‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 96 sur 113 · Discours sur la nature des poissons · texte numérisé non relu

Discours sur la nature des poissons

squale dans la partie inférienre de sa tête, et de la nécessité de se retourner, à laquelle cet animal est condamné par cette conformation, lorsqu'il veut saisir les objets qui ne sont pas placés au dessous de lui.

C’est par une suite de cette même nécessité que lorsque les requins s’attaquent imutuéllement ( car comment des êtres auss! atroces, comment les tigres ce la mer pourroient-ils conserver la paix entre eux?)}, ils élèvent au dessus de l’eau, et leur tête, et la partie antérieure de leur corps ; et c’est alors que faisant briller leurs yeux sanguinolents et enflammés de coière, ils se portent des coups si terribles, que, suivant plusieurs voyageurs, la surface des ondes en retentit au loin!

Un seul requin a sufli, près du banc de Terre- Neuve, pour déranger toutes les opérations relatives à la pèche de la morue, sait en se nourrissant d’une grande quantité des morues que l’on avoit prises, et en éloignant plusieurs des autres, soit en mordant aux appâts, et en détruisant les lignes disposées par les pècheurs.

Mais quel est donc le moyen que l’on pent employer pour délivrer les mers d’un squale aussi dansereux ?

Ilya, sur les côtes d'Afrique, des nègres assez hardis pour s'avancer en nageant vers un requin, le harceler, prendre le moment où l’animal se retourne, et lui fendre le ventre avec une arme tranchante. Mais dans presque toutes les mers, on a recours à

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