‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 28 sur 188 · Browne, à l'endroit déjà cité · texte numérisé non relu

Browne, à l'endroit déjà cité

2. Mémoire de M. de la Coudrenière, Journal de Physique, novembre 1782.

3. Note communiquée par M. Morceau de Saïnt-Méry, procureur général au Conseil supérieur de Saint-Domingue. A 4. Browne, à l’endroit déjà cité.

DE LA CAOUANE. 101 tortues répandent, est exaltée dans la caouane, au point d’être fétide. Aussi cette tortue est-elle peu recherchée. Des navigateurs en ont cependant mangé sans peine? et l'ont trouvée très échauffante : on la sale aussi quelquefois, dit-on, pour l'usage des Nèores ?, tant on s'est empressé de saisir Loutes és ressources que la terre et la mer pouvoient offrir, pour accroître le produit des travaux de ces infortunés. L'huile qu'on retire des caouanes est fort abondante ; elle ne peut être employée pour les aliments, parce qu'elle sent très mauvais; mais elle est bonne à brûler; elle sert aussi à préparer les cuits, et à enduire les vaisseaux qu'elle préserve, dit-on, des vers, peutêtre à cause de la mauvaise odeur qu’elle répand. La caouane n'est donc point si utile que la Lortue franche : aussi a-t-elle été moins poursuivie , a-t-elle eu moins d'ennemis à craindre , et est-elle répandue en pius yrand nombre sur certaines mers. Naturellement plus vigoureuse que les autres tortues, elle voyage davantage : on l’a rencontrée à plus de huit cents lieues de terre, ainsi que nous l'avons déjà rapporté. D'ailleurs , se nourrissant quelquefois de poissons, elle est moins attachée aux côtes où croissent les algues. Elle rompt avec facilité dé grandes coquilles, dé grands buccins, pour dévorer l’animal qui y est contenu; et, suivant les pêcheurs de l'Amérique septentrionale, on trouve souvent de très grands coquillages, à demi brisés par la caouanef,

1. Note communiquée par M. le chevalier de Widerspach. 2. Browne, Histoire naturelle de ja Jamaïque, page 466. 5. Nouveaux Voyages aux îles de l'Amérique . tome 1. page 508. 4. Catesby, vol. IL, page 40.

LACÉDEDE, 11.

Il est quelquefois dangereux de chercher à la prendre. Lorsqu'on s'approche d'elle pour la retourner, elle se défend avec ses pattes et sa gueule; et il est très difficile de lui faire lâcher ce qu’elle a saisi avec ses mâchoires. Cette grande résistance qu’elle oppose à ceux qui veulent la prendre, lui a fait attribuer une sorte de méchanceté : on lui a reproché, pour ainsi dire, une juste défense : on a condamné l'usage qu'elle fait de ses armes pour sauver sa vie; mais ce n'est pas la première fois que ie plus fort a fait un crime au plus foible de ce qui a retardé ses jouissances ou mêlé quelques dangers à sa poursuite.

Suivant Catesby, on a donné le nom de Coffre à une torlue marine assez rare, qui devient extrêmement grande , qui est étroite, mais fort épaisse, et dont la couverture supérieure est beaucoup plus convexe que celle des autres tortues marines!. C'est certainement la même que la tortue dont Dampier ? fait sa première espèce, el que ce voyageur appelle Grosse-Tortue, tortue à bahut ou Coffre. Toutes deux sont plus grosses que les autres tortues de mer, ont la carapace plus relevée, sont de mauvais goût et répandent une odeur désagréable , mais fournissent une grande quantité d'huile bonne à brüler. Nous les plaçons à la suite des caouanes, auxquelles elles nous paroissent appartenir, jusqu'à ce que de nouvelles observations nous obligent à les en séparer.

1. Testudo arcuata, torluc appelée Coffre. Catesby, vol. IT, p. 40.

2. Histoire générale des Voyages , tome XLVIIT, pages 3/4 et suiv.

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