‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 52 sur 180 · LA VIPÈRE COMMUNE · texte numérisé non relu

LA VIPÈRE COMMUNE

Pelias Brrui, Merr. ; Col. Benes, vsr. a, Linn., ^ur., Lacrp., Stan-j Ciprra vuîgans , Latr. ; Vipera Bcriis, Dautj., Fit»; . Bip. Chanta , Sturm. , ' ■ .’>

L’orïjre des Serpents paraît être un de ceux qui

(t) Er grec , Bjiç , le mâle , T./pSra , la femelle.

'Viper or addery en anglais.

La vif in, M. d'Aobmion, Bât. netur. des Serpents, Encyclopédie méthodique. , . * • ' .

• Colub. Bénis , Linqens , System» nafataP , srophibU Serpentes.

Coluber Bénit.'— Pipera Freinait ci Rcdi. — f'ipcra irtbui , ehareu. — Laurent! Spécimen Modicum. Vienne , 178R, fol. 97 «I s«q.

Pipera , Ray, Synopsie QaadnJpedom et Setpentml generls. Londr»

Pipera, Oeaoer. tle Serpentom natnra , fol. 71.

ia6 ' HISTdlRE NATURELLE ‘ ' •. *

renferment le plus de ces espèces funestes dont les sucs empoisonnés donnent la mort lorsqu’ils se mêlent avec le sang. Il ne faut pas croire cependant que le plus grand nombre de ces reptiles soient venimeux; l’on doit présumer que, tout au plus, le tiers des diverses espèces de serpents renferme un poison très-actif. Ce sont ces espèces redoutables qti’il importe le plus de connaître, pour les éviter; aussi conimencerons-noiis, en „ traitant de chaque genre de serpents, par donner l’histoire de ceux qui, pour ainsi dire, recèlent la mort, et dont l’approche eSt d’autant plus dange-

. . , -•'Tw*

OoL Qerus , Walf,,Ichthyologia' com amphihijs regni Boruuici.

friper or adder , ESsay Touwards.Ji natural History of Serpent* by Charles < hv en. Ixmdou r , p. 5 i,pl.

Piper t Zoologie Britannique f vol. 3 , p. a5 , pl. 4, n° ia.

Fripera angliçu, /msea dorso tincd undatâ nigricante cotftpicnn . Petiv. ma», fol. i y, ^6 io3; - • %

Pipère , M. Val naont dfc Bornage. . . * .

Pipera vera- Indice prient'ahs. Seba , musc. a, tabula 8 , Yig. 4.*

Nous proyon v devoir prévenir ici , relativement à la nomenclature de»* diverses espèces dr serpents dont nom allons traiter, que plusieurs noms dont les modernes te servent pour les, designer, opt été également employés par les ancietM v. tels sont les nom» dç benis , prester , aspic , boa ; padera . creci/û 7, aiHjùris trucalis , dipsas t driynus , rlops , elaps ; molur u i , sckyiabr , etc. A|aîs Us ancien» ont si peu caractérisé les di& férentes especes auxquelles iltf ont attribué ces noms , qu'il est presque impossible de lea 1 ( connaître , tout ce que j’pi cru découvrir j en général par une compara bon attentive des expressions des anciens, avec lea descriptions des serpents qui ont été bien ojiservés, c’est que Lea anciens «‘ont pas toujours appliqué ce* noms à des espèces distinctes, et qu'ils les ont souvent employés pour de simples variétés d'àgc ou de sexe, appartenantes è des espèces communes en Europe, ej particulièrement en Grèce.

DES SE R P E If T S.

reuse, que leurs armés empoisonnées, presque toujours enveloppées, dans une sorte de fourreau qui les dérobe aux regards, «ne peuvent faire naître aucune méfiance, ni. inspirer aucune, pré-

caution.

Parmi ces espèces , dont le venin est plus ou moins funeste , une des plus anciennement et dés mieux connues,: est la vipère commune Elle estj en effet, très-multipliée en Europe ; ellq- habite autour de nous, elle infeste nos bois, et souvent nos demeures; aussi a-t-elle inspiré, depuis longtemps., une grande crainte; et cependant avec quelle; attention n’a-t-elle-pas été observée? Objet d’importantes recherches et de travaux multipliés dhm grand nombre de savants, combien de fois n’a-t-ellc pas été 'décrite, disséquée et soumise à diverses épreuves? Nous avons donc cru devoit commencer l'histoire de tous. les serpents paf celle, de la vipère commune; sa conformation, tant intérieure qu’extéfieure , .ses propriétés , ses habitudes naturelles ayant été très- étudiées, et pouvant par conséquent être présentées avec clarté , répandront une grande lumière, sur toua-lcÿ objets que nous, leur comparerons, et dont éwqicmrra connaître plusieurs parties, encore -voilées 'pour nous, par cela seul, qti’on vecra un grauil ndmhre. de leürs rapports avec un premier objet bien connu et vivement éclairé. . ’ ' • - • •

La vipère commune est aussi petite, aussi' faible, aussi innocente, en apparence , que son venin

ia8 H I STO IBE N A TU 11 ELLE « •

est dangereux. Paraissant avoir reçu la plus petite part des propriétés brillautes que nous avons .reconnues en général dans l’ordre des serpents, n’ayant ni couleurs agréables, ni proportions trèsdéliées, ni mouvements agiles, elle serait presque ignorée, sans le poison funeste qu’elle distille.

Sa longueur totale est communément de deux ■ pieds •; celle > de la queue , de trois ou quatre pouces, et ordinairement cette partie du corps est plus longue et plus grosse dans le mâle que dans la. femelle; sa couleur est d’un gris cendré, et le long de son dos, depuis la tète jusqu'à l’extrémité de la queue, s’étend une sorte de chaîne' composée de taches noirâtres de forme irrégulière, et qui, en se réuuissant en plusieurs endroits les unes anx autres, représentent fort bien une bande dentelée et sinuée en zig-zag. On voit aussi, de chaque côté du corps, une rangée de petites taches noirâtres , dont chacune correspond -à l’angle rentrant de la bande en aig-zag. .

Tputes les écâilles dü dessus du corps sont relevées au' milieu par une petite arête, excepté là dernière rangéé de chaque côté, où les écailles sont Unies et un peu plus grandes que les autres.' . Le de&sous dü corps est garni de grandes plaques couleilr d’acier et d’une teinte plus ou moins foncée, ainsi que les dèux rangs de petites plaques qui sont au-dessous de la qu'eue (i). '• •

(ij N cm* avons compte sur le plu* grand nombre 'd'individus que

DES SERPtNTi. I i(J

Quelquefois, dans lu vipère commune , de même que- dans un très-grand nombre d'autres espèces de serpents, les grandes pièces qui recouvrent le ve ntre et le dessous de la queue sont, ainsi que les autres écailles, plus pâles ou plus blanches dans la partie qui est cachée par la plaque ou l’écaille voisine, que <lans la partiedéçouverte , et le défaut de lumière parait nuire àr la vivacité des côuleurs sur les écailles des serpents , comme sur les pétales des (leurs; mais on ne remarque communément cette nuance plus faible, de la partie cachée, que stlr les serpents en vie ou sur Cèux qui ont été desséchés. Il arrive le’ plus son veut, au contraire , que sur lés serpents conservés dans l’esprit-de-vin, la partie des- grandes plaques ou des autres écailles qui est toujours découvérlé', est d’une nuance plus blanchâtre, comme plus exposée à l’action deM’esprit ardent qui altère 1 toutes les couleurs

Le dessus du museaq et l’eutre-deUx dès yeux sont noirâtres; çt sur lé sommet de la tète, deux taches allongées, placées obliquement, se réunissent par un bout et squS un- angle aigti.

La tète va en diminuant de largeur du côté du

nous avons examiné», 146 grande» plaques et 39 rangées de petites.

•• Depuis le commencement du cou jusqu'au commençaient de le ». queue, il y a autant de grandes écailles qu il \ a-de f eUebrcs , et coiAim « chaque vertèbre a de chaque côte une cAte, çbaqoe écaillé rencontre - par ies deux bouts La pdinta de' toutes les deux, et leur sert cjnutie de » défense et de spulieti. » Mémoires pour, servir à -l'histoire naturelle des animaux. Description anatomique de la vipèrç, toute 3, page 608.

Isci-rÈoi. Tmuc IV.

l3o llfSTOIRK NAT lin ELI. F. '

museau, où elle se termine en s’arrondissant ; et les bords des mâchoires sont revêtus d’écaillés plus grandes que celles du. dos, tachetées de blanchâtre et de noirâtre, et formant un rebord assez saillant (i). • ", • •" ' ' . , '

’(l) Nnu« avons cru qu'on veréaii avec d'autant plus de plaisir ici une

courte exposition des principales parties intérieures de la vipère, que sa conformation interne est très-sembUiblc à çelle du plus grand nombre de serpents dont nous traiterons dans cet ouvrage, et qui , par là, seront connus à L’intérieur aussi bien qu'à l'extérieur. Nous n'avons pu mieux’ faire que de rapporter les propres paroles de M. Cbaras , qui a disséqué avec soin la vipère commune , et dont nous avons vérifié les observa-, lions que l'on trouvera. ici. •• Le museau est composé d'un os en partie « cartilagineux , garni 'aux environs de quelques bouts de muscles qoi « viennent de plus loin, .qui sont aussi accompagnés de quelques petites « seines et de quelques petites artère». Cet os est encore couvert d« Ja ■ peau écailleuse , retroussée , connue nous l'avons dit , daus ses extrémités.

•• Il y a deux çoudiilts dans ses deux côtés qui forment les narines, lcs- « quelles ont chacune une ouverture petite et ronde , à droite et à gauche « ■sur le devant , et leur nerf propre , qui vient depuis la partie aulcricuro « du cerveau jusqn'à lenr orifice , et qui leur Communique l'odorat . .

« Cet os cartilagineux a tout* autour divers angles, et est articulé par «de forts ligaments au-dedans et autour de la partie creuse et antérieure « du crâne ; oe <jui h’empéclie pie qu'il ne soit tin peu ficxible dans ceâte «articulation.

« Le crâne se prouve creusé dans sa partie aiitérieure, et représente « une forme de co*ur lorsqu'on en sépare l'os du tnuseau. Il a Ueux « pointes avancées qui embrassent en partie. -cet os-là ; il est entouré, en • Sa partie supérieure, d’un petit bord avancé en Forme de corniche ; il « eut échancré aux deux côtéx,où sont Situés Je* yeux, et y forme. leurs « orbites, dont la partie postérieure est «tendue en pointe qui répond à « celle de devant. Tout le crâne , ep tontes ses parties , est donc subsUfticem fur t compacte et Tort dore) il y a trois sntores princi p.». dans sa partir « soprriedrr ; l'une qu'on peut nommer sagittale, qui divise de long en « long la partie du dessus des deux yeux; l'autre , qui se peut nommer « coronale,. qui divise le crâne çn travers derrière lus deux orbites; èt la

DES SEHPEITTS. I 3 I

Le nombre des dénis Varie suivant les individus;

« irutaicmr , qui le sépare aurore rn lra»rw prêt du commencement de «. l'opine. Dana la superficie de la partie supérieure du crâne . un remarque « b forme d'ûn cctfor bien représenté, situe dans son milieu, qui a sa

- base près de la suture ‘que j'ai nommer coronale, et qui porte sa pointe

■ vers la partie postérieure du crâne, qui est séparée pnjj la troisiènrif « suture. Il y a aussi une autre grande sut un* tout autour des parties « latérales inférieures du crâne, par laquelle il se peut diviser en deux « corps , l'un supérieur et l'autre, inférieur : ce drrnier rirt fait en forme

• de dos renversé, allant dè long en long, creusé ab^lrdan*,*^ rrpré-

• sentant la forme d’nn soc qui a comme des ailerons à ses cAfés,' et dont

• b jointe avance au-dessous de l'entré- deux des yeux; sa partir poste -

■ rien rc descend jusqu'au fond du palais, où eMra, dans son dessous. « une pointe descendant en forrUe de monticule renverse Toutes les sutures « dd crâne sont si bien unies dans leur jonefioq , et si fortement annexées.

• qi'il est fort difficile de les distinguer, et encore plus d’en séparer les « parties sans les casser, à moins que de faire bouillir le crâne dans quelque

• liqueUr. % * "t. , *

- La substance du cerveau de la vipère est divisé en cinq corps pnnli-

- paux , dont 1rs deux premiers sont ronds et longuets*, chacun de b » grandeur et de 1a forme d'un grain de semence de 'chicorée; ils sont « situés de long en lotïg entre les déux yeux , et c’est de ces crfrps que « partent les nerfs de l'odorat ; les trqls autres sont dans Ja partie moyenne

• du crâne, et au-dessous de cette forme de coeur dont nous avons parlé;

• chacun d«* ces corps approche de la grosseur d'un grain de semence de

- milium folis, ét représente « peu près la forme d’une poîfe, d6nt b

• pointe est tournée vers la partie antérieure de b tt|e. Deux de ces corps

• spnt situes dans b partie supérieure, d© long en long et à ©Até l’on de

- l’autre : le troisième , qui est tant soit pm pi»* petit » *»t *itué sous le

• milieu des deux*, et peut être nommé le cervebt bu'Ie petit cerveau.

• La morll* spinale semble étor un même corpa avec ce dernier, qhoi- « qn’elle ait sa place séparée dans’la -partie postérieure du crâne elle

• est d’une substance Un peu plus blanche et un'peu pltft. molle que les

• corps dont UOus venons de parler, et de la grosseur d’nrt petit grain.de

• froment ; elle produit un corps de b même substance , qui sït.nAr' « long, et passant en droite ligne au travers de toutes les vertèbres de

- l’épine du dos, vient aboutir à l'extrémité de b queue. Les corps du

- cerveau de b vipère sohl couverts d*iine (tonique IgM épaisse, et qui

i3a histoire naturelle

il est souvent «le vingt-lmil dans la mâchoire su-

« leur est assex adhérente, qu'on peut nommer dure-mère; elle est de

- couleur ooire , d\m il est arrivé .que quelques auteurs, qui n’avaient pas

• pria la peine de regarder sous 1a tunique , ont dit que U cerveau de ‘-la

• vipère était de coulrur noire. Suua cette dure-mère , chaque corps du

• cerveau , séparément , a encore une petite membrane qui l'enveloppe, -qu'on peut nommer pie-mère.' OiT remarque de petits intcrsticea^enlre

- oc» corps, et même dans le corps de I* moelle spinale, qui ponrralènt « passer pour des Veqtricidés ; et je. ne doute pa» que , si le sujpt était -un peu plus gros, on n'y pût remarquer la plupart des parties cDnsi-

- dersldrt qui^sc voient. dan» les auiiuaux plu» grands. /v. .

- A chaqucrôte supérieur- du uiHicti do ce coeur, que Ion voilau-drvrittft « dû crâne, il y a "un petit os plat qui â environ une ligue et dewp de

• long, qui lui est lortfiiirut articulé lequel , .suivant et adhérent au « même cAté du crâne jusqu'à m .partie postérieure, vicnf s'articuler -de « nouveau à pn autre os plat plds-long et plu» fort, et y forme comme « un coude : ce^ dentier 5» descend en hfcs et vient s'articuler .fortement

• an bout interne de la mâchoire inférieure, au milieu de laquelle arti-

- cul^tiou la mâchoire supérieure vient aboutir et a'y articula, tuais non « pas si fortement, parce qu'elle a d’autre» articuUtions dont l'inférieure « est dépourvue. Ce» os, qui sont comme des clavicules, servent et de

- soutien au* mâchoires, et à les ouvrir et resserrer, et ils y sont aides

- par la» arff» et par lormuarlrs dont la natyrr les a pourvus. >a/

- il y a aussi à chaque bout avancé de l'orbite, un prtit on plat, ayant « environ deux ligues et demie de long, qui est (ortcuienr^irticnlé c» COn-

!• jqiotemrnt avec la raciue de la dent' canine , lequel , par son autre boqtt, 1 est atissi fortement articulé au milieu. de la mâchoire supérieure , Un; « pour la soutenir que pour la- faire avancer ensemble ^>cc la grosse dent

- lorsqu'elle »e relève- pour mordre. La mâchoire supérieure est diviséç en

- deut sur le devant, et est séparée, pir l'os cartilagineux du museau #

• où séa -drus bouts sont articulés de çhaqué coté, fie» deux mâchoire»

- sont beaucoup plus internes que «elles de dessous , <* les grosse» dfnj*

• sont située* hors da leur rang çt à leur enté , en tendant en dehors, et

• leur servent comme de. défenses; elles sont composées chacune d’un «•Col os, qui a environ dix lignes dr long.

1 La mâchoire de dessous est a osai divisée, en deux : ers. mâchoires sont

Hü

lire* pardrv.nl l une à l'aulic, par an muaclc qui Ica ouvre ou. je. - rea— rrr au gré de l aniin.d . «I n'ont d'autre articulation <jnr jcclle que

périeure, ot de vingt- quatre clans l’inférieure;

• nous «von» dit de leur, bout inimic avec la clavicule qui descend do « crâne, et avec le bout interne de» mâchoires supérieures. Chacune de. ces f mâchoires est composée de deux os, ^rlicule* ensemble vers le milieu de « mâchoire; celui de devant embrasse dessus et dessous celui de der- «-rière,et se peut ployer eu dehors eu cet endroit lorsque la vipère veot « moçdrr , et il est tant soit peu recourbé en dedans vers son extrémité; « c'est sur cet os seul que les délits de dessous sont hchcef. , •

• -X.es nerfs principaux de la -tête de la vipère sont, en premier lieu, » ceux dont nous avofls parlé; savoir, ceux de l'odorat, ceux des Veux et

tde l'ouïe. H y a, outre ceux-là , ceux du goût , celui qu'on peut appeler la sixième paire errante, qui se distribue après dans toutes les parties • Vitales et naturelles , et ceux qui, sortant de la moelle spinale, stoit -■portés par toute l'habituclé du corps. U y a aussi plusieurs nerfti qui • parlent de la partie inférieure du cerveau, fct qui passent ait fraiera du « crâne; uùis à canfee ^de leur délicatesse, U est très-difficile de le» suivre -jusqu’à. leur insertion. • . f •*

•- Il 'y a encore, nn nerf considérable qui sbrf du crâne derrière celui de - Fouie, qui laisse dans l'entre-deux uuc petite apophyse au cràue, et • qui, descendant le long de la clavicule, fait sou cours sur la mâchoire •• inférieure, et s’insère dam» son milieu, puis II poursuit au-dedans jus- « qa'f sou extrémité, et se distribue dans tontes' les dents qui y sont - tâchées. \ . * • C ^ i •» -

« La tète a aussi ses veines et ses artères', qui., venant du foie et du « coeur, s’y distribuent en uue infinité de-rameaux, doobtoqm ses par- • tics sont arrosées. Elle est aussi garnie de plusieurs muscles aux cdtés ■ et au-dessous du -crâne, et aux environs des davicnlexét de* mâchoires - supérieures et inférieures', qui Hherit non seulement k remplir les creux « du crâuV et à couvrir les os tfui y sont articulé», mais â donner le « mouvement â toutes les parti&f qui c6 oui besoin ; à quoi aussi les •«. nerfs contribuent, de leur part. 7Jk> • t|f. * •

i» . Le grand nombre des os qui restent au corps de U vipère , apres m ceux de la tète , ne consiste qu'en vertèbres e» en cotes, lies Vertèbres • cotnmeneent à la partie postérieure du érane, à laquelle b première est « artiçulée ; les autre* sont arrangées de unité , follement articulées l’une - â l’autre,' et continuent jusqu'à l'extrémité de la queue. Chaque \ ipere , tant mâle que femelle, a cent quarante-cinq tertrbres depuis, la lin d«1» • té|e jusqu'aaéommencemrtit de la queue; et deux cent quatre-vingt-dix

mais toutes les vipères ont, de chaque cAté de la

« cours, qui es! le nombre double des verteb^es, à. chacune desquelles il

• y « deux côte» articulées, -une de chaque côté , qui sont ployer* et qui - embrassent les parties vitale» et les naturelles de U viperv, et doot chaque

* pointe vient se rendre à un des bouta de. la grande écaille de dessous le

• ventre-, qui est propre ^ Mules les deux; en aorte qu’il y a autant de

• grandes écailles sous le ventfe, depuis la lin de la tête jusqu’au coin-

• inrncenicnt de bi queue, qu'ij y a de vertèbres assorties de leurs (leux « -côtés. Outre Cela-, il y a vingt-cinq vertèbres depuis le haut de la queue « juaqn'à son extrémité , et ces vertèbres n’ont pins de côtes , mais elles « ont, en leur place, de petites apophyses qui diminuent eu grandeur,

• de même que les vertèbres , en tendant vers le bout de la quene;

N» Les vertèbres ont une apophyse épineuse en leur partie supérieure,

- «mi va de long eu long , et qni .1 près d’une ligne de haut ; elles en « ont au-dessous une autre pdintue , qui est cohfkéc vers le ©ôté •• de la queue , et qui est de -même hauteur que la supérieure : elles « ont aussi des apophyses Ira ns verset onx deux côtes, anxquelles les

- côtes sont articulées ; elles sput creuses dau» leur milieu , et reçoivent « le corps de la moelle qui |iart du derrière de la tête, qni fournit autant « de paires de nerfs qu’il y a de vertèbres, et qni continue jusqu’à

- JYxlrriuité dé la queue.

« U J « qnatre grands muscles bien forts et bien longs, qui prennent

- leur origine do derrière de la tète, et qu^ descendent deux de chaque côté des apophyses épineuses, l’un joignant lepine/rt l’autre eu côté

*^el un peu au-dessous du premier, qu’iraceoinpagne'dc long en long V jusqu'au bout de la qneue. Il y a aussi deux grands muscles de pmellle longueur qui sont attaché» à la partir inférieure des yertebres, et qni o. lés accumpagnont d’un bout à J’autre, de même que lés supérieurs.

• Noos rrmasquons aussi de chaque côté, autant de museies intercostaux . « qu'il y a de vertébrée, servant au nfrrae usage que ceux des autres

■ animaux, qui séparent les côtes depuis i* racine jttsqu’à leur pointe;

- tous ©en. muscles sont aussi accompagnés de tvoines et d'artères, de

« même que, le* plus grands. •

• « La I ra cii ée -artère est située au dessin et tout*" le Ipng de la langue,

• et lui sert comme de couverture par sa partie anterieure; elle a son •«Mtoiuiueuceinent à l'entrée, de la gueule, où elle présente ûn trou ovale « relevé eu haut , et ayant comme un petit bec en sa partie inférieure.

• Klle ra# composée, à l'entrée , de plusieurs anneaux cartilagineux joiots

UES SEHPEi»TsT mâchoire supérieure, nne 6u deux ,.et quelquefois

■ 1rs miis aux autres, qui continuent environ U longueur d'un bon pouoe , «•et qui se jettent daü» le côlédroù de la^vipère , où ils rencontrent le

• poumon t et depuis cet cndroit-li, ou ne voit pins que. les demi-an-

• Beaux renversés, lesquel» étant joints des deux côtés à des membranes r qui dépendent du poumon et qui lui sont annexées par-desAoua d'un

• bout k l’autre, étant aidéé du même pounion , servent a U respiration ,

• et continuent leur rang et leur connexion jusque vers U quatrième •> partie dn foie, qui lui est soumis, aussi-bien que le cœur. La traebée-

• altère a en tout huit ou neuf pouces de long, et a l'endrôit où ses

• demi-amicaux finissent < elle s'unit avec une membrane qui attire et

« reçoit Taie jusqu'au commencement des intestins, où ellé forme comme » un cul-de-sac eu rond. % ./ \ ' » ,

•• Le pouQiou étant joint à la traebèe-artete , jet faisant avec elle un

• même corps, est, par-conséquent, situe, comme elle,, au cité droit ;

■ .ils commencent lé où finissent les auneatxx entiers de la trachée-artère.

• Le pftumfcn est fait en forme de rets , il u’a atlcuns lobe» , il est d'une

- couleur rouge, fort claire et fort vive, d’unb substance assez mince , « assez transparente, et un peu rugueuse ; il est attaché par des raeiu-

- branes à la partie supérieure des anneaux imparfaits, il a sept ou^iuit

« pouces de long, et un petit travers de doigt d*. large; if «St tout semé « jle veines et d’artères. .

• Le cœur et le foie sont aussi situés au côté droit de la- vipère; et

- au-devant du ciBur if. y a, à environ le liera d'un travers de doigt, on « petit corps ebama et un peu plat, de la grosseur d'un petit pois, «pu

• -est rempli «l’eau; ce petit côrps est situé au-dessous du poumon, de

■ même que le cuuir et le fpie , et est suspendu par le» mêmes membranes

■ qui le» soutiennent ; on peut Je prendre pour nne espèce de sagoue ou

• de , et il peut avoir les uiémes usage*. .. . , •

• Le oœur est «tué environ quatre ou cinq pouces au-dessous dn coni-

■ mcnceutenl du pou mon ; ^ est de la grosseur d'une féverule ou d’one

• petite fève, U est loquet, charnu, et environné de Soq péricarde, qui

- est composé d-uac luuiquaas&ez épaisse ; il a deux, ventricules , l*nn du

■ côté droit, et Ijautrc du côté gauche ;pl a aussi deux x>uvertureal Xe

• Sang qui vient de la veine-cave entre dans le ventricule droit, et se je- •• tant dans le gauche, en sort pdr l'artère aorte, qui se divise d'abord

- en deux gros rameaux, dont Huu monte vers les parties supérieures,

- et l'autre, passant au-dessous de l'œsophage et prenaut son chemin en

.36 HrSTOUlE lf A'TÜ R ELLE

trois ou quatre dents longues d'environ trois

•rbiaU, se divise dam la suite en plusieurs rameaux, qui se répandent

- et sont portés à tontes les parties, jusqu’au Itout de la queue.

- /oie est un corps charnu , de couleur rouge-brun, situé demi- I* pouce an-dessons du ccrtir , e« soutenu des mêmes membranes ; sa lon-

- gucur et sa grosseur sont 'aises inégales \ mais les plus grands foies ont

- jusqu'à cinq et six ponces de long, et un demi-ponce de large. Le foie « est ehmposé de deux grands lobes, dont le droit descend un bon pouce •* pins bas que le gauche. Ces deux lobes sont arrosés de la veine-oave, « qui semble lés séparer de long en lopg en deux corps, et même elle 4e

• fait dans leur moitié inférieur*-, coulant dans leur entre-deux, et leur « servant 'pour les joindre en an même corps. La moitié supérieure du

- foie 'est continue , et ne se peut diviser sans la couper. Le ttonc'de la

• veine-cave se divise en deurf rameaux en sa partie supérieure, dont le

• principal et le plus gros aboutit au cceur, et l’autre paa«aaous le pon- « raOn.et delà aux partie* supérieures; la même veine- cave, daus sa partie

- Inférieure, ae divise an plusieurs rameaux qui descendent dans tout m «’les parties du dessous.

• • La Vrpêre és» dépourvue de diaphragme , n’y ayant aucune tunique

- transversale qui sépare les parties vitales d'avec les naturelles : on pour- ••êrait néanmoins dire que cptte tunique déliée qui dépend de la trachée*

« artère et du poumon, et qui descend ver» les intestins et y forur comme

- On cul de-sac, en fait en quelque aorte la fonction. - *

‘ • Eg vessie du fiel est située un travers de doigt au-dessous du foie, et

• 4 çdté du fond de l’estomac, et elle penche sur le talé gauche; elle est «'presque de la forme rt de la grosseur d’une petite fève couchée sur son « plat. Le fiel est d'une couleur fort verte, son goût est très-amer et très - « aère , m fcbosistance approche de celle d'un sirop peu cuit, Ja n’ai « trôifvé, dans la vessie du Hel < qu’tine issue par nu petit vYimcsO, qui, « sortant du èAt* interne de sa partie supérieure , est recourbé dès son « Origine , '« descendant êt adhérant, même dans son commencement , « à la partie interne de cette vessie, •«* divise après eiv deux i.urtéanx ,

dont le principal et Je plus droit , passanLpar ce corps qpe les ancierts

• an! pris pour la rata, se jette dans l’ilhestin qui le reçoit , et l'autrè *« moindre, en rebroussant chemin, semble remonter contre lé fdie; mais « ae divisant en plhsieura^fctits rameaux , on ne sanrait plus h* discerner

ni le suivre. O n'est pas en ce lieu que je ven* combattre le sentiment u des aucien» sur la qualité vénéneuse qn’ils ont attribuée au liel ; je

DF.S SKRP*NTsr l3^

lignes, blanches, -diaphanes , crochues et très-

• renvoie cria â un autre lieu, où je tâcherai de soutenir la qualité balsa-

• inique de ce suc , eu faisant voie qu«l «St exempt dè toute sorte de i venia. Le pancréas , que toos les auteurs ont nomme rate , «‘st situé

• près et tant soit peu au-dessous du Bel et au côté droit de U; vipère ; if

• est de la grosseur d'un bon poisse sdbstanee cbaroeuse en apparence, « mais en effet glanduleuse ; sa situation , qui est tout joignant le fond de «- l'estomac , et vers rentrée des intestins , considérée avec sa substance •- glanduleuse , me fait croire que c'est plutôt un pancréas qu'une rater; j’en

• laisse néanmoins la décision à ceux qui voudront prendre la peine -de

• l’examiner.

• • L’<r««>phagc prend* son commencement au fond du gosier, sa situa-

• tioo est au côté gauche , et sou obemiq est tout droit au eôté du pou-

- mon et du foie, jusqu’à son uniuu avec l'orifice de l'estoinoc. Elle est m composée d’une-seulé membrane, fort molle et fort aisée à s’étendre,

• el qui même péùr être enflée de la grosseur de' deux doigts ; ç’est «lie

- qui reçoit la première tons les animaux qne las vipère a Inès avec ses

• grosses dents et quelle a avalés tout entiers , étant propre à oela , tant

- par sa large capacité, que par sa longueur, qui est jftjp bon pied.

- « L'estomac qni la suit, est comme cotisa à son -fond , et semble ne

• faire qu'un même corps avec elle ; il est toutefois beaucoup pins épais ,

• et. composé de deux fortes tuniques l’une dans L’auïrg, et adhérente

- l’nne à l'autre. 1 /épaisseur de ses tuniques fait qn’oo ne pgut l'enfler 'de « b 'meme grosseur de l'oesophage-. Car il ne peut guère excéder la gfos-

- Kur d'un pouce; Ü a trois \ quatre pouoes de long, son oriflfe est

• assea large, d* même qne son milieu , mais son fond varen étrecîssant,

• et est d’ordmaire fort étroitement fermé, èt nr s’opvre que pour re*-

- jeter ses excréments dans les intestins. Sa tunique interne est pleine « de rugosités lorsqu'il est vide, et ‘on y trouve fort souvent plusieurs m petit» vers de la longueur et de la grosseur de petite» épingle* L'estomac

• est situé du tôté gauche , comme I' »«**<» pliage , maïs son fond est tourné*

• sers Ir mflieu du corps, pour se vider dan* h protuicr intestin.

■ La longueur et 1a capacité de l'oesophage, et la largeur de l edtrée de «'.l'estomac , sont Sort accommodés au nature) de la vipère, laquelle n’ea-

- voie rira de -mâché à son estomac | mais avale, pour sa nourriture, des

• auimaux tout entiers, quelquefois plu» geO§; et quelquefois plus petit»; « st lorsqu'ils sa rencontrent plu» longs que la profondeur de l'estomac , « fe . reste demeure' dans l'tEsophage , en attendant que l'estomac ait tiré

. Jl

»38 j.jf HISTOIRE NATURELLE

aiguës ; oiv les a appelées les dents canines de la

««I envoyé à tout le corps, le suc fies pailles dévorées qu'il pouvait

• contenir, après quoi il reçoit celle» qui restaient encore dans l'trso- « pliage; mais il fi^ut un grand temps polir tout cela, à cause que l'estoiQac

• ue m fenne point , et qu’4 ne saurait ramasser aucune chaleur ronaidé- « raide pour faire une prompte digestion.

« Les intestins dcsviprtes sont sirués au milieu du corps, sous l'épine

• du dos, et immédiatement après 4c. fond de l'estomac. J’en ai remarqué «i acidemeut trois, dota .le premier et Je plu» étroit de tous, peut être v 'appelé duodénum ,* le second, qui est plus large et qui est rempli de

■ plusieurs sinuosités , peut être nommé colon; et le troisième et dernier, p rectum ; lequel aussi esf fort large et fort droit, et lequel o son ouverture

• au-dessous et près «lu commencement /le la queue , par où le» excréments « sortent. Ces intestins ont à leurs côtés les testicules avec leurs vais-

■ seaux , tant des mâles que de» femelles , et les deux corjjs de ia matrice

• dea •dernières, dont nous parlerons après cette section ; ils ont Aussi les r reins , avec leurs vaisseaux qui en |iartcnt , et qui sont accompagnes «'4c .leurs veines cl de leurs artères, de même que tous les vaisseaux

• qdj servent à la génération ; ' et les intestins n'en sont pas aussi dé- « pourvus.

. * Les reius saut situés au-dessous des testicules ; ils sont composés de

■ plusieurs corps glanduleux*, coutigns et rangés de long eu long , les m uns 'apres les autres ; iis Ont d'ordinaire deux pouces et demi de long,

, « et deux lignes et demie 4* lirge snr leur rondeor , qui e\l un peu aplatie;

• ils sont de oouleur rougç pâle : .le droit est, toujours situé . plus

• haut que le gauçùe daus l'un ètdans l'autre sexe; il# ont aussi

• leur» uretère» , par* où ils déchargent les sérosités près de l'extrémité

• de l'intestin. ,*\ *

« TW l«« intestin^, les testicules et les reins sont couverts de graisse « Jort Manche et fort molle, laquelle .étant fondue,- demeure en forme

• /l hùile;<>n v<>it aussi quelquefois, -eu certaines 'vipères , quclqne peu « de graisse auprès du cepur, du poumon et du foife , as t surtout près

• du ijel, et près |Le ciçtte partie qne les uns prennent pour rate /et les

■ autres pour pancréas. Toutes ces partir*, sont enveloppées d'une tunique

• forte cl ferme meut attachée ait* extiémitc» de» côte», qui pourrait passer

• pour épiploou , ai on y joignait la graisse; mai» comme la vipère, qui

• est une espèce de serpent, ne peut passer que parmi le» animaux im-

• parfaits , je ne déterminerai pas 4e nom de cette tunique , m laquelle

• DFS SERPENTS. . »• I 3g

vipère, à cause d’une ressemblance imparfaite qu'elles ont avec les dents canines de plusieurs quadrupèdes. Ces dents, longues et crochpes, sont très-mobiles, ainsi que celles des autres serpents vipères; familial les peut incliner ou redresser à volonté : communément elles sont touchées en arrière le long de la mâchoire , et alors leur pointe nepàraît point; mais, lorsque la vipère veut mordre , elle les relève et les enfonce dans la plaie en même temps quelle y répand son venin.

Auprès de la base de ces grosses dents, et hors «le leurs alvéolps, oii voit, dans des enfoncements «le la gencive, un certain nombre «le petites detits crochues, inégales en longueur, confornu*es comme les dents canines, et qui paraissent destinées à remplacer ces dernières lorsque la vipère les perd par quelque accident. On en a trouvé depuis deux jusqu a huit (i); L’on peut présumer que le nombre de ces dénis de remplacement est limité, i — - — t

• ceux qui seront plus éclaires que moi donneront le noin qui ïeursem-

- hlera le plus raisonnable. • Mémoires pour servir à l’ Histoire naturelle des animaux, vol. 3 , page 6xi et soriv.

(r) « Lorsqu’on J es examine attentivement avec une loupe pPh voit

• qu'elle* tiennent ' par leur base, à nue espèce de tissu membraneux

- très-fin et très-mou. Ges petites dents vont en diminuant de-’ grosseur,

• à mesure quelles s'éloignent des. alvéoles des dents canines; œlles qui «•Sont le plus près de ces alvéole», sont aussi les mieux formées et les

• plus dures; les autres sont plfH petites, pins tendres, iuoins bien

• fermées, et comme muqueuse», particulièrement à leur base ; elles

- paraissent , en effet , devoir leur formation à une matière blanchâtre et ■ gélatineuse. » Ouvrage de M. l’abbé Fontana , sur les poisons „ et particulièrement sur celui de la vipère. Florence, i 781 , vol. 1 , page 6.

l4o HISTOIRE NATlIflELLE

et qne lorsque là vipère a réparé plusieurs fois la perte de ses crochets, elle ne peut plus lès remplacer; elle demeure privée de 'dents canines pendant le reste de sa vie ; et peut-être qu’albrs on en serait mordu sans éprouver Faction dè son venin , qu’elle ne pourrait plus faire pénétrer dans la blessure. Ce défaut absolu de crochets, auquel la vipère serait sujette, devrait être une raison de plus de chercher des caractères extérieurs , autres que les dents Canines, pour distinguer lès Vipères d’avèc les serpents ovipares. ‘. * *

Ces dents canines de la vipère sont Creuses , elles renferment une <1 ou b le cavité efltojnme' un double tube, dont l’un est contenu darts la partie Convexe de la dent,- et l’autre dans la partie concave. Le premier de ces deux coiM$Qits. s’ouvré à Fextérieur ' par deux petits trous /dont l’ttn est situé à ,1$ base :de la dent, et J’autre vers sa pointe ; et le second n’est ouvert que vers la basé, où il reçoit les vaisseaux et les nerfs qui attachent la délit à la mâchoire (i). ,

OeS mêmes dents canines Sont- èen fermées, jus-r qu’i^t deux tiers de leur longueur,' dans .une esr péce de game composée de fibres très-fortes ét . d’un tissu Cellulâire ; cette gâîne où tunique ést toujours ouverte vers la pointe de la dent; elle s y termine par une espèce d’ourlet , souvent den-

fy) Yoy« àec sujet, l'ouvrage déjà cité, de M. l'abbé Foouua,, vol. I, P- *• «

le té , et formé par un repli de deux membranes

qjui la composent. *• • .

Le poison de. la vipère est contenu dans une vésicule placée de chaque coté de la tète, au- dessous du muscle de ht mâchoire .supérieure; le mouvement du muscle pressant cette vésicule, en fait sortir le venin , qui arrive par fun conduit à la base de la tient, traverse la gaine qui f’enveloppe , entre dans la cavité' de cette dent par le trou situé prés de la base, en sort par celui qui est. auprès de la pointe, et pénètre dans la blessure. Ce poison- est la setde humeur malfaisante que rcnfeqne la vipère , et c’est en vain qu’on a prétendu que l’espèce de bavé qui couvre ses mâchoires lorsqu’elle est en fureur , est un venin plus ou moins. dangereux ; l’expérience a démontré le contraire (r).

Le suc empoisonné, renfermé daps les. vésicules de chaque côté de la tête, , est une liqueur jaune dont la nature n’est ni alkaline ni- acide, comme on l’a écrit en divers temps; elle ne. produit pas non plus les effets d’un caustique, ainsi qu’on l’a pensé; et il paraît qu’elle ne contient aucun sel proprement dit, puisque lorsqu’elle se- dessèche, elle .ue présente pas un commencement de cristallisation, comme les sels dont l’eau surabondroite s’évapore, mais se gerce, se retire, se feud , se divise en très-petites portions, de manière à

(i) M. r«bbé FunUU , ourrage déjà cîié.

«présenter, par tontes ses feu tes très -déliées et très-inultipliées, une espèce de réseau que l’on à comparé à une toile d’araignée (i). *,

Quelque subtil que soit le poison dcda vipère, il parait qu’il n'a point d;effet Sur les animaux qui n’-oot pas" de sang; il paraît aussi qu’il ne peut pas donner la mort aux vipères elles-mêmes; et à Kégard des animaux à sang- chaud, la morsure de la vipère leur est d'autant moin» funeste que leur grosseur est plus considérable , de telle sorte tpi’an peut présumer qu’il, n’est pas toujours 'mortel pour l’homme ni pour les grands quadrupèdes ou oiseaux. L’expérience :t prouvé aussi qu’il ‘est d'autant plu? dangereux qu’il a été distillé en plus grande quantité dans les plaies pAr des .morsures répétées. Le poison' de la vipère est donc funeste en raison dé. sa quantité, de la chaleur du sang et .de la- petitesse de. l’animal qui est moédu; ne doit-H pas aussi être ppis ou moins mortel, suivant la chaleur de la saison, la température du climat et l’état de la vipère , plus ou moins irritée , plus ou moins animée, plus ou moins pressée par la faim, etc.? Et voilà pourquoi Pline avait peutêtre raison de, dire que la vipère, ainsi que les autres serpents venimeux, ne renfermait point de poison pendant le temps de soti engourdissement (*). Au reste, M,; d’abbé Fontana, l’un des

(^) M.TaWio Fnntarv» , dans le’ même ouvrage, (à) Pline, livre 8.

meilleurs physiciens et naturalistes de l’Europe, pense que le venin de la vipère tue en détruisant l'irritabilité des nerfs, de même que plusieurs autres poisons tirés dn règne aniihafou du règne végétal ( i.).; et il a aussi fait voir que cette liqueur jaune et vénéneuse était un poison très-dangereux lorsqu’elle était prise intérieurement, et <pie Rédi ; ainsi que d’autres observateurs , , n’ont écrit le contraire que parce, qu’011 avait avalé de cé poison en trop petite quantité pour qu’il put être trçs-nuisible^ar).- ' . . •

On a fait depuis long-temps beaucoup de recherches relativement aux hioyens de prévenir les suites funestes de la morsure dés vipères; mais M. l'abbé Fontaua,- que nous venons de citer, s’est occupé de cet important objet plus qu'aucun autre physicien: personne 11’a eu, plus que lui, la patience et le courage nécéssaires potir une longue suite d’expériences; il eh a fait plus de six mille; il a essayé l’effet des diverses substances indiquées avant lui comme des remèdes plus ou moins assurés contre le venin de la vipère; il a -trouvé,. en comparant un très-grand nortibre de faits, que, par exemple, Talkali volatil, appliqué extérieuremènt ou pris intérieurement, lirait sans, effet contre. ce poison. Il en est de thème, suivant ce savant, de l’acide vitriolique, de l’acide uitreux.

({) Yraiïc de» Poison». Florence, 1781. 4

(?) Ibid. toi. a, p. 3o8. f ■'** ‘ •

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