‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 131 sur 188 · M. Linnée · texte numérisé non relu

M. Linnée

qu'ils en rencontrent, de les couper par morceaux !; et s'ils les laissent échapper, ils redoutent si fort le pouvoir des divinités dont ils les regardent comme ies représentants, qu’à chaque instant ils croient qu'ils vont mourir, et meurent même quelquefois, disent quelques voyageurs , à force de le craindre.

On trouve, aux environs de Paris, une variété du lézard vert, distinguée par une bande qui règne depuis le sommet de la tête jusqu’à l'extrémité de la queue, et qui s'étend un peu au dessus des pattes, surtout de celles de derrière. Cette bande est d’un gris-fauve , tachetée d’un brun foncé, parsemée de points jaunâtres, et bordée d’une petite ligne blanchâtre. Nous avons examiné deux individus vivants de cette variété; ils paroïssoient jeunes, et cependant ils étoient déjà de la taille des lézards gris qui ont atteint presque tout leur développement.

En Italie, on a donné au lézard vert le nom de Stellion, que l’on a aussi attribué à la salamandre terrestre, ainsi qu'à d’autres lézards. C’est à cause des taches de couleurs plus ou moins vives, dont est parsemé le dessus du corps de ces animaux, et qui les font paroître comme étoilés, qu'on leur a transporté un nom que nous réservons uniquement avec M. Linnée , et le plus grand nombre des naturalistes, à un lézard d'Afrique, très différent du lézard vert, et qui a toujours été appelé Stellion ?.

1. Troisième Voyage du capitaine Cook , traduit de l’anglois. Paris, 1782, page 478.

2. On trouve, dans la description du muséum de Kircher, une notice et une figure relatives à un lézard pris dans un bois des Alpes, et appelé Stellion d'Italie, qui nous paroit être une variété du lézard

Nous plaçons ici la notice d’un lézard! que l’on rencontre en Amérique, et qui a quelques rapports avec le lézard vert. Catesby en a parlé sous le nom de lézard vert de la Caroline ; Rochefort, et après lui Rai, l'ont désigné par celui de Gobe-mouche. Ce joli petit animal n’a guère plus de cinq pouces de long?; quelques individus même de cetle espèce, et les femelles surtout, n'ont que la longueur et la grosseur du doigt; mais, s’il est inférieur par sa taille à notre lézard vert, il ne lui cède pas en beauté. La plupart de ces gobe-mouches sont d’un vert très vif; il y en a qui paroissent éclatants d’or et d'argent; d’autres sont d’un vert doré, ou peints de diverses couleurs aussi brillantes qu’agréables. Ils deviennent très utiles en délivrant les habitations des mouches, des ravets et des autres insectes nuisibles. Rien n’approche de l’industrie , de la dextérité, de l’agilité avec lesquelles ils les cherchent, les poursuivent et les saisissent. Aucun animal n'est plus patient que ces charmants petits lézards : ils demeurent quelquefois immoebiles pendant une demi-journée, en attendant leur proie ; dès qu'ils la voient , ils s’élancent comme un trait, du haut des arbres, où ils se plaisent à grim-

vert. Rerum naturalium Historia, existentium in musæo Kirkeriano. Rome, 1775, page 4o. Stellion d'Italie.

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