‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 173 sur 180 · SUR UN GENRE DE SERPENT · texte numérisé non relu

SUR UN GENRE DE SERPENT

QUI I»’* P*5 EirCOBE ÉTÉ DÉCRIT»

LmvNéii avait cru pouvoir inscrire tlaus six genres tous les serpents connus de Son temps. Il avait donné à ces familles les noms de Couleuvre, de

(\y Ce mémoire est extrait de» Annales du Muséum f 180Î juge afto.

Boa, de Crotale, A'Jnguis, <X Amphisbèae et de Cècilie. Il avait compris dans le premier genre les serpents qui oi)t une rangée de grandes laines écailleuses au-dessous du corps, et deux rangées de petites lamés au-dessous de la queue ; dans le second, ceux de ces reptiles qui présentent un rang de grandes lames au-dessous de la qùeuë, aussi bien qu’au -dessous du corps; dans le troisième , ceux dont la queue est terminée par de grandes écaijlçs d’une forme particulière, qui rend ces pièces susceptibles de’ s’emboîter les unes dans les autres; dans le quatrième, les sprpènts dont le dessous du corps et le dessous de la queue offrent de petites écailles conformées et dispôsées comme celles’ dû dos; dans le cin-

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quiéme, ceux dont le corps et la queue sont renfermés dans une suite d’auneaux écailleux; et enfin dans le sixième, les serpents qui.,1 revêtus d’une peau visqueuse, montrent sur chacun de leurs côtés une série de. plis membraneux.

Lorsque je publiai , en i 78g, l’histoire naturelle des Serpents, je crus, devoir ajouter deux genres aux six que Lirmée avait établis; j’inscrivis à la suite de ces derniers les serpents qui, comme le reptile décrit à Madagascar par Bruguière, ont le dessous de la partie antérieure «lu Corps revêtu de grandes lames, la partie postérieure dn. corps entourée «l’anneaux, et l’extrémité de la queue garnie de petites éçaiiles sur toute sa. surface; je' conservai à ces serpents le nom de Langaha, que leur donnent les Madégasses; et j’adoptai pour huitième genre celui que, Tlornstedt avait fait connaître, qu’il avait appelé Acrochofde, et dont' tous lés individus ont le corps et la queue parsemés de petits tubercules.

Je prépose aujourd'hui aux naturalistes un nouveau genre de serpént?. Il .est en effet impossible de. comprendre datis un des genres' déjà adtnis par les méthodistes une espèce de ces reptiles qui est encore üitonnue , et . (loiit je vais exposer les .principaux caractères. Les individus qu elle renferme ont une seule rangée de plaqués au-desSous du corps, de même que les couleuvre, les boa et les crotales. Mais au lieu de présenter au-dessous de Ih queue une seule rangée

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de lames écailleuses, comme les crotales et les bo», ou deux rangs de petites lames, comme les couleuvres, ils ont la portion inférieure de la queue couverte, de même que dans les anguis, de petites écailles arrangées et figurées comme celles du dos. Ils offrent une véritable queue d’angtiis au bout d’un corps de couleuvre, de boa ou de crotale : ils montrent par conséquent une combinaison de téguments écailleux, que l’on n’avait pas encore observée. Nous donnerons à ce genre le nom d 'Krpeton, qui, de toute» les dénominations employées par les anciens, pour désigner des serpents ou des reptiles, est la seule que les modernes n’aient pas encore appliquée à un genre. '

Mais l’espèce dont la conformation nous a paru rendre nécessaire l’établissement d’un genre nouveau dans la classe des serpents, n’est pas seulement remarquable par. les caractères génériques que nous venons d'indiquer; elle l’est encore par la forme de son crâne , et par<celle de quelques autres de ses parties. Le dessus de sa tête est couvert, comme le cçâne des couleuvres non venimeuses, de neuf lame> écailleuses, plus grandes que les écailles du dos; mais ces neuf lames ont une disposition particulière. Elles sont placées Sur cinq, rangs transversaux ; le premier ou le plus éloigné du musearu-eif comprend deux; le sççond n’en montre qu’une; le troisième, lé quatrième et le cinquième, en offreut deux plus

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petites que les trois autres; et L’on distingue les orifices des narines dans les deux lames de la dernière rangée, l^es deux os qui composent chaque mâchoire sont très-écartés l’un de l’autre, comme dans les couleuvres-vipères et venimeuses; et cependant l’intérieur de la bouche riè recèle aucun crochet mobile et à venin; les dents sont très -petites et arrangées comme celles des couleuvres les moins malfaisantes. De plus., on voit à la mâchoire supérieure et à l’extrémité du museau, deux appendices charnus, deux sortes de tentacules dont on u’a encore vu d’analogues sur le: museau d’aucun serpent, excepté sur celui des cécilies. Ces tentacules., bien différents de la petite pyramide écailleuse oui s’élève sur chacun des yeux du cérasto (j y, et de l’excroissance dure et unique qui arme le bout chi museau de l’ammodyte,' sont très-flexibles, prolongés horizontalement en avant, assez longs, et recouverts d’écailles très-petites, mais placées les unes au-dessus des autres, et semblables par leur figure aux écailles dorsales. La présence de ces tentacules m’a déterminé à donner le nom spécifique de - tentaculé a l'éperton que j’ai examiné.. „ ■

Toutes les écailles qui recouvrent ce serpent sont d’ailleurs relevées par une arête -longitudinale. Les lames qui garnissent le dessous du corps, et

(l) Vôyfeï U description que j’ai donner de ce* sortes de petites cornes à l'article du C4nute , pigriSÏ. 'f •

y forment comme une bande longue et étroite , sont biefi- moins lisses encore. Elles présentent chacune deux arêtes longitudinales; et c’est un trait que je n’avais encore vu dans aucune espèce de serpent. Ces lames ou pjaques sont hexagones et inégales en grandeur. Elles souft -doutant plus petites T qu’elles sont éloignées vers -la tète,ou^ers l’anus, du milieu ou à-pert-près , de la longueur du corps proprement dit; et il faut faire rerharquer que la rangée de ces lamés hexagones, dou-' blemept relevées par une arête, et $}tnêes -audessus du corps, ne commence qu’à, une distance de la gorges, plus grande que la longueur de la tète. • f "

$ien loin d’avoir une queue très^courte comme les cécilies, les ecpétons tentaculés eh ont tune dout la- longueur, ést à-peu-près égalq au tiers de la longueur du corps proprement, dit.

Nous Ignorons quel, est le pays, habité par ces serpents. L’individu très-bien Conservé qiiè nous avons décrit, et qui avait plus duti demi-mètrede longueur, fait partie de la belle collection donnée par la Hollande à la France, et déposée maintenant dans le Muséum national d’histoire naturelle. Nous avons compté, sur la partie inférieure du corps de cet. individu, cent vingt lames ou plaques; et le dessous de la queue nous a présenté quatre-vingt-dix-ùeuf rangées transversales d écaillés semblables à celles du dos.

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