‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 10 sur 188 · En latin, testudo marina, et mus narinus · texte numérisé non relu

En latin, testudo marina, et mus narinus

En anglois, the green turtle.

Jurucuja, au Brésil.

Tartaruga, par les Portugais.

Tortue Mydas. Daubenton, Encyclopédie méthodique.

Testudo Mydas. Linnæus, Systema Naturæ , amphibia reptilia, editio XIIT, test. Mydas, 3.

Rai, Synopsis Quadrupedum , page 252. Testudo marina vulgaris.

Rochefort, tortue franche.

Mus. ad fr., I. p. 50 , testudo aira.

Du Tertre, tortue franche.

Labat, tortue franche.

Seba , mus. I, tab. 79, fig. 4. 5,6.

ductions les plus utiles qu’elle ait déposées sur les confins de la terre et des eaux, est la grande Tortue de mer, à laquelle on a donné le nom de tortue franche. L'homme emploieroit avec bien moins d’avantage le grand art de la navigation, si vers les rives éloignées, où ses: désirs l’appellent ; il ne trouvoit dans une nourriture aussi agréable qu’abondante, un remède assuré contre les suites funestes d’un long séjour dans un espace resserré , et au milieu de substances à demi putréfiées, que la chaleur et l’humidité ne cessent d’altérer!. Cet aliment précieux lui est fourni par les tortues franches; et elles lui sont d'autant plus utiles qu'elles habitent surtout ces contrées ardentes, où une chaleur plus vive accélère le développement de tous les germes de corruption. On les rencontre en effet en très grand nombre, sur

The green turtle. Patrick Browne, Natural history of Jamaica, page 465. Testudo unguibus palmarum duobus, plantarum singularibus.

Hans Sloane. Voyage aux îles Madère, Barbade, etc., avec l’Histoire naturelle de ces îles. Londres, 1725, vol. IL. page 331.

Osbeck, it. 295.

Gesner, Quadrup. ovip., page 105, testudo marina.

Aldrov. Quadrup., 712, tab. 724.

Olear, mus. 27, tab. 17, fig. 1.

Bradl. natur. tab. 4, fig. 4.

Catesby, Histoire naturelle de la Caroline, vol. II, page 38.

Marcgrave. Brasil. 241. Jurucuja Brasiliensibus.

Testudo viridis. Histoire naturelle des Tortues, par M. Jean Schneider, à Leïpsick, 1783.

1.« On fait des bouillons de tortues franches, que l’on regarde » comme excellents pour les pulmoniques, les cachectiques, les scor- » butiques, etc. La chair de cet animal renferme un suc adoucissant » et nourrissant, incisif et diaphorétique, dont j'ai éprouvé de très » bons effets. » Note communiquée par M. de La Borde, médecin du roi à Cayenne.

les côtes des îles et des continents situés sous la zone torride, tant dans l’ancien que dans le nouveau monde; les bas-fonds qui bordent ces îles et ces continents, sont revêtus d’une grande quantité d'algues! et d’autres plantes que la mer couvre de ses ondes, mais qui sont assez près de la surface des eaux pour qu'on puisse les distinguer facilement lorsque le temps est calme. C’est sur ces espèces de prairies que l’on voit les tortues franches se promener paisiblement. Elles se nourrissent de l'herbe de ces pâturages?. Elles ont quelquefois six ou sept pieds de longueur, à compter depuis le bout du museau jusqu’à l'extrémité de la queue, sur trois ou quatre de largeur et quatre pieds ou environ d'épaisseur, dans l’endroit le plus gros du corps; elles pèsent alors près de huit cents livres; elles sont en si grand nombre qu'on seroit tenté de les regarder comme une espèce de troupeau rassemblé à dessein pour la nourriture et le soulagement des navigateurs qui abordent auprès de ces bas-fonds : et les troupeaux marins qu'elles forment le cèdent d’autant moins à ceux qui paissent l’herbe de la surface sèche du globe, qu'ils joignent à un goût exquis et à une chair succulente et substantielle, une vertu des plus actives et des plus salutaires.

1. Marc Catesby, Hisloire naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles de Bahama , revue par M. Edwards. Londres, 1754, vol. I, page 58.

2. « Dans ces grandes herbes, qui se nomment Sargasses, et qui » paroiïssent en divers endroits sur la surface de la mer, maïs dont le » grand nombre est au fond de l’eau et sur les côtes, on trouve entre » plusieurs autres espèces d'animaux marins, une prodigieuse quantité

» de tortues. » Description de l'ile Espagnole ; Histoire générale des voyages, partie IF, livre 5.

La tortue franche se distingue facilement des autres par la forme de sa carapace. Cette couverture supérieure, qui a quelquefois quatre ou cinq pieds de long sur trois ou quatre de largeur , est ovale et enlourée d’un bord composé de lames, dont les plus grandes sont les plus éloignées de la tête, et qui, terminées à l’exiérieur par des lignes courbes, font paroître ce même bord comme ondé : ie disque , ou le milieu de cette couverture supérieure, est recouvert ordinairement de quinze lames ou écailles, d’un roux plus ou moins sombre, qui tombent souvent ainsi que celles de la bordure, par l'effet d'une grande dessiccation ou de quelque autre accident, et dont la forme et le nombre varient d’ailleurs suivant l’âge et peut-être suivant le sexe; nous nous en sommes assurés en examinant des tortues de différentes taillest. Lorsque l'animal est dans l’eau, la carapace paroît d’un brun clairtachetéde jaune ?. Le plastron est moins duretpluscourtquelacarapace; ilest garni communément de vingt-trois ou vingt-quatre lames, disposées sur quatre rangs ?; et c’est à cause des deux bou-

1.« Le nombre des lames dans les tortues franches, varie suivant » les individus; mais il paroît cependant relatif à l'âge. » Note commuquée par M. le chevalier de Widerspech, officier au bataillon de la Guyane, et correspondant du Cabinet du Roi.

2. Mémoires manuscrits sur les tortues, rédigés par M. de Fougeroux de Bondarcy, de l’Académie des Sciences, et que ce savant académicien a bien voulu me communiquer.

5. Nous croyons devoir rapporter ici les dimensions d’une jeune tortue franche, qui n'avoit pas encore alteint tout son développement, et qui est conservée au Cabinet du Roi.

Dans cette tortue, ainsi que celles dont il sera question dans cet ouvrage, nous avons mesuré la longeur totale de l'animal , ainsi que

DE LA TORTUE FRANCHE. 67 cliers dont la tortue franche est armée, qu'on lui a donné le nom de Soldat dans certaines contrées! Les pieds de la tortue franche sont très allongés ; les doigts en sont réunis par une membrane ; ils ressemblent beaucoup à de vraies nageoires ; aussi lui servent-ils à nager bien plus souvent qu'à marcher, et lui donnent-ils une nouvelle conformité avec les poissons et avec les phoques qui habitent comme elle au milieu des eaux. Sans cette conformation, elle abandonneroit un élément où elle auroit trop de peine à frapper l’eau avec des pieds qui, présentant une trop petite surface, n’opposeroient à ce fluide presque aucune résistance : elle habiteroit sur la terre sèche, où elle marcheroit avec facilité comme les tortues de terre que l’on trouve au milieu des bois. Dans les pieds de derrière , le premier doigt, qui est le plus court, est le seul qui soit garni d’un ongle aigu et bien apparent; le second doigt l’est d'un ongle moins grand et plus arrondi, et les trois autres n'en présentent que de membraneux et peu sensi-

la longueur et la largeur de la carapace, en suivant la convexité de cette couverture supérieure.

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Longueur, depuis le bout du museau jusqu'a l’extrémité ñ postérienre de Jacarapace. .ÿ#,..1 0,0) ee cn oo Ponsreumdelaitétes ct AR ee pt Ne une Où TAC Larreuniderhaitetes 0 . 4... 4 A tt 0 9 9 Hongueur' de la 'éarapace. 2:15, Pro) ent. a 112 6 Largeur dellaicarapacé, 21: uit Le sie out 1.10 7 Longenr des patteside devant: 41.1. &..:. Aou 15 Pongenr desipattes de iderrières. 2. 4. . OO

Nous avons compté neuf côtes de chaque côté , dans cette jeune iortue.

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