ces serpents, que je disse-
- s le ventre .duquel je troOYai un cerf eutiçr de moyen âge
- et ftrvètti encofe (Je sa |wau ; j'en achetai uh antre qui avait dévoué un «• bouc jumvage , malgré les grandes comas doift il était amie ; et je tira^ « dif ventre d’un troisième, un porc-épic entier et garni -de æ» piquants.
• Dan» l’ile d'Auiboiue, une femme gVoase fut un jour a^aléfc toute en- *^»cre par un de ces serpents, • ‘ftxtrait d'une lettre d'André CJrÿerus , . écrite de Batavia à Mcntzélius, Éphémérldes des Curieux^ de la Nature. Nuremberg K 1684 , Décade a, an. a , a683 , p. 18.
’ (a) Megastbenc» scribit , in India serpentes id i.mtam magüiüidinein .itlolesccre, ut solidos bauriaut ccrvoa laurosquc. Pline, liv. a8, cbap. 14
4?6 nrsToniE natoiiklle
a de l’agrandir, et l'extension dont presque tout son corps est susceptible, il contiu ue île pre sser sa proie mise à mort; il en écrase Ips parties les plus compactes; et, lorsqu’il ne peut point les briser ainsi avec facilité, il l’entraîne en se roulant avec elle auprès d’un gros arbre , dont il renferme le tronc dans ses replis; il place sa proie entre l’arbre et son corps ; il les environne l’un et l’autre de ses noeuds vigoureux, et, se servant de la tige noueuse comme d’une sorte de levier, il redouble ses efforts, et parvient bientàt à comprimer en tout sens, et à moudre, pour ainsi dire, le corps de l'animal qu’il a immolé’(i).
Lorsqu'il a donné ainsi à sa proie toute la souplesse qui bii est nécessaire, il l’allongé en Continuant de la presser, et diminue . d’autant sa grosseur; il l’imbibe. de. sa salive ou d’une sorte il’hameur analogue qu’il répand en abondance;;. il pétrit, pour ainsi dire, à l’aide de ses replis, cette masse deveuue informe, ce corps qui n’est plus qu’un composé confus de chairs ramollies et d’os concassés (a j. C’est alors qu’il l’avale, en kpre-
(«) Lettre d’André Cléyerua , déjà citée. L'auteur ajoutât « Dam le « royaume d'Aracan , sur les confins de celui fie Bengale , on 'rtn un « serpent ( uu devin) démesuré sejéter, auprès des bords d’unfleuve, sar - un très-grand urus (boeuf sauvage), et donner un spectacle affreux par • son combat arec ce terrible animal ; on pouvait entendre , k la distance « d’une portée d» canon d'an très-grand calibre » le craquement des os « de J’urus, brisés par les -efforts ^de son ennemi. » •
(a) Notes communiquées par M. de b Borde , corréfcpondaut du Cabiuet du Roi.
Lettre d’André Cléyerus.
nant par IA tète, en l'attirant à lui, et en l’entraînant dans son ventre par de fortes aspirations plusieurs fois répétées; mais, malgré cette préparation , sa proie est quelquefois si volumineuse qu’il ne peut l’engloutir qu’à demi ; il faut qu’il ait digéré au moins en partie la portion qu’il a déjà fait entrer dans son corps, pour pouvoir y faire pénétrer l’autre; et Pou a souvent vu le serpent devin la gueule horriblemeut ouverte, e£ remplie d’une proie à demi dévorée, étendu à terrç, et dans une sorte d’inertie qui accompagne presque toujours sa digestion ( i ).
Lorsqu’en effet il a assouvi son appétit violent, et rempli son ventre de la nourriture nécessaire à l’entretien de sa grande masse, il perd, pour un temps; son agilité et sa force; il est plongé dans une espèce de sommeil; il gît sans mouvement, comme, un lourd fardeau , le corps prodigieusement enflé; et cet engourdissement, qui dure quelquefois cinq ou six jours, doit être assez profond; car, malgré tout ce qu’il faut retrancher des divers récits publiés, touchant ce serpent, il parait que, dans différents pays, particulièrement aux environs de l’isthme de Panama en Amérique, des voyageurs , rencontrant le devin à demi caché sous l’herbe épaisse des forêts qu’ils traversaient, ont plusieurs fois marché' sur lui dans le temps où sa digestion le tenait dans une espèce de tor-
(i) Lrorenli Speciiueu uicdicuiu.
4?8 niSTOIRE NATURELLE
peur. Ils se sont même re|>osés, a-t-on écrit; sur son corps gisant à terre, et qu’ils prenaient, à cause des feuillages dont il était couvert, pour «m tronc d’arbre renversé, sans faire faire aucun mouvement au serpent, assoupi par les aliments qu’il avait avalés, ou peut-être engourdi par la fraîcheur de la saison. Ce n’est que, lorsque allumant du feu trop près de l’énorme animal, ils lui ont redonné, par cette chaleur, assez d’activité, pour qu’àl recommençât à se mouvoir, qu’ils se sont aperçus de la présence du grand reptile, qui les a glacés d’effroi , et foin duquel ils se soht précipités ( 1 ).
(t) ■ On ne sera pas surpris que ces sortes de couleuvres (les cou- » leuvres Chasseuses ou les Devins) parviennent à une grosseur si détne-
- «urée , si l'on se rappelle que ces pays sont déserts et couverts de forêts « jmtncnsc*. ... Le p«;re Simon rapporte que dix-huit Espagnols étant
• arrivé» dans les bols d« Coro, dans la province de Venezuela , et se
- ironv an t, fatigués de la marché qu'ils avaient faite , ils s'assirent sur une « do c H couleuvres , croyant «pie ce fit un vieux tronc d’arbre abattu ,
- et que lorsqu’ils s'y attendaient le moins, l'animal comibença à marcher,
« ce qui leur causa une surprise extrême. • Hisl. natur. de l'Orenoqne * par le P.*Gumilla , vor. 111» 77. ^ ,
. « On trouve encore nnc espèce 'de’scr|>*nt s fort extraordinaires , longs « de quinze à vingt* pieds , et si gros , qu’ils peuvent, avaler uu homme. « 11* ue passent pas cependant pour les plus dangereux, parce que leur «r monstrueuse grosseur les but découvrir de loin , et donne plus de faci-
• 'lité à les éviter. On n'en rencontre guère que dans les lieux inhabités.
- Dellou C n vit plusieurs foi* de juorts . après de grandes inondations qui
• les avaient fait périr, et qui les avaient entraînés dans les campagnes
• on sur le rivage de la mer ; à quelque distance on les aurait pris pour •< -des troues d'arbres abattus ou desséchés. Mais .il les peint beaucoup «• mieux dans le récit d'nn accident dont on ne peut douter sur son té-
DF.S SERPENTS. /jaQ
Ce long état de torpeur a fait croire à quelques voyageur que le serpent devin avalait quelquefois des animaux d’un volume si considérable qu’il ét**it étouffé en les dévorant; et c’est ce temps d’engourdissement que choisissent les ha-
- moignage, Il qui confirme ce, qu’on a la dans d'autres relations sur la
• voracité de quelques serpents des Indes.
v Pendant la récolte du fit , quelque* chrétiens qui avaieut été geutil* , •< étant ailes travailler à la terve , un jeûna enfant qu'ils avaient laissé seul « et malade à la maison, en sortit pour s'aller coucher à quelques pas’de « la porte , sur des feuilles de pahnier , où il s’endormit jusqu'au soir, fies « parents , qui revinrent fatigués du travail , le vircut dans cet état ; mais, m ne pensant qu’à préparer leur nyurrilurc ,1is attendirent qn’elle fut prête
■ pour l’aller éveiller. Bientôt Ms 'lui entendirent pousser des cris à demiu étouffés qu'ils attribuèrent à son indisposition; cependant comme il «continuait de se pUindre , quelqu'un sortit et vit, .en s'approchant , « qu’une de ces grosses coWcuvçes'uyalt commencé à l’avaler. L'cinharras « do pèfo et ije la mère fut aussi grand que leur douleur; on n'osait irriter « la couleuvre, de peur qu’avec ses dents elle ne coupât l’ènfant en deux-,
• ou qu’elle n’achevât de l'engloutir; enfin, deplusieurs expédients, on
" préféra celui de la. couper par le milieu du corps, ce que le plus adroit « et U plus hardi uécuta fort henreusemerft d’on «eûl coup de sabre; m mais comme elle ne mournt pas d'abord, quoique séparée en deux , m elle serra de ses dents le corps tendre de l'enfant.. . . et H expira peu « de moments après. ' v* “ ,
• fiçboutfu donne à ces monstre* affiner:, le nom de Polpogs. Ils ont , « di^HrU tète aff^use et prcÀqhé^Mrmblable à celle du sanglier ; leur « gueule et leur gosier s’ouvrent jusqu'à l’estomac, lorsqu’ils voient une « grosse pièce à dévorer; Jaur avidité doit être extrême, car ils s’étran*
• glent ordinairement lorsqu’ils dévorent un homme ou quelque animal.
• On prétend d'ailleurs que l’espèce n’est pas venimeuse, Il est vrai que « dos soldats, pressés de la faim, en ayant quelquefois trouvé qui ve- « paient de cçever pour avoir pvalé une trop grosse pièce, telle qu’un
■ veau, les ont ouverts, eu ont tiré la béte qu’ils avaient dévorée, sanft
• qu’il leur eu soit» arrivé le moindre mal. » Description du Malabar, Hist géitér. des Voyages ♦ édit, in-ia ,,vôl. XLUI, pag. 345.
43o HISTOIHE NATURELLE
bilants îles pays qu’il fréquente, pour lui faire la guerre, et lui donner la mort. Car, quoique le devin ne contienne aucun poison, il a besoin de tant consommer, que son voisinage est dangereux pour l’bomme, et surtout pour la plupart des animaux domestiques et utiles. Les habitants de Klndg, les nègres île l’Afrique, les sauvages du Nouveau-Monde se réunissent plusieurs autour de l'habitation du serpent devin. Ils attendent le moment où il a dévoré sa proie, et hâtent même quelquefois cet instant, en ■attachant auprès de l’antre du serpent quelque gros animal qu’ils sacri6entT et sur lequel le devin ne manque pas de s’élancer. Lorsqu’il est repu il tombe. dans cet affaissement et cette insensibilité dont nous venons de parler; et c’est alors qu’ils se jettent sur lui, et lui donnent la mort saas crainte comme sans danger. Ils osent, armés d’ün simple lacs, s'approcher de lui. et l’étrangler, ou ils l’assomment à coups de branches d’arbres (f). Le désir
(l) Lettre d 'André Clcyeru».
, Nous croyons qu’on verra iei avec plaisir le récit, de la manière dont, suivant Diod ore de Sicile, on prit , en Égypte /et mus an Ptdtofnér . an serpent énorme qai , à cause de sa grandehr , ne peut être rapporté qu'à l’espèce du devin. • Plusieurs chasseurs , encouragés par la muni- « licence de Ptolomée , résolurent de lui amener à Alexandrie un des « plus grands serpents. Cet «nonne rrptile, long de (rente coudées, vivait
- sur le bord des eanx , il y demeurait immobile,, couché à terre, et son
- corps rpplié en cercle ; mais lorsqu’il voyait quelque animal approcher • du rivage qu'il habitait , U se jetait sur lai avec impétuosité, le saisissait
- avec sa gueule , ou l’enveloppait dans les replis de sa qucnc. Les chas- « seurs Payant aperçu de loin , imaginèrent qu’ils pourraient aisément le
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DES SERPENTS. l\ i I
de se délivrer d’un iiniraal destructeur, n’est pas le seul motif qu'on ait pour en faire la chasse. Les habitants de 111e de Java, les nègres de la Côte-d’Or et plusieurs autres peuples mangent sa chair, qui est pour eux un mets agréable (j);
- prendre dans des lacs et l'entourer de chaînes; ils s'avancèrent avec
« courage , nuis lorsqu’ils forant pl os près de ce serpent démesuré , l'éclat
- de ses yeux étincelants , son dos hérissé d écailles, le Bruit qu’il faisait
• en s'agitant, sa. gueule ouverte et armée de dents longues et crochues, « son regard horrible et féroce , les glàcèrent d’effroi : ils osèrent ceptudant
- s'avancer paa à pas; et jeter de forts liens sur sa qaeue ; mais à peine ces
• diens eurent-ils touché le monstrueux animal, qne se retournant avec v vivacité, et faisant entendre des sifflements aigus, il dévora le chasseur
- qui tp trouva le plus près de lui , et en tua un second d'un coup de sa
• queue, et mit les antres en faite. Ces .derniers ne vonlant cependant pas
■ renoncer à la récompense qui les attendait, et imaginant un nouveau
- moyen , firent foire un rét- composé de cordes très -grosses, et propor-
■ tionné à la gtandenr dé l'animal ; ils le placèrent anprès de la caverne dn « serpent ,* * et ayant bien observé le temps de sa sortie et de sa rentrée v ils
- profitèrent d* celui où l'énorme reptile était al lé* chercher sa proie, pour
■ boucher avec des pierres l'entrée de «on repaire. Lorsque le. serpent
• revint, ils se montrèrent tous à-la-fins avec plusieurs hommes armés
- d’arcs et de frondes , plusieurs antres à cheval , et d’autres qui faisaient
- résonner à grand bruit des trompettes et de* instruments retentissants ;
- le serpent se voyant entouré de cette multitude t se redressait et jetait « l’effroi, par ses horribles sifflements, parmi ceux qui l’environnaient f « mais effrayé lui-même par les dards qu'on loi lançait , la vue dès che- « vanx , le grand nombre de chiens qui aboyaient, et le brui t. aigu des
■ trompettes, il se précipita vers Centrée ordinaire de sa caverne; la
- trouvant fermée, et toujours troublé dfe plus eu plus parle brait -dès
- trompettes, des chiens et des chasseurs , il se jeta dans le rét, qù il fit « entendre des sifflements de rage ; mais tous ses efforts forent vains , et sa
• force cedant à tons les coups dont on l'assaillit, et à toutes les chaînes
■ dont on ie lia, on le condaisit à Alexandrie, où uns longue' diètf-ap-
■ paisa sa férocité. •
(i) ■ Les nègres de la Côte-d'Or mangent la chair de ces grands ser-
dans d'autres pays, sa peau sert- de parure; les habitants du Mexique se revêtaient de sa -belle
•talents, et la préfèrent à la meilleure volaille, geuer. des Voyag*»,
édit. in-rar vol. XIV, pag. ai3. «Quelques domestiques nègre* de «Bosman aperçurent, près de Mauri (sur la CètÉfOr), un serpent de
- dix-sept pieds de long et d'une grossetlr proportionnée. Il était au bôrd
- d’un trou rempli «Veau , entré deux porcs-épics , avec lesquels il s’en- « gagea dan» un combat fort animé. . . . Les pègres terminèrent la bataille
• en tuant les trois champions à coups de fusi| ; il» lys apportèrent à « Mauri, ou, rassemblant leurs camatadrsÿ ils eti firent ensemble un festin
• délicieux. • Ibid. pag. ai 6. .• ^ •
• Lopez parle d uu serpent d'excessive grandeur qui .1 quelquefois ,
- dit-il , vingt-cinq cTOpa»«|c long sur cinq de large , et dont la gueülc et
- le ventre sont si vastes, qn'il est capable d'avaler nn eprf entier. Les - nègres l’appellent, dans leur langue . lé grand St rpcUl d’eau, ou le grabd « Hydre. Il vit, en effet, dans les rivières, mais 'il cherche sa proie sur « terre,. et monte sur quelque arbrè, d’où il gootte les bestiaux; a’H en « volt un qu’il puisse saisir, U se laisse tomber dessus, s’entortille autour » de lui , le serre dè sa queue, éPTa^kut mis bon d'état de se defendec , U jlc tne par ses morsures , ensuite il l*4raine d*ns quelque lieu élartç, ôti
« il le dévore à son aise; peau, dit l’auteur, os et corne». Lorsqu’il ^'est ^
• bien rempli, U; tombe' dan» une espèce de stupidité ou dé sommeil »i^^
• profond , qu'un enfaht serait capable de le tuer. Il demeure dan» ce) état « l’espace de cinq k six .jour», à la (in desquels il revient ù lui-méiue.
« Cette redoutable espèce de serperit change de peau dans la saison or-
• dinaire , et quelquefois apres s Vire monstrueusement rassasié*. Ceux qui
• la trouvent ne mancpient pas de la montrer en spectacle. La cliflrdc cet
• animal passe, entre les nègres , pour mi mets plus délicieux que la
• volaille. Lorsqu’il lrnr arrive de mettre le feu k quelque bois épais , il»
• ÿ trouvent quantité de ces serpenta tout rdtis , dont ils font un admi- « ratyf festin. Ce récit est confirmé par Carli; il raconte qu’un jour, étant
• à sr promener sous des arbres, près de Kolumgo, les nègres de m « compagnie découvrirent un graud serpent qui traversait la rivière de •• Quanta ; ils s’efforcèrent de le faire retourner sur ses trace» en poussant « des cris et lui jetant de» mottes de terre , car il ne se trouve point de « pierres dans le pays ; mais rien ne put l’empêcLci île gagner le rivuge et « 4e prendre poste dans un petit bois assez près de la maison. Il se trouve
dépouille; et, dans ces temps antiques où des monstres de toute espèce ravageaient des contrées de. ^ancien continent ,• que l’art de l'honnile commençait à peine d’arraçber à la nature, combien de héros, portèrent la peau de grands serpents qu’ils avaient mis à mort, et qui étaient vraisemblablement de l'espèce ou du genre dn devin , comme des marques de Jeur valeur, et des trophées de leur victoire! . • * •
. G’est lorsque la saison des pluies est passée dans les contrées équatoriales , que le devin se dépouille de sa peau' altérée par la (blette qu’il éprouve quelquefois , ou par faction de l’atmosphère, par le frottement de divers corps, et par toutes les autres causes extérieures qui peuvent la dénaturer. Le. plus souvent' il se tient caché -pendant
que sa. qouvelle peau nlest pas encore endurcie*
■ de cm serpents , dit le même auteur , qui out vingt-cinq pieds de long , -‘al qui sont de la grosseur d'un poulain. IN ne font qu'un morceau' ePinte - brebis ; aussitôt qu’ils l’ont avalée» ils vont faire leur digestion au soleiJi - Ica nègres , qui connaissent leurs usages , apportent beaucoup de soin - à les observer , et les fnent facilement dans cet état , pour le seul (flaisir ■ d’en manger U chair. Ils les écDrcbeut et ne jettent que la queue» la rétc • et les entrailles. Ce serpent parait être le même qui porte, solvant • Dapper , le nom il ' Embamtna dans le royaume d’Angola ; et çelfy de - Min ia dans le pays des Quojas. Sa gucuje , ajoute cet écrivain , est • d’une grandeur si extraordinaire , qu'il peut avaler un bouc, ou même « un cerf entier. Il s’étend dans les chemins comme une pièce de bois -mort, et d'un mouvement fort léger, il se jette sur les passants, - hommes on animaux. • Histoire naturelle de Congo, d’Angola et de Henguela. Histoire générale des Voyages, édit, in- ta , liv. t J, tom. XVJl, pag. a$9 et suiv. ' ’ * . •• •*
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4 34 HISTOIRH NATURELLE
et qii’it n’opposerait à la poursuite de ses ennemis qu’un corps faible et dépourvu de son armure. H doit demeurer alors renfermé ou dans le plus épais des forêts, ou dans les antres profonds qui lui servent de retraite. Nous pensons, au reste, qu’ordinaireraent il ne s’engourdit complètement dans aucime saison de l'année. Il ne se trouve, * en effet, que dans les contrées très -voisines- des tropiques où la saison des pluies n’amène jamais une température assez froide pour suspendre ses mouvements vitaux. Et comme cette saison des pluies varie beaucoup dans les différentes contrées équatoriales de l'ancien et du nouveai^, continent, et qu’elle dépend de la hauteur dès montagnes; de leur situation, des vents, de la position de&, lieux, en deçà ou au-delà de la ligne, ete.;-le temps du renouvellement de la peau et des forces du serpent, doit varier quelquefois de plusieurs mois et mémoi d’une demi-année. Mais c'e&t toujours lorsque le soleil du printemps redonne l’a<£ tivité à la nature, que |e serpent devin rajeuni * pour ainsi dire, plus fort, plus agite,, plus ardent que jamais, revêtu d'une, peau nouvelle', sort des retraites cachées où if a dépouillé sa vieillesse, et, , s’avance l’œil en feu Sur une terre embrasée des nouveaux rayons d’un soleil plus actif. Il agite sa grande masse en ondes sinueuses au milieu des bois parés d’une verdure plus fraîche; faisant entendre au loù» son sifflement d’amour, redressant avec fierté sa tète, impatient de la nouvelle flamme
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DES SKRPF.MTS. 435
qu’il éprouve, s’élançant avec impétuosité, il appelle; pour ainsi dire, la compagne a laquelle il s’unit par des liens si étroits, que leurs deux corps ne paraissent plus en former qu’un seul. La fureur avec laquelle le devin se jette alors sur ceux qui l’approchent et le troublent dans ses plaisirs, ou le courage avec lequel il demeure uni à sa femelle malgré la poursuite de ses ennemis et les blessures qu’il peut recevoir , paraissent être les effets d’uirp union aussi vivement sentie quelle est ardemment recherchées point de constance cependant dans leur affection; lorsque leurs désirs sont satisfait^, le mâle et Ja femelle se séparent ; bientôt ils ne se connaissent plus, et la femelle va seide au l>out t d’uri temps dont on ignore la durée, dépecer ses œufs sur. le sable ou sous des feuillages.
C’est ici l’exemple le plus frappant d’une grande différence entre la grosseUr.de l’œuf et la grandeur à laquelle parvient l’animaLqui eu sort. Les œufs du devin n’ont en effet qué deux /pu tFois pouces dans leur plus' grand diamètre. Toute la matière dans laquelle le fœtus est renfermé n’est donc que de 'quelques pouces cubes; et cependant le serpent lorsqu’il ^atteint tout son développement, ne contient-il tpas quarante ou cinquante pieds cubes de matière ? * : v‘« > <’■
Ces œufs ne sont point couvés par la/emelle ; la chaleur de l’atmosphère les fait seule .éclore; ou tout au plus dans certaines contrées comme celles, par exemple, où l’humidité domine trop
if,
sur la chaleur, h» femelle a le soin de pôndre dans quelques endroits plus abrités, et où des substances fermentatives et ramassées augmentent, par la chaleur qu’elles produisent , l’effet de celle de l’atmosphère. On ignore combien de jours les œufs demeurent exposés à cette chaleur, avant que les petits serpents éclosent: • •
La grande différence qu’il y a entre la petitesse du serpent contenu dans son œuf, et la grandeur démesùréedu serpent adulte, doit faire présumer que ce n’est qu’au bout d’un temps trèS-long, que le devin est entièrement «léveloppé; et n’est-ce pas une preuve que ce serpent vit un assez graud nombre d’années? Le nombre de ces années doit eu effet être d’autant plus considérable que le devin' est aussi vivace que la plupart des autres serpents. Ses différentes parties jouissent de quelques mouvements vitaux, même après qu’elles ont été entièrement séparées du reste du corps (i). On a ^u, par exemple, Ja tète d’un devin coupée dans le moment où le serpent mordait avec fureur, continuer de mordre pendant quelques instants, et serrer même alors avec plus de force, la proie qu’il avait saisie, les deux mâchoires se rapprochant par un effet de la contraction que les muscles éprouvaient encore. lorsque cette contraction eut entièrement cessé, on eut «le la peine à desserrer les mâchoires, tant les parties
(i) Yoye* , à et sujet , AJucgravc , k l'endroit déjà cité. *
DES SEBPÏKTS. ^7
de la tête étaient devenues roides ; ce qui fit croire qu’elle conservait quelque action, lorsque cependant il ne lui en restait plus aucune (i).
L’HIPNALE.*
Boa canina, Mcrr., Lion., Schn., Latr., Daud .-.JBoa Hipnale , Lacep.
C’est un assez beau serpent qui, ainsi que le devin, appartient au genre des Boa, ét a de grandes plaques sOus la queue ainsi que sous le corps, mais qui lui est bien inférieur par sa longueur et par sa force. On le trouve dans le royaume de Siam. Le plus grand nombre des individus de cette espèce, qui ont été Conservés dans les cabinets, n’avaient guère qu’un pouce et demi de circonférence et deux ou trois pieds de longueur, et telles étaient à-peu-près les dimensions de ceux
(i) Ce fait m'a été confirmé, relativement an devin on & d'autres grande serpents , par plusieurs voyageur» qui étaient allés dans l'Amérique méridionale, et particulièrement par M. le baron de Widen^iach , correspondant dû Cabinet du Ko». • ** *' •'
(a) L Hipnale. M. JJaubenton, Encyclopédie méthodique.
Boa Hipnale. Linn. , amphib. Serpent.*
Séba , mus. a , tab. 34 , fig. i et a.
Boa exigua , ip5 Laurent i Spécimen medioum.
Le Bom Hrpual* de Linnce appartient, selon M- Mrrrrm, à une espèce differente de celle-ci. Cet auteur loi edtoenrv le nom qne Linné* lofe donné. Dns. »S>7*
438 HISTOIRE lfATtTRRLLE
qui sont décrits dans Séba(i). Ce serpent est trun blanc-jaunâtre tirant plus ou moins sur le roux; le dessous du corps est d’une couleur plus claire, et Séba dit qu’on y remarque des taches noirâtrçs; .mais nous n’en avons vu aucun vestige sur l’individu qui est conservé dans l’esprit-de-vin au Cabhiet du Hoi. JLe dos est parsemé de taches * blanchâtres bordées d’un brun presque noir. Malgré leur irrégularité, ces taches sont répandues sur le corps de Plfipnale de .manière à le varier de couleurs agréables à la vue, et à représenter assez bien une riche étoffe brodée. Suivant Sébà la femelle ne diffère du mâle que par sa tète qui est plus large. L’un et l’autre l’ont assez grande sans que cependant elle paraisse disproportionnée. Le tour de la gueule présente une sorte de bordure remarquable que l’on observe dans plusieurs boa, mais qui est ordinairement plus sensible dans l’iiipiiale à proportion de sa grandeur; elle est composée de grandes écaillés très-cour bées, concaves à l’extérieur -et qui étant ainsi comme • . creusées, forment une sorte de petit canal qui borde les deux mâchoires. On a mis ce serpent au nombre des cérastes (x) ou serpents cornus; il leur ressemble, en effet, par ses proportions; mais les cérastes ont deux rangées de petites plaques sous la queue, et d’ailleurs il n’a aucune ap-
(i) Un hipnale qui fait partie de la collection du ïlbi, a tin pied onze
poæe« de longueur totale , «t sa queue e/tt longue de trois pouces.
(a) Séba , à l'endroit déjà cité. . :
UES SERPENTS. [\ 3q
parence de corne. Il se nourrit de chenilles , d’araignées, et d’autres petits insectes; et comme il est très-agréable par ses couleurs sans être dangereux, on doit le voir avec plaisir venir dans les environs des habitations, les délivrer d’une vermine toujours trop abondante dans les pays trèschauds. Il a ordinairement cent soixante-dix-neuf grandes plaques sous le corps, et cent vingt sous la queue. Les écailles qui recouvrent sa tête sont semblables à celles du dos; mais le dessus du museau présente quatorze écailles un peu ptus grandes. • ' . • •• ..
LE BOJOBI.10
Boa canina , Merr. , Linn. , Schneid.,- Latr., Daud. ; Boa ad- Tantiaca , B. thalassina et B. exigud, Laur Boa ttypnule, / La cep., Schn, Daud. (a). .
(^noiQD*'le bpjobi n’égale point le serpent devin par sa force, sa grandeur ni la magnificence de sa parure, quoiqu’il cède en tout à ce roi des.
(l)' Trtrauchoolt Tleoa. , jt *
Le Bojobl. M. Daahenton y .Encyclopédie méthodique.
Boa canina. Linn. t uœpkib. Serpent.
Séba , mro. a , tab 8 i , fig. x , et tab. 96., fig. a.
Boa aurantioca , 194* ^oa tha/aisrna , 193. Laurenti Specimen raodicum.
(a) M. Merrem rapporte ce reptile à l'espèce précédente. Dus. 1827.
serpents, il n’en occupe pas nioius une place distinguée parmi ces animaux.; et peut-être le premier rang lui appartiendrait, si l’espèce du devin était détruite. La longueur à laquelle il peut parvenir est assez considérable; et il ne faut pas en fixer les limites d’aprè$ celles que présentent les individus de cette espèce , conservés dans les cabinets^)-. Il doit êtr.e bien plus grand lorsqu'il a acquis tout son développement : et s’il faut s’eu rapporter à ce qu’on a écrit de ce boa, sa longueur ne doit pas être très-inférieure à celle du serpent devin. L’on a dit qu’il se jetait sur des chiens et d’autres gros animaux , et qu’il les fiévorait'(a); et à moins qu’on ne lui ait attribué des faits qui appartiennent au devin, le bojobi doit avpir une longueur et une force considérables pour pouvoir mçttre à mort, çt avaler des chiens et d’autres animaux assez gros.
Ce serpent, qui ne se trouve que dans les contrées équatoriales, habite également l’ancien et le Nouveau-Monde; mais il offre, dans lés grandes Indés et en Amérique, le signe de la différence du climat , dans les diverses nuances qu’il présente, quoique d’ailleurs le bojobi de l’Amérique et ce-
(i) L'individu que non» avons décrit f et qui fait partie de la collection de Sa Majesté , a deux pietU onze pouces de longueur totale, et à-peuprès sept pouces depuis l’anus jusqaji l’extrémité de la queue.
(a) M. I. innée parait avoir adopte oette opinion en donnant.au Bojobi l'épithète de canina ; de même qu’il a donné celle d c marina à un boa qui se nourrit de rata.
. lui des Indes se ressemblent par la place des taches, la proportion du corps, la forme de la tète, des dents, des écailles, par tout ce qui peut constituer l’identité d'espèce. Le bojobi du Brésil est d’un beau vert de mer plu6 ou moins foncé, qui s’étend depuis le sommet de la tète jusqu’à l’extrémité de la queue, et sur lequel sont placées, d’espace en espace, des taches blanches irrégulières , dont quelques-unes approchent un peu d’une lozange et qui sont toutes assez clair-semées et distribuées avec assez d’élégance pour former sur le corps du bojobi un des plus beaux assortiments de couleurs. Ses écailles sont d’ailleurs extrêmement polies et luisantes (i); elles réfléchissent si vivement la lumière qu’on lui a donné, ainsi qu’au serpent devin, le nom indien de Tleoa, qui veut. dire serpent de feu: aussi, lorsque le bojobi brille aux rayons du soleil , et qu’il étale sa croupe resplendissante d’un beau vert et d’un blanc éclatant, on groirait voir une longue chaîne d’émeraudes , au milieu de laquelle on aurait distribué des diamants; et ces nuances sont relevées par la couleur jaune du dessous de son ventre, qui, à certains aspects, encadre, pour ainsi dire, dans de l’or, le vert et le blanc du dps.
Le bojobi des grandes Indes ne présente pas cet assemblage de vert et de blanc; mais il réunit l’éclat de l’or à celui des rubis. Le vert est rera-
(i) Elles sont rliombuidalee.
placé par de l’orangé ; et les tacbes du dos sont jaunâtres et bordées d’un rouge très-vif. Voilà donc les deux variétés du hojobi qui ont reçu l’une et l’autre une parure éclatante d’autant plus agréable à l’œil, que Je dessin en est simple et par conséquent facilement saisi.
Ou doit considérer ces serpents avec d’autant plus de plaisir, qu’il parait qu’ils ne sont point venimeux, qu’ils ne craignent pas l’homme, et qu'ils ne cherchent pas à lui nuire; s’ils n’ont pas une sorte de familiarité aVec lui comme plusieurs couleuvres, s’ils ne souffrent pas ses caresses, ils ne fuient pas sa demeure; ils vont souvent dans les habitations; ils né font de mal à personne si on ne le» attaque point , mais on ne les irrite pas en vain; ils mordent alors avçc force et même leur morsure est quelquefois suivie d’une inflammation considérable qui , augmentée par la crainte du blessé, peut, dit-on, donner la mort, si on n’y apporte point un prompt remède, en nétoyant la plaie, en côupant la partie rpordue, etc. Néanmoins, suivant lés voyageurs qui attribuent des suites funestes à la morsure du bojobi, ees accidents ne doivent pas dépendre d’un Venin qu’il ne parait pas contenir; et ce n’est que'parce que ses dents sont très-acérées(i), qu’elles font des >, ■’ . • •' "*
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(i) U j « deux rangs de denu à la mâchoire supérieure; las. plus voisines du museau soûl longues ef recourbées comme les crochets à venin delà vipère, mais elles ne sont ui mobiles ni creuses.
blessures dangereuses, de mente que toutes lerf espèces de pointes ou d’armes trop effilées (ï).
LE RATIVORÈ.w
Bon marina , Merr., Linn., Lacep., I,ati\; Boa Scytafe, Lion., •Schu.; Son Anaconda, DautL, Cut. ; Boa Qiga f, Latr, (î),
O tr trouve ep Amérique, ainsi qu’aux grandes Indes, ce boa, dont la tête est conformée à-peuprès comme celle du devin, et couverte d’écailles rhomboïdales, unies ainsi que celles du dos, et àpeu-près de. la même grandeur. Il n’a point dç crochets à venin, et ses lèvres sont bordées de grandes écailles. .
Iæ dessus du corps de ce boa est blanchâtre,
(t) Le Jjojobi a ordinairement deux cent trois grandes plaqués sous le corps, et soixante-dix-sept sobs la queue. Le dessus de si tête est garni d'écailles semblables à celles du dos. Les deux os , qui composent chaque mâchoire, sont 'très-séparés l'un de l’autre , dans 1a partie du inusean , et ainsi qu’on le voit dans la vipère commune. Les lèvpe^ sont couvert» de grandes écailles , sur lesquelles on observe un sillon assez profond , et qui sont communément au nombre de vingt-trois sur la mâchoire supérieure , et de vingt-cinq sur l'inferieure.
(a) Le Mangeur de rats. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique. Boa murina. linn. , amphib. Serpent.
Gronovhis, mas. a , p. 70, n® 44.
t Séba , mus. a, tab. ,39, fig. I.
(3) Ce boa ne diffère pas du scytale, aussi MM. Merrem et Cuvier les considèrent-ils tous deux comme appartenant à une seule espèce.
Dbsm. 1817.
ou d'un vert de mer, avec cinq rangées longitudinales de taches; la rangée du milieu est composée de taches rousses, irrégulières, blanches dans leur centre, placées très-près l’une de l’autre, et se touchant en plusieurs endroits; les deux raies suivantes sont formées de taches roussâtres, chargées d’un demi-cercle blanchâtre, du côté de l’intérieur, ce qui leur donne l’apparence des taches appelées yeux sur les ailes des papillons; les deux rangées extérieures présentent enfin des taches rousses qui correspondent aux intervalles des rangées dont les taches ressemblent à des yeux. On voit sur le derrière de la tète, cinq autres taches rousses et allongées, dont les deux extérieures s’étendent jusqu’aux yeux du serpent.
Le rativore a ordinairement deiix çent cinquante-quatre grandes plaques sous le corps, et soixante-cinq sous la queue. Ün individu de cette espece, apporté de Ternate au Cabinet du Roi, a deux pieds six pouces de longueur, et sa queue est longue de quatre pouces deux lignes.
. Il se nourrit de rats et d’autres petits animaux,
ainsi que plusieurs autres serpents.