‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 153 sur 188 · Tertullien · texte numérisé non relu

Tertullien

DU CAMÉLÉON. 923 pire, et de le faire glisser entre les muscles et la peau. Cette propriété de filtrer ainsi l'air de l’atmosphère au travers de ses poumons, et ce gonflement de tout son corps, que le caméléon peut produire à volonté, doivent le rendre beaucoup plus léger, en ajoutant à son volume sans augmenter sa inasse. Il peut plus facilement, par là, s'élever sur les arbres, et y grimper de branche en branche : et ce pouvoir de faire passer de l'air dans quelques parties de son corps, qui lui est commun avec les oiseaux, ne doit pas avoir peu contribué à déterminer son séjour au milieu des forêts. Les caméléons gonflent aussi leurs poumons, qui sont composés de plusieurs vésicules, ainsi que ceux d’autres quadrupèdes ovipares. Cette conformation explique les contradictions des auteurs qui ont disséqué ces animaux, et qui leur ont attribué les uns de petits et d’autres de grands poumons, comme Pline et Bélon. Lorsque ces viscères sont flasques, plusieurs vésicules peuvent échapper ou paroître très petites aux observateurs, et elles occupent au contraire un si grand espace, lorsqu'elles sont soufflées, qu'elles couvrent presque entièrement loutes les parties intérieures ?.

Le battement du cœur du caméléon est si foible , que souvent on ne peut le sentir qu’en mettant la main au dessus de ce viscère.

Cet animal, ainsi que les autres lézards, peut vivre

1. Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des animaux, article du Caméléon, page 30.

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