‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 118 sur 188 · LE PORTE-CRÈTE · texte numérisé non relu

LE PORTE-CRÈTE

Basilicus amboinensis, Dauv., Merr., F1rz. — Lacerta amboinensis, SCHLOSSER.

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Nous conservons à ce lézard le nom de Porte-crête, qui lui a été donné par M. Daubenton. Cet animal présente en effet une crête qui s'étend depuis la tête jusqu’à l’extrémité de la queue. Le plus souvent elle est composée sur le dos de soixante-dix petites écailles plates, longues et pointues ; et, à l'origine de la queue, elle s'élève et représente une nageoire très longue, très large, formée de quatorze ou quinze rayons cartilagineux, et garnie à son bord supérieur de petites écailles aiguës, penchées souvent en arrière. C’est dans Pile d'Amboine et dans l’île de Java? qu’on trouve le portecrête. M. Schlosser est le premier naturaliste qui en

1. Bin jawacok jangur eckor, par les Malaies, suivant M. Hornstedl.

Le Porte-crête. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique.

Lacerta amboinensis. Schlosser, de Lacerta amboïinensi, Amsterdam, 1778, in-4°. (L'individu , décrit par M. Schlosser, fut acheté par feu M. le baron de Géer, et appartenoït, en i585 , à l’Académie de Stockholm., )

2. M. Hornstedt. Mémoires de l’Académie des Sciences de Stockholm , année 1785, irim. 2, page 150.

ait parlé!. Ce lézard est dans l’Asie le représentant du basilic qui habite le nouveau continent ; il a aussi de grands rapports avec la dragonne et les autres grands lézards à queue comprimée, dont le dos paroît dentelé, en ce que sa tête est presque quadrangulaire, aplatie, revêtue de tubercules et de grandes écailles : il a les yeux grands, et les narines élevées ; les ouvertures des oreilles laissent voir la membrane nue du tympan ; le dessous de la tête présente une sorte de poche aplatie et très plissée, à laquelle on a donné le nom de collier. La langue est épaisse, charnue et légèrement fendue ; les dents sont serrées, pointues, et d'autant plus grandes qu’elles sont plus éloignées du devant des mâchoires, où l’on en rencontre huit en haut et six en bas, arrondies, courtes, aiguës, tournées obliquement en dehors, et séparées par un petit intervalle, des plus grosses et des molaires?. Le portecrête en a ainsi de deux sortes, comme la dragonne à laquelle il ressemble encore par la forme et la disposition des doigts.

Les cinq doigts de chaque pied sont garnis d’ongles, et présentent de chaque côté un rebord aigu, dentelé comme une scie. La queue est près de trois fois plus longue que le corps. La couleur de la tête et du collier est verdâtre, avec des lignes blanches; la crête et le dos sont d’un fauve plus ou moins foncé ; le ventre est d’un gris blanchâtre , et chaque côté du corps présente des taches ou bandes blanches. qui s'étendent jusque sur les pieds; il paroît que, dans plusieurs individus, la couleur générale du porte-

1. Schlosser, ouvrage déjà cité. >. M. Hornstedt. Mémoires, à l'endroit déjà cité.

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