‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 180 sur 188 · LE ROUGE-GORGE · texte numérisé non relu

LE ROUGE-GORGE

Anolis bullaris, Meur., Frrz. — Anozis DE LA Caro- LINE, Cuv. — Zguana bullaris, Larr. — Anolis punctatus, Daun.

LE Rouge-Gorge que l’on voit à la Jamaique , dans les haies et dans les bois, est ordinairement long de six pouces, et de couleur verte; il a au dessous du cou une vésicule globuleuse qu'il gonfle très souvent, particulièrement lorsqu'on l'attaque ou qu’on l’effraie , et qui paroît alors rouge ou couleur de rose. Il n’a point de bandes transversales sur le ventre : la queue est ronde et longue. Sa parure est, comme l’on voit, assez jolie; et c’est avec plaisir qu'on doit regarder l’agréable mélange du beau vert du dessus de son corps avec le rose de sa gorge.

1. Le Rouge-Gorge. M. Daubenton , Encyclopédie méthodique. Lacerta bullaris , 32. Linn., Amph. rept.

Catesby, Car. 2, tabula 66. Läcerta viridis jamaicensis.

me EPOPTEOPESL TOGETHER TES EEESEPETES

LE GOITREU X.

Anolis lineatus, Daun., MErr. — ANozis RAYÉ, Cuv.

LE Goîtreux, qui habite au Mexique et dans l’Amérique méridionale, présente de belles couleurs, mais moins agréables et moins vives que celles du Rouge- Gorge. Il est d'un gris pâle , relevé sur le corps par des taches brunes, et sur le ventre par des bandes d’un gris foncé. La queue est ronde, longue, annelée, d’une couleur livide et verdâtre à son origine. Il a vers la poitrine une espèce de goître dont la surface est couverte de petits grains rougeâtres, et qui s'étend en avant en s’arrondissant , et en formant une très grande bosse.

Ce lézard est fort vif, très leste, et si familier, qu'il se promène sans crainte dans les appartements, sur les tables , et même sur les convives. Son attitude est gracieuse , son regard fixe ; il examine tout avec une sorte d'attention ; on croiroit qu'il écoute ce que l'on dit. Il se nourrit de mouches, d'araignées et

1. Le Goitreux. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique. Lacerta strumosa, Linn., Amphibia reptilia.

Séba, mus. 2, tabula 20, fig. 4. Salamandra mexicana strumosa.

LE GOITREUX. 395 d’autres insectes, qu'il avale tout entiers. Les goitreux grimpent aisément sur les arbres ; ils s’y battent souvent les uns contre les autres. Lorsque deux de ces animaux s'attaquent, c’est toujours avec hardiesse; ils s’avancent avec fierté: ils semblent se menacer en agitant rapidement leurs têtes; leur gorge s’eufle ; leurs yeux étincellent ; ils se saisissent ensuite avec fureur, et se battent avec acharnement. D’autres goîireux sont ordinairement spectateurs de leurs combats, et peut-être ces témoins de leurs efforts sont-ils les femelles qui doivent en être le prix. Le plus foible prend la fuite : son ennemi le poursuit vivement, et le dévore s’il l’atteint; mais quelquefois il ne peut le saisir que par la queue, qui se rompt dans sa gueule, et qu'il avale , ce qui donne au lézard vaincu le temps de s'échapper.

On rencontre plusieurs goîtreux privés de queue ; il semble que le défaut de cette partie influe sur leur courage, et même sur leur force : ils sont timides, foibles et languissants; il paroît que la queue ne repousse pas toujours, et qu'il se forme un calus à l'endroit où elle a été coupée.

Le P. Nicolson, qui a donné plusieurs détails relatifs à l’histoire naturelle du goîtreux , l’appelle 4nolis, nom que l’on a donné à l’améiva et à notre roquet : mais la figure que le P. Nicolson a publiée, prouve que le lézard dont il a parlé est celui dontil est question dans cet article.

1. Essai sur l'Histoire naturelie de Saint-Domingue , par le P. Nicolson , Paris. 1776, section 5, page 350.

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LE TÉGUIXIN:

Teius Monitor, Merr. — Monitor Teguixin, Frrz. — Lacerta Teguixin, Lin. — Seps marmoratus .

Laur. — Tupinambis Monitor, DAuD. — Le Sauve- GARDE D'AMÉRIQUE , Cuv.

LA couleur de ce lézard est blanchâtre, tirant sur le bleu, diversifiée par des bandes d’un gris sombre, et semée de points blancs et ovales. Son corps présente un très grand nombre de stries. La queue se termine en pointe; elle est beaucoup plus longue que le corps ; les écailles qui la couvrent forment des bandes transversales de deux sortes, placées alternativement. Les unes s'étendent en arc sur la partie supérieure de la queue, que les autres bandes entourent en entier. Mais ce qui distingue particulièrement le Téguixin, c'est que plusieurs plis obtus et relevés règnent de chaque côté du corps, depuis la tête jus-

à. Le Téguixin. M. Daubenton , Encyclopédie méthodique.

Lacerta Teguixin, 54. Linn., Amphib. rept.

Séba 1. tab. 98, figure 5. Linnée a indiqué la première figure de ia planche 96 du même volume , comme représentant le Téguixin : mais elle représente évidemment le Tupinambis , que l'on a aussi appelé Téguixin. >

DU TÉGUIXIN. 367 qu'aux cuisses : on voit aussi trois plis sous la gorge. C’est au Brésil, suivant l’article de Séba, indiqué par Linnée, qu'on trouve ce lézard, dont le nom , OMRO PEUT. , r e ° Téguixin a été donné au Tupinambis par quelques auteurs!

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