‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 111 sur 177 · Saumoneau , avant deux ans d’âge · texte numérisé non relu

Saumoneau , avant deux ans d’âge

Tacon , avant trois ans d'âge.

Salm, dans quelques contrées d'Allemagne. Lachs, ibid.

Sælmling , ibid., lorsqu'il n’a qu’un an.

W'eisslach, ibid., lorsqu'il est gras.

Graulach, ibid., lorsqu'il est maïgre.

Kupferlachs, ibid., dans le temps du fraï.

W racklachs , ibid., après le temps du frai.

Rothlachs, ibid , lorsqu'il a été pris dans la mer. Kalbfleischlachs , ibid., id.

Lassis, en Livonie.

Rencki, ibid., lorsqu'il est gros.

Lœhse, en Estonie.

Kolla, ibid.

Rgut balik, en Tartarie.

Jarga, chez les Calmouques.

Lohs , en Finlande.

Seelax , en Suède, Haflax , ibid.

Blanklax , ibid.

Grœnnacke , ibid.

Haplax , en Banemarck.

Hakelar, en Norwége.

230 HISTOIRE NATURELLE instruites , savent que , parmi les différentes espèces d'animaux , il en est peu qui méritent plus que ce poisson l'observation du naturaliste, l'examen du physicien , les soins de l’économe !

La nature des climats qu'il préfère, la diversité des eaux dans lesquelles il se plaît, la vitesse de ses mouve-

Laking , en Norwége, quand il est encore jeune.

Kapisalirksoak , dans le Groenland.

Reblericksorsoak , ibid.

Salmon , en Angleterre.

Schmelt, en Écosse, lorsqu'il a un an.

Smont , ibid., id.

Mort, ibid., à trois ans.

Forktail, ibid., à quatre ans.

Halffisch, à cinq ans.

Kipper, ibid., après le temps du frai.

Faun Suecic. 345.

Salmone saumon, Daubenton et Haüy, Encyclopédie méthodique.

Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Bloch, pl. 20 et 98.

Artedi, gen. 11, syn. 22, spec. 48.

Salmo , Plin., lib. 9, cap. 18.

Id. Auson. Mosella, v. 97.

Id. Salvian. fol. 100, a. b.

Id. Gesner, p. 824, 825, et (germ.) 181 b, 182 a.

Id. Jonston, lib. 2, tit. 1, cap. 1, p. 106, tab. 23, fig. 1: Thaumat., p. 427.

Id. Charlet, p. 150.

Id. Willughby, p. 189, etc., tab. 11, fig. 2.

Id. Rai, p. 65.

Salmo nobilis, Schonev., p. 64.

Salmo vulgaris, Aldrov. lib 4, cap. 1, p. 483.

Muller, Prodrom. Zoolog. Danic., p. 48, n. 405.

Gronov. mus. 2, p. 12, n. 163; Zooph., n. 569.

Klein , miss. pisc. 5, p. 17, n. 12; tab. 5, fig. 2.

Brit. Zool. 3, p. 259, n. 1.

Saumon , Valmont de Bomare. Dictionnaire d'histoire naturelle.

Saumon et tacon, Rondelet, partie 2, Poisson de rivière, chap. 1.

DES POISSONS. 251 ments , la rapidité de sa natation, la facilité avec laquelle il franchit les obstacles, la longueur immense des espaces qu'il parcourt, la régularité de ses grands voyages, la manière dont il fraie, les précautions qu'il paroît prendre pour la sûreté des êtres qui lui devront le jour, les travaux qu'il exécute, les combats que le force à livrer une sorte de tendresse maternelle, son instinct pour échapper au danger, les ruses par lesquelles il déconcerte souvent les pêcheurs les plus habiles, les dimensions qu'il présente , le bon goût de sa chair, l'usage que l’on peut faire de sa dépouille, tout, dans les habitudes et les propriétés du saumon, doit ètre l’objet d’une attention particulière.

Ce poisson se plaît dans presque toutes les mers; dans celles qui se rapprochent le plus du pôle, et dans celles qui sont le plus voisines de l'équateur. Où le trouve sur les côtes occidentales de l’Europe ; dans la Grande-Bretagne ; auprès de tous les rivages de la Baltique, particulièrement dans le golfe de Riga; au Spitzberg ; au Groenland ; dans le nord de l’Amérique ; dans Amérique méridionale ; dans la Nouvelle- Hollande ; au fond de la Manche de Tartarie; au Kamtschatka, etc. Il préfère partout le voisinage des grands fleuves et des rivières, dont les eaux douces et rapides lui servent d'habitation pendant une très grande partie de l’année. Il n’est point étranger aux lacs immenses ou aux mers intérieures qui ne paroissent avoir aucune communication avec l'Océan. On le compte parmi les poissons de la Caspienne; et cependant on assure qu'on ne l’a jamais vu dans la Méditerranée, Aristote ne l’a pas connu. Pline ne parle que des individus de cette espèce que l’on avoit pris

dans les Gaules ; et le savant professeur Pictet conjecture qu'on ne l’a point observé dans le lac de Genève, parce qu'il n'entre pas dans la Méditerranée, ou du moins parce qu'il y est très rare !,

Il tient le milieu entre les poissons marins et ceux des rivières. S'il croît dans la mer, il naît dans l’eau douce ; si pendant l’hiver il se réfugie dans l'Océan, il passe la belle saison dans les fleuves. Il en recherche les eaux les plus pures ; il ne supporte qu'avec peine ce qui peut en troubler la limpidité ; et c’est presque toujours dans ces eaux claires qui coulent sur un fond de gravier que l’on rencontre les troupes les plus nombreuses des saumons les plus beaux.

Il parcourt avec facilité toute la longueur des plus grands fleuves. Il parvient jusqu’en Bohème par l'Elbe, en Suisse par le Rhin, et auprès des hautes Corailières de l'Amérique méridionale par l'immense Maragnon, dont le cours est de mille lieues. On a même écrit qu'il n’étoit ni effrayé ni rebuté par une grande étendue de trajet souterrain ; et on a prétendu qu’on avoit retrouvé, dans la mer Caspienne, des saumons du golfe Persique , qu'on avoit reconnus aux anneaux d’or ou d'argent que de riches habitants des rives de ce golfe s'étoient plu à leur faire attacher.

Dans les contrées tempérées, les saumons quittent la mer vers le commencement du printemps; et dans les régions moins éloignées du cercle polaire ils entrent dans les fleuves lorsque les glaces commencent à fondre sur les côtes de l'Océan. Ils partent avec le

1. Lettre du professeur Pictet, Jaurnal de Genève , premier mars

flax , surtout lorsque les flots de la mer sont poussés contre le courant des rivières par un vent assez fort, que l’on nomme, dans plusieurs pays, vent du saumon. Is préfèrent se jeter dans celles qu'ils trouvent le plus débarrassées de glaçons, ou dans lesquelles ils sont entraînés par la marée la plus haute et la plus favorisée par le vent. Si les chaleurs de l'été deviennent trop fortes, ils se réfugient dans les endroits les plus profonds, où ils peuvent jouir, à une grande distance de la surface de la rivière, de la fraîcheur qu'ils recherchent ; et c’est par une suite de ce besoin de la fraicheur, qu'ils aiment les eaux douces dont les bords sont ombragés par des arbres touflus.

Ils redescendent dans la mer vers la fin de lautomne, pour remonter de nouveau dans les fleuves à l’approche du printemps. Plusieurs de ces poissons restent cependant, pendant l'hiver, dans les rivières qu’ils ont parcourues. Plusieurs circonstances peuvent les y déterminer ; et ils y sont forcés quelquefois par les glaces qui se forment à l'embouchure avant qu'ils ne soient arrivés pour la franchir.

Ils s’éloignent de la mer en troupes nombreuses, et présentent souvent, dans l’arrangement de celles qu'ils forment, autant de régularité que les époques de leurs grands voyages. Le plus gros de ces poissons, qui est ordinairement une femelle, s’avance le premier; à sa suite viennent les autres femelles deux à deux, et chacune à la distance de trois à six pieds de celle qui la précède ; les mâles les plus grands paroissent ensuite, observent le même ordre que les femelles, et sont suivis des plus jeunes. On peut croire que cette disposition est réglée par l'inégalité

254 HISTOIRE NATURELLE de la hardiesse de ces différents individus, où de Îa force qu'ils peuvent opposer à l’action de l’eau.

S'ils donnent contre un filet, ils le déchirent, ou cherchent à s'échapper par dessous ou par les côtés de cet obstacle ; et dès qu'un de ces poissons a trouvé une issue, les autres poissons le suivent , et leur premier ordre se rétablit.

Lorsqu'ils nagent , ils se tiennent au milieu du fleuve et près de la surface de l’eau; et comme ils sont souvent très nombreux, qu'ils agitent l’eau violemment, et qu'ils font beaucoup de bruit, on les entend de loin, comme le murmure sourd d’un orage lointain. Lorsque la tempête menace, que le soleil lance des rayons très ardents, et que l’atmosphère est très échauffée, ils remontent les fleuves sans s’éloigner du fond de la rivière. Des tonneaux, des bois, et principalement des planches luisantes, flottant sur l’eau , les corps rouges, les couleurs très vives, des bruits inconnus , peuvent les effrayer au point de les détourner de leur direction, de les arrêter même dans leur voyage , et quelquefois de les obliger à retourner vers la mer.

Si la température de la rivière, la nature de la lumière du soleil, la vitesse et les qualités de l’eau leur conviennent , ils voyagent lentement ; ils jouent à la surface du fleuve; ils s’écartent de leur route; ils reviennent plusieurs fois sur l’espace qu'ils ont déjà parcouru. Mais s'ils veulent se dérober à quelque sensation incommode, éviter un danger, échapper à un piége, ils s'élancent avec tant de rapidité, que l'œil a de la peine à les suivre. On peut d’ailleurs démontrer que ceux de ces poissons qui n'emploient que trois

DES POISSONS. 239 mois à remonter jusque vers les sources d’un fleuve tel que le Maragnon, dont le cours est de mille lieues, et dont le courant est remarquable par sa vitesse, sont obligés de déployer, pendant près de la moitié de chaque jour, une force de natation telle qu'elle leur feroit parcourir, dans un lac tranquille, dix ou douze lieues par heure, et l’on a éprouvé de plus que, lorsqu'ils ne sont pas contraints à exécuter des mouvements aussi prolongés, ils franchissent par seconde une étendue de vingt-quatre pieds ou environ 1.

On ne sera pas surpris de cette célérité, si l’on rappelle ce que nous avons dit de la natation des poissons dans notre premier Discours sur ces animaux. Les saumons ont dans leur queue une rame très puissante. Les muscles de cette partie de leur corps jouissent même d’une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas pour ces poissons un obstacle insurmontable. Ils s'appuient contre de grosses pierres, rapprochent de leur bouche l’extrémité de leur queue, en serrent le bout avec les dents, en font par là une sorte de ressort fortement tendu, lui donnent avec promptitude sa première position, débandent avec vivacité l’arc qu’elle forme , frappent avec violence contre l’eau, s’élancent à une hauteur de plus de douze ou quinze pieds, et franchissent la cataracte ?. Ils retombent quelquefois sans avoir pu s’élancer au delà des roches, ou lemporter sur la chute de l’eau : mais ils recommencent bientôt leurs manœuvres, ne cessent de redoubler d’efforts qu’après

1. Voyez le Discours sur la nature des poissons. 2. Consultez parliculièrement le Voyage de Twiss en Irlande.

des tentatives très multipliées ; et c’est surtout lorsque le plus gros de leur troupe, celui que l’on a nommé leur conducteur, a sauté avec succès qu'ils s’élancent avec une nouvelle ardeur.

Après toutes ces fatigues, ils ont souvent besoin de se reposer. Ils se placent alors sur quelque corps solide. Ils cherchent la position la plus favorable au délassement de leur queue, celui de leurs organes qui a le plus agi; et pour être toujours prêts à continuer leur route, ou pour recevoir plus facilement les émanations odorantes qui peuvent les avertir du voisinage des objets qu'ils désirent où qu'ils craignent, ils tiennent la tête dirigée contre le courant.

Indépendamment de leur queue longue, agile et vigoureuse , ils ont, pour attaquer ou pour se défendre , des dents nombreuses et très pointues qui garnissent les deux mâchoires , et le palais, sur chacun des côtés duquel elles forment une ou deux rangées.

On trouve aussi, des deux côtés du gosier, un os hérissé de dents aiguës et recourbées. Six ou huit dents semblables à ces dernières sont placées sur la langue ; et, parmi celles que montrent les mâchoires, il y en a de petites qui sont mobiles. Les écailles qui recouvrent le corps et la queue sont d’une grandeur moyenne : la tête ni les opercules n’en présentent pas de semblables. Âu côté extérieur de chaque ventrale paroît un appendice triangulaire, aplati, allongé, pointu, garni de petites écailles , couché le long du corps , et dirigé en arrière. Au reste, cet appendice : n’est pas particulier au saumon : nous n'avons guère vu de salmone qui n’en eût un semblable ou ana-

logue.

La ligne latérale est droite; le foie rouge, gros et huileux ; l’estomac allongé ; le canal intestinal garni, auprès du pylore, de soixante-dix appendices ou cœcums réunis par une membrane; la vessie natatoire simple, et située très près de l’épine du dos; cette épine composée de trente-six vertèbres, et fortifiée de chaque côté par trente-trois côtes 1.

Le front, la nuque, les joues et le dos sont noirs; les côtés bleuâtres ou verdâtres dans leur partie supérieure , et argentés dans l’inférieure ; la gorge et le ventre d’un rouge jaune ; les membranes branchiales jaunâtres ; les pectorales jaunes à leur base, et bleuätres à leur extrémité ; les ventrales et l’anale d’un jaune doré. La première nageoïire du dos est grise et tachetée ; ladipeuse noire , et la caudale bleue.

Quelquefois on voit sur la tête, les côtés et le dos des taches noires et irrégulières, plus grandes et plus clair-semées sur la femelle,

Les mâles , que l’on dit beaucoup moins nombreux que les femelles, offrent d’ailleurs, dans quelques rivières , et particulièrement dans celle de Spal, en Écosse, plus de nuances rouges, moins d'épaisseur dans le corps, et plus de grosseur dans la tête.

Dans toutes les eaux, leur mâchoire supérieure non seulement est plus avancée que celle d'en bas, mais encore, lorsqu'ils sont parvenus à leur troisième année, elle devient plus longue et se recourbe vers l’inférieure ; son allongement et sa courbure augmentent à mesure qu'ils grandissent ; elle a bientôt la forme

1. On trouve souvent dans ce canal intestinal, un iæmia dont la longueur est de près de trois pieds, et dont la iête est dans un des ap-

pendices,

d’un crochet émoussé qui entre dans un enfoncement de la mâchoire d’en bas ; et cette conformation, qui leur a fait donner le nom de Bécurd ou Becquet, les avoit fait regarder, par quelques naturalistes, comme d’une espèce différente de celle que nous décrivors.

Leur laite est entièrement formée, et le temps du frai commence à une époque plus ou moins avancée de chaque printemps ou de chaque été, suivant qu’ils habitent dans les eaux plus ou moins éloignées de la zone glaciale. Les femelles cherchent alors un endroit commode pour leur ponte, Quelquefois elles aiment mieux déposer leurs œufs dans de petits ruisseaux que dans les grandes rivières auxquelles ils se réunissent; et elles paroiïssent chercher le plus souvent à déposer leurs œufs dans un courant peu rapide, et sur du sable ou du gravier.

On a écrit que, dans plusieurs rivières de la Grande- Bretagne, la femelle ne se contentoit pas de choisir le lieu le plus favorable à la ponte; qu’elle travailloit à la rendre plus commode encore ; qu’elle creusoit dans l'endroit préféré un trou allongé, et de quinze ou dixhuit pouces de profondeur; qu’elle s’y déchargeoit de ses œufs, et qu'avec sa queue elle les recouvroit ensuite de sable. Peut-être peut-on douter de cette dernière précaution ; mais les autres opérations ont lieu dans presque tous les endroits où les saumons ont été bien observés. Le docteur Grant nous apprend, dans les Mémoires de Stockholm, que, lorsque les femelles travaillent à donner les dimensions nécessaires à la fosse qu’elles préparent, elles s’agitent à

1. Notes manuscrites et très intéressantes communiquées par M. lé-

nières.

DES POISSONS. 299 droite et à gauche, au point d’user leurs nageoires inférieures , et en laissant ordinairement leur tête immobile. On en a vu se frotter si vivement contre le terrain, qu’elles en détachoiïent avec vioience la terre et les petites pierres, et qu’en répétant les mêmes mouvements de cinq en cinq minutes, ou à peu près, elles parvenoient, au bout de deux heures, à creuser un énfoncement de trois pieds de long , de deux pieds de profondeur, et de six à huit pouces de rebord.

Lorsque la femelle a terminé ce travail, dont la principale cause est sans doute le besoin qu’elle a de frotter son ventre contre des corps durs, pour se débarrasser d’un poids qui la fatigue et la fait souffrir, et lorsque les œufs sont tombés dans le fond de la cavité qu'elle a creusée, et que l’on nomme frayère dans quelques uns de nos départements, le mâle vient les féconder en les arrosant de sa liqueur vivifiante. Il peut se faire qu’alors il frotte le dessous de son corps contre le fond de la fosse, pour faire sortir plus facilement la substance liquide que sa laite contient : mais on lui a attribué une opération qui supposeroit une sensibilité d’un ordre bien supérieur, et un instinct bien plus relevé ; on a prétendu qu’il aïdoit la femelle à faire la fosse destinée à recevoir les œufs.

Au reste , si nous ne devons pas admettre cette dernière assertion, nous devons croire que le mâle est entraîné à la fécondation des œufs par une affection plus vive, ou d’une nature différente, que celle qui y porte la plupart des autres poissons. Lorsqu'il trouve un autre mâle aupres des œufs déjà déposés dans la frayère , ou auprès de la femelle pondant encore, il

l'attaque avec courage , et le poursuit avec acharnement, ou ne lui cède la place qu'après l’avoir disputée avec obstination 1.

Les saumons ne fréquentent ordinairement la frayère que pendant la nuit. Néanmoins, lorsque des brouillards épais sont répandus dans l’atmosphère, ils profitent de l'obscurité que donnent ces brouillards pour se rendre dans leur fosse, et ils y accourent aussi comme pressés par de nouveaux besoins, lorsqu'ils sont exposés à l'influence d’un vent très chaud ?.

Il arrive quelquefois cependant que les œufs pondus par les femelles , et la liqueur séminale des mâles, se mêlent uniquement par l'effet des courants.

Après le frai, les saumons, devenus mous, maigres et foibles, se laissent entraîner par les eaux, ou vont d'eux-mêmes reprendre dans l’eau salée une force nouvelle. Des taches brunes et de petites excroissances répandues sur leurs écailles sont quelquefois alors la marque de leur épuisement et du malaise qu'ils éprouvent.

Les œufs qu’ils ent pondus ou fécondés se développent plus ou moins vite, suivant la température du climat, la chaleur de la saison, les qualités de l’eau dans laquelle ils ont été déposés. Le jeune saumon ne conserve ordinairement que pendant un mois, ou environ , la bourse qui pend au dessous de son estomac, et qui renferme la substance nécessaire à sa nourriture pendant les premiers jours de son existence. Il grandit ensuite assez rapidement, et parvient bientôt à la taille de quatre ou cinq pouces. Lorsqu'il a

Page 1