‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 31 sur 188 · Suivant Dampier, on n’en voit point dans a mer du Sud · texte numérisé non relu

Suivant Dampier, on n’en voit point dans a mer du Sud

108 HISTOIRE NATURELLE valeur qu'à ce qui étoit pour eux le signe d’une plus grande puissance et d’une domination plus étendue.

Le caret n'est point aussi grand que la tortue franche; ses pieds ont également la forme de nageoires, et sont quelquefois garnis chacun de quatre ongles. La saison de sa ponte est communément, dans l’Amérique septentrionale, en mai, juin et juillet; il ne dépose pas ses œufs dans le sable, mais dans un gravier mêlé de petits cailloux : ces œufs sont plus délicats que ceux des autres espèces de tortues, mais sa chair n'est point du tout agréable ; elle a même, diton, une forte vertu purgative!; elle cause des vomissements violents; ceux qui en ont mangé sont bientôt couverts de petites tumeurs, et attaqués d’une fièvre violente, mais qui est une crise salutaire lorsqu'ils ont assez de vigueur pour résister à l’activité du remède. Au reste, Dampier prétend que les bonnes ou mauvaises qualités de la chair de la tortue caret dépendent de l'aliment qu'elle prend, et par conséquent très souvent du lieu qu'elle habite.

Le caret, quoique plus petit de beaucoup que la tortue franche, doit avoir plus de force, puisqu'on l’a cru plus méchant; il se défend avec plus d’avantage lorsqu'on cherche à le prendre , et ses morsures sont vives et douloureuses; sa couverture supérieure est plus bombée, et ses pattes de devant sont, en proportion de sa grandeur, plus longues que celles des autres tortues de mer; aussi, lorsqu'il a été renversé sur le dos, peut-il, en se balançant, s’incliner

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