Manuscrits déja cités
des que les autres. s'étendent au loin de chaque côté, et n’ajoutent pas peu à la rapidité avee laquelle nage le requin, et dont il doit la plus grande partie à la force et à la mobilité de sa queue.
La première nageoire dorsale, plus élevée et plus étendue que la seconde, placée au delà du point auquel correspondent les nageoires pectorales, et égalant presque ces dernières en surface, est terminée dans le haut par un bout un peu arrondi.
Plus près de la queue , et au dessous du cerps, on voit les deux nageoires ventrales, qui s'étendent jusqu'aux deux côtés de lanus, et l’environnent comme celles des raies.
De chaque côté de cette ouverture on aperçoit, nsi que dans Îles raies, un orifice qu'une valvule ferme exactement, et qui, communiquant avec la cavité du ventre, sert à débarrasser lanimal des eaux qui, filirées par différentes parties du corps, se ramassent dans cet espace vide.
La seconde nageoire du dos et celle de Panus ont à peu près la même forme et les mêmes dimensions; elles sont les plus petites de toutes, situées presque toujours l’une au dessus de l’autre, et très près de celle de la queue.
Au reste, les nageoires pectorales, dorsales, ventrales. et de l’anus, sont terminées en arrière par un côté plus ou moins concive, et ne tiennent point au corps dans loute la longueur de leur base, dont la partie postérieure est détachée et prolongée en pointe plus ou moins déliée.
La nageoiïire de la queue se divise en deux lobes très inégaux ; le supérieur est deux fois plus long que
DES POISSONS. 337 l’autre, triangulaire, courbé, et augmenté, auprès de sa pointe, d’un petit appendice également triangulaire.
Auprès de cette nageoire se trouve souvent, sur la queue, une petite fossetle faite en croissant, dont 4 concavité est tournée vers la tête. Au reste , le requin a des museles si puissants dans la partie postérieure de son corps, ainsi que dans sa queue proprement dite, qu'un animal de cette espèce , encore très Jeune, et à peine parvenu à la longueur de deux mètres, ou d'environ six pieds, peul, d’un seul coup de sa queue, casser la jambe de l’homme ie plus fort.
Nous avons vu, dans notre Discours sur la nature des poissons, que les squales étoient, comme les raies, dénués de ceite vésicule aérienne, dont la compression et la dilatation donnent à la plupart des animaux dont nous avons entrepris d'écrire l’histoire, tant de facilité pour s'enfoncer ou s'élever au milieu des eaux; mais ce défaut de vésicule aérienne est bien compensé dans les squales, et particulièrement dans le. requin, par la vigueur et la vitesse avec lesquelles ils peuvent mouvoir et agiter la queue proprement dite, cet instrument principal de la natation des poissons1.
Nous avons vu aussi, dans ce même discours, que presque tous les poissons avoient de chaque côté du corps une ligne longitudinale saillante et plus ou moins sensible, à laquelle nous avons conservé le nom de ligne latérale, et que nous avons regardée comme l'indice des principaux vaisseaux destinés à répandre à la surface du corps une humeur visqueuse, néces-