Catesby, à l'endroit déjà cité
per. Les œufs qu'ils pondent sont de la grosseur d’un pois; ils les couvrent d'un peu de terre, et la chaleur du soleil les fait éclore. Ils sont si familiers, qu'ils entrent hardiment dans les appartements ; ils courent même partout silibrement, et sont si peucraintifs, qu’ilsmontent sur les tables pendant les repas ; et s’ils aperçoivent quelque insecte , ils sautent sur lui, et passent, pour l'atteindre , jusque sur les habits des convives ; mais ils sont si propres et si jolis, qu'on les voit sans peine traverser les plats et toucher les metst. Rien ne manque donc au lézard gobe-mouche pour plaire : parure, beauté, agilité, utilité, patience, industrie, il a tout reçu pour chärmer l'œil et intéresser en sa faveur. Mais il est aussi délicat que richement coloré; il ne se montre que pendant l'été aux latitudes un peu élevées, et il y passe la saison de l'hiver dans des crevasses et des trous d'arbres où il s’engourdit?. Les jours chauds et sereins qui brillent quelquefois pendant l'hiver , le raniment au point de le faire sortir de sa retraite; mais le froid revenant tout d’un coup le rend si foible, qu'il n’a pas la force de rentrer dans sou asile, et qu'il succombe à la rigueur de la saison. Quelque agile qu’il soit, il n'échappe qu'avec beaucoup de peine à la poursuite des chats et des oiseaux de proie. Sa peau ne peut cacher entièrement Îles altérations intérieures qu'il subit; sa couleur change comme celle du caméléon, suivant l’état où il se trouve, ou, pour mieux dire, suivant la température qu'ii éprouve. Dans un jour chaud, il est d’un vert brillant; et si le lendemain il fait froiu, il paroît 1. Raï, à l'endroit déjà cité.