Callionyme vient du grec, et signiiic beau nom
consécration qu’on êli â faite, lorsqu’on lui a douîié la dénomination remarquable que nous lui conservons.
Nous avons sous les yeux l’un des premiers poissons jugulaires que nous avons cru devoir placer sur notre tableau ; et déjà nous pouvons voir des traits très-prononcés de ces formes qui attireront souvent notre attention, lorsque nous décrirons les osseux thoracins et les osseux abdominaux.
Mais à des proportions particulières dans la tête, à des nageoires élevées ou prolongées, à des piquahs plus ou moins nombreux, les callionymes, et surtout la lyre, réunissent un corps et une queue encore un peu serpentiformes, et une peau dénuée d’écailles facilement visibles. Ils montrent un grand nombre de titres de parenté avec les apodes que nous venons d’étudier.
Et si de ce coup d’œil général nous passons à des considérations plus précises, nous trouverons que la tête est plus large que le corps, très-peu convexe par-dessus, et plus aplatie encore par-dessous. Les yeux sont trés-rapprochés l’un de l’autre. On a écrit qu’ils étoient garnis d’une menbrane clignotante ; mais nous nous sommes assuré que ce qu’on a pris pour une telle membrane n’est qu’une saillie du tégument le plus extérieur de la tête , laquelle se prolonge un peu au-dessus de chaque œil, ainsi qu’on a pu l’observer sur le plus grand nombre de raies et de squales.
L’ouverture de la bouche est très-grande ; les lèvres sont épaisses, les mâchoires nérissées de plusieurs petites dents, et les mouvem.ens de la langue assez libres. On voit à l’extrémité des os maxillaires un aiguillon divisé en branches dont le nombre paroît varier. L’opercule branchial n’est composé que d’une seule lame : mais il est attaché, ainsi que la membrane branchiale, à la tête ou au coips de l’animal, dans une si grande partie de sa circonférence, qu’il ne reste d’autre ouverture , pour la sortie ou pour l’introduction de l’eau , qu’une très-petite fente placée de chaque côté au-dessus de la nuque, et qui, par ses dimensions, sa position et sa figure , ressemble beaucoup a un évent.
L’ouverture de l’anus est beaucoup plus près de la tête que de la nageoire de la queue. La ligne latérale est droite.
Sur le dos s’élèvent deux nageoires : la plus voisine de la tête est composée de quatre ou de cinq et même quelquefois de sept rayons. Le premier est si allongé et dépasse
le LE CAlLLÏÏ(D)imiIE ILYlREo I/UJEAROSLOF MATo S O LE TEACILIINE 'VIVE o
LÈ CALLIOÎNYMË LYHE.
la membrane en s’étendant à une si grande hauteur, que sa longueur égale l’intervalle qui sépare la nuque du bout de la queue. Les trois ou quatre qui viennent ensuite sont beaucoup moins longs, et décroissent dans une telle proportion , que le plus souvent ils paroissent être entre eux et avec le premier dans les mêmes rapports que des cordes d’un instrument destinées à donner, par les seules différences de leur longueur, les tons ut J, ut octave, sqI, ut double octave, et nn, c’est-à-dire, l’accord le plus parfait de tous ceux que la musique admet. Au-delà, deux autres rayons plus courts encore se montrent quelquefois et paroissent représenter des cordes destinées à faire entendre des sons plus élevés que le mi; et voilà donc une sorte de lyre à cordes harmoniquement proportionnées, qu’on a cru, pour ainsi dire, trouver sur le dos du callionyme dont nous parlons ; et comment dés-lors se seroit-on refusé à l’appeler lyre m\ -porte- lyre
Lès autres nageoires , et particuliérement celle de l’anus et la seconde du dos, qui se prolongent vers l’extrémité de la queue en bandelette membraneuse, 'ont une assez grande étendue, et forment de larges surfaces sur lesquelles les belles nuances de là lyre peuvent , en se déployant, justifier son nom de callionyme. Les tous de couleurs qui dominent au milieu de ces nuances, sont Ip jaune, le bleu, le blanc , et le brun qui les encadre, pour ainsi dire.
Le jaune régne sur les cotés du dos, sur la partie supérieure des deux nageoires dorsales, et sur toutes les autres nageoires, excepté celle de l’anus. Le bleu paroît avec des teintes plus ou moins foncées sur cette nageoire de l’anus, sur les deux nageoires dorsales où il forme des raies souvent ondées, sur les côtés où il est distribué en taches irrégulières. Le blanc occupe la partie inférieure de l’animal.
Ces nuances, dont l’éclat, la variété et l’harmonie distinguent le callionyme lyre, sont une nouvelle preuve des rapports que nous avons indiqués dans notre Discours
I. A la membrane des branchies, à la première nageoire dorsale,
de , . .
à la seconde nageoire du dos.
à chacune des pectorales. .
à cliacune des nageoires jugulaires. ,
à celle de l’anus
àeelle de la queue, qui est arrondi
6 rayons.
sxir la nature des poissons, entre les couleurs de ces animaux et la nature de leurs alimens : nous avons vu que très-fréquemment les poissons les plus richement colores étoient ceux qui se nourrissoient de mollusques ou de vers. La lyre a reçu une parure magnifique , et communément elle recherche des oursins et des astéries.
Au reste , ce callionyme ne parvient guère qu’à la longueur de quatre ou cinq décimètres : on le trouve non-seulement dans la Méditerranée, mais encore dans d’autres mers australes ou septentrionales ; et on dit que, dans presque tous les climats qu’il habite , sa chair est blanche et agréable au goût.
LE CALLIONYME DRAGON- NE Aü.
Ce callionyme habite les mêmes mef.s que la lyre, avec laquelle il a de trèsgrands rapports ; il n’en diffère même d’une manière très-sensible que par la brièveté et les proportions des rayons qui soutiennent la première nageoire dorsale , par le nombre des rayons des autres nageoires Ë par la forme de la ligne latérale qu’on a souvent de la peine à distinguer, et par les nuances et la disposition de ses couleurs, beaucoup moins brillantes que celles de la lyre, ces teintes sont brunes sur la tête et le dos, argentées avec des taches sur la partie inférieure de l’animal ; et ces tons simples et très -peu éclatans ne sont relevés communément que par un peu de verdâtre que l’on voit sur les nageoires de la poitrine et de l’anus, du verdâtre mêlé à du jaune qui distingue les nageoires jugulaires, et du jaune qui s’étend par raies sur la seconde nageoire dorsale, ainsi que sur celle de la queue.
D’ailleurs la chair du dragonneau est, comme celle de la lyre, blanche et d’un goût agréable. Il n’est donc pas surprenant que quelques naturalistes, et particuliérement le professeur Gmelin, aient soupçonné que ces deux callionymes pourroient J>ien être de la même espèce, mais d’un sexe diflérent. Nous n’avons pas pu aoii.s procu-