CARRELET
DES POISSONS. a et si agréable au goût, qu'on l’a surnommé la P'erdrix de mer. On le trouve non seulement dans la Baltique et dans l'Océan atlantique boréal, mais encore dans les environs de Surinam et dans la mer Méditerranée, : où l’on en fait particulièrement une pêche abondante auprès d’Orytana et de Saint-Antioche de Sardaigne. Il paroît que sa grandeur varie suivant les côtes qu’il fréquente, et vraisemblablement suivant la nourriture
Pleuronectes Solea , Faun. Suecic. 326.
Mull. Prodrom. Zoolog Danic., p. 45, n. 576.
Pleuronectes tunga, I. Wgoth. 178.
« Pleuronectes maxilla superiore longiore, corpore oblongo, » squamnis utrinque asperis, » Artedi, gen. 18, syn. 52, spec. 60.
Pleuronecie sole, Daubenton et Haüy, Encyclopédie méthodique.
Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.
Bloch , pl. 45.
Boglossos , Athen., lib. 7, p. 288.
Solea, Ovid. Halicut., v. 124.
Id, Phn., lb. 9, cap. 16, 20.
Id. Cuba, lib. 5, cap. 84, fol. 90, a.
Id. Jov., cap. 26, p. 98.
Id. et buglossus, Gesner, p. 666, 667, 671. 985, et(germ.), fol. 55, b, 55.
Jonston , lib. 1, Lit. 3, cap. 3, a. 2, punct. 1, p. 82.
Soleu , Charlet, p. 145.
Buglossus, Wotton, lib. 8, cap. 167, fol. 150.
Sole, Rondelet, part. 1, liv. 11, chap. 10.
Buglossus, sive solea, Willughby, p. 100, tab. F, 7.
Buglossa , vel solea, Aldrovand., lib. 1. cap. 45, p. 255, 255.
Solea, vel buglossus , Schonev., p. 65.
Pleuronectes solea , Brünn. Ichthyol. Massil., p. 54, u. 437.
Gronov. mus. 1, p.14, n. 87; Zooph., p. 74, n. 251.
« Solea squaris minnutis. » Klein, miss. pisc. 4 ,p. 51, n. 1.
Belon, Aquat., p. 147.
Solea , Ruysch , Theatr. anun., p. 57, tab. 20, fig. 15.
Brit, Zoolog. 3, p. 190, n. 7.
Sole, Valmont de Bomare , Dictionnaire d'histoire naturelle.
qu'il peut avoir à sa portée. On en prend quelquefois auprès de l'embouchure de la Seine, qui ont un pied et demiou deux pieds de longueur. Il se nourrit d’œufs ou de très petits individus de quelques espèces de poissons ; mais lorsqu'il est encore très jeune, il est la proie des grands crabes, qui le déchirent, le dépècent et le dévorent. On le voit quelquefois entrer dans les rivières. M. Noël de Rouen nous a écrit qu’on a pêché ce pleuronecte dans les guideaux de la Seine, auprès de Tancarville ; et il ajoute que, pendant l'été, le flot peut l’apporter jusque dans le lac de Tôt; mais pendant l'hiver il se tient dans les profondeurs de l'Océan. Il quitte le fond de la mer lorsque la belle saison arrive ; il va chercher alors les endroits voisins des rivages ou des embouchures des fleuves, où les rayons du soleil peuvent parvenir assez facilement pour faciliter l'accroissement de ses œufs et la sortie des fœtus.
On le prend ce plusieurs manières. On emploie, pour y parvenir, des hamecçons dormants auxquels on attache pour appât des fragments de petits poissons. On peut aussi, lorsqu'une lumière très vive est répandue dans l’atmosphère , chercher auprès des côtes et des bancs de sable, des fonds unis sur lesquels rien ne dérobe les soles à la vue du pêcheur; à peine ce dernier en a-t-il découvert une, qu'il lance contre ce pleuronecte un plomb attaché à l’extrémité d’une petite corde, et garni de plusieurs crochets qui, pénétrant assez avant dans le dos de l’animal, servent à le retenir et à l'enlever, malgré les efforts qu'il fait pour s'échapper à la mort qui le menace. S'il n’y a même que deux ou trois brasses d’eau au dessus du
poisson, on le harponne, pour ainsi dire, par le moyen d’une perche dent le bout est armé de pointes recourbées. Il est aisé de voir que, pour avoir recours avec avantage à ces deux dernières sortes de pèche, il ne suflit pas que le soleil brille sans nuages; il faut encore que la mer ne soit agitée par aucune vague autour du bateau pêcheur. L'illustre Franklin nous a fait connoître le procédé employé avec succès, pour maintenir pendant long-temps un calme presque parfait à une certaine distance autour de la barque. Une petite quantité d'huile que l’on répand sur la surface de la mer, et qui surnage autour du bâtiment, rend cette surface unie, presque immobile, et très propre à laisser parvenir les rayons de la lumière jusqu’au pleuronecte que l’on désire de distinguer.
On a d’autant plus de motifs de pècher la sole, qu'une saveur exquise n’est pas la seule qualité précieuse de la chair de ce poisson. Cette même chair présente aussi la propriété de pouvoir être gardée pendant plusieurs jours, non seulement sans se corrompre, mais encore sans cesser d'acquérir un goût plus fin. Voilà pourquoi, tout égal d’ailleurs, les soles de l’Océan sont meilleures à Paris qu’auprès du Havre, et celles de la Méditerranée à Lyon, par exemple, qu’à Toulon ou à Montpellier.
Les écailles de la sole sont dures, raboteuses, dentelées, et fortement attachées à la peau, sur le côté gauche, comme sur le côté droit. L'ouverture de la bouche représente un croissant. On voit plusieurs rangs de dents petites et pointues à la mâchoire inférieure, et des barbillons blancs et très courts au côté gauche des deux mâchoires. Deux os arrondis
4l HISTOIRE NATURELLE et deux os allongés, tous les quatre hérissés de petites dents, sont placés autour du gosier. La ligne latérale est droite. Un piquant assez fort paroît auprès de l’anus , qui est très près de la gorge. De petites écailles garnissent la base des longues nageoires de l'anus et du dos. Le côté droit est olivâtre; et le gauche, plus ou moins blanc.
Le canal intestinal offre plusieurs sinuosités ; il n’y a point de cœcums auprès du pylore ; la colonne vertébrale est composée de quarante-huit vertèbres.
D'après une note que M. Noël a bien voulu nous faire parvenir, on doit regarder comme une variété de la sole, un pleuronecte que l’on pêche auprès de l’embouchure de l'Orne, et que l’on nomme Cardine. La tête de cette cardine est beaucoup plus grande et plus allongée que celle de la sole ; le côté droit de ce thoracin est d’un fauve roux assez clairs et sa chair est moins recherchée que celle du poisson que nous venons de décrire.
1. 6 rayons à la membrane branchiale du pleuronecte sole. 7 rayons à chaque thoracine.
17 rayons à la nageoiïre de la queue.
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LE PLEURONECTE PLIE”.
Pleuronectes Piatessa, Linn., Guer., BLrocu, Lacer., Cuv.
LA plie est bonne à manger; mais, moins agréable au goût , moins tendre et moins délicate que la sole,