Voyez l'ouvrage déjà cité
5. La mandrague, ou madrague, est une espèce de grand parc composé de filets, et qui reste tendu dans la mer pendant un temps plus ou moins long. Ce parc forme une vaste enceinte distribuée par des cloisons en plusieurs chambres disposées à la suite l’une de l’autre, et qui portent différents noms, suivant le pays où la mandrague est établie. Les filets qui forment l’enceinte et les cloisons, sont soutenus, dans la situation qu'ils doivent présenter, par des flottes de liége, maintenus par un lest de pierres, et arrêtés de plus par une corde dont une extrémité est attachée à la tête de la mandrague, et l’autre amarrée à une ancre. On place entre l'enceinte et la côte une longue claison de filet, nommée cache, où chasse, que les poissons suivent, et qui les conduit dans la mandrague, où ils passent d’une chambre dans une autre jusqu’à ce qu'ils soient parvenus dans la dernière , que
DES POISSONS. 5o1
Montredon, près de Marseille. Cette raie, supérieure en volume et en poids à toutes celles que nous venons de décrire, en est encore distinguée par sa forme extérieure. L'individu pêché à Montredon avoit plus de trente-quatre décimètres (dix pieds et demi) de longueur totale ; et sa tête, dont la partie antérieure étoit terminée par une ligne presque droite, présentoit, vers les deux bouts de cette ligne, un appendice étendu en avant, étroit, terminé en pointe, et long de six décimètres (un pied onze pouces). Chaque appendice avoit l’apparence d’une longue oreille extérieure, et en a reçu le nom, quoiqu'il ne renfermât aucun organe que l’on pût supposer le siége de l’ouie; et voilà pourquoi on a nommé la mobular Raie à oreilles. D'un autre côté, comme ses deux appendices ont été comparés à des cornes, on l’a appelée Raie cornue : et cependant elle n’a ni cornes nioreilless elle n’a recu.que des appendices allongés.
Les yeux de la raie mobular prise auprès de Marseille occupoient les extrémités de la face antérieure de la tête : on les voyoit presque à la base et sur le côté extérieur des appendices; et leur position étoit par là très analogue à celle des yeux du Squale Marteau et du Squale Tiburon.
L'ouverture de la gueule, située au dessous de la tête, avoit plus de quatre décimètres (un pied trois pouces) de large; et l’on apercevoit un peu au delà les dix ouvertures branchiales disposées de la même manière que celles des autres raies.
De chaque côté du corps et de la tête pris ensem-
l'on nomme chambre de la mort. Il y a des mandragues qui ont jusqu'à mille brasses de longueur.
Fo
ble, on voyoit une nageoire pectorale très grande, triangulaire, et dont la face antérieure, formant un angle aigu avec la direction de l’appendice le plus voisin, sé terminoit à l'extérieur par un autre angle aigu dont le sommet se recourboiït vers la pointe de l’appendice. Cette face antérieure avoit six pieds de longueur; et l'étendue qu'elle donnoit à la nageoire, ainsi que la conformation qui résulioit de Ja position de cette face, rendoit la nageoire pectorale beaucoup plus semblable à l'aile d’un énorme oiseau de proie que celles des autres raies déjà connues.
Le milieu du dos étoit un peu élevé, et représentoit une sorte de pyramide tres basse, mais à quaire faces, tournées l’une vers la tête, l’autre vers la queue, el les deux autres vers les côtés.
Entre la face postérieure de cette pyramide et lPorigine de la queue, on voyoit une nageoiïre dorsale allongée et inclinée en arrière; et cette position de la nageoire dorsale rapprochoit l'individu figuré dans l’ouvrage de Duhamel, de la raie cuvier, de la bohkat, de la rhinobate , et de la raie thouin.
Les nageoires ventrales avoient près de quatre décimètres (un pied deux pouces) de long; et la queue, très déliée, terminée en pointe, et entièrement dénue de nageoires, étoit iongue de plus de quatorze décimètres ( quatre pieds six pouces ).
Aucune portion de la surface de cet animal ne présentoit de tubercules ni de piquants.
Au reste, la mobular habite le plus souvent dans FOcéan. On l’y trouve auprès des Açores, ainsi qu'aux environs des Antilles, où elle a recu le nom que nous avons cru devoir lui conserver.
Duhamel, après l'avoir décrite, parle d’une autre raie qu'il en rapproche, mais dont il n’a pas publié un dessin qu'il avoit reçu, et dont il s’est contenté de dire, pour montrer les différences qui la distinguoient de la mobular, qu’elle avoit le cerps plus allongé et les nageoires pectorales plus petites que ce dernier cartilagineux.
Nous comparerons aussi la mobular avec une raie nommée Manatia, et qui, par son immense volume, ainsi que par sa conformation, a de très grands rapports avec la mobular. Mais suivons l’ordre tracé dans
le tableau que nous avons donné de la famille des raies.
LA RAIE SCHOUKIE.
Raia Schoukie, Guer., Lacer.
ForskAEL, en parlant de cette raie, qu’il avoit vue dans la mer Rouge, s’est contenté d'indiquer pour le caractère distinctif de ce poisson, les aiguillons un peu éloignés les uns des autres dont elle est armée ; inais Ce qui montre que sa peau est hérissée de tubercules plus ou moins petits et très serrés les uns contre les autres, c’est que, selon le même naturaiiste, on se sert de la peau de cette schoukie, dans la
1. Raja Schoukie, Forskael, Faun. arab., p. 9, n. 16. Raie Schoukie, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.
ville arabe de Suaken, pour revêtir des fourreaux de sabre, comme on revêt en Europe des fourreaux d’épée ou des étuis avec des dépouilles de squales garnies de tubercules plus ou moins durs.
Ces callosités ou tubercules de la schoukie, réunis avec ses aiguillons, ne permettent de la confondre avec aucune autre espèce de raie déjà décrite par les auteurs.
Osbeck a parlé, dans son Zchthyologie espagnole, d’une raie qu'il nomme Machuelo®, et de laquelle il dit qu'elle a la tête armée d’aiguillons, le dessus du corps brun, semé de taches blanchôâtres, et dénué de piquants, et la nageoire de la queue divisée en deux lobes. Mäis la description qu’il donne de ce poisson n'est pas assez étendue pour que nous puissions le rapporter à une raie déjà bien connue, ou le considérer comme une espèce distincte.
LA RAÏE CHINOISE.
Raia sinensis, Lacer. (Espèce douteuse. )
LA collection d'histoire naturelle que renfermoit le Muséum de La Haye, et qui, cédée à la France par
1. Raja machuelo. « Raja corpore oblongo , lævi; capite depresso » aculeato, pinna caudali biloba. » Osbeck, Fragm. ichthyol. hisp.
Raie Machuele, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.
) | OISSONS,