‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 111 sur 113 · Cagnot, dans plusieurs départements méridionaux · texte numérisé non relu

Cagnot, dans plusieurs départements méridionaux

Milandre, ibid.

Pal, dans quelques endroits de France et d'Italie.

Lamiola, dans d’autres contrées de l'Italie,

Tope, en Angleterre.

Chien de mer milandre, Broussonnet, Mémoires de l’Académie des Sciences, pour 1780.

Id. Daubenton, Encyclopédie méthodique.

Squalus galeus, Linnée, édition de Gmelin.

« Squalus näribus ori vicinis, foraminibus ad oculos, » Artedi, gen. 68, n. 9, syn. 97.

Chien de mer milandre, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Klein, miss. pisc. 5; p. 9, n. 5.

Arist., Hist. anim., lib. 6, cap. 11.

Canicula , Plin., Hist. mundi, lb, 1, cap. 46; et lib. 52, cap. zx,

280 HISTOIRE NATURELLE la Méditerranée, on l’a nommé Lamiola, c’est-à-dire petit requin. On n’a pas cru devoir le comparer à un animal moins grand. Le milandre a le museau aplati et allongé. Ses dents nombreuses, placées sur plusieurs rangs, et un peu inclinées vers l'angle de la gueule le plus voisin, ont une forme particulière qui seule peut faire distinguer ce cartilagineux de tous les autres poissons de sa famille : elles sont aplaties, triangulaires et dentelées, comme celles du requin ; mais elles présentent sur un de leurs bords verticaux une profonde échancrure qui y forme un grand angle rentrant, et dont les côtés sont dentelés. Nous avons fait graver la figure d’une grande mâchoire de milandre, qui fait partie de la collection du Muséum d'histoire naturelle , et dont les dimensions doivent faire supposer, dans le squale auquel elle a appartenu , au moins une longueur de plus de quatre mètres ( douze pieds trois pouces huit lignes }. C’est donc avec raison qu’on a rapproché ce squale du requin, sur l'échelle des grandeurs auxquelles parviennent les différentes espèces de son genre.

Le milandre a d’ailleurs la langue arrondie et assez large ; les narines placées près de l'ouverture de la

Canosa, Salv. Aquat., p. 192.

Gesn., Aquat., p. 167. Ice. anim., p. 144. Thierb., p. 80.

Milandre, Rondelet, première partie, liv. 15, chap. 4

Aldrov., pisc. p. 388.

Tonton pisc. p. 25, tab. 8, fig. 4.

Willughby, Ichth., p. 51, tab. B, 6, fig. 1.

Canis galeus, Ray., pise. p. 50, n. 5.

Tope, Pennant, Brit. Zocl. 5, p. 98, n. 45.

Milandre, Duhamel, Traité des pêches, part. 3, sect. 9, p. FT. pl. 20, fig. 1 et 2.

bouche , et en partie fermées par un lobale court; les évents très petits et d’une forme allongée; les nageoires pectorales longues, ei légèrement échancrées à leur extrémité.

La première nageoire dorsale est presque également éloignée de la base des pectorales et de celle des ventrales; et la seconde est située en partie au dessus et en partie au devant de la nageoïire de l’anus, qui est moins près de cette ouverture que de la nageoire de la queue.

Cette dernière nageoire est, au reste, divisée en deux lobes inégaux, et la peau est chagrinée, ou re-

vêtue de petits tubercules.

M. Broussonnet, qui a décrit un individu de cette espèce dans le port de Cette, assure, d’après le témoignage des marins, que la chair du milandre est très dure et répand une odeur très désagréable. On la fait cependant quelquefois sécher ; «mais l'abondance » et le bon marché de cet aliment, dit ce naturaliste, » peuvent seuls déterminer des pêcheurs affamés à » s’en nourrir. »

D'un autre côté, le milandre doit être moins fréquemment et moins vivement recherché que plusieurs autres squales, parce qu'on ne peut le pêcher qu'avec beaucoup de précautions. Il est en effet très fort et très grand; et n'étant pas très éloigné du requin par sa taille, il est, comme lui, très féroce, très sanguinaire et très hardi, Sa voracité et son audace lui font mème quelquefois oublier le soin de sa sûreté, au point de s’élancer hors de l’eau jusque sur la côte, et de se Jeter sur les hommes qui n’ont pas encore

quitte le rlvage. Nous croyons en consequence, €t LACÉPÈDE. V,. 25

avec Rondelet, que le milandre est le squale auquel Pline donne le nom de Canicula , et que cet éloquent écrivain peint avec des couleurs si vives, attaquant et immolant les plongeurs qu'il surprend OCCupés à la recherche du corail, des éponges, ou d’autres productions marines. C'est un combat terrible, selon Pline, que celui qu'il livre au plongeur dont il veut faire sa proie. Îlse jette particulièrement surles parties du corps qui frappent ses yeux par leur blancheur. Le seul moyen de sauver sa vie est d'aller avec courage au devant de lui, de lui présenter us fer aigu, et de chercher à lui rendre la terreur qu'il inspire. L'avantage peut être égal de part et d’autre, tant qu'on se bat dans le fond des mers : mais à mesure que le plongeur gagne la surface de l’eau, son danger augmente, les efforts qu'il fait pour s'élever s'opposent à ceux qu'il devroit faire pour s’avancer contre le squale, et son espoir ne peut plus être que dans ses compagnons, qui s’empressent de tirer à eux la corde qui le tient attaché. Sa main gauche ne cesse de secouer cette corde en signe de détresse, el sa droite, armée dufer, ne cesse de combattre. fl arrive enfin auprès de la barque son unique asile; et si cependant il n’est remonté avec violence dans ce bâtiment, et s’il n’aide lui-même ce mouvement rapide en se repliant en boule avec force et promiptitude, il est englouti par le milandre, qui larrache des mains mèmes de ses compagnons. En vain ont-ils assailli le squale à coups redoublés de tridents; le redoutable milandre sait échapper à leurs attaques, en plaçant son corps sous le vaisseau, et en n’avançant sa gueule ue pour dévorer l’infortuné plongeur.

Le milandre exerce son pouvoir secondaire, et néanmoins tmès dangereux, non seulement dans ia Méditerranée, mais encore dans l'Océan d'Europe, et dans plusieurs autres mers. Cette espèce est très répandue sur le globe; et dès lors la partie de sa dépouille la plus dificile à détruire, c’est-à-dire ses dents, ont dû se trouver fossiles dans plusieurs contrées de la terre, où, en effet, on les a rencontrées.

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LE SQUALE ÉMISSOLE"

Squalus Mustelus, Lacer., GMEL., BLainv. — Mustelus stellatus, Risso.

La forme des dents de ce poisson suffit pour le distinguer de tous ceux que nous avons compris avec

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