‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 27 sur 113 · NOIR · texte numérisé non relu

NOIR

ET

deur aussi considérable, puisqu'on n’en voit guère qui aient plus de quatre décimètres (environ quinze

Minoget, en Reue:

ba en Estonie.

Uchsa, id.

Silmad, id.

Natting, et neunogen , en Suède.

Lampern, et lamprey eel, en Angleterre.

Lamproie pricka, Daubenton , Encyclopédie méthodique.

Nun-oga, natting, Fauna suecica , p. 106. (Le nom vulgaire de nein-oga, neinauge, neuf yeux, que l’on donne dans presque tout le Nord aux pétromyzons ; ainsi que celui de jaatzmo unagi, huit yeux, dont on se sert dans le Japon pour ces mêmes änimaux, et de même que plusieurs autres noms analogues, doivent venir de quelque erreur plus ou moins ancienne, qui aura fait considérer comme des yeux les trous respiratoires que l'on voit de chaque côté du corps des pétromyzons , et que quelques auteurs ont indiqués comme étant au nombre de huit, et même de neuf. )

« Petromyzon unico crdine denticuloram minimorur in limbo oris » præter inferiores majores. » Artedi, gén. 64, syn. 89, spec. 99.

La petite lamproiïe, Bloch, part, 5, page 54, pl. 98, fig. 2.

La lamproie branchiale, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Petromyzon fluviatilis, steen sue, negen oyen, negen ogen, lamprette, Muller, prodrom., p. 57, n. 507.

Petromyzon, prick, negen oog, Gronov. mus. 1. page 64, n. 114. Zooph., page 58.

Mustela, Pline, liv. 9, chap. 17.

Mustela fluviatilis, Belon , Aquat., page 75.

Lampetra subcinerea, nuls carens , Salvian. Aquatil., page 62.

Lampetra, alterum genus, Gesner, Aquat., 597.

Lampreda, Icon. animalium, page 826.

Lampetra, medium genus, Wiilughby, Ichth., p. 106, tab. g fig. 1; et g. 5, fig. 2.

Lamnpetra, medium genus, Raï, Syn. piscium, p.25, n. 1.

Lampetra fluviatilis, Aldrovand, p. 587.

id., Jonston , p. 104, pl. 28, fig. 11.

Ïd., Schone, p- A1.

Id., Chariet, p. 159, n. 7.

pouces) de longueur, tandis qu’on a pêché des lamproies longues de deux mètres {six pieds, ou à peu près). D'ailleurs, les dents qui garnissent la bouche de la pricka ne sont ni en même nombre ni disposées de même que celles de la lamproie. On voit d’abord un seul rang de très petites dents placées sur la circonférence de l’ouverture de la bouche. Dans l’intérieur de ce contour , et sur le devant, paroît ensuite une rangée de six dents également très petites; de chaque côté, et dans ce même intérieur, sont trois dents échancrées; plus près de l'entrée de la bouche, on aperçoit sur le devant une dent ou un os épais et en croissant, et sur le derrière un os allongé, placé en travers, et garni de sept petites pointes; plus loin encore des bords extérieurs de la bouche, on peut remarquer un second os découpé en sept pointes; et enfin à une plus grande profondeur se trouve une dent ou pièce cartilagineuse.

De plus, la seconde nageoïre du dos touche celle de la queue, se confond avec cette dernière au lieu d’en être séparée comme dans la lamproie, présente un angle saillant dans son contour supérieur ; et enfin les couleurs de la pricka sont différentes de celles da pétromyzon lamproie. Sa tête est verdâtre, ses na-

Lampetra fluviatilis media, Schwenck, theriotr. siles, p. 532.

Jaatzme unagi, Kœmpfer, Voyage dans le Japon, tome I, p.156, pl. 12, fig. 2.

Minog , Rzaczynski, p. 154.

Lamproie, Fermin, Histoire naturelle de Surinam , p. 85.

The lever lamprey, Pennant, Brit. Zoolog., 5, p. 79, pl. 8. fig. 2.

Neunaugel, Marsigli , 4, p.2, tab. 1. fig. 4.

Petromyzon, Kramer, elenchus, pr. 585, n. 1.

Petromyzon, Klein , miss. pisc. 5, p. 29. n. 1, tab. 1, fig. 3.

DES POISSONS. 199 geoires sont violettes ; le dessus du corps est noirâtre, où d’un gris tirant sur le bleu ; les côtés présentent quelquefois une nuance jaune; le dessous du corps est d’un blanc souvent argenté et éclatant; etau lieu de voir sur le dos des taches plus où moins vives comme sur la lamproie, on y remarque de petites raies transversales et ondulantes.

Mais dans presque tous les autres points de la conformation extérieure et intérieure, les deux pétromyzons que nous comparons l'an avec l’autre ne paroissent être que deux copies d’un même modèle.

Les veux ont également, dans ies deux espèces, un iris de couleur d’or ou d'argent, et parsemé de petits points noirs, et sont également voilés par une membrane transparente, qui est une prolongation de la peau qui recouvre Ja tète,

Une tache blanchâtre ou rougeâtre paroît auprès de ia nuque de la pricka, comme auprès de celle de la lamproie.

Il ny a dans la pricka ni nageoires pectorales ni nageoires ventrales; celles du dossontsoutenues, comme dans la lamproie, par des cartilages très nombreux, assez rapprochés, qui se divisent vers leur sommet, et dont on ne peut bien reconnoître la contexture qu'après avoir enlevé la peau qui les recouvre.

La pricka à en outre tous ses viscères conformés comme ceux de la lamproie. Son cœur, son foie, ses ovaires, ses vésicules séminales, sont semblables à ceux de ce dernier poisson. Comme dans ce pétromyzon, le tube intestinal est sans appendices et presque sans sinuosités ; l'estomac est fort, musculeux,

et capable de produire, avec des sucs gastriques très actifs, les promptes digestions que paroît exiger un canal alimentaire presque droit. Et, pour terminer ce parallèle, le pétromyzon pricka respire, comme la lamproie, par quatorze petites bourses semblables à celles de ce dernier animal. Montrant d’ailleurs, comme ce cartilagineux, un nouveau rapport avec les animaux qui ont de véritables poumons, il fait correspondre des gonflements et des contractions alternaiifs d’une grande partie de son corps aux dilatations et aux compressions alternatives de ses organes respiratoires.

D'après tant de ressemblances, qui ne eroiroit que les habitudes de la pricka ont la plus grande conformité avec celles de la lamproie? Cependant elles diffèrent les unes des autres dans un point bien remarquable, dans lhabitation. La lamproie passe une grande partie de l’année , et particulièrement la saison de l'hiver, au milieu des eaux salées de l'Océan ou de la Méditerranée : la pricka demeure pendant ce même temps, et dans quelque pays qu'elle se trouve, au milieu des eaux douces des lacs de l’intérieur, des continents et des îles; et voilà pourquoi plasieurs naturalistes lui ont donné le nom de Fluviatile, qui rappelle l'identité de nature de l’eau des lacs et de celle des fleuves, pendant qu'ils ont appelé la lamproie le pétromyzon marin.

Nous n'avons pas besoin de faire remarquer de nouveau ici que, parmi les pétromyzons, ainsi que dans presque toutes les familles de poissons, les espèces marines, quoique très ressemblantes aux espè-

ces fluviatiles, sont toujours beaucoup plus grandes; et nous ne croyons pas non plus devoir replacer dans cet article les conjectures que nous avons déjà exposées sur la cause qui détermine au milieu des eaux de la mer le séjour d'espèces qui ont les plus grands caractères de conformité dans leur organisation extérieure et intérieure avec celles qui ne vivent qu’au milieu des eaux des fleuves ou des rivières?. Mais quoi qu’il en soit de ces conjectures, la même puissance qui oblige, vers le retour du printemps, les lamproies à quitter les plages maritimes, et à passer dans les fleuves qui y portent leurs eaux, contraint également, et vers la même époque, les pétromyzons prickas à quitter les lacs dans le fond desquels ils ont vécu pendant la saison du froid, et à s'engager dans les fleuves et dans les rivières qui s’y jettent ou en sortent. Le même besoin de trouver une teraptrature convenable, un aliment nécessaire, et un sol assez voisin de la surface de l’eau pour être exposé à l'influence des rayons du soleil, détermine les femelles des prickas, comme celles des lamproies, à préférer le séjour des fleuves et des rivières à toute autre habitation, lorsqu'elles sont pressées par le poids fatigant d’un très grand nombre d'œufs ; et l'attrait irrésistible qui contraint les mâles à suivre les femelles encore pleines, ou les œufs qu’elles ont pondus et qu'ils doivent féconder, agissant également sur les pétromyzons des lacs et sur:ceux de la mer, les pousse avec la même violence et vers la même saison dans les eaux courantes des rivières et des fleuves.

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