Voyez l’article du Gottreux
3. « Les habitants de la Sardaigne donnent à un même lézard le » nom de Tiliguerta et celui de-Caliscertula..….. Il paroît être une es- » pèce de lézard vert, car il est, comme ce dernier lézard, d’un vert » éclatant, mais relevé par des taches noires, et par des raies de la » même couleur, qui s'étendent le long du dos... La face intérieure » des cuisses présente une rangée de tubercules, ainsi que dans le lé-
présume que ce tiliguerta est une espèce nouvelle, intermédiaire entre ces deux lézards; il nous paroît
» zard vert; il a cinq doigts et cinq ongles à chaque pied. Une diffé- » rence remarquable le distingue cependant d’avec le lézard vert dé- » crit par les auteurs; ils attribuent à ce dernier lézard une queue de » la longueur du corps, mais le tiliguerta à la queue bien plus éten- » due ; elle est deux fois aussi longue que le corps de l'animal ; et c’est » ce que j'ai trouvé dans tous les lézards de cette espèce que j'ai me- » surés. À la vérité, les lézards verts ont, pour ainsi dire, une grande » vertu productrice dans leur queue; s'ils la perdent, elle se renouvelle, » et si elle est partagée par quelque accident, chaque portion devient » bientôt une queue entière. Il se pourroit donc que l'excès de la » queue du tiliguerta sur celle du lézard vert ordinaire, ne fût pas » une marque d'une diversité d'espèce, et dût être seulement attribué » à l'influence du climat de la Sardaigne. Mais, d'un autre côté, com- » ment regarder la longueur de la quene du tiliguerta comme un » attribut accidentel, puisque les naturalistes font entrer dans les ca- » ractères spécifiques des différents lézards, la diverse longueur de la » queue relativement à celle du corps ? Ceux qui ont décrit, par exem- » ple, le lézard vert d'Europe, l'ont caractérisé, ainsi que nous l’avons » vu, en disant que sa queue est aussi longue que le corps; et ceux » qui décrivent un lézard d'Amérique nommé Ameiva par Linnée , le » caractérisent par la longueur de sa queue , trois fois plus considé- » rable que celle du corps du lézard... Le tiliguerta n'est donc pas » un lézard vert, quoiqu'il lui ressemble beaucoup ; et ceux qui vou- » dront le décrire, devront le désigner par la phrase suivante, lézard » à queue menue deux fois plus longue que le corps. L’améiva a été dési- » gné par les mêmes expressions dans les Aménités académiques... » L'on pourroït done soupçonner que le tiliguerta de Sardaigne est de » la même espèce que l'améiva du Nouveau-Monde : il ne seroit pas » surprenant en effet de rencontrer, en Europe, un animal qu'on a » cru particulier au continent de l'Amérique... Maïs, outre que l’on » peut soupçonner, d’après la description de Gronovius, l’exactitude » de celle que l’on trouve dans les Aménités académiques, on ne » doit pas croire le tiliguerta de la même espèce que l’améiva , si l'on » considère le nombre des bandes écailleuses qui garnissent le ventre » de ce dernier lézard , ainsi que celui du tiliguerta. Le nombre de ces » bandes n'est pas eu effet le même dans ces deux animaux. Le üili- » guerla ressemble denc beaucoup à l’améiva , aïnsi qu'au lézard vert,
DU LÉZARD VERT. 209 cependant, d’après ce qu'en dit cet habile naturaliste, qu'on pourroit le regarder comme une variété du lézard vert, s’il a au dessous du cou une espèce de demi-collier composé de grandes écailles, ou comme une variété de l’améiva, s’il n’a point ce demi-collier.
» quoiqu'il ne soit ni l’un ni l’autre : c’est une espèce particulière dont » il convient d'augmenter la liste des lézards, et qu'il faut placer » parmi ceux que M. Linnée a désignés par le caractère d’avoir la » queue verticillée ( cauda verticillata ).
» Le tilliguerta est aussi innocent que le lézard vert ; il habite parmi » les gazons, ainsi que sur les muraïlles que l’on trouve dans la cam- » pagne…... Il est très commun en Sardaigne; et il y est même en » beaucoup plus grand nombre que le lézard vert en Italie. » Extrait de l'Histoire naturelle des amphibies et des poissons de la Sardaigne, pär M. François Cetti. Sassari, 1777, page 15.
Il est important d'observer que la longueur de la queue des lézards, sa ferme étagée ou verticillée, ainsi que le nombre des bandes écailleuses qui recouvrent le ventre de ces animaux, sont des caractères variables ou sans précision ; nous nous en sommes convaincus par l’inspection d’un grand nombre d'individus de plusieurs espèces; aussi n'avons-nous pas cru devoir les employer pour distinguer les divisions des lézards l’une d’avec l’autre ; nous ne nous en sommes servis pour la distinction des espèces, que lorsqu'ils ont indiqué des différences très considérables; et d’ailleurs nous n'avons jamais assigné à la rigueur telle ou telle proportion, ni tel ou tel nombre pour une marque constante d'une diversité d'espèce, et nous avons déterminé au contraire rigoureusement et avec précision, la forme et l’arrangement des écailles
de la queue.
{ ÉDEDE F y LACLPEDE. TI 15
380 30 8680 309039809950 598060 Ba 60 59606020 0D9 BOL ESF 3080 F6 80 8040 0 H0 CES HO PS DOTE. SE
LE CORDYLE”.
Zonurus Cordylus, Merr. — Lacerta Cordylus, Linx., Firz. — Cordylus verus, Laur. — Le Corbyze, Cuv.
On trouve en Afrique et en Asie un lézard auquel Linnée a appliqué exclusivement le nom de Cordyle, qui lui a été donné par quelques voyageurs, mais dont on s’est aussi servi pour désigner la dragonne, ainsi que nous l'avons dit. Il paroît qu'il habite quelquefois dans l’Europe méridionale, et Raï dit l'avoir rencontré auprès de Montpellier?. Nous allons le décrire d’aprèsles individus conservés au Cabinet du Roi.
La tête est très aplatie, élargie par derrière, et triangulaire ; de grandes écailles en revêtent le dessus et les côtés; les deux mâchoires sont couvertes d’un double rang d’autres grandes écailles , et armées de très petites dents égales, fortes et aiguës.
Les trous des narines sont petits; les ouvertures des