‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 34 sur 198 · Scomber thynnus · texte numérisé non relu

Scomber thynnus

Ton, sur quelques rivages de France.

Athon, dans quelques départements méridionaux. Tour, auprès de Marseille.

Tonno, sur les côtes de la Ligurie.

Tunny fish, en Angleterre.

Spanish mackrell, ibid.

Orcynus. 3 Albacore, dans quelques contrées d'Europe.

Talling talling, aux Maldives, Scombre thon , Daubenton, Encyclopédie méthodique. Id,, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Go HISTOIRE NATURELLE toutes les fois que l'étude des productions de la nature conduit à une contempiation plus attentive de

MülL., Prodrom., p. 47, n. 596.

« Scomber pinaeulis supra infraque octo. » Brunn. Pise. Massil., p. 70, n. 86.

« Scomber atbicans , seu albecor. » Osb. It. 6o. (Il est inutile d'observer que ces noms d’Albicor, ou d’Albecor, Albacor, Albacore , ont été donnés, par plusieurs voyageurs et par quelques naturalistes, à différentes espèces de scombres, ainsi que nous aurons de nouvelles occasions de le faire remarquer. )

« Scomber pinnulis octo seu novem in extremo dorso, sulco ad pinnas ventrales. » Artedi, gen. 51, syn. 49.

© thunnos. Aristot., lib. 2, cap. 15; lib. 4, cap. 10; Hibe 5, cap. 9, 10 et 113 lib. 6, cap. 17; lib. 8, cap. 2, 12, 15, 15, 19 et 30; et lib. 9, cap. 2.

Id. Ælian., lib. 9. cap. 42, p. 549: lib. 15, cap. 15, 16,27; ct lib. 15, cap. 5, 5 et 6.

Id , Athen., lib. 7, p. 501, 502, 505, 51g.

[d., Oppian. Hal:, Hb. 2, p. 48:

Thunnus, Ovid. Hal., v. 98.

Id., Gaz. Arist.

1d., Aldrov.. lib. 5, cap. 18, p. 515.

Id., Jonston, lib. 1, tit. 1. cap. 2, 4, 1, tab. 5, fig. 2.

Thunnus, sive thynnus, Belon.

1d., Gesner, p. 957. 967, 1148, et (germ.) fol. 58, 6.

Rai, p. 57.

Thunnus, vel orcynas, Schonev., p. 75.

Thynnus, Phn., Bb. 9, cap. 15 ; et lib. 52, cap. 11.

Solin. Polyhist., cap. 18, 11.

Cuba, lib. 3, cap. 96, fol. 92, 6.

P. Jov., cap. 6, p. 52.

Wotton, lib. 8, cap. 186, fol. 165, 6.

« Scomber.. dentibus planis lanceolatis, maxilla superiore acutà. » Lœfl. Epist.

« Scomber, pinnulis utrinque novem, dorso dipterygio, etc. Gronov. » Zooph. 505.

Bloch, pl. 55.

« Thynnus pinnulis superioribus novem, inferioribus octo. » Browne , Jamaic. 451.

la vaste étendue des mers. L’antique Océan nous commande l'admiration et une sorte de recueillement religieux , lorsque ses eaux paisibles n'offrent à nos yeux qu'une immense plaine liquide. Le spectacle de ses ondes bouleversées par la tempête, et de ses abîmes entr'ouverts au pied des montagnes écumantes formées par ses flots amoncelés, nous pénètre de ce sentiment profond qu'inspire une grande et terrible catastrophe. Et que! ravissement n’éprouvet-on pas, lorsque ce même Océan, ne présentant plus ni luniformité du calme, ni les horreurs des orages conjurés, mollement agité par des vents doux et légers, et resplendissant de tous les feux de l’astre du jour, nous montre toutes les scènes variées des courses, des Jeux, des combats et des amours des êtres vivants qu'il renferme dans son sein! Ce sont principalement Îles poissons auxquels on a donné le nom de Pélagiques , qui animent ainsi par leurs mouvements rapides et maultiphiés la mer qui les nourrit. On les distingue par cette dénomination, parce qu’ils se tiennent pendant une grande partie de l’année à une grande distance des rivages. Et parmi ces habitants des parties de l'Océan les plus éloignées des

« Coretta aiba Pisonis, » Willughby, Ichthyol., tab, M, 5, fig. 1.

« Thynnus, seu thunnus Beloniïi. » Id., p. 176.

« Guara pucu. » Marcgrav. Brasil, p.178.

Piso, Indic., p. 59.

« Thon, orkynos, grand thon. » Rondelet, part. 1, Hiv. 8, chap. 12.

« Pelamis pinna dorsali secunda rubro aut flavo colore infecta, ete. » Klein, Miss. pisc. 5, p.12, n. 5.

« Gros thon, vrai thon. » Duhamel, Traité des pêches, part: 2, t. 3, sect, 7, chap. 2, art. 1, p. 190. pl, 5.

62 HISTOIRE NATURELLE côtes, on doit surtout remarquer les thons dont nous écrivons l’histoire.

Les divers attributs qu'ils ont reçus de la nature leur donnent une grande prééminence sur le plus grand nombre des autres poissons. C’est presque toujours à la surface des eaux qu'ils se livrent au repos, ou qu'ils s’abandonnent à l’action des diverses causes qui peuvent les déterminer à se mouvoir. On les voit, réunis en troupes très nombreuses, bondir avec agilité, s’élancer avec force, cingler avec la vélocité d’une flèche. La vivacité avec laquelle ils échappent, pour ainsi dire , à l’œil de l'observateur, est principalement produite par une queue très longue, et qui, frappant l'onde salée par une face très étendue, ainsi que par une nageoire très large , est animée par des muscles vigoureux, et soutenue de chaque côté par un cartilage qui accroît l'énergie de ces muscles puissants À,

Lorsque, dans certaines saisons, et particulière ment dans celle de la ponte et de la fécondation des œufs, une nécessité impérieuse les amène vers quelque plage , ils serrent ieurs rangs nombreux, et se pressent les uns contre les autres; et les plus forts ou les plus audacieux précédant leurs compagnons à des distances déterminées par les degrés de leur vigueur et de leur courage, pendant que des nuances différentes composent une sorte d’arrière-garde, plus ou moins prolongée, des individus les plus foibles et les plus timides, on ne doit pas être surpris que la

1. Voyez, dans le Discours sur la nature des poissons, ce que nous avons dit de la natation de ces animaux.

DES POISSONS. 63 légion forme une sorte de grand parallélogramme animé, que l’on aperçoit naviguant sur la mer, ou qui, nageant au milieu des flots qui le couvrent encore et le dérobent à la vue, s'annonce cependant de loin par le bruit des ondes rapidement refoulées devant ces rapides voyageurs. Des échos ont quelquefois répété cette espèce de bruissement ou de murmure lointain, qui, se propageant alors de rocher en rocher, et multiplié de rivage en rivage, a ressemblé à ce retentissement sourd, mais imposant, qui, au milieu du calme sinistre des journées brûlantes de l’été, annonce l'approche des nuées orageuses.

Malgré leur multitude , leur grandeur, leur force et leur vitesse, ces éléments des succès dans l’attaque ou dans la défeuse, un bruit soudain a souvent suspendu une tribu voyageuse de thons au milieu de sa course : on les a vus troublés, arrêtés et dispersés par une vive décharge d'artillerie, ou par un coup de tonnerre subit. Le sens de l’ouie n’est même pas, dans ces animaux, le seul que des impressions inattendues ou extraordinaires plongent dans une sorte de terreur : un objet d’une forme ou d’une couleur sinoulière suffit pour ébranier l'organe de leur vue, de manière à les effrayer, et à interrompre leurs habitudes les plus constantes. Ces derniers effets ont été remarques par plusieurs voyageurs modernes, et n’avoient pas échappé aux navigateurs anciens. Pline rapporte, par exemple, que, dans le printemps, les thons passoient en troupes composées d'un grand nombre d'individus, de la Méditerranée dans le Pont-

Euxin ou mer Noire; que, dans le Bosphore de Thrace, qui réunit la Propontide à l'Euxin, et dans le détroit mème qui sépare l'Europe de l’Asie, un rocher d’une blancheur éblouissante et d'une grande hauteur s’élevoit auprès de Chalcédoine sur le rivage asiatique ; que l'éclat de cette roche, frappant subitement les légions de thons, les effrayoit au point de les contraindre à se précipiter vers le cap de Byzance, opposé à la rive de Chalcédoine; que cette direction forcée dans le voyage de ces scombres en rendoit la pèche très abondante auprès de ce cap de Byzance, et presque nulle dans les environs des plages opposées; et que c'est à cause de ce concours des thons auprès de ce promontoire, qu'on lui avoit donné le nom de Xrusoceras, où de Corne d’or, ou de Corne d’abondance.

Ces scombres sont cependant très courageux dans la plupart des circonstances de leur vie. Un seal phénomène le prouveroit ; c'est l'étendue et la durée des courses qu'ils entreprennent. Pour en connaître neltement la nature, il faut rappeler la distinction que nous avons faite en traitant des poissons en général, entre leurs voyages périodiques et réguliers, et ceux qui ne présentent aucune régularité, ni dans les circonstances de temps, ni dans celles de lieu. Les migrations régulières et périodiques des thons sont celles auxquelles ils s’'abandonnent, lorsqu’à l'approche de chaque printemps, ou dans une saison plus chaude, suivant le climat qu'ils habitent , ils s’'avancent vers la

1. C’est pour rappeler ce même concours, que les médailles de Byzance présentent l'imag ec du thon.

DÉS POISSONS. 65 température, l'aliment, l’eau, l’abri, la plage, qui conviennent le mieux au besoin qui les presse, pour y déposer leurs œufs ou pour les arroser de leur liqueur vivifiante, ou lorsqu'après s'être débarrassés d’un fluide trop stimulant ou d'un poids trop incommode, et avoir repris des forces nouvelles dans le repos et l'abondance, ils quittent les côtes de l'Océan avec les beaux jours, regagnent la haute mer, et rentrent dans les profonds asiles qu’elle leur offre. Leurs voyages irréguliers sont ceux qu'ils entreprennent à des époques dénuéesde tout caractère de périodicité, qui sont déterminés par la nécessité d'échapper à un danger apparent ou réel, de fuir un ennemi, de poursuivre une proie, d’apaiser une faim cruelle, et qui, ne se ressemblant ni par l’espace parcouru, ni par la vitesse employée à le franchir, ni par la direction des mouvements, sont aussi variables et aussi variés que les causes qui les font naître. Dans leurs voyages réguliers, ils ne vont pas communément chercher bien loin, ni par de grands détours, la rive qui leur est nécessaire , ou la retraite pélagienne qui remplace cetle rive pendant le règne des hivers. Mais dans leurs migrations irrégulières, ils parviennent souvent à de très grandes distances ; ils traversent avec facilité, dans ces circonstances, non seulement des golfes et des mers intérieures, mais même l'antique Océan. Un intervalle de plusieurs centaines de lieues ne les arrête pas; et, malgré leur mobilité naturelle, fidèles à la cause qui a déterminé leur départ, ils continuent avec constance leur course lointaine. Nous lisons, dans l’intéressante relation rédigée et publiée par le géncral Milet-Mureau, du voyage de notre célèbre et in-

fortuné navigateur La Pérouse!, que des scombres, à la vérité de l’espèce appelée Bonite, mais bien moins favorisés que les thons, relativement à la faculté de nager avec vitesse et avec constance, suivirent les bâtiments commandés par cet illustre voyageur, depuis les environs de l’île de Pâques jusqu’à l’île Mowée , l’une desîles Sandwich. La troupe de ces scombres, ou le banc de ces poissons, pour employer l'expression de nos marins, fit quinze cents lieues à la suite de nos frégates : plusieurs de ces animaux, blessés par les foènes ou tridents des matelots françois, portoient sur le dos une sorte de signalement qu'il étoit impossible de ne pas distinguer; et l’on reconnoissoit chaque jour les mèmes poissons qu’on avoit vus la veille?.

Quelque longue que puisse être la durée de cette puissance qui les maîtrise, plusieurs marins allant d'Europe en Amérique, ou revenant d'Amérique en Europe, ont vu des thons accompagner pendant plus de quarante jours les vaisseaux auprès desquels ils trouvoient avec facilité une partie de l'aliment qu’ils aiment; et cette avidité, pour les diverses substances nutritives que l'on peut jeter d’un navire dans la mer, n’est pas le seul lien qui les retienne pendant un très grand noinbre de jours auprès des bâtiments. L’attentif Commerson a observé une autre cause de leur assiduité auprès de certains vaisseaux, au milieu

des mers chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l’Amé-

1. Voyage de La Pérouse , rédigé par Milet-Mureau , in-4°. tome il, page 129.

2. Voyez ce que nous avons écrit sur la vitesse des poissons , dans notre Discours préliminaire sur la nature de ces animaux.

DES POISSONS. 67 rique, qu'il a parcourues. Il à écrit, dans ses manuscrits, que dans ces mers dont la surface est inondée des rayons d’un soleil brûlant, les thons, ainsi que plusieurs autres poissons , ne peuvent se livrer, auprès de cette même surface des eaux, aux différents mouvements qui leur sont nécessaires, sans être éblouis par une lumière trop vive , ou fatigués par une chaleur trop ardente : ils cherchent alors le voisinage des rivages escarpés, des rochers avancés, des promontoires élevés, de tout ce qui peut les dérober, pendant leurs jeux et leurs évolutions, aux feux de l’astre du jour. Une escadre est pour eux comme une forêt flottante qui leur prête son ombre protectrice : les vaisseaux, les mâts, les voiles, les antennes, sont un abri d’autant plus heureux pour les scombres, que, perpétueliement mobile, il les suit, pour ainsi dire, sur le vaste Océan, s’avance avec une vitesse assez égale à celle de ces poissons agiles, favorise toutes leurs manœuvres, ne retarde en quelque sorte aucun de leurs mouvements; et voilà pourquoi, suivant Commerson, dans la zone torride, et vers le temps des plus grandes chaleurs, les thons qui accompagnent les bâtiments se rangent, avec une attention facile à remarquer, du côté des vaisseaux qui n’est pas exposé aux rayons du soleil !,

Au reste, cette habitude de chercher l'ombre des navires peut avoir quelque rapport avec celle de suspendre leurs courses pendant les brumes, qui leur est attribuée par quelques voyageurs. Ils interrompent leurs voyages pour plusieurs mois, aux appro-

1. Nous parlerons encore de cette observation de Commerson, dans l’article du Scombre germon.

ches du froid; et, dès le temps de Pline, on disoit qu'ils hivernoient dans l'endroit où la mauvaise saison les surprenoit. On prétend que, pendant cette saison rigoureuse, ils préfèrent pour leur habitation les fonds limoneux. Îls s’y nourrissent de poissons ou d’autres animaux de la mer plus foibles qu'eux: ils se jettent particulièment sur les exocets etsur les clupées; les petits scombres deviennent aussi leur proie; ils n’épargnent pas même les jeunes animaux de leur espèce; et comme ils sont très goulus, et d’ailleurs tourmentés, dans certaines circonstances, par une faim qui ne leur permet pas d'attendre les aliments les plus analogues à leur organisation , ils avalent souvent avec avidité, dans ces retrailes vaseuses et d'hiver, aussi bien que dans les autres portions de la mer qu’ils fréquentent, des fragments de diverses espèces d'algues.

Îls ont besoin d’une assez grande quantité de nourriture, parce qu'ils présentent communément des dimensions considérables. Pline et les autres auteurs anciens qui ont écrit sur les thons, les ont rangés parmi les poissons les plus remarquables par leur volume. Le naturaliste romain dit qu'on en avoit vu du poids de quinze talents!, ei dont la nageoire de la queue avoit de largeur, ou, pour mieux dire, de hauteur, deux coudées et un palme. Les observa-

1. Ce poids de quinze talents altribué à un thon nous paroît bien supérieur à celui qu'ont dà présenter les gros poissons de l'espèce que nous décrivous. En effet , le talent des Roniains, leur centum-pondium,

étoit égal, selon Paucton (Métrologie, p. 761), à 68 © livres de France, poids de marc, et le petit talent d'Egypte, d'Arabie, ete., égaloit 45 LE ou FE livres de France. Un thon auroït donc pesé au

moins 675 livres: ce qui ne nous semble pas admissible.

DES POISSONS. 69 teurs modernes ont mesuré et pesé des thons de trois cent vingt-cinq centimètresde longueur, et du poids de cinquante-cinq ou soixante kilogrammes ; et cependant ces poissons , ainsi que tous ceux qui n’éclosent pas dans le ventre de leur mère, proviennent d'œufs très petits : on a comparé la grosseur de ceux du thon à celle des graines de pavot.

Le corps de ce scombre est très allongé, et semblable à une sorte de fuseau très étendu. La tête est petite; l'œil gros ; l'ouverture de la bouche très large; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, et garnie, comme cette dernière, de dents aiguës ; la langue courte et lisse; l’orifice branchial très grand; l’opercule composé de deux pièces ; le tronc épais, et couvert, ainsi que la queue, d’écailles petites, minces et foiblement attachées. Les petites nageoires du dessus et du dessous de la queue sont communément au nombre de huitt. Quelques observateurs en ont compté neuf dans la partie supérieure et dans la partie inférieure de cette portion de l'animal ; et, d’après ce dernier nombre, on pourroit être tenté de croire que l’on peut quelquefois confondre l'espèce du thon avec celle du germon, dont la queue offre aussi par dessus et par dessous huit petites nageoires : maïs la proportion des dimensions des pectorales avec la longueur totale du scoim-

1. À la première nageoire dorsale. . . . . . . .. 15 rayons. Awlatsecondeshr. nues LU RES Ep Te A chacune des pectogales. 24, :NaLhut te 22 À chacune des thoracines... . . . . . .. A ANG, CA IE cle L'ART UE TIRE TRS CNE ARNIR EN 15 A celle detlatqueue: . Am a0 ne t s ES

LACÉPÈDE, VIIT, 5

bre , suffira pour séparer avec facilité les germons des

poissons que nous tâchons de bien faire connoître. Dans les germons, ces pectorales s'étendent jusqu’au delà l’orifice de l'anus: et, dans les thons, elles ne sont jamais assez grandes pour y parvenir; elles se terminent à peu près au dessous de endroit du dos où finit la première dorsale. La nageoire de la queue est figurée en croissant : nous avons fait remarquer son étendue dès le commencement de cet article.

Nous avons eu occasion, dans une autre portion de cet ouvrage! , de parler de ces petits os auxquels on a particulièrement donné le nom d’arêtes, qui, placés entre les muscles, ajoutent à leur force, que lon n’aperçoitpas dans toutes les espèces de poissons, mais que l’on n’a observés jusqu'à présent que dans ces habitants des eaux. Ces arêtes sont simples ou fourchues. Nous avons dit de plus, que, dans certaines espèces de poissons, elles aboutissoient à l’épine du dos, quoiqu'elles ne fissent pas véritablement partie de la charpente osseuse proprement dite. Nous avons ajouté que, dans d’autres espèces, non seulement ces arêtes n’éloient pas liées avec la grande charpente osseuse, mais qu’elles en étoient séparées par différents intervalles. Les scombres, et par conséquent les thons, doivent être comptés parmi ces dernières espèces.

Telles sont les particularités de la conformation extérieure et intérieure du thon, que nous avons cru convenable d'indiquer. Les couleurs qui le distinguent ne sont pas très variées, mais agréables et brillantes :

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