‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 165 sur 180 · PONT I.E CORPS RT LA QU MJ K SONT ENTOURÉS DANNKAUX · texte numérisé non relu

PONT I.E CORPS RT LA QU MJ K SONT ENTOURÉS DANNKAUX

, . • ÉCAII.LRÙX. . •' *

AMPIIISBÈNES

i;enfumé.(0

AnipHisbcena fuliginasa , Linn., Gmcl., Latr., Daud. , Murr. ; A. vufghris, A. varia, A. magnifiai et A.fiava, Laur., Ginet.

Il est très-facile (le distinguer les amphisbènes

(l) Ibijara, pâr les Brasi liens.

Bodty. • %

Cf g a , Cobrt frega% et Cobra de las Cnbeeas , par les Portugais. L'Enfumé. M* Daubenton, Encyclopédie méthodique.

AmpUisbcrna fuliginota. Linn., amphib. Serpent.

Gronov. moi. a , pag. i , Amphisbotna.

Haï, quadrup. a8t).

Traigohanr. M. Val mont de Kotnarr.

Sé^a , mas. I , tab. 88 , iig. 3 ; mas. a f tab. i , fig. 7ç i*b. 18, fig. a; ub. aa ,% 3 tab. 73 , fig. 4 » et tab. ioo, fig. 3.

Amphubœna yulgaris ,.i ty. Amphubtrna Varia , no. Amphitbtrna magnlfica, tai. Amphtsbfona flavà , iai. I^uirCnti Sprcimen medicum.

gj|ft '

■ f, Digtti.

. DES ,5-ERPr.NTS. 5 1 I

dp tous les serpents dont nous avons déjà parlé. Non seulement ils n’ont point de plaques sOus le corps, ni sous la queue; majs les écailles qui les . revêtent sout presque carrées, plus ou moins régulières, dispqsées transversalement et réunies rime à côté de l’autre de manière à former des anneaux entiers, qui environnent l’animal. "Le dessus et le dessous du corps et de la queue se ressemblent si font daus les amphisbénes, que, lorsque leur tète et leur anus sont cachés, l’on ne peut savoir s’ils sont dans leur position naturelle ou renversés sur le dos. On pourrait même dire que sans la position de leur tête, et celle de leur colonye vertébrale plus voisine du dessus que du dessous du corps, ils trouveraient un point d’appui aussi avantageux dans la portion supérieure de ces anneaux, que dans l’inférieure, et qu’ils pourraient également s’avancer eii rampant sur leur dos et sur leur, ventre. Mais s’ils sont privés de cette double manière de marcher, par la situation de leur tète, et par celle de leur colonne vertébrale, cette forme d’anneaux également construits au-dessus et au-dessous de leur corps, leur donne une grande facilité pour se retourner, se replier en différents sens comme les verset exécuter divers mouvements interdits aux autres sèrpents. Trouvant d’ailleurs dans ces anneaux, la même résistance, soit qu’ils avancent, ou qu'ils reculent, ils peuvent ramper presque avec une égalé vitesse en avant et en arriéré; et de-Jà vient

le nom de Double-Marcheurs ou dT Amphisbine, > qui leur a été donné. Ayant la qfteûe très-grosse • et terminée par Un bout arrondi , portaut souvent en arrière cette extrémité grosse et obtuse, et lui faisant faire des mouvements que la tète seule exécute' communément dans, beaucoup d’autres reptiles, il n’est pas surprenant que leur manière de se mouvoir ait donné lieu à Urne erreur semblable à celle que les anguis ont fait naître. On a cru qu’ils avaient deux' tètes non pas placées à côté l’une de l’autre, comme dans certains serpents monstrueux , mais la première à une extrémité du corps , et la seconde à l’autre. On ne s’est pas même contenté d’admettre cette conformation extraordinaire; on a iihaginé des fables absurdçs que nous n’avons pas besoin de réfuter. On a cru èt écrit très-sérieusement que' lorsqu’on coupe un amphisbèue en deux par le milieu du corps, les deux tète$ s'e cherchent mutuellement; que lorsqu’elles se sont rencontrées, elles se rejoignent par les extrémités qui ont été coupées, le sang servant de glu pour les réunir; que si ou les coupe en trois morceaux, chaque tète cherche le côté qui lui appartient, 'et que lorsqu’elle s’y est attachée, le .serpent se trouve dans le même état qu’avant d’avoir été divisé; que le moyen de tuer un amphisbene, est de couper les deux têtes avec une. petite partie du corps, et de les suspendre à un arbre avec un cordeau; que même cette manière n’est pas très-sûre; que lorsque les oi-

seaux de proie ne les mangent point, et .que le cordeau se pourrit, l’ampbisbèiie, desséché par f le soleil , tombe à terre , et qu’à là première plurM qui survient, il renaît par }e secours fie l'humidité qui le pénètre; que, par une suite de’ cette propriété^ ce serpent rédtiit en poudre est le meilleur spécifique pour réunir et souder lusses cassés (( j, etc. Combien d’idées ridicules |exléfaitt fie lumières et le besuiti du merveilleux u’ont-ils pas' fait adopter!

L’espèce de’ ces ampliisbéues la plus ancienne* mènt eonnuè, est celle de . l’enfumé. le norn -de ce serpent fnf vient de sa couleur qui est eh effet ■ très-foncée , 'prèsqtte noire, et variée de bhfnc. Il parvient communément à la longueur d’urf pied ou dnux, mais sa queue tt’exeède presque jamais celle dè douze ou quinze lignes (a). Ses yeuifaont rton seulement très* petits, mais encore fecoti verts, et comme voilés par une: membrane ; f?est cette conformation singulière qui à fait donner, airfti qu’aux anguis, le nopi de .. Serpent aveugle, fit qui établit un nouveau rapport erttre ce reptile et les murènes , les congre? , et les anguilles qui- d’ailleurs ressemblent à beaucoup d’égards aux serpents, et que l’on a quelquefois même appelés Serpents feau. ’ ~

(i) Voye* l’ Histoire naturelle de ^’Orenotjur > jfaduclion française., Lyon, 1^58 , toip. III , p. 86. • .. ^

•(*] Qp cutuptc ordinairement .deu* cents anneaox^iur le^cbrps de l'enfumé \ et trente shr aa queue. * • * • • .*

Lacéfèdk. Tome IV. . 33 * *

5l4 HISTOIRE XATl'HFLtK

I.’ enfumé habite les Indes orientales, particuliérement l’ile de Ceylnn. On le rencontre aussi en Amérique; on ignore une, grande partie de ses habitudes, mais Ton sait qu’il se Nourrit de vers <k‘ terre , de mollasses, de divers insectes, de cloportes, de scolopendres etc. Il fait aussi la guerre aux fourmis dont il «parait qu’il aime -beaucoup à se noiUTir; biejt loin de chercher à détruire ou diminuer son espèce, on devrait donc tâcher de In multiplier daus les contrées torrides si souvent dévastées par des légions innombrables de fourmisÇ'qui s’avançant en colonnes pressées, et couvrait Un grand espace, laissent partout des traces funestes que fou prendrait pour celles delà llauime dévorante. F, 'enfumé fait aibément sa -proie -de ces fourmis ainsi que des vprs, des larves d’insettes,, et de tous les petits auimaux qui, 9e cachèrit sous terre, la faculté qu'il a de r.eculer on d’avancer sans sé blesser lui donnant, ainsi que sa conformation générale,» une- très-grande facilité pour pénétrer dans les retraites souterraines des vers, des foHrmis, et des insectes. Il peut d'ailleurs fouiller la terre plus..profondément que plusieurs autres serpents, sa peau étant très-dure, et ses muscles très-vigoureux. Quelques voyageurs oui écrit qu’il était venimeux; nous avons trouvé cependant que 9es mâchoires n’étaient gaitiies (Tannin crochet' mobile. On voit au-dessus de son anus huit petits tubercutes percés à leur extré- . ainilé,' et qrii-communiquent ayec autant dé. petites

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