‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 52 sur 113 · LA RAIE COUCOU · texte numérisé non relu

LA RAIE COUCOU

Raia Cuculus, Lace».

C’est d’après des notes très bien faites, des dessins très exacts, ou des individus bien conservés, envoyés par le savant et zélé M. Noël de Rouen, que nous ferons connoître ces deux raies.

La raie museau-pointu a beaucoup de rapports avec l’oxyrinque; mais, indépendamment des traits véritablement distinctits de ces deux poissons, la première ne parvient guère qu'au poids de deux ou trois kilogrammes, pendant que l’oxyrinque pèse souvent jusqu’à douze ou treize myriagrammes. La couleur de cette même raie à museau pointu est d’un gris léger. J'ai recu de M. Noël deux individus de cette espèce, l’un mâle, et l’autre femelle. La femelle différoit du inâle par de petits aiguillons qu'elle avoit au dessous du museau et à la circonférence du corps.

La partie supérieure de la raie coucou est bleuätre, ou d’un brun fauve, et l’inférieure d’un blanc sale. L'ouverture de la bouche est petite; mais les orilices des narines sont grands, et l'animal peut les dilater d’une manière remarquable. On voit dans l’intérieur de la gueule, au delà des dents de la mâchoire supérieure, une sorte de cartilage dentelé, placé transversalement. Les raies coucous sont moins rares vers les côtes de Cherbourg qu’auprès de l’embouchure de la Seine. On en pèche du poids de quinze kilogranimes. Le tissu de leur chair est très serré. La forme de leurs dents, qui sont aiguës, ne permet pas de les confondre avec les raies aigles, ni avec les pastenagues, malgré les grandes ressemblances qui les en rapprochent.

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LA RAIE MIRALET”.

Raia Miraletus, Ronp., GMEL., LACEr.

Cgrre raie, que l’on trouve dans la Méditerranée, présente un assez grand nombre d’aiguillons ; mais ils

1. Mirallet, sur quelques côtes françoïses de la Méditerranée.

Barracol, sur quelques bords de la mer Adriatique, et particulièrement à Venise.

Arzilla, à Rome.

Miraillet, Daubenton, Encyclopédie méthodique.

DES POISSONS. 295 sont disposés d’une manière différente de ceux que l’on observe sur la batis et l’oxyrinque. Premièrement de petits aiguillons sont disséminés au dessus et souvent au dessous du museau. Secondement on en voit : de plus grands autour des yeux, et la queue en montre trois longues rangées. Quelquefois on en compte deux grands, et isolés sur la partie antérieure de la ligne du dos, et assez près des yeux; et quelquefois aussi les deux rangées extérieures que l’on remarque sur la queue ne s'étendent pas, comme le rang du milieu , jusqu'à l'extrémité de cette partie. Chacune de ces rangées latérales est aussi, sur quelques individus , séparée du rang intérieur par une suite longitudinale de piquants plus courts et plus foibles ; ce qui produit sur la queue cinq rangées d’aiguillons grands ou petits, au lieu de trois rangées. Au reste, non seulement l’on voit sur cette mème partie les deux nageoires auxquelles nous avons conservé le nom de dorsales, inais encore, son extrémité, au lieu de finir

Miraillet, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

« Raja dorso ventreque glabris, aculeis ad oculos, ternoque eorum ordine in cauda. » Mus. adolp., fr. 2, p. 5o.

Id. Artedi, gen. 72, spec. 101.

Gronov. Zoophyt., 155. à

« Dasybatus in utroque dorsilatere macula magna oculi simili, etc.» Klein, miss. pisc. 5, p. 55, n. 2.

Raja stellaris, Salvian., Aquatil., p. 150.

Raja oculata, Jonston, pisc. tab. 10, fig. 4.

Willughby, Ichth. 72.

Raja levis oculata, Ray. pisc., p. 27.

Raie oculée, Raie miraillet, Rondelet, première partie, liv. 12 chap. 8.

Raie lisse à miroir, ou miraillet, Valmont de Bomare, Dictionnaire d'histoire naturelle.

226 HISTOIRE NATURELLE en pointe comme Ja queue de la batis, est terminée par une troisieme nageoire.

Le dessus du corps du miralet est d’un brun ou d'un gris rouyâtre, parsemé de taches dort les nuances paroissent varier suivant l'âge , le sexe ou les saisons; et l’on voit d'ailleurs sur chacune des nageoires pectorales uñe grande tache arrondie, ordinairement couleur de pourpre, renfermée dans un cercle d’une couleur plus ou moins foncée , et qui, comparée par les uns à un miroir, a fait donner à l’animal, dans plusieurs de nos départements méridionaux, le nom de Petit miroir, Miralet où Miraillet, et, paroissant à d’autres observateurs plus semblable à un œil, à un iris avec sa, prunelle , a fait appliquer à la raie dont nous traitons, l’épithète d’oculée (ocellata).

Mais si la nature a donné aux miralets cette sorte de parure, elle ne paroît pas leur avoir départi la grandeur. On n’en trouve communément que d’assez petits; et d’ailleurs leur chair ne fournit pas un aliment aussi sain ni aussi agréable que celle de la batis ou celle de l'oxyrinque.

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