H 1 S T O I H F. NATURELLE
de l’acide marin , de l’acide phosphoriqué, de l'acide apathique, des alkalis .caustique» ou non caustiques, tant-minéraux que végétaux, du sel marin et des autres sels ueutres. Les Luiles, et particulièrement Celle de térébenthine,, lui ont paru de quelque utilité contre les accidents produits.par la morsure des vipère», et il a pensé que la meilleure manière d'employer ce remède , était de tremper, pendant long- temps, la partie mordue dans cette huile dç.lérébentbine extrêmement chaude. Le célébré physicien de Florence pense aussi qu’il est avantageux de tenir celle même partie mordue dans de l’eau, sort pHre, soit mêlée avec de l’eau de chaux, soit chargée de sel commun, ou d'antres substances salines; la douleur diminue, ainsi que l'inflammation , et -la couleur <îe la partie blessée est moins altérée et. moins livide. Les vomissements produits par l’émétique, peuvent aussi u’ètre pas iuutiles; mais le traitement que M. l’abbé Fontana avait regardé comme le plus assuré contre les effets du venin de la vipère, consistait à couper la partie mordue, peu de secondes ou du moins peu de minute» après l’accident, suivant la grosseur .des animaux blessés,* les plus petits étant les plus susceptibles de Faction du poison, bien plus, cet pbservaleur ayant trouvé que les nerfs ne peuvent pas communiquer le venin , ,ique ce poison ne se répand que par le sang, et que les blessures envenimées, mais superficielles de la peau, ne
DigitizecJ by (jOOglci
sont- pas dangereuses, il avait pensé qu’il Suffisait d’empêcher la circulation du sang dans la partie mordue, et qu’il n’était pas même nécessaire de la suspendre dans les plus petits vaisseaiftc , pour arrêter les effets du poison. Un grand nombre d’expériences l’avaient conduit accroire qu’une ligature mise à la partie blessée prévenait l{r maladie interne et générale qui donne la mort àr l’animal ; que dés que le venin avait agi sur le sang, dans les parties mordues par la vipère, il cessait d’être nuisible, comme s'il se décomposait en produisant un mai local, et qu’au bout d’un temps déterminé il ne pouvait plus Faire naître de maladie iijterne. A la vérité, le mal local était .très-grand et paraissait quelquefois tendre à la garjgrène; et, comme il était d’autapt plus violeut que la ligature était plus serrée et plus long-temps appliquée', il était important de connaître, avec quelque précision , le degréde tension de Ja ligature et le temps de son application , nécessaires pour qu’elle pût produire tout son effet. Au reste, M. I’abbé Fontana, en remarquant avec raison qu’un mauvais traitement peut changer la piqûre en une plaie considérable qui dégénère en gangrène, assurait en même temps que le venin de la vipère n’est pas aussi dangereux qu’on l’a pensé. lorsqu'on a été mordu par ce serpent, on ne doit pas désespérer de sa vie, quand bien même on ne ferait aucun remède, et la frayeur extrême qu’inspire l’accident, est sou-
Lacépcde. Tome IV 10
vent une grande cause de ses suites funestes (i).
Pour faire connaître avec plus d’cxacütude le résultat qujo ce physicien croyait devoir tirer luimême <lt* ses belles et très-nombreuses expériences, nous avons cru devoir rapporter ses propres paroles dans la note suivante (a), d'apres laquelle
X (s). « Une , impie morsure de vipère, n’r.t J>*5 mortelle uaturrjlriurnt ;
■ quand même il y aurait ru deux ou trois vipères , la maladie serait plus « grave, mais elle nr serait prohaldcmcjit pas mortelle; quand une vipère
• aurait mordu un houuur six ou srpt fois, quaud rllr aurai («distille dans « les morsures tout Je venin de ses vésicules , ou ne doit pas désespérer. - Ouvrage déjà cité, vol. a, p. 45.
(a) • Le dernier résultat de tant d'expériences Sur frisage de la llga-
• turr contre la morsure dé la vipère, ne présente ni cette éeititude , ni « eette généralité auxqaellrs on se sertit attendu dans le commence m ment. Ce n^èt pas que la ligature soit' à rejeter comme a)>snhiment •• inutile v puisque nous l'avons trouvée un remède assuré pour les' pi- « genus et pour les cochons d'Inde; elle peut donc l'être pour dettes « animaux , et peni-ètre sérail -elle utile pour tons, si Won connaissait* « mieux les circonstances dans lesquelles il faut U pratiquer. Il parait,
• eu général, qu'on ne doit rien attendre des scarifications plus ou moins
- grandes ^ plus ou m&ius simples, puisqu'on a vn mourir, avec cette
• opération, le! animaux mêmes qui auraieut été le plus façilcihcnt gnéris* « avec* Ici seules ligatures.
« Je n’osc jias^clilcr de quelle utilité elle pourrait être dans l'houufir , m parce qljc je n'ai poiut d'expériences directes. Mais comme jr suis
- d'avis qnc la morsure de la vipère n'est pas naturellement meut trière
■ pour l’IfouuiHt, la ligatqre, dans ce cas, m* pourrait faite autre « chose que diminuer la maladie; |M-iit-ètrr une ligature ti es* légère pour- « rait-elle suffire ’r peut-être pourrait. on fêter peu de temps après; mais « il faut des expériences pour nous mettre eu état de prononcer, et Ira* « expériences snr 1rs hommes sont très-rares.
« Je dois encore avertir qu'une partie de mes expériences sur le venin « de la vipère , ont été faites dans la plus rude saison , en hiver. Il est
- naturel de concevoir que les vipères dont je uir suis servi , ne pou\ aient « être dans tonte leur vigueur; qu’allés devaient mordre les animaux av.ee
on verra aussi que M. I abbé Fontana reconnaît, ainsi que nous, t'influence des saisons et de diverses autres causes locales on accidentelles sur la force du venin des serpents, et qu’il croit que plusieurs circonstances particulières ont pu altérer les résultats de ces différentes expériences.
Mais enfin, dans un Supplément imprimé à la fin de son second volume, M. l’abbé Fontarui annonce, d’après de nouvelles épreuves, que la pierre à cautère détruit la vertu malfaisante du venin de la vipère , avec lequel on la mêle ; que tout concourt à la faire regarder comme le véritable et seul spécifique contre ce poison, et qu’il suffît de l’appliquer sur la plaie , après l’avoir agrandie par des incisions convenables ( r).
Quelquefois cependant le remède n’est pas apporté à temps, ou ne se mSle pas avec. le venin. On ne peut pas toujours faire pénétrer la pierre
* rno!r” ir tant, et que n'étant pas nourrie» depuis pinceur* mois , leur
- venin devait être en moindre quantité. Je n'ai alterne peines croire qnr . dans line antre saison pins favorable, comme dans l'été, dans un climat
- pins chaud, les effets dussent être, en quelque sorte, différents , et ,
■ en gêwénd , pTns grands.
- Je pnis encore avoir été trompé par ceux qnl me fournissaient les
• vipères. J'étais en usage, dans le commencement, de rendre les vipères-
- même dont je m’étais servi pour faire mordre les animaux , et que je
- n'avais pas besoin de tner. J'ai tout lieu de croire qn’On m'a vendu
- pour la seconde foie les vipères que j'avais déjà, employées ; mais,' dès
. qne jè me suis, aperçu de cela, je me suis déterminé i tuer toutes les *
- vipères, après m'en être servi dans mes expériences. . Ouvrage déjà
cité, vol. a, p. 59 et »uiv. ‘
(1) Ibfd. volume neeond, page 3i3.
à (Suitèro. dans tous les endroits dans, lesquels le poison est, parvenu. Les trous que font les dents de la vipère sont tres-petits, et souvent invisibles; ils s’étendent dans la peau en différentes directions et à diverses profondeurs, suivant plusieurs circonstances très- variables. L'inflammation et l’enflure qui surviennent, augmentent encore la • difficulté de découvrir >ces directions, en sorte que les incisions font presque' au hasard. D’ailleurs le venin s’introduit quelquefois tonl d’iln coup et -en grande-quantité dans l’animal , par le moyen de quelques Vaisseaux, que la dent pénètre^-et la morsure de la vipère . peut donner la mort la plus prompte, si les dents percent un gros vaisseau veineux, de maniébe que le poison soit porté , vers le cœur très - rapidement et en abondance. L’animal* mordu éprouve alors mie
.sorte d'injection artificielle du venin, et le mal peut être incurable. On ne peut doue pas, suivant M. bouta tia , regarder la pierre à cautère comme un remède toujours assuré éonlre les effets'de la morsure des vipères; mais on ne doit pas doalèr de ses bons effets, et même on peut dire qu’elle est le véritable spécifique contre le poison de ces serpents.
Tels sout les résultats des expériences les plus intéressantes qu’on ait encore faites sur les. effets ainsi que sur la nature du venin que la vipère distille par le moyen de sés dents mobiles et crocluics. Achevons -maintenant île décrire cet.atfi-
• mal funeste.
ÜES SERPENTS.
lille a les yeux très-vifs et garnis de paupières, ainsi que ceux des quadrupèdes ovipares; et, comme si elle sentait la puissance redoutable du venin quelle recèle, son regard paraît hardi; Ses yeux brillent, surtout lorsqu’on l’irrite; ët alors non seulement elle les anime, piais^g ouvrant sa gueule, elle darde sa langue/ qui est communément grise, fendue en deux* et composée de deux petits cylindre» charnus adhérents l’un à l’autre jusque vers les deux tiers de leur longueur,; l’anirnal l’agite avec tant de vitesse, quelle, étincelle, pour ainsi dire, et que la lumière quelle réfléchit la fait paraître comme Une sorte de petit phosphore. On a regardé pendant longV temps cette langue comme une sorte de dard dont la vipère se. servait pour per, cér sa proie; on a ern que ç était à I extrémité de cette lange que. résidait son vénin , et on l’a comparée à une flèche empoisonnée. Cette erreur est fondée sur ce que, toutes les fois que la éipère veut mordre, elle tiçe sa langue et la darde avec rapidité. Cet organe est enveloppé, d’un bout à l’autre, dans une espèce de fourreau qui ne -cpntient aucun pois,,,KOi ce n’est qu’avec ses crochets que la vipère donne la mort , et sa langue ne lui sert qu’à retenir les insectes dont elle se uourrit quelquefois. ' *•: /. '
(l) Voyez, >ur U forme rte le lingue due «rpenU, le Dfoenor» ittria nature de ce» reptile,. , < * .
(56 HISTOtRK N ATI! R Kl, LE
Non seulement la vipère a ses deux mâchoires articulées de telle sorte quelle peut beaucoup lus écarter l’une de l’autre, ainsi que nous l’avons dit (l); mais encore les deux côtés de chaque mâchoire sont attachés ensemble de manière qu’elle peut les mouvoir indépendamment l’un de l'autre, beaucoup plus librement peut* être que la, plupart des autres reptiles; et cette faculté lui sert à avaler ses aliments ayec plus de facilité : tandis que les dents d’un côté soiit immobiles ^et enfoncées dans la proie quelle a saisie , les dents de l’autre côté s’avancent , accrochent1 cette même proie, la tirent vers le gosier, Tassujétissent, s’arrêtent a leur tour, et celles du .côté opposé se portent alors en avant pour attirer aussi la proie et rester ensuite immobiles. C’est par ce jeu , plusieurs fois répété , et par ce mouvement alternatif des deux côtés de ses mâchoires, que la vippre parvient à avaler des animaux quelque-: fois assez considérables, qui, à la vérité, sont pepdaut long -temps presque tout entiers data son œsophage ou dans son estomac, mais qui', dissous insensiblement par les sucs et digestifs, se résolvent en une pâte liquide, tandis que leurs parties trop grossières sont rejetées par l’animal (a),
(l) Discours sur la nature de* .Serpents. • % . *
" Nous. avons remarqué cela tlrpuis peu dans une grande partie du «' corp* dtf lézard qu'une tipère a vomi douze jours après avojr été v prise , .ou noua avons vu qu'à la tète et aux jambes de devant, et à la • partie du corps qpi les touchait et qui avait pu être placée commode-
' /«HS SERPENTS. ^51
Non seulement, en effet, la vipère se nourrit de petits ins^tes, qu’elle retient par le moyen de sa langue, ainsi qu’un grand nombre d'autres serpents et plusieurs quadrupèdes ovipares; non seulement elle dévore des insectés plus gros, des buprestes, des cantharides, et même ceux qui souvent sont très -dangereux , tels que les scorpions (i), mais elle fait sa proie de petits lézards, de jeunes grenouillès, et quelquefois de petits rats, de petites taupes, et d’assez gros crapauds, dont l'odeur ne la rebute pas, et dont l’espèce de venin ne paraît pa& lui nuire.
fille peut passer un très-long temps sans manger, et l’on a même écrit qu’elle" pouvait .vivre un an et plus sans rien prendre} ce fait est peutêtre exagéré, mais du moins U est sur qu’elle 'vit plusieurs mois privée de toute nourriture. M. Pennant en a gardé plusieurs- renfermées dans une boite, pendant plus de si* mois, sans qu’on leur donnât aucun aliment, et cependant sans qu’elles
• ment dans l'estomac (K- la vipère, il ne restait guère que les os; mais « qu'une bonne partie d» tronc, avec lc^jambes de derrière et toute la «t queue , "étaient presque eu même état que si' la ripèrC les eut avalée» cè m jour-là , comme on le verra dans la figure que j*cn ai lait graver; tuais
• on fut surpris, entre autres choses, de voir que les parties qui u'avaicni « po entrer dans l’estomac, et qui avaient resté dans l'oesophage, se fussent m cdüsefvées si ’lot^p temps sans souffrir aucune altération, dans la peau,
• bien que celles du dessous eussent de la lividité, qui était en apparence
« un effet du venin de la morsure. » Description anatomique de 1^ vipère, par M. Cbaras. Méat, pour servir à l’histoîre naturelle des animaux , par MM. «le l’Acad. toyale des Sciences , vol. 3 , p. 6o5. • ...
(s) Aristote, liv. 8 , cbap. 29 , De Histor. animal.
i5a niSToinE naturelle
parussent rien perdre de leur vivacités 11 semble même t^ue-, pendant cette longue tHète, non seulement leurs fonctions vitales ne sont ni arrè-, tées ni suspendues, mais même* quelles o'éprouveilt pas une faim très-pressante, puisqu’on a vu des vipères renfermées pendant plusieurs jours avec des souris ou des lézards, tuer ces animaux sans chercher à s’en nourrir (i)-
J<es vipères communes ne fuient pas les animaux de leur espèce; il parait même que, dans certaines saisonsde l’année, elles serechercheut mutuellement. Lorsque les grands froids sont arrivés, on les trouve ordinairement sous des tas de pierres ou dans des trous de vieux murs, réunies plusieurs ensemble et entortillées les unes autour des autres. Elles ne se craignent pas, parce que leui5 venin n'est -point dangereux pour ellesmêmes, ainsi que nous l’avons vu ; et l’pn peut présumer quelles se rapprochent ainsi les unes des autres pour ajouter à leur chaleur, naturelle, eontrelxdancer les effets du froid , et reculer - le temps quelles passent dans l’engourdissement et dans une diète absotue. . . ■
Pour peu que leur peau extérieure s’altère, les sucs destinés à l’entretenir cessent de s’y porter, . et commencent à en former une nouvelle audessous; et voilà pourquoi, dans quelque temps
(0 Oi-MTcipliu» anatoiliKjUr île la, vipère. par M. Chara», a l'emlroil
ileja rite - , ,.
qu’oq prenne des vipères , on les trouve presque toujours revêtues d’une double peau, de l’ançieiuie, qui est plus ou moins altérée, et d’une nouvelle, placée au-dessous et plus ou moins formée. Elles quittent leur vieille peau dans les bçaux. jours du printemps, et ne conservent plus que la nouvelle* dont les couleurs sont alors bien plus vives que celles de l’ancienne. Souvent cette peau, nouvelle,’ altérée par» .les divers accidents que les vipères éprouvent pendant les chaleurs, se dessèche, se sépare dn corps de l’animal dès la fin de l’automne, est remplacée par la peau qui s’est formée pendant l’été, et, dans la même année via, vipère se dépouille denx fois» •
Les vipères communes ite parviennent à- leur entier accroissement qu’au bout de $ix ou sept ans: mais, après deu* ou trots ans, elles sont déjà en état, de së reproduire c’est au retour du beau temps, et communément %u mois de mai, que le mâle et la femelle se recherchent.- ,La femelle porte ses petits trois ou quatre. môis,'et si, lorsqu’elle a mis bas, le temps dei grandes chaleurs n’est pas encore passé , elle s’accouple de nouveau et produit deux fois dans la même aimée.. ,
: Les anciens, trop amis dtr merveilleux 'ont écrit que, lors de l’accouplement, le mâle faisait entrer Sa 'tête dans la gueule de la femelle^ que c’était ainsi .qu’il la fécondait, que la femelle, bien loin de lui rendre caresse pour caressé , lui coupait la tête dans le moment même où elle deye-
■ 54 HISTOIRF. KATÜREI.LF.
naît mère; que les jeunes serpents, éclos dans le rentre de la vipère, déchiraient ses flancs pour en sortir; <pie par là ils vengeaient, pour ainsi dire, la mort de leur père, etc. (i) Nous n’avons pas besoin de réfuter Æes opinions extraordinaires; les vipères communes viennent au jour et s’accouplent comme les autres vipères (a); mais ..'m- i...., .. j ■«. -n .
(i) « Vjpcra tuas caput inscrit In os, quod ilia abrodit .volupUtis dul- « cedine. . . . Kadcm tortià die intrà uterum catalo» rxcludit : deindè sin-
• gnlos ciognlis diebiis parit, viginti fcrè nuarru. Itaque ra?teri tarditatis — impatientes , perrumpunt latera ocçisà parente. * Pline t* livre co.
(a) « l jc mâle a deux testiculei qui sont de focale longue , arrondie, cj
■ un peu aplatie paus sa Jongtieur ; Us vont- aussi un peu en pointe
• vers leurs deux bouts ; leur couleur est blanche et leur substance glan- « duLeuse» leur longueur est inégale, car le-droit a plus d'un ptouce de « long , mais le gauche pat plu» court et nu peu ttidibdru eu grosseur : « l'un et l'autre np sont pas plus gros quç le tuyau d'une plume.de l'aile « d'un gros chapon. Lear situation est différente , car le droit commence
• proche et au-dessous du fiel , au lieu qôs le gauche commence Environ e huit lignes plus has que le «icoit. lia sont tous deux suspendus en. Igor « partie supérieure, par deux fortes membranes qui vieniieut du dessous « du' foie , et sont d'ordinaire enveloppés de graisse , qni fait qu'ou a peine
• a les dîsceruer , h cause de U conformité de côoletft- qu'il* bot avec
• «ette graisae. v . • • ....
• Du müièt| de chacun de ces testicules de Ja partie interne , on «sortir un petit corps long et menu, assez solide, et meme un peu « plus blatic que l* substance' des testicules, qui descend et qui leur est
• attaché tout le long juâqu’â leur bçof inférieur i on pent l'appeler épi- «9 didynie. Pn voit au bout -de chacun , le commencement d'un petit- vais - « sead variqueux, qi/on peut nommer spermatique, à cause ifv sa fonction,
• qui est an peu aplati, de couleur fort blanche et asifrx luisante, et qni
• est d'ordinaire Teinpli de semence en forme de sut laiteux. O vaisseau « est assez délicat, et il est .replié dans tout- son cours eu forme de plu- « sieurs S jointes ensemble d'une façon fort agréable à voir ; de-lâ , ii « descend filtré l'intestin et le rein, duquel il suit ('uretère jusqu'au trou du
• dernier intestin , par 6ù sortent las exfcrctncuta. Il est aussi accompagné
DKS SERPE If TS.
les anciens, ainsi que les modernes, ont quelque-
de veine* et d'artères d'un bout à l'autre, .de même que les testicules, et il cesse d’êtTr anfractueux un peu avant que d’arriver à l'ouverture de l’intestin. Chacun de cra deux vaissrauxspermatiqtMfrpient ae rrndrr à sou propre réservoir de semence , dont il y en a deux qu’on peut nommer parsstates, qoi sont comme îles glandes blanches , chacune de b longueur, de la* grosseur et de la forme d'on grain (if semence de chardon bénit. Ces glandes sont situées de long en long au-desons et entre les deux parties naturelles ; elles sont toujours remplies d'on syc laiteux et tout. semblable à celui des vaisseaux spermatiques que nous .veuous de décrire ;-et pour fournira l’éjaculation, lors du coït, elles transmettent la semence quelles contiennent dans les canaux éjaculatoire* des deux parties naturelles qui leur sont voisines.
■ Je pois dire .là-dessus que ceux qui ont pris ces deux réservoirs de semence pour d’autres testicules , te sont bien trompés dans l’opinion qu'ils avaient qu'y ayant deux parties naturelles, il y devait aussi avoir, pour chacun , deux testicules : mais leur substance étant tout-è-fait différente des véritables testicules que nous avons décrits, et leur fonction étant de recevoir et nbpde former, nous ne las connaissons qtie pour parastâtes, qui reçoivent peu «1 peu . b semence que les testicules leur envoient , ■ qu’ils réservent et qu'tb tiennent tonte prête pour le temps du coït et pour faire, dans un moment et à propos, ce que les vaisseaux spermatiques ne sauraient exécuter sitôt ni si bien, à cause de leur longueur et de leor en tortillement. * ^ .* *
e Le mâle a deux -parties naturelles tontes pareilles} qui-, étant attachée*, sont chacune de b longueur de b queue de l'animal-; leur naissance vient de l’extrémité de là queue , sons laquelle elles sont aimées de long en long, Lupr près de l’autiV; elles vont en grossissait , de même que b queue, au conimeocemcàt de laquelle elles finissent , et elles ont leur issue auprès et à cAté l’une de l’autre, et tout joignant l'outerture de l’intestin, qui /ait eo quelque sorte leur séparation. , r *
.• Chacune de ces parties est composée de deux corps longs et caverneux, situes ensemble d'au contre l’autre, et qui sejoignent vers leur sommité en un -même corps, qqi sè trouve environné de son prrpuce, et qui a seS muscles érecteovs , conformément- i ceux de plusieurs animaux. Ces parties sont remplies par dcibtis de plusieurs aiguillons fort bUncs,' fort durs, foh pointus et piquants, qui y sont plantés, et qoi
niSTOtnR NATURELLE
fuis pris des faits particuliers, des accidents bizar*
- ont leur pointe diversement tourne** , dont la grandeur et la grosseur
• ae rapportent à l'endroit de la partie naturelle ou' ils août’ situés » en
- s*»rtr que comme là sommité est plus grande et plusrgrosse , ses aiguillon* -le sont aussi , et ils ne s’avancent et ne paraissent que lorsque le pré-
• puce qüi les couvre s’abaisse , qui est lorsque l'animal se dispose pour
« le coït.’* % * * . W ; .
■ Ces parties naturelles sont d'ordinaire cachées, et elles ne s’enflent
• et ne sortent que pour le coït , si ceVeat qu’ayant pris l'itnirhal, on % Le* fasse sortir pat furce en Jes pressant $ cal* alors ou lés voit sortir « toutes deux également , chacune environ de la grosseur d’un noyau de
• datte et des deux tiers dé sa longueur , H leur sommité se trouve toute « couverte et toute environnée de ces aignillons, comme la peau d'un
• hérisson , et ces aiguillons se retirent et je cachent sous le prépuce ,
• lorsqu'on cesse de les'presser. 0 '■ 0
« l/tssue de ces deux parties est enviroonée d’un muscle bien fort et
- bien épais, auquel la peau est fortrnraotirttarhée, en sorte qu’il est fort
• difficile de lYtuaépacer ; le même muscle sert aussi â ouvrir et à res-
• .serrer l’intestin.
■ La vipère femelle a deux testicules , rie même que le màJe , ils sont
- toutefois plus longs et plus gros „ mais de là même forme. Ils sont
- situés aux cèles et proche du fond des. deux corps de la matrice^ et le
• droit est plus haut qua, le gauqhe , de même qu'aux mâles ; Jour suh-
• stance et leur couleur sont aussi fort Semblables : le droit a environ un " ponce et demi de loug et deux lignes et 'demie de large. Je gauche g v quelque chose* de moins;. ils ont leur épididyme et lents vaisseaux
- spermatiques, -qni portent 1a semence dans les deux corps de la matrice,
- et qui sont bien plus courts que. ceux des mâles. Je ^fcai néanmoins
- que ces testicules ne paraissent pas toujours tels en tooles les femelles,
- surtout en celles qui sOqf amaigries , ou par maladict'ou pour avoir été
• long- temps gardées, car leurs testicules «'accourciuimt, se rétrécissent
« et se dessèchent, de même qu’en celles qui ont leurs oeufs déjà grands ; « ayant i «marqué qu'en teUes-ci , les . testicules sont fort raccourcis et -fort desséchés1, fl même qu'il» sont descendu* pins bas, quyiq^a le -.droit se^ trouée toujours plu* haut que le gauche. » .
• La matrice Commence pgr un eprps assez, épais , qui est composé de
- deux fortes tunique* , et qui, étant situé au -dessus de l'intestin, a au
• mèinedieu., sou orifice, «pii eat large, et qui ae dilate aisément, pour
res, ou des observations exagérées, pour des lois générales, et d’ailleurs il 'semble qu’ils avaient quelque plaisir à croire que la naissance d'une génération d'animaux aussi redoutés que- la vipère, ne pouvait avoir lieu que par l’extinction de la génération, précédente.
Ix* *s oeufs de la vipère commune sont distribués en deux paquets; celMpqui est à droite est communément le plus considérable ; et chacun de Ces paquets est, renfermé dans ui»e membrane qui sert comme d’ovaire; le nombre de/cès œufs varie beaucoup suivant les-, individus, depuis douze ou
- recevoir tont-i-U-fou , p u une même ouverture, le» deux. parties- 6a- « turelle» du iufile dan» le coït. corps est environ de la grandeur
- de l'ongle d'en .doigt iiicdigcrt, et il se divise , fort prés de son
• commencement , en deux petites poches ouvertes au fond , et que
- la nature a formée* pour recevoir , et pour embrasser les déux
- membres du mâle daQs W oost. Leur, tunique, intérieure est pleine de
« rugosités et est Tort duce, de même que celle de tout le corps dont •« noos avofts parlé. ' * " . *'•**
• .La matrice commence par ces -dçnx petites poches , 4 se diviser en » denx -corps qui mootent, chacun de leur cdne , le long des reins, et
« entre eox et Ica intestins, jusque vers le fond de l'estomac , où ils sont
• suspendus par des ligaments qui viennent d’auprêe du foie, étant aussi
- Soutenus , «Tcspaée en espace t par di ver» petits ligaments qui viennent •
- de l'épine du dos. ‘Ces ije^x Corps sont composés de. deux toniques
• molles, minces et transparentes , qui sont l’une d*&* l’autre ; leur com- « meiM çment est ad fond (le ces deux petites poches qui embrasse rü les « deux rosiubres du mâle', dont ils 'reçoivent la semencd, chacun de leur
- côlér, pour etf /ormer «les teufs , et ensuite des vipereaux r par k jonc*
• lion de leur propre semence que les testicules y envoient. Os deux
- corpa de matrice sont fbrt aisés à se dHatei*, pour confenir up grand
- nombre de vipereaux jusqu'à leur perfection. » Mémoires pour serti»*
à l'iiisi. natur. des animaux r Vols II! , pag.'63o et sfeiv. * * */
l5tt ' HISTtH RR N AT U RKLLK
treize jusqu’à vingt ou vingt-cinq, et l'on .a comparé leur grosseur à celle des œufs de merle.
Le vipereau est replié dans l’œuf; il . y prend de la nourriture par une espèce d’arrière'-faix attaché à son nombril , et dont U n’est pas encore délivré lorsqu’il a percé sa coque ainsi que la tunique qui renferme les œufs , et qu’il est venu à là lumière. Il entraîna avec lui cet arrière-faix, et ce n’est que par les sôins de la vipère-mère qu’il en est débarrassé. . • >• • •
On a prétendu queles.vipereaux n’étaient abandonnés par leur mère que lorsqu’ils étaient parvenus à une grandeur un peu considérable, et qu’ils avaient .acquis assez de force pour se défendre. L’on ne s’est pas contenté d’un fait aussi extraordinaire dkns lliisfoire des serpents; on .a ajouté que, lorsqu’ils étaient effrayés,' ils allaient chercher un asyle dans l’endroit même où leur mère recélait son arme empoisonnée; que < sans craindre ses crochets venimeux , iis entraient dans sa bouche, se. réfugiaient jnsques dans son ventre, qui s’étendait et se gonflait pour les recevoir, et que lorsque le .danger était passé,, ils ressortaient par la gueule de leur mèré. Nôus u’avons pas besoin de réfuter ce conte ridicule, et s’il a jamais pu paraître fondé sur quelque observation , si l’on a jamais vu des vipereaux effrayés se précipiter dans la gueule d’une vipère, ils y auront été engloutis comme une proie, et non pas reçu? comme dans un endroit de sûreté; l’on aura eu seulement
DE,S S F. H PETITS. 1 5ÿ
une preuve de plus de la voracité des vipères, qui, en effet, se nourrissent souvent de petits lézards, de petites couleuvres^ et quelquefois mémo des vipereaux auxquels elles viennent de doiuier le jour. Mais quelles habitudes peuvent être plus éloignées de l’espèce de tendresse et des soins maternels qu'un a voulu leur attribuer?-. f»
La vipère commune se trouve dans 'presque toutes les contrées de l'ancien coûtaient ; ou la rencontre aux grandes Indes, où elle ne présente que de légères variétés; et non seulement elle habite dans toutes les contrées chaudes de l'ancien inonde, mais elfe y supporte- assez facilement Its températures les plus froides, puisqu’elle est assez commune eu .Suède, où sa morsure est presque aussi dangereuse que dans les autres pays de l'Europe. Elle habite aussi la Russie et plusieurs contrées de la Sibérie; elle s’y est pième d’autant plus multipliée, que, pendant «long-temps, la superstition a empêché qu’on ne cherchât à l’y détruire(i). Et comme les qualités vénéneuses, s'accroissent ou s’affaiblissent à mesure que bi chaleur augmente ou diminue,. on peut croire que les humeurs de
{}) • On porte on* respect singulier aux vipères en Rassir et en Sii ■ berie , et on Iw épargne soigneusement , pvee rjtl'on croit que , si on
- fait ,du mal k ente espèce de reptilèsj ils ae vengeront d'une manière
- terrible. Ot} raednte, à ce aojet, bien des aventures où l'qn ne «0it
- qu'une superstition ridinde; il y a cependant aujourd'hui dra gcju qui
- en ont secoué le joqg, et j'ai va, dh IM. Gmelin , uu soldai qui tua
- quinte vipères en un joftr. • 1 lise. 'gêner, des Voyages , édition 'in- is ,
mm. LXXI, p. a65. . > . •
l(io •
la vipère sont bien propres à acquérir cetti^ espèce .d’exaltation qni produit ses propriétés funestes, puisque sa morsure est dangereuse même dans les contrées très-septentçLpnales. C’est peut- h| ètte à cette cause qiul faut rapporter l'activité de ses stics,que la médecine a souvent employés avec succès: peu d’animaux fournissent même des remèdes aussi vantés, contre autant d’espèces de maladies : les modernes en font autant d’usage que les anciens, ils se Servent de toutes les parties de son corps, excepté de celles de la tète qui peuvent être imprégnéestle poison ; ils emploient son cœurs son foie, sa graisse; on a cru cette graisse utile dans les maladies de la peau, pour effacer les rides, pour embellir, le teint; çt de tous les avantages qufe l’on retire des .préparations de la vipère, ce ne serait peut-être pas céluè.que là classe la plu» aimable de- nos' lecteurs estimerait le moins. Au reste, comme des effets opposés dépendent souvent de la même cause, lorsqu’elle agit dans defc circonstances différentes, il ne serait pas surprenant que les mêmes sucs actifs qui produisent, dans leA vésicules de lai télé de la vipère , le venin qui la fait redouter, donnassent au 'Sang et aux humeurs vie -ceux qui s'en . nourrissent, assez de force pour expulser les poiéons dont Hs ont été infectés, ainsi que l’on prétend -qu-’on l’a éprouvé plusieurs fols. * " ' ’
* On ignore quel degré (le température les vipères communes petivent supporter sans s’engourdir;
lits SRRPFDTS.
mais,, tout égal (bailleurs,. ellei .doivent tomber dans une torpeur plus grande que plusieurs espèces de serpents, ces derniers se renfermait, pendant l'hiver, dqns des trous souterrains, et. cherchant, dans pes asyles cachés, une température plus douce, tandis que les viperes ne se mettent communément à l’abri que sous des tas de pierres et dans dçs trous de murailles,. où le froid peut péuétrer plus aisément. » -
Quelque chaleur •qu elles éprouvent, elles rampent toujours lentement; elles ne se jettent communément que sur les petits animaux dont elles font leur nourriture* elles n’atfaquent point l’homme ni les gros animaux; mais cependant lorsqu’on les blesse, ou seulement lorsqu’on les agace et qu’on les irrite, elles deviennent furieuses et font alors des morsures assez profondes. Leurs vertébrés sont articulées de manière quelles ne peuvent pas se relever et s'entortiller dans tous les Sçns aussi aisément que la plupart des serpents, quoiqu’elles' renversent et retournent facilement leur.téte. Cette conformation Jes rend plu> aisées à prendre; les uns les saisissent au cou à l’aide d’une branché fourchue, et, les. enlèvent ensuite par Ja queue pouf les faire tomber dans un sac, dans lequel ils les emportent; d’a.utres appuient l’extrémité d’un bâton sur ïar tête de la. vipère,.et la serrent fortement au cou avec la main ; l’animal fait- des efforts inutiles pour se déferulrv,
La< «r*nf . Tome IV. mit
l6a HISTOIRE KATUJIRLI.B
et tandis qu’il tient sa gueule béante, ou lui coupe facilement, avec des ciseaux, ses «lents venimeuses; ou bien, comme ses «lents sont recourb«'*es et topraées vgrs le gosier, on les fait tomber avec une lame rfle canif que Ion passe entre ces ciocliets et les mâchoires, en allant vers le museau . l’animal est alors hors d*état de nuire, et on peut le manier impunément. Il y a mertiç «les chasseurs «le vipères assez hardis- pour les' saisir brustjuement au <ÈuU, ou |iour les prendre rapidement par la queue; «le quelque force que jouisse l'animal , il ne peut pas se redresser et se replier assez pour blesser la main avec laquelle on le tient suspendu. . t
L’on ignore quelle est l^i durée «le la vie des vipères; jnais«comme ces animaux-n’ont acquis leur entier accroissement «pi’apres six ou sept aus, ou doit conjecturer qu’ils vivent, eir général , d autant plus de temps, que leilr vie est, pour ainsi dire, très-tenace, et qu’ils résistent aox blessures et aux coups beaucoup plus peut-être qu'un grantl nombre d’autres serpents. Plusieurs pallies «le leur corps , tant intérieures qu'extérieures, se meuvent en éffèt , et,’ pour ainsi «lire, exerceut encore leurs fonctions lorsqu'elles sont séparées «le l’animal. Le cœur des vipères palpite long temps apres avoir été arraché, et les muscles de leurs mâchoires ont encore la faculté <1 ouvrir la gueule et «Te "fa refermer lorsque 'cependant hi tète ne
. DE» SERPENTS. ' . . ifjfl
tient plus au corps depuis quelque temps.(i). On. prétend même que ces muscles peuvent exercer cette faculté avec assez dé force, pour exprimer le venin de la vipère, sérier fortement la main de ceux qui manient. la tète, faire pénétrer juçqu’à leur sang le poison de l'animal; et, commedorsqu’on coupe la tète à des vipères pour les employer en médecine,' on la jette ordinairement dans le feu, où assure que plusieurs personnes ont été mordues par cette tète, perdtie dans les cendres, même quelques heures après sa séparation du tronc, et qu’elles ont éprouvé des accidents tres-graves (a). 1 • • - -
(i) « L'on voit que les esprits demeurent encore plusieurs heures dans '
• U télé et dans tontes lés parties dn tronc, après qu'il a ‘été écorché, v’W «lie tontes ses entrailles; et éoupr en plusieurs morceaux; ce qui fait i que U mouvement et le fléchissement y continuent fort long-temps, que « U tête est en état de mordre., et qne y morsure est aussi dangereuse «que lorsque )a vipère était tout' entière; et qne le coènr tuéme, quand
• il est arrache du corps et séparé des autres- entrailles , conserve son
«battement pendant quelques heures.. Description anatomique delà vipère , à l'endroit déjà cité. ^ # ,r-
(aj Plusieurs personnes , maniant imprudemment des vîpcres , tant communes qne d’autres espèces , desséchées ou conservée-» dan» l’esprit* «le- vin , se sont blessées à leurs crochet» , encore remplis de venin, trèslong-lemps et meme plusieurs années après la tbort dé l'animal; le venin, dissous par le sang sorti de da blessure , s'est échappé par le trou de t» dent; a pénétré dans U plaie et a donné la mort. • Le venin de la vipère ,
« dit M. l’abbé Fontan* , se conserve pendant des années dans 1a cavité « de sa dent , sans perdre de sa couleur ni de sa transparence ; si ôn met
- alors dans de l’eau tiède cette dem, il se dissout très- promptement', et .
• se trouve encore en état de tuer les animaux ; bar d’ailleurs le venin de
• 1a vipère , séché et mis en popdre , conserve , pendant plusieurs mçis ,
- son activité, ainsi que jé l'ai éprouvé plusieurs fois d'après Rédi ; il
l64 HISTOIRE naiürI.llk
H est d’ailleurs assez difficile d’étouffer la vipefe commune; quoiqu’elle n’aille pas naturellement dans l’eau , elle; peut y vivre quelques heures sans périr; lors même qu’on la plonge dans de l'espritde-vin , elle y vit trois ou quatre heures et peutêtre davantage, et non' seulement son mouvement vital n’est pas alors tout-à-fait suspendu , mais elle dojt jouir encore de la plus grande partie de ses facultés, puisqu’on a vu des vipères que l’on avait renfermées dans un vase plein d’esprit-de-vin, s’y attaquer les unes les antres et s’y mordre trois ou qïiatre hettres après y avoir été plongées. Mais, malgré cette force avec laquelle elles résistent, pendant plus ou moins de temps, aux effets des fluides dans lesquels on lés enfonce \ ainsi qu’aux blessures et aux amputations, il parait que le tabac et l'huile essentielle de "cette plante leur donnent la mort, ainsi qu’j» plusieurs autres serpents. L’huile du laurier-cerise leur est aussi trèsfuneste. fors même qu’oit ne'fait que l’appliquer sur leurs muscles, mis à découvert par des blessures (i).’ ''■■■& ' * *•' ' . *
» suffi» qu’il M)it fwné , comme à fordiuuir* , dan* 1r fang , pirquelqur « blrsuuce ; maui il- ne faul cependant qn’il âïl'clc pardê lmp lonp
• lemp» : je, l'ai vu.aouvenl uni effet au l>oul de dix moi*. - M. 1 aMu;
Fonlana , vol. 1 p. 5a. * *
• l'-ebbc Kontana, toi. II , p. 33a. . *’ *•
LA VIPÈRE CHERSEA.w
Pclias Berus, \u. “i, Merr-; Col. Chenea, f.iiin., Gmcl., Laccp., iMT.y Vifteni Çka-teM, Dautl. , FÎtz. (a). . ^
CK serpent a d’assez grands rapports avec la yrpènMBpmmune, que nous venons- de décrire:. il habite également l’Europe, mais il' paraît qu’on le trouve principalement dans les contrées septentrionales; il y est répandu jusqu’en Suède, où il est même très-venimeujt,-M. Wulf la observé en Prusse, Cette' vipère a communément au-dessons du corps cent cinquante plàques très-longues, et trente-quatre paires de petites plaques 'au-dessous de la queue. Les écaiUes dont soit dos est garni, SQpt relevées par une petite arête longitudinale ; sa couleur est d’un gris d’aCier.r ort voit une tache noire en forme de cœqr sur de sa
tête, qui est blanchqjtt», et sur son dos règne une bande formée parqhtiç Siûte de lac
ires
* en Suctfc.
•CoiBb er Chenea. £inn.f aiuphih. Serpent.
•Act. fitockh. 174g , p. 246, tab. 6. ■ .*•
Aipiy cojorc Jeirugineo. Àldr. Serp. 197. •' . > *
C. Gjkcnta. y$n\t, ichthyologia cum «rnphihiis vegni 'BoriCÂtei: Colubcr Cbertem. Laarenti Specimen mrtlictim , p. 97. • » •
(a) C*. reptile est considéré, par le» rrpélolog$»te» motlernc», comme une simple variété, dr la vipère conabrane. ’ Dua. «82*7. ’
lB6 . .HISTOIRE NATURELLE
et pondes qui se. touchent en plusieurs endroits du corps. Elle sç tient onlinairement dans les lieux garnis de brossailles ou d'arbres touffus; on la redoute beaucoup aux environs d’Upsal. M. Lrniiée ayant rencontré, dans un de ses voyages, en diverses parties de la Suède, une femme qui venait d’ètre mordue par une chersea, lui fit prendre de l’huile d’olive à la dose prescrite contre la morsure, de la vipère noire, mais ce remède fi(t inutile, et lâ femme mourut. On trouvera dans la note suivante(>), les divers autres remèdes aux-
(0 « La vipère Æsping est très-venimeuse * * et l’huile ne puffit pas pour « en urrèler l’effet ; le» racines du piongos , du mogoèi , 4“ polj£»l* « serféka , guériraient sans doute èa ce cm; mais ellea sont extrêmement
- riféa en Europe, et il faut dé» remèdes faciles et péta cher» dans les
- campagnes, où «es accidents arrivent toujours.
•• Un paysan Oit mordu par un wsping , au petit doigt du pied gauche ; « six heures après, I* pied , ht jambe et la.cqisse étaient rouges et enflé» ,
- le pouls .petit et intermittent; le malade se plaignait de mal de tète,
- de .tranchée», de mgl-aise dans le bas- ymtêe , èle lassitude, d'oppression;
• il pleurait souvent at n'avait point d’appétit; ces symptômes prouvaient, « qüe le poison était déjà répandu dan» toute 1a masse du sang.
« On avait éprouvé plusieurs fois que 1a suc des feuilles du frêne était
• tan spécfflqqè certain cdirtre' la morsure dé la cquleuvre Bérus , mais » on ignoraù s’il réussirait contiy celle de Camping; comme on n'avait « aucun remède plu» assure que l’on pût employer .à temps , on luit dans
- ou mortier ode poignée, de feuilles de frêne, tendres tft codées menu ; m^ii y versa un verre de vin de France , on en exprima le suc à travers « un linge , et lp malade en but uu verra de demi-heure en derai-flkure ; « on appliqua 4e plus, sur le pied mordu, un catiplasute Se feuilles « écrasées d« la iui’uh* filante ; vers dix heures du soir on lûi fi| boire
• une tasse d’halle chaude. „ • • . i •
. vil doniiit assez bien. pendant la uuit, et se trouva beaucoup mieux
• lé lendemain ; la. dînai® n’était plus enflée , uisis lu jambe et lé pied
•DÉS St^PCNTS. ■ > 167
quels on a eu 'recours en Snède, contre le venin de la cliersea, que l’on y nomme Æsping.
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«. l'étaient encore nn peu. Le malade dit qu'il ne sentait plus qù’une légère - oppression et de la faiblesse; le pouls était pins fort et plus égal. On lui « conseilla de continuer le suc de frêne et l'huile ; comme il se trouvait « mieux, il le négligea , et les symptômes qui revinrent tons» furent dis-
• sipés de nouveau par le même retnedr. Dans cette espece de rechute , d
• parut sur les membres enflés des raies bleuâtres ; le pouls était faible et ■'presqoe tremblant : on lit prendre de plus, le soir, au malade, une petite « cuillerée de thériaque; il sua beaucoup dans la nuit , les raies t>leucs , (a « rougeur et |* plus grande partie de l'enflure se dissipèrent; le pouls « devint égal e# plus fort , l'appétit .revint. Les mômes remèdes furent
• continués, et ne laissèrent au pled'qu'un peu de raideur avec un peu « de sensibilité an .petit doigt blessé ; l'une et l'autre ne durèrent que deux « jour», et on cessa les remèdes. •'
« Le malade était jeune , mais il avait beaucoup d’âcreté dans le sang;
• il est vraisemblable que le auc de feuilles de frêne seul l'aurait guéri , m tuais comme on o'était pas certain *de son efficacité, on y'ajouta la « .thériaque et l'huile, qui du moins ne pouvaient pas nuire, » Lai s Montin, médecin. Mémoires abrégés* de l'Académie d« Stockholm. Collection académique, partie étrangère , tom. XI , pages 3oo«t3oi.
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IIISTOTHK N A T I : K F L L F