Bonnet
Pélamide.
Scombre pélamide, Daubenton , Encyclopédie méthodique.
Id. Bennaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.
« Scomber.. lineis utrinque quatuor nigris. » Læfl. It. 1092.
Bonite , Valmont de Bomare , Dictionnaire d'histoire naturelle.
« Scomber pelamis, pineulis superioribus octo, inferioribus sCp- » tem tæniis ventralibus longitudinalibus quatuor nigris. » Commerson , manuscrits déjà cités.
Scomber, 2, var. 6, Artedi, gen. 51, syn. 49.
Scomber pulcher, seu bonite, Osbèck, IL. 67.
Pelamis Plinii, Belon,
sieurs siècles avant Pline, les jeunes thons qui n’avoient pas encore atteint l’âge d’un an, étoient déjà nommés Pélamides; et il faut éviter tout ce qui peut faire confondre une espèce avec une autre. D'ailleurs ce mot Pélamide employé par plusieurs des auteurs qui ont écrit sur l’histoire naturelle, est à peine connu des marins, tandis qu'il n’est presque aueun récit de navigation lointaine dans lequel le nom de Bonite ne se retrouve fréquemment. Avec combien de sensations agréables ou fortes cette expression n'est-elle donc pas liée! Combien de fois n’a-t-elle pas frappé l'imagination du jeune homme avide de travaux, de découvertes et de gloire, assis sur un promontoire escarpé, dominant sur la vaste étendue des mers, parcourant l’immensité de l'Océan par sa pensée , et suivant autour du globe, par ses désirs enflammés, nos immortels navigateurs ! Combien de fois la mémoire fidèle ne l’a-t-elle pas retracée au marin intrépide et fortuné, qui, forcé par lâge de ne plus chercher la renommée sur les eaux, rentré dans le port paré de ses trophées, contemplant d’un rivage paisible l’empire des orages qu'il a si souvent affrontés, rappelle à son âme satisfaite le charme des espaces franchis, des fatigues supportées, des obstacles écartés, des périls surmontés, des plages découvertes, des vents enchaînés, des tempêtes domptées! Combien de fois n’a-telle pas ému, dans le silence d’une retraite champètre, le lecteur paisible, mais sensible, que le besoin
Pelamis Belonit , Wiüllughby, p. 180.
Rai, 9, p.96, n. 2.
Pelamis cœrulea , Aldrov., lib. 5, cap. 18, p. 515. Jonston, tab. 5, fig. 5.
DES POISSONS. 07 heureux de s’instruire , ou l’envie de répandre les plaisirs variés de l’occupation de l'esprit sur la monotomie de la solitude, sur le calme du repos, sur l'ennui du désæuvrement, attachent, pour ainsi dire et par une sorte d'enchantement irrésistible, sur les pas des hardis voyageurs! Que de douces et de vives jouissances! Et pourquoi laisser échapper un seul des moyens de les reproduire, de les multiplier, de les étendre, d’en embellir l’étude de la science que nous cuitivons?
Cette bonite dont le nom est si connu, est cependant encore assez mal connue elle-même : heureusement Comuwmerson, qui l’a observée en habile naturaliste dans ses formes et dans ses habitudes, nous a laissé dans ses manuscrits de quoi compléter l’image de ce scombre. |
L'ensemble formé par le corps et la queue de l’animal, musculeux, épais et pesant, finit par derrière en cône. Le dessus de la tête, le dos, les nagecires supérieures, sont d’un bleu noirâtre, les côtés sont bleus; la partie inférieure est d’un blanc argentin : quatre raies longitudinaies un peu larges, et d’un brun noirâtre, s'étendent de chaque côté au dessous de la ligne latérale, et sur ce fond que nous venons d'indiquer comme argenté, et que Commerson a vu cependant brunâtre dans quelques individus ; les na- “eoires thoracines sont brunes; celle de l'anus est arwentée ; l’intérieur de la gueule est noirûâtre ; et ce qui est assez remarquable , c'est que liris, le dessous de la tête, et mème la langue, paroissent, suivant Coinmerson, revêtus de l'éclat de Por.
Parlons maintenant des formes de la bonite.
La tête, ayant un peu celle d'un cône, est d’ailleurs lisse, et dénuée d’écailies proprement dites. Un simple rang de dents très petites garnit ia mâchoire supérieure, quin'est point extensible, et l’inférieure, qui est plus avancée que celle d’en haut. L'ouverture de la bouche a la grandeur nécessaire pour que la bonite puisse avaler facilement un exocet.
La langue est petite, étroite, courte, maigre, relevée dans ses bords; la voûte du palais très lisse, l’orifice de chaque narine voisin de l'œil, unique, et fait en forme de ligne longue très étraite et verticale ; l'œil très grand, ovale, peu convexe, sans voile; l’opercule branchial composé de deux lames arrondies par derrière, dénuées de petites écailles, et dont ia postérieure embrasse celle de devant.
Des dents arrangées comme celles d’un peigne garnissent l’intérieur des arcs osseux qui soutiennent les branchies; elles sont très longues dans les ares antérieurs.
Les écailles qui recouvrent le corps et la queue, sont petites, presque pentagones, et fortement attachées les unes au dessus des autres.
Chacune des nageoires pectorales, dont la longueur est à peine égale à la moitié de l’espace compris entre leur base et l'ouverture de l’anus, peut être recue dans une cavilé gravée, pour ainsi dire, sur la poitrine de l’animal, et dont la forme ainsi que la grandeur sont semblables à celies de la nageoire.
On voit une fossette analogue propre à recevoir chacune des thoracines, au dessous desquelles on
DES POISSONS. 99 peut reconnoître l'existence d’un cartilage caché par la peau. La nageoire de l'anus est la plus petite de toutes. La première du dos, faite en forme de faux, et composée uniquement de rayons non articulés, peut être couchée à la volonté de la bonite, et , pour ainsi dire, cachée dans un sillon longitudinal ; la secon de dorsale , placée presque au dessus de celle de l'anus, est à peine plus avancée et plus grande que cette dernière. La nageoire Ge la queue paroît très forte, et représente un croissant dont les deux cornes sont égales et très écartées.
Entre cette nageoire et la seconde du dos, on voit huit petites nageoïres; on n'en trouve que sept au dessous de la queue : mais il faut observer que, dans quelques individus, le dernier lobe de la seconde dorsale , et celui de la nageoire de l’anus, ont pu être conformés de manière à ressembler beaucoup à. une petile nageoire ; el voilà pourquoi on a cru devoir compter neuf petites nageoires au dessus et huit an dessous de la queue de la honite.
Les deux côtés de cette mème queue présentent un appendice cartilagineux, un peu diaphane, élevé en carène, et suivie de deux stries longitudinales qui tendent à se rapprocher vers la nageoire caudale.
La ligne fatérale, à peine sensible dans son ori-