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SERPENTS A SONNETTE

LE BOIQUIRA:(,) •

Crotalus tUrieatulatu.i, Merf, } Crotnlus Boiquira et C.Durutu j , . Lacep. ; C, atricauduf , l)aud. (i).

U n voyageur égaré au milieu des solitudes brù-

(^l) tiçiàmirgu rl ltoiciAininga.

Ecacoàtl. . *' __

Casca vêla oa Cascavcl , pur les Portugais, jê^ , vv

Tangaior , ^>ar lés’ Espagnols.

The Haute Snobe , paç les Anglais. * isÉCà

te Rbiqnîra. JM. Daubentoo , Encyclopédie méthodique.

Crotal. horridus. Linn. , amphib. Serp.

Bradl. mriur. tab. 9 , 6g. •!«. % . " . • l

(b) Ce serggçt dangereux est le rociur que celai qui est décrit plus loin dans cet ouvrage , soù» le nom de Durissos. Dus. 1827.

lantes (le l’Afrique, accablé sous la -chaleur du midi, entendant de loin le rugissement du tigre en fureur qui cherche une proife,tt ne sachant comment éviter sa dent tneurtriérei.ne doit pas éprouver un frémissement -plus grand que ceux qui parcourant les immenses forêts des contrées chaudes et humides du Nouveàu-Monde , séduits par la beauté des feuillages et des fleurs, entraînés, comme par une espèce d’fcnchaiitement, au milieu de ces retraites riantes, mais perfides, sentent, tout-à-coup, l'odeur fétide qu’exhale le boiquira (i), reconnaissent le bruit de la sonnette qui termine sa queue, et le voient prêt à s’élancer sur eux.. . .

Ce terrible reptile renferme en effet un poison mortel’; et, sans excepter le .naja, il n’est peut-

' Séba , mus. a , tab. q5, %. i*. * ' ' •

Cauduona terri/ica, So3. Ldurenli Spécimen inedicum. *

Tcuhtlacot Zauhqui, i. e. Beginà Serpenfum , Hernandez..

• *Vifera cauduona , cl Anguis crotuhphorut. liai , Synopsis, pag. *9*. Viper* Brasilia? candi ton a. Muséum Xirclieriauum %' rop*. 1773, ckniii » , jol. uli. 9 , n° 43. ’ ,

Uoicimninga. P iaon , de Medicitia Brasiliensl, Ui>. 3, p. 4*. Dvicinininga , Boiquir Aymg. üeorg. Marcgrfcvi, hist. rcrura naturjfUiin Brasilia?, lib..f>, p. S4«» • .

(1) « L’odeur des serpenta sonnette est très- mauvaise , surtout

• lorsqu'ils se chauffent aû soleil ou qu'ils sont en colère ; op les sent

• quelquefois avant de les voir et de les entendre : las chevaux et les - bœuf» le» découvrent par l’odorar, et s'enfuient très-loin : mais lorsque

• le vent emporte l'exhalaison, dn serpent vers le côté opposé à b roule m que tient le cheval qu le bœuf, ceîui-ci va quelquefQi» jusque sur le « serpent même, sans en' avoir connaissance» • Kahn. Meut, de Suède, Collect. acadcm. pari, étrangère, tom. Xl,p»g. Ô«.

être aucune espèce île serpeut, qui contienne un venin plus actif. . • V

Le boiquira parvient quelquefois à la longueur de six pieds, et sa circonférence est alors de dixhuit pouces (<). L’individu que nous avons décrit, et qui est çoiiservé au Cabinet du Roi; a quatre pieds dix lignes de long, en y comprenant la qneue qui a quatre pouces, et qui, dans cette espèce, ainsi que dans Jes autres serpents à sonnette déjà connus, est trés-.courte à proportion du corps.

Sa tète aplatie est couverte, auprès du museau, de six écailles plus grandes que leurs voisines, et disposées sur trois rangs transversaux , chacun de

deux écailles. • ' ,

Jæs yeux paraissent étipcelants, et luisent même dans les ténèbres comme ceux de plusieurs autres reptiles, en laissant échapper la lumière dont ils ont -été périétrés pendant Je jour; et ils sont garnis d’une membrane clignotante, suivant le savant anatomiste Tyson, qui a donné une description très-étendue, taut des parties extérieures que des parties intérieures du boiquira (st). •

La gueule présente une grande ouverture, èt

i(l)f Hernandez ne lu! donne que quatre pieds de longueur; Ma regrave un peu pins de quatre pietés , et Pisou Wnq ; mais Kalm a écrit que les plus gros bôiquSra qu'on ait vus dans l ‘Amérique septentrionale étaient longs de six pieds. Mémoires de l'Académie tj® Stockholm. Suivant Catesbv , les pins grands serpents à sonnette ont près de neuf pieds de longueur. Hist. natur. de la Caroline , vol. II, p. 4 t.

(a) Transactions philosophiques , n° t

456 HISTOIRE NATGR-ELLE

le contour eu est dç quatre pouces-, dans l’individu de la. collection du Uoi. La langue est noire , déliée, partagée en deux, renfermée en partie dans une gaine, et presque toujours l’animal l’étend et l’agite avec, vitesse. . Les deux os qui forment les deux côtés de la mâchoire inférieure ne • sont pas réunis par devant, mais séparés par un intervalle assez considérable que le serpent pent agrandir, lorsqu’il étend la peau de sa boùche pour avaler unei proie volumineuse. Chacun de ces os est garni de plusieurs -dents crochues, fournées en arrière ^d’autant [‘tins grandes quelles sont plus près du museau , et qui , par une suite de cette disposition, ne peuvent point lâcher la proie qu’elles ont saisie, et la retiennent dans là gueule du boiquira, pendant qu’il, l'infecte du venin qui tombe de sa mâchoire supérieure. C’est, en effet, sous la peau qui recouvre cette mâchoire, y et de chaque côté que noüs avons vu les vésicules où le poison se rainasse. Lorsque le serpent comprime ces vésicules, le venin se porte à la hase jle deux crochets^très-longs et très-apparents, attachés au-devant de la piâchoire, -supérieure';, ces crochets, enveloppés en partie dans une espèce de" gaine, d’où ils sortent lorsque l'animal lès redresse, sont creux dans presque toute leur lou-r gueur; le venin y pénètre par tnt trou- dont ils sont percés à leur base, au-dessous de.' la gaine, et en sort par une fente longitudinale que l’on

I>RS - SERPEirto. • 457

' «oit vers leur pOinte{i). Celte fente a plus - d'une ligne de longueur dans i’iwlividu conservé au Cabinet du-Koi, et les crochets sont longs de six lignes. Indépendamment de ces crochets, qui paraissent appartenir à tontes les espèces de serpents * venimeux, et, que nou? avons vus, en effet, dans les Vipères, les cérastes, les naja, etc., la mâchoire supérieure est garnie d’autres dents pins petites et plus voisines du gosier vers lequel elles sont tournée^, et-qui servent, ainsi que celtes de la mâchoire inférieure, à retenir la victime que les crochets percent et imbibent de venin.

Les écailles du dos sont ovales et relevées dans le milieu par une arête qui s’étefid dans le sens de leur plus grand didïnètt'e. On a écrit qil’elles sont articulées si librement, que l’animal , lorsqu’il est en colère, peut les redresser; mais le ^ mouvement qu’il leur doune doit être peu considérable , puisque lions nous sommes assurés quelles Usinent à la peau dans presque toute ' leur longueur et toute’ leur largeur (a). Le dessous

(1} Lorsqu’on presse la racine do ce» Crochets , il coule abondamment de Ifcnr extrémité nn« matière verte, qui est lr venin. Kalni. Mém. de l'Académie de Stockholm. Ce venin donne onc couleur verte au linge sur lequel ou le répand, et plu» ou. Ics»(ve ce linge, et plu» iL devient Vert. Mandscrit’dc M. Gauthier , 1349 , que M. 8e l'uUgeroux Je Ikmdaroy , de l'Académie roÿ^lc des Sciences, a bien voulu me communiquer.

(a) Chacune de ce* plaques est imie par un muscle particulier, dont unf extrémité s'attache au bord supérieur de b»* plaque iuférieure, et l’autre ib-peu-prè» ap milieu de la face intente dp U plaque supérieure. D'ailleurs chaque plaque tient , par. scs ,deux^ bouts, k l’extrémité des. côtes , et cette extrémité est «m ferme point d’appui sur leqi^l porte la

458 HISTOIRE H ATI! R ELLE

du corps, ainsi que le dessous de la queue, sont revêtus d’un seul rang de grandes plaques comme dans le genre dés Doa ; nous en avons compté vingt-sept sous la queue, et cent quatre-vingtdeux sous le ventre de l’individu qui fait partie de la collection du Koi. Al. I année en a compté cent soixante-sept sous le corps, et vingt-trois sous la queue de celui qu’il a -décrit (jy. til/d couleur du dos est d'un gris mêlé de jaunâtre, et. sur ce fond, un voit s’étendre une rangée longitudinale de taches noires, bordées de blanc '•* i. . •

. Sa queue. est terminée, comme dans presque tous les serpents de son genre ; par un àssfemfolage d’écailles sonore Siqui ^'emboîtent les unes dans les, autres,, et que nous croyons -d’autant plus devoir décrire ici en détail, que la considération attentive douleur forme et de leur position peut nous éclairer relativement à léUr production ainsi qu’à leur accroissement. ... ,

Cette sonnette du hoiquira est composée de plusieurs pièces dont le nombre varié depuis un

planar, et qui nerf à l'animal À élever ton k abaisser cefte plaque avec force , par le môyen du muscle dont 'non* venons' dp parler. Observ. d’Etlw. Tyson , I ran». pbilo»opli. , n" 144.

(l) Tyson en a trouvé cent soixante-huit sous le coiys et dix-neuf sous la qoene du boiquira qu’il i décrit. Transactions philosophiques', n° 144.

(s) Le docteur Tyson a très-biep fait connaître deux petites glandes , qui s'ouvrent dans le rectum du Hoiquira auprès de l'anus , ef qui con- • tiennent une liqueur nn peu épaisse et d'une otletir forte et très-désagréable* •

Dr S ,S E B RF.N T S. 4^)

jusqu’à trente et même au-tlelà(i). Toutes ces pièces sont entièrement semblables les unes aux autres, non seulement par leur forme, mais souvent par leur grandeur; elles sont toutes doue matière cassante, élastique, demi -transparente , et de la même nature que celle des écailles. La pièce la plus voisine du- corps, et qui le, touche immédiatement, forme, comme toutes les autres, une sorte de pyramide à quatre facçs , dout deux faces opposées sdjit beaucoup plus larges que les deux autres; ou peut la regarder comme une espèce de petit étui terminé en pointe, et qui enveloppe les dernière? vertèbres de la queue. Elle est moulée sur ces dernières vertèbre?, dont elle n’est séparée que par une membrane très- mince, et auxquelles elle est appliquée do manière qu’elle suit toutes les inégalités de leurs élévations. Elle présente trois bourlets^irculaircs qui répondent à trois de ces élévations; leur surface est raboteuse comme celle de ces<. éminences sur lesquelles ils se sont moulés; ils sont creux, ainsi que le reste de la pièce; le premier bourlet , c’est-à-dire , le plus proche de l’ouverture de la pièce, 9 le plus grand diamètre; et le plus pétit diamètre est celui du troisième bourlet. , . .

Toutes les pièces de la sonnette sont emboîtées l’une dans l’autre, de manière que les deux tiers

(1) Pour bieft entrndh* ce que nous allons dire, on pourra jeter les yeux suria planche où* nous axons fait représenter une sonnette, sa coupe longitudinale, et unei<|es pièces qui la composent vue séparément.

/|6o HISTOIRE RATURE LL E

de chaque pièce sont renfermés dans la pièce qui la suit, à commencer du côté du corps. Des trois bourlets que présente chaque pièce, deux sont cachés par la pièce suivante; le premier bourlet ést le seul qui paraisse. La pièce; située- au bout de la sonnette, opposé'au corps, est la seule dotit les trois bourlets soient visibles, et qui montre sa vraie forme en son entier; et la sonnette n’est composée, à l’extérieur, que de cette pièce, et des premiers bourlets de toutes les autres.

Les deux derniers bourlets de chaque pièce, qui ne peuvent pas être vus., sorit placés sous les deux premiers de la pièce survanté. Ils en occupent le creux; ils retiennent cette pièce, et l’ empêchent de se séparer fin reste de. la sonnette; mais, comme leur diamètre est moins grand que celui des premiers bourlets de la pièce suivante, chaque pièce joue librement aiitolir de celle qu’elle enveloppe, et quf la éetieot. Aucune pièce, excepté' la plus voisine du corps , ij’est liée avec la peau de l’animal, ne tient au corps du serpent par aucun muscle', par aucun nerf, par aucun vaisseau (i), nè peut recevoir par conséquent ni accroissement, ni nourriture, et n’est qu’une enveloppe extérieure qui se remué lorsque l’animal

.agite l’extrémitt^dc Sa queue, mais qui se ment uniquement ," comme se mouvrait tout corps

(l) On a écçit le contraire ( voyez Séba); tome nous noos nom rues assurés de b conformation que nous décrivons ici.

l)ft S SERPENTS.^ 4^1

étranger qu’on aurait attaché à la queue du serpent (i).’

Cette conformation de la soijuctte semble trèsextraordinaire- au premier coup-d’oeil ; cependant elle cessera de le paraître , si Ton veut en déduire avec nous la manière dont la sonnette a dû. être produite-. . ,

Les tlifférentes pièces qui la composent, n’ont été formées que successivement; lorsque chacune de çes pièces a pris son accroissement, elle tenait à-la peau de la queue; elle ù’aurait pas pu recevoir sans cela la matière nécessaire à son développement, et d’ailleurs, on voif souvent, sur les bords .des pièces qui ne tiennent pas immédiatement.au corps tlu serpent, «les restes de la peau de la queue, à laquelle elles 'étaient attachées.

. Quand une pièce est formée, il se produit audessous mu; nouvelle pièce entièrement semblable à l’ancienne v et qui t«?nd à la détacher de l’extrémité de la queue. L’ancienne pièce ne se sépare pas cependant toyt-à-fait du corps du serpent; elle est seulement repoussé*. ep arrière; elle laisse entre son bord et la peau de la qu«?ne , un

( V )Jüxsaiv>ette du boiquir» est placée de manière que ses côtés les plus larges sODtdléVti*. verticalement lorsque lè serpent est sur sou ventre'; elle ne touche pas iftralédjatenieiit anx grandes plaques qof garnissent le dessous de la queue , mais entre ces grandes plaques et le hord de ht première pièee , on voit une rangée de petites écailles semblables à celles du do*. La sonnette de l'Individu conservé Au Cabinet du “Roi , » neuf

* Si . , ,

lignes de hauteur, urt pqticé ucbf lignes tlè louguetir, et est composée de six ptèees. .* J’

4<3a HISTOIRE NATURELLE

intervalle occupé par le premier botirlet «le la nouvelle pièce; mais elle enveloppe toujours le second et le troisième, bourlet de cette nouvelle pièce, et elle joue librement autour de ces bourlets qui la retiennent.-

lorsqu'il se forme une troisiènte pièce, elle se

produit au-dessous de la seconde, «le la même

manière que la seconde au-dessous de la première ;

elle détache également de l’extrémité de la queue

la seconde pièce quelle fart reculer, mais quelle

retient par ses bourlets. •

Si les dernières vertabresde la queue n’ont pas

grossi pendant que la sonnette s’est formée, chaque pièce qui s’est moulée sur ces vertèbres, a le même diamètre, et la sonnette paraît d’une égale largeur jusqu’à la pièce qui la termine; si, au contraire, les vertèbres ont pris de l’accroissement pendant la formation dè la sonnette, les bourlets de la nolivelle pièce sont plus grands que ceux de la pièce plus ancienne, et lè diamètre- de la sonnette diminue vers la pointé. Dans les divers serpents à sonnette qui sont conservés au Cabinet du Roi, la sonnette est d’tm égal diamètre vers sa pointe et à son origine; mais, «lans plusieurs sonnettes détachées- du corps du serpent, et qui font aussi partie de la collectiou dé Sa Majesté, nous avons vu les pièces diminuer de grandeur vers l’extrémité de la sonnette.

Il est évident, d’après ce que nous vfnous,d.e dire, qu’il ne peut se former qu'une pièce à eha-

DES SKItPENTS.

que mue particulière que le serpent éprouve vers l’extrémité de sa queue. Len ombre des pièces est donc égal à celui de ces mues particulières ; mais comme l’on ignore si la mue particulière arrive dans le même temps que la mue générale du corps et de la qtieue, si elle a lieu une fois ou plusieurs fois par an, Ig nombre des pièces, non seulement ne prouve rien pour la ressemblance ou la différence des espèces, mais ne peut rien indiquer relativement à l’âge du serpent, ainsi qu'on l’a. écrit (i). Une nourriture plus abondante, et une température plus ou moins chaude, peuvent d'ailleurs augmenter ou diminuer; le nombre des mités dans la même année; et voilà pourquoi, dans certains individus ,. la sonnette est partout d’un égal diamètre, pafte que, pendant Je temps de sa production , lestlerfiiçres vertèbres n’ont pas grossi d’uné manière seusiblé, tandis que , dau's d’autres individus, les mues ont été assez éloignées pour que les vertèbres aient 'eu le. temps de croître entre la formation d’une piècèet celle d’une autre.

Il pourrait donc se faire que |a sonnette d’un individu qui, dans différentes années, aurait éprouvé îles accidents très-différents , fut d’un égal dia- Uiètre d<ms quelques-ames de ses portions,' allât eu diminuant dans d’autres. D'un autre côté , on verrait de vieux’ serpents avoir des son-

(i) Vo ytxt, Séha , l'Histoire natorrlle <le.rOreno.juc, traduct. franc. , Lyon, 1758, ton». III’, pag. 76, et Rai , Synopsis ijuadnjpedam et Serpent hii géneris , p. 2#t.

4<>4 IIISTIMHK MAT U K ELLE

nettes «l’une longueur prodigieuse « et presque égales à la longueur «lu corps (h), si les pièces qui les composent ne se desséchaient pas promptement; mais, comme elles me tirent aucimemoiirriture de l'animal, et ne sont abreuvées par aiicuu suc, elles «leviennent très-fragiles , se brisent et se séparent souvent par l’effet d’un frottement a,ssez |>eii considérable. Voilà pourquoi le nombre des pièces iiin«lique jamais le nombre de tontes les mues particulières que l’animal peut avoir éprouvé.es à l'extrémité de sa queue. Si même , dans la mue générale «les serpentsà sonnette, qui doittf’opérer dç Ja même manière que celle «les couleuvres* ét;péndant laquelle la vieille peau de Tauimal doit sé retourner en entier Comme un gant , et ainsi que nous l’avons vti (a); si , dans cette mue générale, le dépouillement •s’étend jusqu'aux dernières vertèbres de la queue et emporte la première pièce de la sonnette, toutes les" autres pièces doivent être aéec elle séparées du corps du reptile; et dès-lors les sonnettes ne-se- . s 1 : : . . :

A • On prétend que les anneaux qui se trouvent à la 'sonnette' In

• éiquflH, par leur nombre, celui des années du serpent. Les plus jeunes n’ont ordinairement «ju'un seul anneau; c<-ux que l'on tue ruainUii.ini

• dansées rolonies anglaises eu ont depuis un jusqu'à douze. .Quelques •* personnes âgées disent <fn a.voir su qtoi avaient depuis vingt jusqu* - trente anneau» , et qu’on eira-tné autrefois qui ih avaient qûaraqt£-<m

• et, plus. La destruc rfou -que l’on. eu fait, les empêche de vieillir..- kaliu.

M«u. de lAcad. de .Sloclcholty. Coll.. Acad, part/ étrangère, toni. XI , pag..pi. • ; •• . • • »

(a) Article de la Couleuvre d'Rsrulapc. , • •

DCS SKRPEATS. 4^5

raient jamais composées que de pièces toutes produites dans l’intervalle d’une mue générale à la mue générale suivante.

Toutes les parties des sonnettes étant trèssèches, posées les unes au-dessus des autres, ét ayant assez de jeu pour- se frotter mutuellement lorsqu’elles sont secouées, il n’est pas surprenant qu’elles produisent un bruit .assez, sensible; nous avons éprouvé, avec plusieurs, sonnettes à-peuprès de la grandeur de celle dont nous venons île rapporter lés dimensions, que ce .bruit qui ressemble à celui du parchemin qu’on froisse, petit être entendu à plus dé soixante pieds de distance.

Il serait bien à désirer qu’on pût l’entendre de plus loin encore^ afin que l'approche du boiquira, étant moins imprévue, fût aussi moins dangereuse. Ce serpent est, en effet, d’autant plus à craindre, que ses mouvements sont souvent très-rapides.. En un clin-d’œil, il se replie en cerclé, -s’appuie sur sa queue; se précipite comme un ressort qui se débande, tombe sur sa proie, Ja blesse et se retire pour échapper à la vengeance de son ennemi; aussi les Mexicains le désignent-ils par 'le nom d’ Ecacoatl x qui signifie le vent.

Ce funeste reptile habite presque toutes les» contrées du. Nouveau-Monde, depuis la terre de Magellan jusqu’au tac Champlain, vers le quarante-cinquième degré de latitude septentrionale.

11 régnait , pour ainsi dire, au milieu de ces vastes contrées , où presque aucun animal n’osait en faire

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