‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 127 sur 198 · UN · texte numérisé non relu

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SORYPHENE DORADON. 2. COTTE. MADEGASSE. 3. SCORPEN E, RUE

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LE CORYPHÈNE CHRYSURUS".

Coryphæna chrysurus , LAcEr.

C’esr dans la mer Pacifique, ou plutôt dansle grand Océan équatorial, que ce superbe coryphène a été vu par Commerson, qui accompagnoit alors notre célèbre navigateur Bougainville. Il l’a observé sur la fin d'avril de 1768, vers le 16° degré de latitude australe, et le 170° de longitude. Au premier coup d'œil, on croiroit devoir le rapporter à la même espèce que l’hippurus; mais en le décrivant d’après Commerson, nous allons montrer aisément qu'il en diffère par un grand nombre de caractères.

Toute la surface de ce coryphène, et particulièrement sa queue, brillent d’une couleur d’or très éclatante. Quelques nuances d'argent sont seulement répandues sur la gorge et la poitrine; et quelques teintes d’un bleu céleste jouent, pour ainsi dire, au milieu des reflets dorés du sommet du dos. Une belle couleur d'azur paroît aussi sur les nageoires, princi-

1. « Coryphus chrysurus. » — « Undique deauratus ; dorso, pinnis, » guttulisque lateralibus, cæruleis , cauda ex auro flavescente. » Comimerson, manuscrits déjà cités.

Dorat de lu mer du Sud, Id., ibid.

palenent sur celle du dos et sur les pectorales : elle est relevée sur les thoracines par le jaune d’une partie des rayons, et sur celle de lanus, par les teintes dorées avec lesquelles elle y est mêlée ; mais elle ne se montre sur la nageoire de la queue que pour y former un léger liséré , et pour y encadrer , en quelque sorte, l'or resplendissant qui la recouvre, et qui a indiqué le nom du coryphène.

Ajoutons, pour achever de peindre la maguifique parure du chrysurus, que des taches bleues et lenticulaires sont répandues sans ordre sur le dos, le côté et la partie inférieure du poisson, et scintillent au milieu de l’or, comme autant de saphirs enchâssés dans le pius riche des métaux.

L'admirable vêtement que la nature a donné au chrysurus, est donc assez différent de celui de l’hippurus, pour qu'on ne se presse pas de les confondre dans la mème espèce. Nous allons les voir séparés par des caractères encore plus constants et plus remarquables.

Le corps du chrysurus, très allongé et très comprimé, est terminé dans le haut par une sorte de carène aiguë qui s'étend depuis la tête jusqu’à la naseoire de la queue; et une semblable carène règne en dessous, depuis cette même nageoire caudaie jusqu'à l'anus.

La partie antérieure et supérieure de la tête représente assez exactement un quart de cercle, et se termine dans le haut par une sorte d’arête aiguë.

La mâchoire inférieure , qui se relève vers la supé-

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