DE L'IGUANE
La stupidité que l’on à reprochée aux iguanes, ou plutôt leur confiance aveugle, presque toujours le partage de ceux qui ne font point de mal, va si loin, qu'il est très facile de les saisir en vie. Dans plusieurs contrées de l’Amérique, on les chasse avec des chiens dressés à les poursuivre ; mais on peut aussi les prendre aisément au piége!, Le chasseur qui va à la recherche du lézard, porte une longue perche, au bout de laquelle est une petite corde nouée en forme de lacs ?. Lorsqu'il découvre un iguane étendu sur des branches, et s’y pénétrant de l’ardeur du soleil, il commence à sifller : le lézard, qui semble prendre plaisir à l’entendre, avance la tête; peu à peu le chasseur s’approche, et, en continuant de siffler, il chatouille avec le bout de sa perche les côtés et la gorge de l'iguane, qui non seulement souffre sans peine cette sorte de caresse, mais se retourne doucement, et paroît en jouir avec volupté. Le chasseur le séduit, pour ainsi dire, en sifflant et en le chatouillant, au point de l’engager à porter sa tête hors des branches, assez avant pour embarrasser son cou dans le lacs : +ussitôt 1l lui donne une violente secousse, qui le fait bmber à terre; il le saisit à l’origine de la queue, il lui met un pied sur le corps ; et ce qui prouve bien que lastupidité de l’iguane n'est pas aussi grande qu’on le dit, c'est que lorsque sa confiance est trompée, et qu'I se sent pris, il a recours à la force, dont il n'avoit pas voulu user. Il s'agite avec violence : il ouvre la guerle ; 1l roule des yeux étincelants ; il sonfle sa gorge : mais ses efforts sont inutiles ; le chasseur, en