‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 50 sur 188 · DE LA MOLLE · texte numérisé non relu

DE LA MOLLE

qu’à soixante-dix livres. Une de celles que M. Garden avoit chez lui, pesoit de vingt-cinq à trente livres : ce naturaliste la garda près de trois mois, pendant lesquels il ne s’aperçcut pas qu'elle eût rien mangé d’un grand nombre de choses qu'on lui avoit présentées.

La carapace de cet individu avoit vingt pouces de long, el quatorze de large ; la couleur générale en étoit d’un brun foncé, avec une teinte verdâtre ; le milieu de cette couverture supérieure étoit dur, fort et osseux ; mais les bords, et particulièrement la partie postérieure étoient cartilagineux, mous, pliants, ressemblant à un cuir tanné, cédant aux impressions dans tous les sens, mais cependant assez épais et assez forts, pour défendre et garantir l’animal. Cette carapace étoit couverte vers la queue de petites élévations unies et oblongues, et vers la tête, d’élévations un peu plus grandes.

Le plastron étoit d’une belle couleur blanchâtre ; il étoit plus avancé de deux à trois pouces que la carapace, de telle sorte que, lorsque l'animal retiroit sa tête , il pouvoit la reposer sur la partie antérieure, qui étoit pliante et cartilagineuse. La partie postérieure du plastron étoit dure, osseuse, relevée et conformée de manière à représenter, selon M. Garden. une selle de cheval.

La tête éloit un peu triangulaire et petite, relativemernt à la grandeur de l'animal; elle s'élargissoit du côté du cou, qui éloil épais , iong de treize pouces et demi, et que la tortue pouvoit retirer facilement sous la carapace.

Les yeux étoient placés dans la partie antérieure LACÉPEDE. Il. 9

et supérieure de la tête, assez près l’un de l’autre ; les paupières étoient grandes et mobiles, la prunelle étoit petite, et l'iris entièrement rond , et d’un jaune très brillant , faisoit paroître les yeux très vifs. Cette tortue avoit une membrane clignotante , qui se fermait lorsqu'elle éprouvoit quelque crainte, ou qu’elle s’endormoit.

La bouche étoit située dans la partie inférieure de la tête, ainsi que dans les autres tortues : chaque mâchoire étoit d’un seul os : mais un des caractères les plus particuliers à cette tortue, étoit la forme et la position de ses narines. Le dessus de la mâchoire supérieure se terminoit par une production ceartilagineuse un peu cylindrique, longue au moins de trois quarts de pouce , ressemblant au groin d'une taupe, mais tendre, menue et un peu transparente; à l’extrémité de cette production étoient placées les ouvertures des narines qui s'ouvroient aussi dans Île palais.

Les pattes éloient épaisses et fortes ; celles de devant avoient cinq doiïists, dont'les trois premiers étoient plus forts, plus courts que les deux autres, et garnis d'ongles crochus. À la suite du cinquième doigt, étoient deux espèces de faux doigts, qui servoient à étendre une assez grande membrane qui les réunissoit tous. Les pattes de derrière étoient conformées de même, excepté qu'il n’y avoit qu’un faux doigt, an lieu de deux; elles étoient, ainsi que celles de devant, recouvertes d’une peau ridée, d’une couleur verdâtre et sombre. La tortue molle a beaucoup de force ; et comme elle est farouche , il arrive souvent que lorsqu'elle est attaquée, elle se lève sur ses

DE LA MOLLE. 55 pattes, s’élance avec furie contre son ennemi, et le mord avec violence.

La queue de l'individu apporté à M. Garden étoit grosse , large et courte. Cette tortue étoit femelle ; elle pondit quinze œufs, et on en trouva à peu près un pareil nombre dans son corps lorsqu'elle fut morte: ces œufs étoient parfaitement ronds et à pen près d’un pouce de diamètre.

La tortue molle est très bonne à manger; et l'on dit même que sa chair est plus délicate que celle de ja tortue franche.

Nous présumons qu'à mesure que l’on connoîtra mieux les animaux du nouveau continent, on retrouvera dans plusieurs rivières de l'Amérique, tant septentrionale que méridionale, la tortue molle que l’on a vue dans celles de la Caroline et de la Floride. Pendant que M. le chevalier de Widersbach, correspondant du Cabinet du Roï, étoit sur les bords de l’Oyapock dans l'Amérique méridionale, ses nègres lui apportèrent la tête et plusieurs autres parties d’une tortue d’eau douce qu'ils venoient de dépecer, et qu'il a cru reconnoître depuis dans la tortue molle, dont M. Pennant a publié la description.

DISOBRIIAOITEHOMEEABEPATAEEPEMITEBEPEDO D EBEHEO-MIE ET EBEHOT TE MES SG PETITS EDESTOEX Lo LA GRECQUE 4 X Q °

Testudo (Chersine) græca, Merr., Linn., ScHOpPrr. — Testudo (Chersine) marginata, Merr., Daur., SGHeEPrr.— T'estudo (Chersine) retusa, MErr. — Testudo indica , Sonnein., SCHEEPFF., GMEL.

OÙ

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