‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 108 sur 188 · GES CAT ENPNEN EI CE NO NON TECH ONU · texte numérisé non relu

GES CAT ENPNEN EI CE NO NON TECH ONU

Longueur des pattes de derrière. : 7: . . . : . .. .. 0 g 9

Longueur du plus grand ongle. . 4. , . . . .,. . .: o o 8

par leur forme , à celles des lézards verts de nos provinces méridionales. Le museau, l’entre-deux des yeux et le tour des mâchoires, sont garnis de larges écailles très colorées, très unies et très luisantes: trois écailles plus larges que les autres sont placées de chaque côté de la tête, au dessous des oreilles; la plus grande des trois est ovale, et son éclat, semblable à celui des métaux polis, relève la beauté des couleurs de l’iguane ; les yeux sont gros; l’ouverture des oreilles est grande; des tubercules qui ont la forme de pointes de diainants sont placés au dessus des narines, sur le sommet de la tête el de chaque côté du cou. Une espèce de crêle, composée de grandes écailles saillantes, et qui, par leur figure, ressemblent un peu à des fers de lance, s'étend depuis la pointe de ja mâchoire inférieure, jusque sous la gorge, où elle garnit le devant d’une grande poche que l’iguane peut gonfler à son gré.

De petites écailles revêtent le corps, la queue et les pattes : celles du dos sont relevées par une arête.

La crête remarquable , qui s'étend, ainsi que nous l'avons dit, depuis le sommet de la tête jusqu’à l'extréinité de la queue, est composée d'écailles très lonsues, très aiguës, et placées verticalement; les plus hautes sont sur le dos, et leur élévation diminue insensiblement à mesure qu'elles sont plus près du bout de la queue, où on les distingue à peine.

La queue est ronde, au lieu d'être aplatie comme celle des crocodiles.

Les doigts sont séparés les uns des autres, au nombre de cinq à chaque pied, et garnis d'ongles forts et crochus; dans les pieds de devant, le premier

DE L'IGUANE. 2119 doigt ou le doigt intérieur n'a qu'une phalange ; le second en a deux, le troisième trois, le quatrième quatre , et le cinquième deux. Dans les pieds de derrière, le premier doigt n’a qu’une phalange ; le second en a deux, le troisième trois, le quatrième quatre, et le cinquième , qui est séparé comme un pouce, en a trois.

Au dessous des cuisses s'étend, de chaque côté, un cordon de quinze tubercules creux et percés à leur sommet comme pour donner passage à quelques sécrétions : nous retrouverons ces tubercules dans plusieurs espèces de lézards ; il seroit intéressant d'en connoître exactement l'usage particulier.

La couleur générale des iguanes est ordinairement verte, mêlée de jaune ou d’un bleu plus où moins foncé; celle du ventre, des pattes et de la queue, est quelquefois panachée; la queue de l'individu que nous avons décrit présentoit plusieurs couleurs disposées par bandes annulaires et assez larges ; mais les teintes de l’iguane varient suivant l’âge, le sexe et le pays.

Ce lézard est très doux; ilne cherche point à nuire ; il ne se nourrit que de végétaux et d'insectes. Il n’est cependant pas surprenant que quelques voyageurs aient trouvé son aspect effrayant, lorsque agité par la colère, et animant son regard, il a fait entendre son sifflement, secoué sa longue queue, gonflé sa

1. Nous nous en sommes assurés par l'inspection d'un grand nombre d'individus des deux sexes de différents pays et de différents âges , et c’est ce qui explique les différences que l'on trouve dans les descriptions que les voyageurs et les naturalistes ont données de l’iguane,

250 HISTOIRE NATURELLE gorge, redressé ses écailles, ét relevé sa tête hérissée de callosités.

La femelle de l’iguane est ordinairement plus petite que le mâle; ses couleurs sont plus agréables, ses proporlions plus sveltes; son regard est plus doux, et ses écailles présentent souvent l'éclat d’un très beau vert. Cette parure et cessortes decharmesneluiontpas été donnés en vain; on diroit que le mâle a pour elle üune passion très vive; non seulement, dès les premiers beaux jours de la fin de l'hiver, il la recherche avec empressement, mais il la défend avec fureur. Sa tendresse change son naturel; la douceur de ses mœurs, cette douceur si grande, qu'elle a été comparée à la stupidité , fait place à une sorte de rage. Il s'élance avec hardiesse, lorsqu'il craint pour l’objet qu'il aime ; il saisit avec acharnement ceux qui approchent de sa femelle; sa morsure n’est point venimeuse; mais, pour lui faire lâcher prise, on est obligé de le tuer ou de le frapper violemment sur les parines!1.

C’est environ deux mois après la fin de l’hiver que les iguanes femelles descendent des montagnes ou sortent des bois, pour aller déposer leurs œufs sur le sable du bord de la mer. Ces œufs sont presque toujours en nombre impair; depuis treize jusqu’à vingtcinq. Ils ne sont pas plus gros, mais plus longs que ceux de pigeons; la coque en est blanche et souple, comme celle des œufs des tortues marines , auxquels ils ressemblent plus qu’à ceux des crocodiles. Le

1. Catesby, Histoire naturelle de ia Caroline, vol. IE, page 64.

DE L'IGUANE. 251 dedans en est blanchâtre et sans glaire. IIs donnent, disent la plupart des voyageurs qui sont allés en Amérique , un excellent goût à toutes les sauces, et valent mieux que ceux de pétiless

L’iguane , suivant plusieurs auteurs, a de la peine à nager, quoiqu il fréquente de préférence les rivages de la mer ou des fleuves. Catesby rapporte que lorsqu'il est dans l’eau. il ne se conduit presque qu'avec la queue, et qu’il tient ses pattes collées contre son Cote Cela s'accorde fort bien avec Ja difficulté qu'il éprouve pour se mouvoir au milieu des flots; et cela ne montre-t-il pas combien les quadrupèdes ovipares, dont les doigts sont divisés, nagent avec peine, ainsi que nous l'avons dit, et combien cette conformation influe sur nature de leurs habitudes?

Dans le printemps, les iguanes mangent beaucoup de fleurs et de feuilles des arbres auxquels on a doniné le nom de Mahot, et qui croissent le long des rivières : ils se nourrissent aussi d’Anones, ainsi que de plusieu rs autres végétaux ?; et Catesby a remarqué que leur graisse prend la couleur des fruits qu'ils ont mangés les derniers ; ce qui confirme ce que j'ai dit des diverses couleurs que donne à la chair des tortues de mer l'aliment qu’elles préfèrent.

Les iguanes descendent souvent des arbres pour aller cherthez des vers de terre, des mouches et d’autres insectes ?.

1. Catesby, Histoire naturelle de la Caroline. 2. Catesby, à l'endroit déjà cité.

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