Lançon, quand il est très jeune
Lanceron , id.
Poignard, quand il est d'une grosseur moyenne. Carreau , quand il est plus gros.
Béquet, dans quelques départements de France. Bechet , ibid.
Lucs , ibid.
Lupule , ibid.
Luccio, en Italie.
Luzzo , ibid.
Trigle, à Malte.
Grashecht (quand il n’a qu'un an), en Allemagne. Hecht , ibid.
Stukha, en Hongrie.
Csuka , ibid.
Szuk, en Pologne.
Szuka, ibid.
mers. S'il a moins de puissance , il ne recontre pas de rivaux aussi redoutables ; si son empire est moins éten-
Zurcha, chez les Calmouques.
Tschortan, en Tatarie.
Aug, en Livonie.
Tschuk , en Russie,
Tschuw, ibid.
Schurtan , ibid.
Scheschuk , ibid.
Giadde, en Suède.
Gidde, en Danemarck.
Snock, en Hollande.
Geep-visch, ibid.
Pike, en Angleterre.
Pikerelle, ibid,
Kamas, au Japon.
Ésoce brochet, Daubenton et Haüy, Encyclopédie méthodique. Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique. Bloch, pl. 52.
Faun. Suecic. 355.
Meiding , Ic. pisc. Austr.,t. 10.
«Esox rostro plagioplateo.» Artedi, gen. 10, spec. 53, syn. 26. Lucius, Auson. Mos. v. 122.
Id, Wotton, lib 8, cap. 190, fol. 169.
Brochet , Rondelet, des poissons de rivière, chap. 11.
Lucius , Salvian., fol. 64, b. 95.
Id. Gesner, p. 500, 501. et (germ.) 175 b.
Id. Schonev., p. 44.
Id. Aldrovand., lib. 5, cap. 39, p. 630, 635.
Id. Jonston , lib. 5, tit. 8, cab. 5, cap. 29, fig. 1, Taum, P- 417. Id. Charlet., p. 162.
Id. Willughby, p. 256.
Id. Raï, p. 112.
Gronov. Mus. 1, n. 28.
Belon , Aquat., p. 292, It., p. 104.
Brochet, Camper, Mémoires des savants étrangers, 6, p. 177. Pike, Brit. Zoology, 5, p. 270, n. 1.
Brochet, Valmont de Bomare, Dictionnaire d'histoire naturelle, 2. Schæpf. Naturf. 20, p. 26.
LACÉPEDE. XI.
CE] [el
du, il a moins d'espace à parcourir pour assouvir sa voracité ; si sa proie est moins variée, elle est souvent plus abondante, et il n’est point obligé, comme le requin, de traverser d'immenses profondeurs pour l’arracher à ses asiles. Insatiable dans ses appétits, il ravage avec une promptitude effrayante les viviers et les étangs. Féroce sans discernement, il n'épargne pas son espèce, il dévore ses propres petits. Goulu sans choix, il déchire et avale, avec une sorte de fureur, les restes mêmes des cadavres putréfiés. Cet animal de sang est d’ailleurs un de ceux auxquels la nature a accordé le plus d’années : c'est pendant des siècles qu’il effraie, agite, poursuit, détruit et consomme les foibles habitans des eaux douces qu'il infeste ; et comme si, malgré son insatiable cruauté, il devoit avoir reçu tous les dons, il a été doué non seulement d’une grande force, d’un grand volume, d'armes nombreuses, mais encore de formes déliées, de proportions agréables, de couleurs variées et riches.
L'ouverture de sa bouche s'étend jusqu’à ses yeux. Les dents qui garnissent ses mâchoires sont fortes, acérées et inégales : les unes sont immobiles, fixes et plantées dans les alvéoles ; les autres, mobiles, et seulement attachées à la peau, donnent au brochetun nouveau rapport de conformation avec le requin. On a compté sur le palais sept cents dents de différentes grandeurs, et disposées sur plusieurs rangs longitudinaux , indépendamment de celles qui entourent le gosier. Le corps et la queue, très allongés, très souples et très vigoureux , ont, depuis la nuque jusqu’à la dorsale, la forme d'un prisme à quatre faces dont les arêtes seroient effacées.
Pendant sa première année, sa couleur générale est
DES POISSONS. 559 verte; elle devient, dans la seconde année, grise et diversifiée par des taches pâles, qui, l’année suivante, présentent une nuance d’un beau jaune. Ces taches sont irrégulières, distribuées presque sans ordre, et quelquefois si nombreuses , qu’elles se touchent et forment des bandes ou des raies. Elles acquièrent souvent l'éclat de l'or pendant le temps du frai, et alors le gris de la couleur générale se change en un beau vert1. Lorsque le brochet séjourne dans des eaux d’une nature particulière, qu'il éprouve la disette, ou qu'il peut se procurer une nourriture trop abondante, ses nuances varient. On le voit, dans certaines circonstances, jaune avec des taches noires. Au reste, parvenu à une certaine grosseur, il a presque toujours le dos noirâtre et ie ventre blanc avec des points noirs.
L'æsophage et l'estomac montrent de grands plis pâles ou rouges, par le moyen desquels l’animal peut rejeter à volonté les substances qu'il avale dans les accès de sa voracité, et qu'il ne peut pas digérer. Cette faculté lui est commune avec la morue, ainsi qu'avec les squales, et particulièrement avec le requin, dont elle le rapproche encore. L’estomac est d’ailleurs très long; et, comme de ses grandes dimensions résulte une très grande abondance de sucs digestifs, dont l’action très vive se manifeste par les appétits violents qu’elle produit, il n’est pas surprenant que le canal intestinal proprement dit soit très court, et n'offre qu'une sinuosité, comme dans un très grand nombre d'animaux féroces et carnassiers.
Le foie est long et sans division ; la vésicule du fiel
. Voyez ce que nous avons dit des couleurs des poissons, daus !e nt s sur la nature de ces animaux.
erosse ; le fiel jaune; la laite double, ainsi que l'ovaire ; le péritoine blanc et brillant; l’épine dorsale composée de soixante-une vertébres; le nombre des côtes est de soixante.
L’organe de l’ouie renferme un troisième osselet pyramidal, garni à sa base d’un grand nombre de petits aiguillons, et placé dans la cavité qui sert de communicalion aux trois canaux demi-circulaires. Cet organe contient aussi une sorte de rudiment d’un quatrième canal demi- circulaire, qui communique avec le sinus par lequel se réunissent les trois canaux auxquels le nom de demi-cireulaire a été donné. Voilà donc le sens de l’ouie du brochet plus parfait que celui de presque tous les autres poissons osseux. Cet avantage lui donne un nouveau trait de ressemblance avec le requin et les squales; il lui donne de plus la facilité d'éviter de plus loin un ennemi dangereux, ou de s'assurer de l’approche d’une proie dilicile à surprendre ; et, d’après l’organisation particulière de son oreille, on doit être moins étonné que l’on ait remarqué, du temps même de Pline, la finesse de son ouie, et que, sous Charles IX, roi de France, des individus de l’espèce que nous décrivons, réunis dans un bassin du Louvre, vinssent, lorsqu'on les appeloit, recevoir la nourriture qu'on leur avoit préparée.
La vessie natatoire du brochet est simple, mais grande ; et sans cet instrument, ce poisson ne parcourroit pas avec la rapidité qu'il développe, les espaces qu'il franchit, contre les courants des fleuves impétueux, et au milieu des eaux les plus pures, et par conséquent les moins pesantes et les moins propres à le soutenir.
C'est en effet dans les rivières, les fleuves, les lacs et ies étangs, qu'il se plaît à séjourner. On ne le voit dans la mer que lorsqu'il est entrainé par des accidents passagers, et retenu par des causes extraordinaires, qui ne l’empêchent pas d'y dépérir; mais on l’a observé dans presque toutes les eaux douces de l'Europe.
Belon a écrit qu'il l’avoit vu dans le Nil, où il croyoit que les anciens lui avoient donné le nom d'Oxyrhynchus! (museau pointu). Mon collègue, M. Geoffroy, professeur du Muséum d'histoire naturelle, va publier une dissertation très savante sur les animaux de l’Égypte, dans laquelle on trouvera à quel poisson, diflérent de celui que nous examinons, les anciens avoient réellement appliqué cette dénomination d'Oxyrhynque.
Le brochet parvient jusqu’à la longueur de six à neuf pieds, et jusqu’au poids de quatre-vingts ou cent livres. Il croît très promptement. Dès sa première année, il est très souvent long d’un pied ; dès la seconde, de quinze pouces; dès la troisième, de deux pieds; dès la sixième, de près de six pieds; dès la douzième, de huits pieds ou environ : et cependant cet animal destructeur arrive jusqu’à un âge très avancé. Rzaczynsky parle d’un brochet de quatre-vingt-dix ans. En 1497 on prit à Kaiserslautern, près de Manheim, un autre brochet qui avoit plus de dix-huit pieds de longueur, qui pesoit trois cent soixante livres, et dont le squelette a été conservé pendant long-temps à Manheim. Il portoit un anneau de cuivre doré, attaché, par ordre de l’empereur Frédéric-Barberousse, deux cent soixante-sept ans auparavant. Ce monstrueux pois-