Vyages du Père Labat en Afrique et en Amérique
le tenant sous ses pieds, et en l’accablant du poids de tout son corps, parvientbientôt à lui attacherles pattes, et à lui lier la gueule, de manière que ce malheureux animal ne puisse ni se défendre ni s’enfuir!. Or:peut le garder plusieurs jours en vie sans lui donner aucune nourriture? ; la contrainte semble d'abord le révolter : il est fier ; it paroît méchant; mais bientôt il s’apprivoise ; il demeure dans les jardins; il passe même la plus grande partie du jour ans les appartements ; il court pendant la nuit, parce que ses yeux, comme ceux des chats, peuvent se dilater de manière que la plus foible lumière Jui suffise, et parce qu’il prend aisément alors les insectes dont il se nourrit. Quand il se promène, il darde souvent sa langue; il vit tranquille ; il devient familier*. On ne doit pas être surpris de l’acharnement avec lequel on poursuit cet animal doux et pacifique qui ne recherche que quelques feuilles inutiles ou quelques insectes malfaisants, qui n’a besoin pour son