‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 119 sur 188 · DU PORTE-CRÈTE · texte numérisé non relu

DU PORTE-CRÈTE

crête est verdâtre, avec des raies noires, et le ventre blanchâtre!. Le mâle diffère de la femelle par une crête beaucoup plus élevée, et par des couleurs plus vives.

Ce lézard n’est pas seulement beau ; il est assez grand, puisqu'il a quelquefois trois ou quatre pieds de long; sa gueule et ses doigts sont bien armés; son dos et sa queue présentent une sorte de défense ; ses pieds, conformés de manière à lui permettre de grimper sur les arbres, laissent moins de ressources à sa proie pour lui échapper; sa tête, tuberculeuse et garnie de grandes écailles, paroît être à l’abri des blessures ; d’après tous ces attributs, on croiroit que le porte-crête est vorace, carnassier et dangereux pour plusieurs petits animaux. Mais nous avons encore ici un exemple de la réserve avec laquelle on doit juger de l’ensemble du naturel, d’après les caractères particuliers de la conformation extérieure, tant l’organisation interne, et même un concours de circonstances locales plus ou moins constantes, agissent quelquefois avec force sur les habitudes.

Le porte-crête habite de préférence sur le bord des grands fleuves ; mais ce n’est point en embuscade qu'on l'y trouve : il ne fait point la guerre aux animaux plus foibles que lui; il se nourrit tout au plus de quelques petits vers ; il passe tranquillement sa vie sur les rives peu fréquentées ; il dépose ses œufs sur les bancs de sable et les petites îles, comme s’il cherchoit à les y mettre en sûreté; il grimpe sur les arbres qui s'élèvent au bord de l’eau, et y cherchent

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