‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 11 sur 177 · Le PLEURONECTE COMMERSONNIEN · texte numérisé non relu

Le PLEURONECTE COMMERSONNIEN

CARACTÈRES

ns rayons à la dorsale; qua-

rante-cinq à la nageoire de l'anus; la cau-

dale arrondie; les écailles grandes ; la

mâchoire inférieure plus avancée que la

supérieure ; la langue lisse, pointue, et

un peu libre dans ses mouvements; la

ligne latérale un peu courbée vers le bas;

le côté gauche d’un jaune brun ou blan-

châtre; nne tache foncée sur chaque \ écaille.

{ Quatre-vingt-dix rayons à la nageoire du [ dos; soixante-dix à celle de l'anus; la | caudale arrondie; la pectorale droite plus petite que la gauche; la mâchoire superieure plus avancée que l'inférieure; la dorsale étendue depuis le bout du museau jusqu'à la quene: l'œil supérieur plus avancé que l'autre; la ligne latérale un peu courbée vers le haut et ensuite vers le bas ; le corps et la queuc ailongés ; les écailles très petites ; le côté gauche blanchâtre avec des taches d’une couleur pâle, ou rougeâtre et d'une nuance foible.

ANRT

PS

LE PLEURONECTE FLÉTAN!.

Pleuronectes Hippoglossus, Linx., Lacer.,BLocn, Cuv.

Quezs droits le flétan n'’a-t-il pas à l'attention du physicien ! Il tient, par sa grandeur, une place distin-

: 1. Faitan , dans quelques départements de la France. Heilbot , en Hollande.

Heilbut , à Hambourg.

Hilibut , ibid.

Helleflynder, en Danemarck.

Haelgflundra, en Suède.

Queite, en Norvége.

Sandskiebbe , ibid.

Skrobbe flynder, ibid.

Baldes , en Laponie.

Flydra, en Islande.

Heclop fisk, ibid.

Queite-barn (lorsqu'il est petit \ dans le Groenland. Styving (lorsqu'il est d'uue longueur moyenne), ibid. Netarnak (lorsqu'il est grand ), ibid.

Holibut , en Angleterre.

Turbut et turbot , ibid.

Pleuronecte flétan, Bloch. pl. 47.

Pleuronecte flet , Daubenton et Haüy, Encyclopédie méthodique. Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique. Faun. Suecic. 529.

Muller, Zoolog. Danic. Prodrom., p- 44, n. 571. O. Fabr. Faun. Groenland., p. 161, n. 115.

DES POISSONS. | 21 ouée auprès des cétacés; il rivalise, par le volume, avec plusieurs de ces énormes habitants des mers; il nage l’égal de presque tous les poissons les plus remarquables par leur longueur et par leur masse; sa conformation est extraordinaire ; ses habitudes sont particulières ; ses actes et les organes qui les produisent frappent d'autant plus l'observateur, que, par une suite de sa taille démesurée , aucun de ses traits ne se dérobe à l'œil, aucun de ses mouvements ne lui échappe : et comment l’imagination ne seroit-elle pas émue par la réunion de dimensions, de formes et de mouvements très élevés au dessus des mouvements, des formes et des dimensions que la nature a le plus multipliés?

Le flétan, comme tous les autres pleuronectes, a le corps et la queue très comprimés. Il forme parmi les osseux, et avec les poissons de son genre, les analogues de ces cartilagineux auxquels nous avons conservé le nom de Rates. L'épaisseur des pleuronectes est même plus petite à proportion de leur longueur,

« Pleuronectes oculis a dextra totus glaber. » Artedi, gen. 17 syn. 51.

Flétan , Rondelet, première partie, liv. 11, chap. 15.

Rai, p. 95.

Hippoglossus, id est, buglossus maximus. Gesner, P- 669, 787; ct (germ. ), fol. 54, 6.

« Hippoglossus ab Aldrovando observatus, » Aldrovand., lib, 2, cap. 45, p. 258. ;

Passer britannicus, Charlet., p. 146.

Passerum genus majus, Schon., p. 62.

Gronov. mus. 2, n. 158.

« Passer quatuor cubitos longus. Klein, miss. pisc. 4, p. 55, n. 2.

Brit. Zoclog. 3, p.184, n. 1.

Flétan, Valmont de Bomare, Dictionnaire d'histoire naturelle. LACÉPÈDE. XL, 2

que celle des raies les plus déprimées. Il y a néanmoins cette différence essentielle entre la conformation générale des raies et celle des pleuronectes, que ceux-ci sont aplatis latéralement , c’est-à-dire de droite à gauche, ou de gauche à droite, pendant que les raies le sont de haut en bas.

Cette compression exercée sur les côtés des pleuronectes n’est cependant pas la seule altération qu’ait éprouvée la totalité du poisson. Le corps et la queue ont été soumis uniquement à cette manière d’être que nous avons déjà vue, quoique à une degré inférieur, dans plusieurs poissons, et particulièrement dans les chétodons, les acanthures , les sélènes, les zées, les chrysotoses, etc. ; mais la tête a subi une seconde, modification. On diroit qu'après avoir été aplatie, comme celle des zées et des chétodons, par une force agissant sur ses côtés, elle a été défigurée par une puissance qui a joui d'un mouvement composé; cette seconde cause, à laquelle il faudroiït rapporter une grande partie de la figure qu'elle présente, l’auroit tordue, pour ainsi dire. Elle auroit commencé par peser de haut en bas ; et avant de pénétrer très avant dans les portions osseuses et solides, elle auroit tourné en quelque sorte à droite ou à gauche, de manière à entraîner avec elle les organes de la vue, et souvent ceux de l’odorat.

On sent aisément que, d’après cette supposition , les deux yeux et les deux narines auroient dû, à la fin de l’action de la force comprimante, se trouver situés ou à droite ou à gauche, suivant le côté vers lequel la puissance auroit fléchi sa direction, et c’est en effet ce qu’on observe dans les pleuronectes, et ce

DES POISSONS. 29 qui forme le caractère distinctif du genre qu'ils composent.

Tout le monde sait que les animaux tant vertébrés que dénués de vertèbres, animés par un sang rouge ou nourris par un sang blanc, ont des yeux plus ou moins gros, plus ou moins rapprochés, plus ou moins élevés, plus ou moins nombreux; mais aucun animal, excepté le pleuronecte, ne présente dans ses yeux une see telle, jue ces organes soient situés uniquement à droite ou à itète de l’axe qui va de la tête à l'extrémité opposée. Nous ne connoïssons du moins dans ce moment qué les pleuronectes qui n'aient pas leurs yeux disposés avec symétrie de chaque côté de cet axe longitudinal; et cet exemple unique auroit dû seul attacher un grand intérêt à l’observation des poissons que nous allons décrire.

De la conformation que nous venons d’exposer, il est résulté nécessairement que les deux nerfs olfactifs aboutissent non pas à l'extrémité supérieure du museau, mais à un des côtés de la tête. C’est aussi à un seul côté de cette même partie de l’animal que se rendent les deux nerfs optiques, quoique croisés l’un par l’autre, ainsi que dans tous les autres poissons, et dans tous les animaux vertébrés et à sang rouge.

Nous avons déjà vu! que le cerveau , cet organe dont les nerfs tirent leur origine, étoit plus petit dans les pleuronectes que dans presque tous les poissons cartilagineux , et même que dans tous les osseux. La cavité qui contient cette source du système nerveux n'a-t-elle pas dû, en effet, être plus petite dans une

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