‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 133 sur 731 · NAK · texte numérisé non relu

NAK

Une ou plusieurs cannelures longitudinales audessus du museau ; la nageoire de la queue poinlue ; la mâchoire inférieure un peu plus avance'e que la supérieure.

E’OPHIDÎE BARBU

L’OPHIDIE IMBERBE,

ET L’OPHIDIE ÜNERNAK.

C’est au milieu des eaux salées qu’on rencontre les ophidies. Le barbu habite particulièrement dans la Mer-Rouge et dans la Méditerranée, dont ü fréquente meme

r. Donzelle, sur les côtes françaises ele la Médite! inné

les rivages septentrionaux. Il a beaucoup de ressemblance , ainsi que les autres espèces de’ son genre, avec les murènes et les ammodytes ; mais la réunion des nageoires du dos, de la queue et de Fanus, suffiroit pour qu’on ne confondît pas les ophidies avec les ammodytes ; et les traits génériques que nous venons d’exposer à la tête du tableau méthodique du genre que nous décrivons, séparent ce même genre de celui des murènes. Pour achever de donner une idée nette de la conformation du barbu, nous pouvons nous contenter d’ajouter aux caractères génériques, sous-génériques et

L’OPHIDiË BARBU.

spécifiques , que nous avons tracés dans cette table méthodique des ophidies, que le barbu a les yeux voiles par une membrane demi-transparente , comme les gymnotes, les murènes, et d’autres poissons; que salèvre supérieure est double et épaisse; que l’on voit de petites dents à ses mâchoires , sur son palais , auprès de: son gosiçr ; que sa langue est étroite , courte et lisse ; que sa membrane branchiale présente sept rayons ^ ; que sa ligne latérale, est droite, et que l’anus est plus prés de la tête que du bout de la queue.

Quant à ses couleurs, en voici l’ordre et les nuances. Le corps et la queue sont d’un argenté mêlé de teintes couleur de chair, relevé sur le dos par du bleuâtre , et varié par un grand nombre de petites taches. La ligne latérale est brune ; les nageoires pectorales sont également brunes , mais avec un liséré gris; et celles du dos, de l’anus et de laquelle, sont ordinairement blanches et bordées de noir.

Cet ophidion a la chair délicate , aussi bien que l’imberbe. Ce dernier , qui n’a pas de barbillons , ainsi qu’on peut le voir sur le tableau méthodique de son genre , etcommesonnom l’indique, est d’une couleur jaune. On le trouve non seulement dans la Méditerranée , où on le pêche par-

I. A la nageoire du dos du barbu. rayons, à chacune des pectorales. , . 20

à celle de l’anus. , , . .115

ticuliéreraent auprès des côtes méridionales de France, mais encore dans l’Océan d’Europe , et même auprès de rivages très-septentrionaux *.

C’est vers ces mêmes plages boréales, et jusque dans la mer du Groenland, qu’habite l’unernak, dont on doit la connoissance au naturaliste Othon Fabricius. Sa couleur n’est ni argentée comme celle du barbu, ni jaune comme celle de l’imberbe, mais d’un beau vert que l’on voit régner sur toutes les parties de son corps, excepté sur les nageoires du dos, de l’anus, de la queue, et le dessous du ventre, qui sont blancs. Ses mâchoires sont satîs barbillons , comme celles de l’imberbe : sa tête est large ; ses yeux sont gros ; l’ouverture de sa bouche est très-grande 2. Il est trés-bon à manger comme les autres ophidies : mais comme il passe une grande partie de sa vie dans la haute mer , on le rencontre plus rarement.

11 parvient aux dimensions de plusieurs gades, avec lesquels on l’a souvent comparé , et par conséquent devient plus grand que le barbu , dont la longueur n’est ordinairement que de trois à quatre décimètres.

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