‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 115 sur 731 · VINGT-SIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME GENRE

LES NOTOPTÈIIES.

Des nageoires peciorales, de l’anus et du dos; point de nageoire caudale ; le corps très-

court,

ESPÈCE. caractère.

4. Le notoptèRE (La nageoire cUi dos très- KAPIRAT. ( courte.

ÉSPÈCE. CARACTÈRES.

/ La URgeoire du dos très- 2. Le NOTOPTÈRE j longue ; le corps couvert ÉGAILEECX, i de petites écaillés arron- \ dies.

LE NOTOPTÈRE KAPIRAT.

Les deux poissons dont nous allons donner la description ont été jusqu’à présent confondus avec les gymnotes : mais la précision que nous croyons devoir introduire dans la distribution des objets de notre étude, et les principes sur lesquels la classification des animaux nous a paru devoir être fondée, ne nous ont pas permis de laisser réunis des poissons dont les uns n’ont reçu le nom de gymnotes que parce que leur dos est entièrement dénué de nageoire, et d’autres osseux qui au contraire ont une nageoire dorsale plus ou moins étendue.

Nous avons donné à l’ensemble de ces derniers le nom générique de notopt ère , dont plusieurs naturalistes se sont servis jusqu’à présent pour désigner le kapirat , la première espèce de ce groupe , et qui, venant de deux mots grecs dont l’un signifie dos, et l’autre aile ou nageoire, indique la présence d’une nageoire dorsale. Les noms de ces deux genres très-voisins annoncent donc la véritable différence qui les sépare; on pourroit même, à la rigueur , dire la seule différence générique bien sensible et bien constante qui les écar.te l’un de l’autre. Le kapirat surtout seroit aisément assimilé en tout, ou presque en tout, à un gymnote , si

on le privoit de la nageoire qu’il a sur le dos.

Le poisson qui fait le sujet de cet article se trouve dans la mer voisine d’Amboine. Il ne parvient ordinairement qu’à la longueur de deux ou trois décimètres. Son museau est court et arrondi ; on aperçoit une petite ouverture, ou un pore très-sensible au-dessus de ses yeux, qui sont grands. La mtichoire supérieure est garnie de dents égales et très-peu seiTées ; la mâchoire inférieure en présente sur son bord extérieur de plus grandes et de plus éloignées encore les unes des autres; et de plus on voit sur le bord intérieur de cette même mâchoire d’en bas, ainsi que sur celui du palais, une série de dents très-petites. L’opercule des branchies est garai d’écailles et membraneux dans son contour. La gorge et l’anus sont trés-rapprochés. L’étendue de la nageoire de l’anus *, et la forme très-allongée de la queue , sont assez remarquables pour avoir fait donner au kapirat, pâr Bonlius, le nom à’hippuris, qui veut dire queue de cheval. Et enfin ce notoptére

ï. A la membrane îles branchies. 6 rayons, à la nageoire du dos. ... 7

à chacune des nageoires pectorales . 43^

à la nageoire de l’anus, , . II6

LE NOTOPTÈRE KAPIRAT;

brille des couleurs de l’or et de l’argent qui sont répandues sur les très-petites écailles dont sa peau est revêtue.

LE

NOTOPTÈRE ÉCAILLEUX.

Comme nous n’avons pas vu ce poisson, ïious ne pouvons que présemer qu’il ne présente pas de véritable nageoire caudale. Si le bout de sa queue étoit cependant garni d’une nageoire distincte et véritablement propre à cette extrémité , il faudroit le séparer des nonoptères, et le comprendre dans un genre particulier. Mais si au contraire , et comme nous le pensons , il n’a point de nageoire que l’on doive appeler caudale , il offre tous les caractères que nous avons assignés au genre des notoptéres , et il doit être inscrit à la suite du kapirat. Il diffère néanmoins de ce dernier animal, non-seulement parce que sa nageoire dorsale, au lieu d’être courte et de ne renfermer que sept rayons, en comprend un très-grand nombre, et s’étend

presque depuis la nuque jusqu’à la queue , mais encore parce qu’il est revêtu , même sur la tête, d’écailles assez grandes et presque toujours arrondies, qui nous ont suggéré son nom spécifique.

On voit au-devant de chacune de ses narines un petit barbillon qui paroît comme tronqué. Il y a sur la tête plusieurs pores trés-visibles, et cinq très-petits enfoncemens. Les dents sont acérées; et l’entredeux des branches de la mâchoire supérieure en est garni. La li^e latérale est droite, excepté au-dessus de l’anus, où elle se fléchit vers le bas. La couleur de l’écailleux est obscure, avec des bandes transversales brunes. Il devient ordinairement un peu plus grand que le kapirat, et il habite , comme ce dernier poisson , dans les mers de l’Asie L

Tous les vrais gymnotes connus jusqu’à présent vivent donc dans les eaux de l’Amérique méridionale ou de l’Afrique occidentale, excepté le fierasfer, que l’on a pêché dans la Méditerranée, pendant qu’on ne trouve que dans les niers de l’Asie les nonoptères déjà découverts.

Page 1