Hasselquist. Voyage en Palestine , page
2. « Chamæleonis color verus cinereus est, sed juxla animi affectus : quandoque cum calore calorem mutat, ut et ratione calidioris vel » frigidioris aeris, non vero subjecti, ut quidam volunt. » Wormi. mus. de Pedestribus, cap. XXII, fol. 516.
DU CAMÉLÉON. 921 lorsqu'on le manie, lorsqu'il est exposé à la lumière du soleil très chaud dans les climats qu'il habite : elles deviennent au contraire plus foibles lorsqu'il est à l'ombre, c’est-à-dire privé de l'influence des rayons solaires, lorsqu'il est en repos, etc. Si ces couleurs se ternissent quelquefois lorsqu'on l'enveloppe dans du linge ou quelque étoffe, c’est peut-être parce qu'il est refroidi par les linges ou par l’étoffe dans lesquels on le plie. Il pâlit toutes les nuits, parce que toutes les nuits sont plus ou moins fraîches, suriout en France, où ce phénomène a été observé par M. Perrault. Îl blanchit enfin lorsqu'il est mort, parce qu'alors toute chaleur intérieure est éteinte.
La crainte, la colère et la chaleur qu’éprouve le caméléon, nous paroissent donc les causes des diverses couleurs qu’il présente, et qui ont été le sujet de tant de fables,
Il jouit, à un degré très éminent, du pouvoir d’enfler les différentes parties de son corps, de leur donner par là un volume plus considérable, et d’arrondir ainsi celles qui seroient naturellement comprimées.
C’est par des mouvements lents et irréguliers, et non point par des oscillalions régulières et fréquentes, que le caméléon se gonfle : il se remplit d’air au point de doubler son diamètre; son enflure s'étend jusque dans les pattes et dans la queue : il demeure dans cet état quelquefois pendant deux heures, se désenflant un peu de temps en temps, et se renflant de nouveau; mais sa dilatation est toujours plus soudaine que sa compression.
1. Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des animaux; article du Caméléon , pages 48 et suiv.
Le caméléon peut aussi demeurer très long-temps désenflé ; il paroît alors dans un état de maigreur si considérable, que l’on peut compter ses côtes, et que l'on distingue les tendons de ses pattes et toutes les parties de l’épine du dos.
C'est du caméléon dans cet état, que l’on a eu raison de dire qu'il ressembloit à une peau vivante; car en effet il paroît alors n'être qu'un sac de peau, dans lequel quelques os seroient renfermés ; et c’est surtout lorsqu'il se retourne, qu'il a cette apparence.
Mais il en est de cette propriété de s’enfler et de se désenfler, comine de toutes les propriétés des animaux, des végétaux, et même de la matière brute ; aucune qualité n’a été, à la rigueur, accordée exclusivement à une substance; ce n’est que faute d’observalions que l’on à cru voir des animaux, des végétaux où des minéraux, présenter des phénomènes que d’autres n'offroient point. Quelque propriété qu'on remarque dans un être, on doit s'attendre à la trouver dans un autre, quoique, à la vérité, à un degré plus haut ou plus bas; toutes les qualités, tous les effets se dégradent ainsi par des nuances successives, s’évanouissent , ou se changent en qualités et en effets opposés. Et, pour ne parler que de la propriété de se gonfler, presque toutes les quadrupèdes ovipares, et particulièrement les grenouilles, ont la faculté de s’enfler et de se désenfler à volonté; mais aucun ne la possède comme le caméléon. M. Perrault paroît penser qu'elle dépend du pouvoir qu'a ce lézard de faire sortir de ses poumons l'air qu'il res-